‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 68 sur 150 · PUIS PENDANT IX 81ÉGI · texte numérisé non relu

PUIS PENDANT IX 81ÉGI

répudié, c'est la mort. Peuple ou homme, César n'est aussi qu'une même chose et qu'un même maître : peuple, il est seulement plus dur et plus asservi. II u'a toujours dans la main que le fer et ne donne toujours que la mort.

Ils ont donc voulu bannir Dieu et ressusciter César. C'est à quoi ils travaillent, et ils sont en train de réussir. Déjà ils no disent plus : Gloire à Dieu, et déjà il n'y a plus de paix. 11* ont diminué le nombre des hommes de bonne volonté, la bonne volonté a diminué avec l'intelligence de la vérité parmi ceux qui ont encore la vérité, et il n'y a plus do paix ni de gloire pour personne. Par un enchaînement formidable do bassesse et d'erreur, les peuples méprisent, halsswit et obéissent, formant mille désirs sauvages de briser le joug et de se venger. Ils se vengeront, mais ils ne briseront pas le joug, et plus ils le se~ riiuerout, plus il sera ignoble et dur.

Nous avons aux portes de Paris le roi et le peuple modernes, constitués selon la perfection actuelle de la science et <)<< la philosophie, qui doivent désormais remplacer la charlo de Bethléem et conduire le genre humain. L'un et l'autre sont nue très-vieille chose tivs-aii«'it»iim'inent connue. ('<> roi fut jadis le pharisien, et ce peuple fut jadis le philistin ; et tous deux furent aussi ce qu'on appela jadis le conquérant paitMi et l'empereur barbare, c'est-à-dire les devx plus cruels 11 eaux dont le Christianisme ait soulagé l'humanité.

Au début de la guerre, un docteur 4e ce peuple, mi aigle de cette science allemande qui s'est tant ap-

pliquée à ressusciter César, voulant louer son roi pharisien et exciter son peuple philistin, s'est acharné sur notre triste Napoléon III. 11 a peint un véritable monstre décrétant froidement la destruction de plusieurs millions d'hommes, et même la ruine et regorgement de tout un peuple. On ne saurait jurer qu'il ne l'eût fait, s'il l'avait pu. Mais que trouve là d'extraordinaire ce savant? L'opération n'est pas inouïe depuis cent ans, et toutes les nations philosophiques Tout tour à tour pratiquée. La Prusse, d'abord, conseillée par Voltaire ; la Russie ensuite, et puis la France révolutionnaire et impériale, et puis l'Angleterre. L'Italie elle-même, depuis qu'elle se mêle de philosopher, montre assez qu'elle ne s'y refuserait pas, n'était le bruit du canon qui l'intimide. La prince et le peuple modernes sont ainsi faits. Le sang répandu d'un assassin les empoche de dormir. Ils signent sa fçrace en versant les douces larmes de Néron. Mais l'extermination d'un peuple ne leur coûte rien. C'est une affaire de finance et de commerce, .p'est de la politique et de la gloire, comme avant le Christ. Et les princes modernes se disent modernes précisément parce qu'ils ont été repétris de la pâte princier* d'avant le Christ.

Ce qui est vraiment extraordinaire et monstrueux dans le discours du savantas de Berlin, ce qui caractérise sa pauvreté intellectuelle et sa niaise hypocrisie, c'est de supposer aux princes modernes des remords. Il prend sottement dans Shakespeare une description des nuits troublées de Napoléon III ! Du temps de Shakespeare encore, un prince pouvait avoir des

mords. Ni la philosophie ni la vraisemblance n'en étaient blessées. Le remords dura jusqu'à Fouquier- Tainville qui voyait les eaux de la Seine rouges de sang. Fouquier-Tainvillo avait des restes de baptême et d'éducation cléricale. Mais Napoléon, élève du sage athée Vieillard, n'a fait que semblant d'être chrétien. C'est un prince moderne, un César. S'il n'est pas tourmenté de quelque maladie , il dort, il fait cet honneur à la libre humanité, affranchie de Dieu par la science des lettrés césariens.

11 a dormi plus tranquille, après Sedan, qu'un cuistre oratoire ou littéraire après un discours sur lequel il attend encore l'opinion des journaux. Des remords ! Vous croyez aux remords , vous qui niez Dieu et qui déchirez la charte de Bethléem ? Pourquoi donc, s'il vous plaît, des remords? Et quelle sorte de mal y a-t-il à déclarer n'importe quelle sorte de guerre et à la poursuivre lorsqu'elle réussit ? Et qui se permettra de juger l'homme moderne? Et quel jugement ce mécanisme peut-il redouter en cette vie, lorsqu'il est le plus fort, et après cette vin, lorsqu'il n'est plus rien?

Voyez donc votre roi, dans le sang jusqu'aux épaules, n'ayant bientôt plus à se baisser pour le boire et en réchauffer son vin. Il se propose d'exterminer un grand peuple qui lui a (hélas !) demandé la paix ; il ressuscite l'esclavage antique , il coupe le poignet du vaincu ; et il dort, et même il publie qu'il fait sa prière !

