‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 63 sur 150 · LA FRA>CL IHA-T-ELLE AU CONGRÈS · texte numérisé non relu

LA FRA>CL IHA-T-ELLE AU CONGRÈS

Le gouvernement « de la défense nationale » ne sait gouverner ni les mairies, ni les ambulances, ni les écoles primaires, ni les corps de garde de certains quartiers, et ne sait pas beaucoup non pins se gouverner lui-même. Sous l'œil bénin du membre Favre et du membre Ferrv, l'insulte au Christianisme est licite dans le centre de la ville; Mottu le maire, assisté de Cadet l'ambulancier, rafraîchit sou vievx blason du jardin de fSetlisemuiii et du tribunal dr Caïphe. Dans les régions éloignées de l'Empire, au* près de la muraille, l'insulte à la propriété complète 1 outrage à la religion. La partie facétieuse de k garde nationale, s'étaut soûlée à raison de trente sous par ventre, aux frais de l'État, s'amuse à dil* la messe et à piller la chapelle, comme i! vient d'arriver à Issr.

PARI» PENDANT LE SfÉGE. H

Mais ces mésaventures abondantes n'empêchent pas le gouvernement de la défense nationale d'avoir tontes les belles ambitions. 11 aspire à être reconnu, il veut entrer dans la noble famille des gouvernements européens et se mêler des grandes affaires du monde. Sa petite besogne de Paris ne lui suffit pas.

S'il était reconnu, le roi d'Italie, l'empereur cfe Russie, le grand-due de Bade lui écriraient : Monsieur mon bon ami. Quel honneur pour notre pauvre France! Il y a si longtemps que nous ne recevons plus «le ces douceurs-là!

Nous ne sommes encore reconnus que par le président des Amériques et parie roi dltalw, un particulier et un parvenu1! Et nous n'avons d'ambassadeur qui faj»se quelque chose que le vieux Senart, lequel aura peut-être Thonneur de représenter la France à l'entrée solennelle de Victor-Emmanuel dans Rome. Donc, ils cherchent à se feufi 1er ailleurs, et ils accepteraient pour la France un tabouret, ou un bout de banc, même sans accoudoir, dans le congrès qu'il serait qnestion de rassembler pour régler les choses d'Orient. Ils y enverraient sans doute le jeune Ferry, c%tsi le meilleur pendant qu'ils puissent fournir au vieux Senart. Si M. le général Trochtt entend parier de ces beaux projets et s'il a jamais vu la figure du vieux Senart ou celle du jeune Ferry, il dort souffrir.

Nous savons que M. le général Trochu a fort à faire; néanmoins nous croyons qu'il néglige trop la partie civile de son gouvernement. Un jour il regrettera de n'avoir pas entendu parler de Mottn, de Ca* det, de Senart, de la garde nationale soûle qui dit la

main. Elle ne traite pas avec les forts et se borne a ne point reconnaître les traités qu'ils font.

Elle ne livrera pas sa faiblesse présente, elle ne vendra pas sa force future.

Elle restera dans son tombeau inexpugnable. Elle y restera comme morte, mais le tombeau sera vivant. 11 n'en sortira point d'ambassadeurs, et les ambassadeurs n'y entreront point.

Elle ne s'occupera de paix que chez elle et pour elle. Elle fera du fer, elle fera du blé, elle fera des hommes. Elle prendra le temps qu'il faut pour dégriser sa populace sur laquelle compte l'ennemi, et qui a pris l'habitude de ne pas compter avec les lois. Elle a l'àme et le cœur, elle se refera l'intelligence et le bras.

Et alors elle ouvrira ses portes et elle rentrera dans le monde, non pour étudier les choses qui s'y seront faites, non pour se soumettre aux arrangements qu'on aura pris, mais pour voir si la justice règne et si quelque peuple barbare a encore son pied brutal sur quelque troupeau de la famille du Christ. Alors la démocratie chrétienne sera née.

A présent donc, arrangez-vous, et faites un équilibre européen. Faites des conquêtes, des annexions, des empires, des traités. La France n'en est pas, n'est de rien.

Nous en reparlerons dans dix ou quinze ans, quand nous aurons ce qu'il nous faut de fer et d'hommes, quand nous aurons enterré dans la chaux vive le cadavre pestilentiel delà Révolution, et quand la race hu« maine sur le reste delà terre aura besoin du libérateur.

PAA1S KNDAftT I* S*»*. 15

tendent que la puissance populaire aat jtfuaacalée <c*n sa source et en ses actes. Ellen'an a pas mqi»s sujet de dire entre toutes : M peoeato cmœpit tnemaitr mer? , et ses armées en subissent les co&aéqueaeea. 8eulementelle aj outeà ses fautes JMauteeedouUbtedeAe les point reconnaître et den'en if utar la faube qu'à ses généraux. Elle ne permet pas */m ses général)* •soient malheureux. Elle les injurie* elle las casée ., elle les tue. C'est ce qui explique pourquoi

Le premier qui fut roi fut un soldat heureux.

La République tue le soldat malheureux; Je eoMat t heureux» viole la RépubliquetXépoose, lajbatf.la lue. Autre justice.

Et si la République ne nenoonU» pas de aoMat heureux, alors, à farce detaerb soldai jealhewau** elle tue enfin son armée et t& trouve feoe tiacft avec l'ennemi vainqueur. Généralement ette «a lui fait point voir cette âme asagnaiiim0 qui «dégaine toute ibrtuue contraire ; du coutelas de ses ignobles justices, elle no fait peint cette arme de vertu que J))£U prend dans sa maie. Elle a'aibisse, elle traite,; le vainqueur la fait travailler pour lui sous le bâton 9 ou la lie, ou l'envoie au marché.

Il est probable que le fier Gambette, s'il était â Paria, ne dirait point â M. la général Trocbu, wir traot après un effort sans succès ; 4 En notre âge démocratique on n est pas heure??, a Jl vprrait piutôt la nécessité de la remplacer par le citoyen »FU>astu# ou par le citoyen Delescluae, général da BisquimtouL Heureusement que M. Juie*Favresstplu*$ag£,

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20 décembre.

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