‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 69 sur 150 · L.-Aug. Martin · texte numérisé non relu

L.-Aug. Martin

Membre auxiliaire de la coni m ;**»-* •les Tuileries.

35 décembre.

LES JOURNAUX DE PARIS SUR LA 2ICTT DE !fOCL.

Les journaux semblent s'être eutendus pour parler de la fête de Noël. Presque tous lui consacrent un article. L'un d'eux, assez grave, dit naïvement que nous autres, gens de Paris, « nous voyous mhwt apparaître toute la signification profonde qui caractérise cette fête du < liristianisuu», à laquelle, dans des temps plus heureux , nous n'eu>sious donné qu'une attention secondaire.» Hélus! nous croyons qu'il se flatte et qu'il flatte un peu le plu* grand iiomlnvde ceux qu'il appelle /#*##/». l/atti-uti«>u

est encore « secondaire » et les considérations poético- politiques qu'elle inspire sont secondaires aussi. Dans les dix ou douze articles dictés par la sanglante Noël de 1870, il apparaît surtout un vif regret de tant de boustifailles supprimées. On en souffre pour sa part, on s'en réjouit pour ce qui regarde l'ennemi, « l'attention » que les Allemands donnent à la fête de Noël étant, sur ce point, beaucoup moins «secondaire » que la nôtre. Le reste est vague. Les conséquences de l'attention secondaire en effet, et trèssecondaire, accordée aux fêtes, c'est-à-dire aux priueipos du Christianisme « dans les temps plus heureux, » échappent totalement même au journal qui a dit cette grande vérité. Ce sont ces conséquences cependant qui ont amené cette nuit de Noël de Tan 1870 (1), laquelle restera si mémorable pour Paris, pour la France et pour l'Allemagne, et probablement sera suivie de plusieurs autres toutes semblables.

L'Européen n'a pas fini de passer la nuit de Noël dans des trous glacés ou boueux, la main sur la détente du fusil, en tête à tête avec la mort, qui se réjouit de faire coup double. La paix de l'Europe n'est pas pour cette année, ni pour l'année prochaine. L'année prochaine, la nuit anniversaire de la Bonne Nouvelle sera encore une nuit de glas, on y entendra le duo de la bise et des balles, on y verra encore pour étoiles la bombe et l'obus perfectionnés par la science;

{I) l*es Prusjieus avaient célébré la nuit de Noël par une canonnade formidable.

il y aura encore des tristesses dans les prisons ër guerre, des angoisses et des larmes au foyer entotmde veuves et d'orphelins. Le monde est livré à nu travail de durée. 11 se défait du Christ, et, par m» conséquence inévitable, il refait César. Ce n'est p* l'œuvre d'un moment !

Et voilà, gens d'Europe, la messo de minuit d? César. Vous avez des chances p«»ur la célébrer pi** d'une fois, et vous n'y manquerez pas, ni h la inw de l'aurore, ni à la messe du jour!

Ce sera le commentaire de cette parole d'un de vw grands philosophes, que vous n'avez pas assrzéroufcen ce point, où il vous a paru entiché d'un reste de préjugés catholiques, a Chose clrawjc'* , dit Montesquieu, la religion, qui semble ne s'orcnper qne dt l'autre monde, assure seule notre bonh«nr dan? celui-ci. »•

11 est cci tain «|ii«- la cnuMiiéinoraison de la NoH du Christ avait qu« Ique chos.; de moins fatigant ponr le Français et même pour l'Allemand, sansexrcpti"i: du l'rusMi n, qui ci tU' j remière Noël de Céï-ar.

(i loi if i in ijft/si\ I)rtt. — /:/ ;// tt rrti prtx homirtbus btittff roluittirtis ! t'es deux termes sont liés et inséparables, et le pi< iiiier e>t lu condition du second. Tant que vou* voudrez chanter oïl tilnria in r.rrtkis Im/t'rtrtf'/i, ou (ib-rhi in rjrrlsis Populo, et tant qnr vous Mti.flïin z qu'on le chante, dites adieu à la bonne \olouté e! à la paix du monde; caria paix du niciitle e>t la paix des hommes de lionne Volonté.