Si Dieu ne vous donne pas le pardon que votre stupidité ne sait plus implorer, voilà vos maîtres fu-

turs, voilà vos pontifes et vos dieux. Eli lengtemp vous grelotterez affamés pendant la nuit de NocL dans le sang et dans la boue des camps, attendant 4r tuer ou d'être tués, vous interrogeant sur la moat» trueuse énigme du monde !

M^me date.

NOCVEÀl PAPIEB DE M. MAITIV.

Voici un précieux morceau du Journal des btbais. Nous le publions sans commentaires, cherchant à deviner pourquoi le Journal des Drlnits nous tait df telles révélations et nous donne de tels plaisirs.

La brochure dont il est question à la fin est sai* doute celle, de l'auteur de l'article, M. Louis-Auguste Martin, déjà connu. On se souvient de son titre : Vrais et faut catholiques ; et de son aventure : condamnée par la police correctionnelle à Paris, et par YInde.1' o Rome. On peut entrevoir le nom du théologien près duquel M. Martin s'était muni de la théologie qui le conduisit à ce double succès.

l'M'IKIlS M-:S TI'ILËMES

MH \.\ SIJTATIU.N M i I.KK<#K iVTUOI.kjUt £.\ 1&Î7.

t.«> 7 janvier 18.17, 1«» <lo\vn <lc 1ï faculté de théologie à Pi* ris, M. M.iret. .i écrit à M. \c miuUtiv ôV l' instruction publique nui* l.-ftrc imrort.iiitr sur la situation «le IKglLvî catholique

en Franc*. Il j signale deux partis dans le clergé français : le p»di ultra et le parti modéré. L'un, creusant un abîme entre 1'Kglise et la société moderne, fait courir à Tordre moral les plu* grand» dangers;, il n'est pas moins dangereux dans Tocdre polit t<|4*s comma opposé à l'idée napoléonienne. « II £ a là, dit-i). «Ws malentendus prodigieux et des périls cachés sans nombre» Il y a Jà toute la perturbation de l'ordre moderne* et le renversement» s'il était possible, d'une des bases sur les> quelles l'Empire est assis. Par conséquent, le choix du nouvel arche véque do 1*0X13 dans les rangs de ce parti serait un mal* heur pour l'fc.lui et pour l'Éçuse. »

.V «-Ht*; lettre eM joint un petit Mémoire, écrit par une antre mai ta que la sienne, où il démontre que les deux partis en question ne différent en rien sur le principe de la foi, mais qu'ils ne s'entendent point sur les rapports de l'Église avec l'Ktal. Le puili ullra-catlioliqiie professe des doctrines favorables .'i l'.il^oluiisiiK! pontifical, a la domination temporelle du cliTirr. <-t ront'niiil d.nis une même haine aveugle les erreurs et les faute* «If la philosophie et de la Révolution avec les progrès légitimes i)i» la société.

(le p.irti pi. ico son idéal dans le régime thé ocra tique, parce qu'il m* voit «l'ordre sorial vraiment catholique que celui du moyen .*ii;i». M. Muvl petite, au contraire, que les principes de hii i)i»-ii entendu* découlent du. Christianisme comme de la raison philo nphique; qu'ils ont amené en France plus de justice, d'étfalité, (!,» lilwrti' et de Ueu-ètrc. U résulte. suivant lui, île l'hostilité du parti ultra qu'une portion très-nombreuse du rlrruré ■*<• sépare dt» plus en plus de la société moderne, perd de plu* en plu- toute nef îi m sur elle et devient chaque jour plus impopulaire, H fend pur U a jeter la nation dane les véies du m.itéri ilisuie pratique. Il crée clone 1rs plu» grandi péril* .t l'ordre ui'»r.il...

In autre Mémoire non signé, mais attribué encore a M. Maivt, est intitulé : Pour faire suite à une contertation confiât*' /iW/i- «n . v S. Ere le minUtrc d*s cuttrs. LTirfrer* y est réorienté fi un me un instrument de propaganile et de terreur. On irrand nombre de véque* n'osent parler, dans la crainte d'être

dénoncé* par lui comme gallicans, c'est-à-dire hérvtHju^ « Si cet accusateur publie do l'épi scupat triomphe, c e«t le <m^ de grâce porté à l'Église de France. »

Il voit aussi dans l'existence de 1* Univers un suj*t d a*f?*» hen^ions directes pour le gouvernement ; car, après avur battit une partie du clergé, si ce journal usait de sa puiMiaoe contre le gouvernement , son opposition aurait une granfr force; et il sera trop tard pour le briser lorsque le* fidèfo « seront accoutumés à ioVntilier la religion avec les âvctrwtsér V Univers : « Ne vaudrait-il pas mieux laisser tomber cr ymrlui comme île lui-même, ou, s'il ne tombe pas, car il 1 4' puissants appuis, le laisser, du moins, s'af Faiblir par la «#uk déconsidération de ses doctrines mises en lumière par la brochure qu'on poursuit? »

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