‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 89 sur 150 · CXXVI · texte numérisé non relu

CXXVI

26 janvier.

LA MOKJ D'UN Jt'STK.

(lier matin, dans l'église des Missions-Etrangères ont été célébrées les obsèques du vénérable M. Char rier, missionnaire, confesseur de la foi.

M. Pierre Charrier, né en 1803, à Saint-Just-enii. il

162 FA RIO FEMUNT Là SIÉGK.

Chevalet, diocèse de Lyon, s'ofîvit, déjà praire, le 29 octobre 1831.

Il partit presque aussitôt, le 5 mars 1&32, pour la sanglante mission du Tong-king^ et, dès l'année suivante, il entra dans le champ â}K»tolujue. Ce champ demandait de la sueur ot du saog, il ne refusa ni l'un ni l'autre. 11 supporta ea missionnaire, c'est tout dire, les épreuves de la persécution de 1638, errant sans cesse, caché, enterré le jour, voyageant la nuit à travers les bois peuplés. de tigres, perpétuellement traqué par les espions plus redoutables que les bêtes féroces, soutent sans vivres et sans abri. Eu 1841, il fut pris et condamné à mort.

Lorsqu'il attendait l'exécution de la sentence, un ordre du roi le fit transporter à Hué, où il fut réuni à MM. Berneux et Galy, ses collègues. II subit la cangue, les chaînes, la cage et les interrogatoire*» c'est-à-dire le rotin. M. Galy, son compagnon de captivité, écrivait : « Vous jugerez de kla fermeté de M. Charrier par cet aveu échappé à l'un de ses juges. On lui parlait de frapper encore le «dut confesseur : — A quoi bon, répondit le mandarin : hier, je lui ai fait donner onze coups de rotin, et il semblait dormir. » L'exécuteur frappe deux coups et le troisième tombe entre les deux premiers. Souvent ce troisième coup enlève la chair. — Celui-là, nous disait M. Charrier lui-même, celui-là est dur!

Un autre mot le peut peindre. Son catéchiste ayant pu l'approcher lorsqu'on le transportait i Hué, il lai donna ce message pour Tévèque (Mgr Retord) : « Ta diras à Monseigneur que j'aiwo mieux ma cangue

que sa mitre et mes chaînes que sa crosse. Il n'y a qne sa croix qui vaille quelque chose , mais j*en ni pour le moment une plus précieuse. »

11 était depuis dix-sept mois en prison, attendant toujours, et par sa constance déconcertant toujours les bourreaux, lorsque la corvette française YBérohie, commandant Levèque, parut dans les eaux de T<mranne. M. Levèque, apprenant qu'il y avait à Hué cinq missionnaires condamnés à mort, intervint avec énergie, se lit livrer les captifs et les porta à Syngapore. C'étaient, outre M. Charrier, MM. Berneax, Galv, Ducloset Miche.

M. Berneux a reconquis le martyre : devenu vicaire apostolique de laCorée, il y a été décapité pôtor la foi en 4866. M. Galy est mort en Cechinchine, au travail, en 18G9. M. Duclos a terminé sa vie aptoiolique en 4847,' captif de Jésus-Christ dans ces mômes prisons de Hué, d'où la main française l'avait tiré cinq ans auparavant. M. Miche est actuellement vicaire apostolique de la Cochinchiae française. Son grand âge et les besoins de «a mission i'ofit empêché de venir au Concile.

M. Charrier fit comme ses confrères. Hifetturna. Arrivé à Paris vers la fin de 1843, il repartait d'Anvers pour le Tong-king au mois de mai 1&44. Mais sa santé trop fortement ébranlée ne permit pas de te iaisser à l'œuvre dont il Be plaignait d'avoir manqué le prix. 11 dut revenir au séminaire, comme procureur «le la mission du Tong-king. Il obéit; c'était aussi un devoir, et le plus impérieux de sa sainte flt auguste profession.

11 avait l'aspect rude, le cœur simple et affectueux. Il obseivait le silence ordinaire aux hommes qui portent une grande douleur. Pendant la lecture de l'histoire ecclésiastique au réfectoire, s'il était question de personnages à qui le martyre échappe lorsqu'ils le croyaient assuré, souvent les confrères de M. Charrier l'ont vu essuyant une larme furtive. Il est mort le 23 de ce mois, après une longue maladie qui, dans les derniers mois, le tenait enfermé. Il a subi cette, épreuve comme les autres, remerciant Dieu d'ajouter l'humiliation de l'inutilité au regret de n'avoir pas été jugé digne du martyre.

