‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 67 sur 150 · LA VIGILE DE NOËL · texte numérisé non relu

LA VIGILE DE NOËL

Si les chefs et les rangs élevés de la société européenne avaient conservé autant de Christianisme que les pauvres soldats qui regretteront ce soir les vieilles sérénités de Noël, ils sauraient pourquoi le monde est aux prises avec la destruction, et ils pourraient le préserver de la destruction. Ils pourraient arrêter le flot de sang qu'ils font couler des chaumières, le flot de haine qu'ils déchaînent des cœurs et qui s'accroît en roulant. Us détourneraient ces torrents qui sub-

mergeront les trônes, les palais et les villes, et, malheur plus grand, aussi les âmes !

Les pensées et les prières de Noël leur révéleraient la structure de l'édifice social ; ils verraient la pierre qu'ils ont ébranlée , l'arc-boutant qu'ils ont fait ployer sous le poids impie et stupido de leur orgueil, et qui croulera demain s'ils ne se hâtent de le réparer. Ils verraient que tout repose là-dessus, et le gouvernement , et l'usine , et le comptoir , et la banque, et la civilisation, et la paix, et la vie ; et que rien, rien ne se peut reconstruire ni asseoir ailleurs.

La pierre , c'est le berceau de Bethléem , — Bethléem, la maison du pain! — L'arc-boutant, c'est la charte proclamée au-dessus de ce berceau en ce moment de la rénovation, c'est-à-dire de l'affranchissement de la race humaine : Gloire à Dieu dans le ciel; sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté.

La société véritable est née de ces paroles, la civilisation est sortie de ce berceau. Auparavant , il n'y avait pas eu de civilisation dans le monde, il n'y avait eu que de brillantes et stériles cultures, des arts et des lois qui n'avaient jamais conduit qu'à un raffinement de la barbarie. En ce moment-là, on était dans la floraison d'Auguste, on allait à Néron. Tout à l'heure , cette Heur donnerait ce fruit! Néron empereur, pontife et Dieu, résultat «les inventions sociales purement humaines ! Et que de semences de mort contenait le fruit impérial, chef-d'œuvre de îa mort! La mort victorieuse emportait le genre humain. Mais le Christ était venu, et Paul , apôtre du Christ, Paul

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aux pieds nus et aux mains liées, allait insulter u mort «le n» irraml cri immortel : Où csl t**n tiiyuUion, où est tu virtnire ?

Il n'y avait pas on «le société entre les houun*?, parce i|ii'il nVxNlait pas «le société entre Illumine et Dieu. L'élément divin «le la so«;iété sortit enfin de l'arche, « ( u i l'avait comme remporté au «-irl.il redescendit sur la terre, où Dieu l'avait semé à l'aurore du monde; et. «vite société primitive de l'homme avt-c Dieu et avec l'homme renaquit, pour aider l'immuit? à retrouver l'Kdeu étemel et lui en être tout de suite une imaire. Il y eut un père , il y eut «les frères, il ) eut luie égalité et une liherlé ; des lèvres humaines échangèrent h1, hais» r de paix. Le heroeau de Bethléem s'aim-uidit, il détint l'K^lise; »t l'Ê{f;lL»t: dut devenir le monde, atin «pi*1 la charte «le Bethléem s'étendit «i tniile àmc «réée de Hieu. Ainsi du herceau de IhlIiK nu naquirent les I i lues n.itioii> chrétiennes, hrisaut |i.u li »ut l'unité lyr-iuniquc de l'empire, q u avait I h<>uiii;e pour la.ii re, pour pont i le et pour bien. \ t liiii «le si* i'urmi.T en has par la contrainte «lu h*r. l 'iriité se lit en haut |»ar la lumièr>» et par I amour. Au lieu du même homme pour maître, rhiim;miir « ut le iiiêine hieu pour père et pour ami.

Tell.'r>t l.i «'on-titutiHii rlin'iifnnedu muiidiî. Hors de là, il n'y a que ce qui était aupar.i\ant : César, le fer, la mort. Oue C.é>ar suit homme ou qu'il soit peuple.il impnrt»' |m'U. Dieu n'a pas f.tit deux Ly lises v«*ritahle>, ileiix modes de la \éritaide vie et de la writidde lilnTte «piisont une seule et mèiiie chose. Il est connu «»l a«lniv, e"e>t la vie; il est méconnu et

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