‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 81 sur 150 · janvier · texte numérisé non relu

janvier

Paris. Pendant qu'on bombarde.

Ku général, il n'est pas juste de raisonner contre les vers, et l'injustice serait plus grande de raisonner contre des vers «le bombardement, ébauchés dans les distractions du siège par une main désormais inhabile à porter 1rs armes. Il est évident que M. Hugo passe à la garde urbaine. Tout ce qu'il fera 'de guerrier n'attestera plus que son grand cœur.

Cependant, vu la situation éminente de M. Hugo, il n'est pas hors de propos de réfléchir un peu sur eette poésie, au profit du bon sens. La question est

bonne partie de cet honneur qui tombera dans notre fosse comme le grain dans le sillon, c'est-à-dire comme une semence de vie et de gloire.

Quant à la proclamation des membres du gouvernement, elle est ridicule, comme tout ce qui sort de leur fabrique. Pour l'acquît de notre conscience, non» protesterons jusqu'au dernier moment contre ces plats et pâles sonneurs de fanfares païennes. A a moment du suprême combat, sur le bord de la fosse où peut sombrer la patrie, ils ne savent pas, ils ne veulent pas , et peut-être ils n'osent pas se souvenir de Dieu. Ils mettent leur gloire à nous faire mourir comme dans l'ambulance et dans les bras de Cadet.

Et ils ont peur !

Vous entendre exborter à mourir par Dréo pile et Lavertujon qui verdit !

CXMI

Même date.

CONSEILS FOÉ-flQUES DE M. HUGO.

S'il en faut croire le Journal officiel y M. Ilugoa fait « les vers suivants : »

DANS LE LIIIUIE

Le lion du midi voit Tenir l'ours jH>laire.

L'ours court droit au lion, grince, et, plein de colère,

L'attaque, plus grondant que l'autan nubien.

Kt le lion lui dit :

— Imbécile! c'est bien.

Nou* sommes dans le cirque, et tu me fais la guerre.

Pour qui? Vois-tu là-bas cet homme au front vulgaire?

C'est le nommé Néron, empereur des Romains.

Tu combats pour lui. Saigne! il rit, il bat des mains.

Nous ne nous gùnions pas dans la grande nature.

Frère, et le ciel sur nous fait la même ouverture,

Et tu ne vois pas moins d'astres que je n'en vois.

Que nous veut donc ce maître assis sur un pavois ?

Quoi donc ! il règne, et nous, nous mourons par son ordre;

Et c'est à lui de rire, et c'est à nous de mordre.

11 nous fait massacrer l'un par l'autre, et pendant,

Frère, que mon coup d'ongle attend ton coup de dent,

Il est là sur son trône «t nous regarde faire.

Nos tourments sont ses jeux. Il est d'une autre sphère.

Frère, quaad nous versons à ruisseaux notre sang,

11 appelle cela de la pourpre. Innocent,

Niais, viens m'attaqticr. Soit. Mes griffes sont prêtes.

Mais je i**nse, et je dis que nous sommes des bètes

IK; nous entre-tiier a ver tant de fureur,

Kt que nous ferions mieux de manger l'empereur.

Victor Hugo.

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