En parlant ainsi, pour la confession plus nécessaire que jamais de la vérité, nous ne voulons pa*

PARIS PERDAJIT LE S1É0K. 3f

laisser croire que nous méconnaissons ce qu'il j a do louable dans le sentiment de regret et de respeet qui a inspiré au même instant un aï grand nombre de journaux. Nous y saisissons et nous y goûtons un arôme de Christianisme. Est-ce encore I!automne9 est-ce déjà le printemps ? En tous cas, il y a donc, même là, des imes dont la mort n a pas encore pris possession, ou en qui la vie recommence? Ceet,neus n'en doutons pas, un fait acquis et grandissant, et c'est en même temps la meilleure arme qui nous reste contre César. Là où quelque chose demeure au Christ, ni la mo*t ni César ne prendront pied et ne demeureront éternellement.

27 décembre.

IN AllTItLE t)C SIÈCLE SIR CÉSÀB.

A propos de Nofl, le Siècle, césarien déterminé, dit dVxcellentcs paroles contre le césarisme. Entre autres choses, il le nomme par son vrai nom. 11 rappelle fjateti. Dans rette bouche, le mot est d'or. Noms recueillons l'article du Sicctccommenn de ces témoignages de l'Arme et de la raison a naturellement chrétiennes » que lYrtullien tirait des adversaires mêmes de Jésus-Christ • •

L'Europe nourrit» aver surprwe, et pour aiiiM dire sans > croin», cette tnicrre païenne commandée par un prince qui se

vante d'être un chrétien fervent; elle n'en comprendra la terrible réalité que le jour où elle y sera elle-même en proie.

La guerre que la Prusse fait en ce moment à la France est une guerre païenne, non-seulement dans ses effets, mais encore dans son origine. L'idée césarienne n'a jamais dispani d'une façon complète de l'horizon moderne; elle a ses retour* périodiques qui couvrent le monde de ruines et de désastres. Le fantôme du césarisme n'a pas cessé île planer sur nous : la religion chrétienne n'a pas eu la puissance de l'exorciser. Le rêve constant des barbares qui renversaient l'empire était de le rétablir. Charlemagne, qui parut un instant avoir réalisé et rêve, créa un idéal de domination générale, une illusion d empire universel, que toutes les leçons des siècles et tous le» mécomptes de l'histoire n'ont pu parvenir & user.

L'idée césarienne, après avoir rempli le moyen Age tout entier de guerres, «le troubles, de désordres de tous les fenres, unit par se dissimuler sous la i>ourpre honorifique des Césars de Vienne, mais elle ne disparut pas. L'idéal de Charlemagne s'incarna de nouveau dans un homme, le lendemain même de , la révolution française, qui semblait destinée à en finir a tout jamais avec les vieilles idées, et à briser définitivement les moules des vieilles institutions.

Napoléon Ier 1k>u le versa l'Europe pour reconstruire l'empire de (iharlemagne. Qui put se croire plus prés que lui de sir? Il avait le génie du fondateur d'empires et le génie du truc te ur d'empires, il était à la fois législateur et capitaine; U échoua cependant devant la résistance de l'Europe, et surtout devant la résistance de l'Allemagne. Guillaume de Prusse, conseillé |>ar M. de Bismark, veut recommencer l'épreuve de Napoléon I". C'est le progrès qu'il offre à la civilisation euro- |»éeune au dix-neuvième siècle. L'Allemagne, abusée par k décevante fascination de la suprématie césarienne, approuve et suit Guillaume Ier comme la France approuva et suivit N léon 1" ; mais, comme la France, elle saura bientôt ce qu'il <*oùte a un peuple pour tenter de faire revenir le monde sur ses pas.

L'Europe croit devuir laisser la France exposée seule jus

roiip* du césarisme prussien. C'est une faute dont elle ne lardera pas à se repentir; elle doit voir déjà, par la dénonciation du traité de 1867 sur la neutralisation du Luxembourg, combien ee césarisme la menace.

Cette dénonciation, venant après celle du traité de Pans de I8.'ift, est le signe d'une longue entente entre la Prusse et la Hus^ic. On dirait que, dans un Tilsittde famille, les deux souverains de ces Etats se sont partagé en quelque sorte le inonde : à Cuillaumc de Prusse l'empire d'Occident, à Alexandre de 1lu«sie l'empire d'Orient. Napoléon l#r et Alexandre Ier avaient rêvé un semblable partage; mais leur alliance, plus fragile que le radeau qui les portait sur le Niémen, fut bientôt rompue; l'alliance conclue entre Alexandre 11 et Guillaume 1er ne »era pas moins éphémère . Les causes qui les rapprochent dans le présent les éloignent à tout jamais l'un de l'autre dans l'avenir. L'Europe d'ailleurs, en présence du césarisme germa* nique et du césarisme slave unis contre elle, sera forcée de «««rtir d'un sommeil qui serait bientôt sa mort.

