DU SERVICE MILITAIRE
Plusieurs journaux ont annoncé que Mgr Pévéque d'Ànger avait livré ses séminaristes pour le service militaire, même ceux qui se trouvaient déjà engagés dans les ordres. Nous avons les instructions de réminent prélat et nous les mettons sous les yeux de nos lecteurs. Elles concernent seulement les jeunes gens
i;>2 PARIS PKNDANT LE SIÈGE.
encore libres. L'évèque non-seulement les autorise, mais les exhorte à prendre les armes. Il le fait |»ar des raisons plus hautes et plus puissantes sur eux que n'en pourraient trouver les démagogues, lesquels d'ailleurs songent avant tout à les humilier et à, les proscrire. Il ordonne que les autres, ceux qui appartiennent déjà à la cléricature, achèveront leurs études et se tiendront à sa disposition pour le service des blessés.
Dans l'Eglise, tout bien se fait et se fait bien, c'est* à-dire avec ordre. Le droit de personne n'est lésé, et aucun droit ne lèse aucun devoir. C'est pourquoi l'Eglise, entourée d'ennemis, leur résiste sans armes, et, perpétuellement assaillie, n'est jamais vaincue.
Voici la lettre de Mgr Freppel :
Nous sommes arrivés à l'un' de ces moments solennels dans la vie d'un peuple, où le *alut de la patrie exige un effort su* prème de la part de tous ses enfants. Jusqu'ici, grâces à Dieu, le clergé s'est montré à la hauteur des circonstances difficiles que nous traversons : il est à son poste, sur les champs de bataille et dans les ambulances, recueillant les blesses sous le feu de l'ennemi, et leur prodiguant, avec les secours de son ministère, toutes les ressources de la charité chrétienne. Mais le devoir a grandi avec le j>éril : les dévouements ordinaires ne suffisent pas à la situation qui nous est faite par des capitulations désastreuses et par les prétentions exorbitantes d'un ennemi qui semble vouloir se mettre au ban de la civilisation. Il faut que la nation se lève tout entière pour repousser loin d'elle la honte et le déshonneur; or, c'est au clergé à donner 1 exemple, autant qu'il est en lui.
Sous l'empire d'une législation protectrice des droits et des intérêts de la religion, les élèves du sanctuaire ont joui jusqu'à présent du privilège d'exemption militaire. Mais en faca
de la patrie humiliée et meurtrie, je n'hésite pas à croire que nus braves séminaristes sont tout prêts à renoncer d'eux-mêmes au bénétice de la loi, jusqu'à ce que l'étrauger soit chassé du territoire français. C'est pourquoi, voulant coucilier le respect des saints canons avec le devoir qui incombe à chacun de contribuer selon ses forces à la défense nationale, je vous charge, monsieur le supérieur, de veiller à l'exécution des mesures que je viens de prendre.
Ceux d'entre les élèves du séminaire qui sont engagés dans les rangs de la cléricature se tiendront à notre disposition pour servir d'infirmiers dans les corps de troupes régulières ou auxiliaires Ouant aux autres, qui ne trouveraient pas d'empêchement dans l'état de leur santé ou dans la faiblesse de leur cnmplexion, je vous prie de leur faire savoir de ma part que je les verrai avec grand plaisir s'engager dans la garde mobile, ou dans la garde nationale mobilisée, ou dans les légions de MM. Cathelineau et de Charettc. Déjà une vingtaine d'entre eux ont devancé mon appel, et je les en félicite. Ou ils toinl>eront martyrs de la patrie, et ils auront rendu à la religion le plus signalé des services; ou ils reviendront au séminaire avec l'auréole du dévouement, et le sacerdoce ne comptera pas île membres plus fortifiés pur l'épreuve du sacrifice, ni plus honorés de la cou fiance des peuples. Et quoi qu'il puisse arriver, nous aurons fait tout ce qui dépendait de nous pour le salut de la France, notre mère à tous.
Charles-Emile, Kvèque d'Angers.
passionnés et sr précipités, que l'âme sonore de la peau d'âne semble avoir passé dans la peau de lapin. Le public s'y trompe, s'amoncelle, se détrompe, et, détrompé, ne leur refuse pas un éloge légitime : ils étaient nés tambours.
Mais enfin, ça fait plouf, plouf.
Et cependant, comme il y a du tambour et beau* coup dans Papa, et aussi quelques plouf, plouf, ils imitent Papa.
L'un a écrit le Cochon de saint Antoine, ouvrage de trois tomes, et l'autre a traduit les sonnets de Shaks* peare en français de Jersey. Plouf, plouf.
Le poe* te François Maynard , qui se mêlait, il y a deux cent cinquante ans, d'imiter notre Théodore de Banville, et maintes fois sauta par-dessus, promit l'estime publique au recueil de ses épigrammes, d*ailleurs digne du pilon :
Il se peut, mon enfant, quu tu voyes Tes l>eaux pensera, huez des bons esprits, Seruir i a mais de sinmre aux auchovea*
Les poètes avjûcnt horreur en ce temps-là des anchois, comme plus tard du cawlebec, et ensuite du gruyère et du petit salé, et aujourd'hui du parapet. Les vers de Maynard échappèrent à cet humiliant destin ; mais les enfants Uugo n'ayant point pris de patente, les anchois se sont fourrés dans le Cochon de suint Antoine et dans les Sonnets de Shakspeare traduits en jerseyeu. Les livres ont péri et les anchois mit tourné. Imitation prophétique de Papa! Et Papa voit aujourd'hui les Misérables, Yliomme qui
rit, et diverses chosettes de sa main frissonner sut les quais, le ventre serré d'une ficelle où pend l'étiquette infiniment douloureuse du grand rabais.
C'est votre punition, Papa, pour avoir élevé ces pauvres enfants dans la littérature et dans l'impiété. Vous pouviez leur donner un métier à leur portée. qu'ils eussent pratiqué honnêtement, faisant admirer leur belle condition physique sans donner lieu de remarquer l'étonnante imperceptibilité de leur esprit. Mais surtout vous deviez leur inspirer de la religion. Les rendant modestes et les détournant de mille niai* séries peu décentes qu'ils ont coutume de dire, et qu'ils sont incapables de comprendre, la religion les eût préservés des anchois. Elle les eût empêchés de perdre leur vie à faire plouf, plouf, sur la peau de lapin ; elle eût assuré leur bonheur en ce monde et en l'autre.
Et voici ce qu'ils écrivent, à propos de rétablissement des ambulances dans les églises :
« Pascal disait que le catholicisme était une espèce de maladie, et nous accordons bien volontiers au journal des sacristies que l'accumulation dans les églises est absolument pernicieuse. •
Père imprudent et coupable, vous ne leur avez donc pas fait faire la première communion !
Et moi je vous prédis que vous irez de plus en plu» au parapet, et j'y vois déjà les Châtiments et Napoléon le Petit!
Môme date.