La France lui donne le signal de la résistance. Ce que nous allons dire aura l'air d'un paradoxe après le premier empire, »t surtout après le second; mais, de toutes les nations du continent européen la France est, malgré ses défaillances passagères, celle qui représente le mieux le principe opposé au cé- <ari*me. Les droits de l'homme et du citoyen formulés par la r'fxolution française resteront comme la protestation éternelle «nuire les priwléges de César. Les autres peuples savent bien «•»• qui leur manquerait si la France venait à leur manquer; ils r« • i ■ t ton* dis vo'iix pour nous 11 n'est pas un cœur généreux, pas un esprit éle\é qui ne regarde le tronçon d'épée que tient »*n ee moment la France eomme l'épée delà liberté.

Tout ceci est trop sérieux pour que le Sircte n'écoute pas volontiers quelques observations sur les points qui patent la justesse générale de son apeivu.

Le roi oV Prusse nV^t pas un « prince chrétien. »

3i PAKIS PENDANT LE HiÉOC.

C'est un prince protestant, et protestant de Berlin. la différence est considérable. 11 est, en outre, pontiir suivant Tordre de Luther, suivant Tordre de Frédéric le Grand, et suivant son ordre à lui-même. Si Ton veut qu'il soit néanmoins chrétien, ces appendice* expliquent pourquoi il fait une guerre païenne; et quiconque est chrétien à sa façon n'a aucun droit de l'accuser, cette sorte do Christianisme no permettant pas moins. Certainement Voltaire, le cher Voltaire du Siècle, chrétien aussi , s'il était témoin des hauts faits du roi Guillaume, n'y trouverait pas plus à reprendre que dans les hauts faits du roi Frédéric. Il dirait, comme Taimahlc arayouin .Meillct : « J<* ne vois pas là de quoi fouetter un Vcuillof . » Le roi de Prusse est en pleine jouissance de Tar^umeut du joli Cadet de Mottu : « Vcuillot me hl&ine, don«* j? suis dans la voie de l'honneur. »

Puisqu'on m» peut pas appeler le roi de Prusse un prince chrétien, il n'y a nul moyen de le comparera Charlema^uc. Au sens de l'esprit comme au sens de Cépée, la taille manque, et ee n'est plus du tout 11 même conception de Tcmpire. Le Sirr/e exprime Iri-fhieu cette pensée en parlant de guerre païenne |««»ur rétahlir l'empire paît n.

Le magnanime Charlemafaie, préparé par le grand pape Adrien 1", sa<ié j ar le faraud pape Léon III. est Couvre politique de la sainte Église romaine. Elle le tira «lu chaos harlnre et le pétrit de ses mains, c< n:ine I lit u a\ait p« tri A*L m du limon de la terre. AsMinmeut les \ims de TK^lise romaine furei.t tout autres que cilles de M. de liisuiark, facteur de

• PARIS MWDANI Lt Sl&UK. 35

l'empereur prussieu ! Éclairé du la lumière apostolique, le nouvel empire devait maintenir la paît, c'est-à-dire le droit et la justice dans le peuple dv Jésus-Christ. C'était le saint empire. Aux Dations conquises, Charlemagne n'eu voyait pas des proconsuls, mais des évéques, pour détendre, comme il le disait lui-même, leur droit et leur liberté. Les Aile»» maiids et d'autres, les profonds politiques dii Times, par exemple, peuvent dire que 1 empire prussien est saûU. Mais il ne suffît pas qu'ils le disent»

Napoléon aussi se targua d'être Charlemagne. L'on trouve aujourd'hui qu'il ressembla davantage à l'espèce relativement médiocre des despotes et des aventuriers, généralement employés comme fléaux. Su place diminuera dans l'histoire quand le jour renaîtra, et ce César de soudards pourra n'être qu'on Tarnerlan. il avait du génie, ou plutôt un génie. Souvent le génie humain n'est qu'un ange déchu, condamné à voyager en ce monde sur quelque bête lourde et rétive. Voyez M. Hugo. Il est plein d<* génie De Illumine de génie, dueouquérant de génie, du législateur de génie à l'homme vraiment supérieur, de Napoléon Bonaparte à < Iharlemague, pasteur de peuples et fondateur d'empire, il y a toute la distance du châtiment à la miséricorde, de la semence de mort à la semence de vie.

Napoléon, ambitieux du nom de Charlemagne, a pu se couler un moment dans la robe du grand empereur, il n'a pu la porter. Ell« s'est affaissée sur lui. On la ramassé là-dessous brisé, ou la jeté sur un bateau et expédié à Sainte-Hélène. La vaste pri-

36 PARIS PKNOANT LK SIÉiiK.

son des mers lui a été donnée plus peut-être Àcaiis»- «le la folie du inonde et de la faiblesse de ses ennemis, qu'à cause de sa véritable valeur. 11 se comparait mieux lorsqu'il disait : Je suis la Révolution!

Entre la Révolution et Cbarlemagne, il n'y a pas plus de comparaison qu'entre M. de Bismark et le pape Léon III. La Révolution avait pour but d'anéantir le reste du saint empire romain, afin d'anéantir le reste du Christianisme. Elle a eu providentielle* ment pour objet, elle aura pour effet d'anéantir le vieil esprit césarien et anticatholique qui avait ressaisi les rois de l'Europe aumépris île leur institution sacrée: La Révolution a donc renversé les trônes : elle y voyait encore la croix, qui n'était plus qu'une image, elle n'y voyait pas son propre esprit, qui faisait leur faiblesse et qui eût irrémédiablement assuré sa victoire. Et comme, après les avoir renversés, elle les relevait obstinément pour s'y asseoir elle-même et les gâter davantage encore, elle aéle condamnée à les livrer au feu. Il n'y a plus autn* chose à faire de ces meubles pestiférés. «Mais le feu qui doit consumer les trônes doit consumer au&û U Révolution, sinon il consumera le monde.

Si la longue miséricorde de Dieu n'est pas épuisée, >i les temps de l'Antéchrist ne sont pas venus, If monde abjurera la tyrannie et la séduction révolutionnaires comme il a abjuré la tyrannie et la séduction royales. .Ni César, ni llrutus, mais le Christ !

Alors, ce qui sortira intact de lu poussière de* siècles et du brasier moderne , ce qui se retrou\en

parmi les débris de trônes, d'échafauds et de peuple; enfouis sous des montagnes d'obus et d'armes scientifiques brisées , ce sera ridée de la sainte Église et de son fils et serviteur Charlemagne, le règne du Christ et du peuple chrétien.

La démocratie baptisée, la sainte démocratie, sera sans doute une création nouvelle , mais elle ressemblera beaucoup plus au saint] empire qu'à l'empire païen et qu'à l'empire révolutionnaire, lesquels sont, au fond , le même empire et le même iléau. L'un et l'autre sortent de la même source empoisonnée, du cœur arrogant , cruel et bas de l'homme qui se croit Dieu.

Le Siècle ne fait nullement un paradoxe lorsqu'il dit que « de toutes les nations du continent européen la France est celle qui représente le mieux le principe opposé au césar isme. » Rien n'est plus vrai ; mais ce n'est pas parce que la Révolution française a a formulé les Droits de l'homme et du citoyen. » Cette formule n'est, comme la Révolution elle-même, qu'un médiocre plagiat de la formule bien plus ample donnée trois siècles auparavant par la révolution allemande, la vraie Révolution. Or ni en Allemagne, ni en France , ces fameuses formules n'ont empêché la renaissance trioinph tnte du césarisme, le rétablissement de l'empire païen. Elles en ont, au contraire, relevé la base et fourni Tunique agent, qui est la doctrine impie de la divinisation de l'homme par luimême.

L'empire païen ! Comment par ce seul mot le Sirr/e if est-il pas averti de son erreur sur la véritable

38 l'AHia i»i-:niuxt i.e siêgh.

ressource de lu France contre César, c'est-à-din (•outre l'homme se faisant Dieu ?

Car c'est là le césarismc et César. En César l'homme se crée Dieu, et il fait César afin de se voir Di»»u et de s'adorer lui-même dans un homme. Ain>i il s'avilit, il se tue, mais il contente son ingratitude et son insolence en se séparant du vrai Dieu qui s'est fait bornait pour le relever et le sauver.

La France est la nation la plus rebelle au césarisme, parce qu'elle est, malgré ses défaillances, la nation la plus fidèle ou la moins infidèle à Jesus- Christ, Dieu fait homme.

C'est la nation abmdante en généreux ouvriers de la pensée, la nation au clair esprit, au clair langage, en qui toute théorie devient une épée, et toute épée, qu'on nous pardonne le mot, une aiguille, et qui s'applique à coudre aussitôt qu'elle a tranché. La France se coud elle-même à la conception qu'elle a reçue et veut y coudre le monde, moins pour s'en faire un avantage ou une gloire que pour en procurer le bienfait . Ainsi elle s'est cousue à la conception révolutionnaire qui Ta trompée, '»t elle y a vouln coudre Thum mité. Dans l'impiété de la France, on ne découvre pas l'imbécile athéisme allemand, mus plutôt un certain christianisme à rebours. Sa folie, encore généreuse , rêve de refaire le Christ lorsqu'elle veut le chasser. File ne dit pas comme l' Allemagne : Empire et domination! Elle dit : Liberté, égalité, fraternité! Elle pousse l'ardeur de son rêva jusqu'à eesser de dire : Patrie et glo:re, pour dire: Humanité ! Lorsqu'elle <?mra de nouveau que Jésus-

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Christ est le rrai son et le vrai sens de ces- nobles p&» rôles, le son et le sens à la fois divin et humain ; lorsqu'elle aura réappris ce mystère qui lui fut connu, alors. elle se connaîtra ollo-méme et le monde la connaîtra, car elle ne voudra plus d'affaires ni de repos qui la détournant de l'enseigner au moude»

La France est la nation qui a le plus aimé, et à cause de cet* ancien amour demeuré au fond de ses veine % elle est celle qui versera son parfum et ses larmes sur les pieds du Sauveur. Elle voudra mériter de beaucoup comprendre et d'aimer beaucoup. Oh 1 quand éclatera le repentir de la France, quand couleront les larmes de la Franco, quand se lèvera cette nouvelle aurore à l'horizon du genre humain! — Me voici, c'est moi, je suis la France, et j'annonce le Christ, roi du monde.

L) tronçon d'épée que nous tenons à la main, s'il u est qu'un reste de l'épée de Napoléon, ou de l'immonde coutelas révolutionnaire, ou du sabre qui a découpé la Bastille comme un fruit creux déjà rongé des vers, rentrera promptement dans le fourreau et nous laissera gisants sur les stériles paperasses de 89. S'il devient la bjlle vieille et sainte épée de Clovis, il est en etfet l'espoir, l'unique, mais triomphant espoir de la liberté du inonde.

Contre l'empire païen, il n'y a qu'une arme victorieuse, l'épée chrétienne aux mains d'un peuple chrétien. César n'aura de vainqueur que Jésus- Christ.

Or, cherrhe* dans le mondes qui demeure oncore d'un peuple chrétien : cV*t la France. Et si vous re-

Bethléem et qu'elle ne durerait pas longtemps. 11 y avait comme une certitude qu'après l'avènement du dogme, le temple de Janus serait rouvert. H fut en effet rouvert dès le lendemain. Le même pressentiment indiquait depuis longtemps d'où la guerre de- vait venir et nommait la Prusse, et c'était dire aussi la cause de la guerre : une ambition irréalisable, quand même elle paraîtrait atteindre son but.

Nous trouvons un témoignage de cette inquiétude et de ces prévisions dans un livre dont la date remonte à douze ans. Nous nous permettrons de reproduire la page où nous les avons exprimées, parce qu'elle contient en même temps un exposé de la conception du saint empire, sur laquelle beaucoup de personnes et beaucoup d'écrivains se méprennent absolument. On verra que ce n'est pas du tout, comme le Siècle parait le croire, l'empire selon Napoléon ni selon M. de Bismark.

En proclamant l'infaillibilité du vicaire de Jésus- Christ, le Concile a pourvu au péril de la conscience humaine devant .'infaillibilité que ne manquerait pas de s'arroger l'empire païen, c'est-à-dire antichrétien.

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