Que de réflexions, en ce moment, devant ce cercueil si digne de tous les honneurs publics et si peu entouré, qui renfermait quelque chose de si humble et en même temps de si grand! Là était l'homme mortel, là était l'immortel martyr. Reste d'un pauvre vieillard infirme, caché et comme ignoré dans sa propre maison, où ses plus anciens frères seulement le connaissaient bien ; débris vénéré de l'arme dont le Christ se sert pour couquérir le monde, et qui se renouvelle en ses mains par la vertu de son sang.

Il y a deux siècles et demi que cette congrégation fournit des martyrs, et o t homme obscur, martyr moins l'auréole , figure parmi l'élite de la cohorte sacrée. Il s'en va sans cortège, en des jours de deuil incomparable. Il a pu dire qu'il mourait avec la patrie, qui ne compte plus ce qu'elle perd ; mais au temps où nous sommes, prospère ou malheureuse» la patrie ne l'eût point compté. Elle ne compte plus comme une gloire «le fournir des martyr», et c'est

une des causes de sa détresse épouvantable et inouïe. Cependant cet homme, ce héros, est reçu au ciel par le chœur de ceux qu'il a tirés de la mort éternelle, et ceux-là sont devant le trône de Dieu autant d'avocats de la France. Ils prieront, et nous espérons que par leur prière la France revivra.

Dans le cercueil de M. Charrier, cette couronne lumineuse de l'apostolat lointain, qui resplendissait au front de la France plus que d'aucune autre nation, va-t-elle aussi subir une éclipse? Au milieu de l'im-* uiense catastrophe, que va devenir l'œuvre de la Propagatiou de la Foi? La France l'avait enfantée; elle eu était la nourrice féconde et magnanime, elle lui donnait de l'or, elle lui donnait des hommes, elle lui donnait du sang. Plaise à Dieu que les missions ne soient point accablées de notre malheur ! Plaise à Dieu que la générosité du peuple fidèle su'pplée à tout ce qui va manquer, et que ce pays qui n'a plus de soldats, plus d'industrie, plus de fortune, sanglant, mutilé, humilié, continue pourtant de porter la parolr du Christ et d'envover dans toutes les ténèbres du inonde lt*s messagers de lumière qui seuls rompront les fers du genre humain! A cette conditionna France, quoi qu'il arrive, sera encore la grande nation, la natiou vraiment victorieuse, et après le ti'inps de l'épreuve, le sceptre lui sera rendu.

CXXVUI

27 janvier.

>fc Qll NOUS SAUVERAIT ENCORE,

. Paris est rendu ; l'ennemi n'y entrera pas, une assemblée en rachètera les murailles cicatrisées, mais intactes. Ce sont les bases de l'armistice et les préliminaires de la paix. Puisque cela est annoncé officiellement, on peut croire que cela est conclu. Quant aux conditions de la paix définitive, il n'est que trop certain qu'elles seront dures. La France est vaincue et humiliée (dus cruellement qu'elle ne le fut jamais. 11 nous reste à souhaiter que la honte ne s'ajoute pas h cotte humiliation terrible. L'ennemi nous rend une sorte d'hommage en ne franchissant point le seuil de la maison mortuaire. Souhaitons que «le scandaleuses et fratricides discordes ne Py introduisent pas. Il serait abominable que le monde nous vit brûler contre nous-mêmes ce qui nous reste de poudre. Point de guerre civile, point d'anarchie, point de récrimination. Ces horreurs n'auraient d'autre résultat que d'appesantir le douloureux fardeau et de justifier Tégoïsme qui nous a laissés périr. Nous devrions n'échanger que des panions et des larmes. Si notre incomparable malheur pouvait nous réconcilier, si nous nous retrouvions tous frères comme nous

«ommes tous vaincus, ce miracle d'amour ressusciterait aussitôt la patrie.

Non, ce n'est point la mort ; mais par la concorde I VppMive serait abrégée, et ce ne serait pas même la léthargie. Un travail fécond réparerait promptement la plus grande partie du désastre. Faisant le compte des destructions accomplies, nous en trouverons beaucoup que nous pourrons estimer comme un grand gain. Nous ne saurions aujourd'hui nous dissimuler que nous avions besoin d'une réforme et, pour mieux dire, d'une refonte.

Dans la voie où nous marchions, nous ne pouvions éviter la catastrophe; plus tardive, elle eût été plus incurable. Le véritable péril des peuples est d'être mal sauvés, rétablis sur des étais ruineux et destinés à crouler irrémédiablement. En nous fermentaient les venins de la guerre sociale. B y a lieu d'espérer qu'ils s'écouleront par cette formidable blessure qui nous contraint de rester sur le flanc et de changer de régime. Si la blessure emporte la plaie, si un sang nouveau se forme dans nos veines, c'est un gain, une victoire de la véritable vie sur la véritable mort. Ce que nous aurons gagné de vertus nous consolera de ce que nous avons perdu de richesse, et nous laisserons nos enfants plus forts et plus heureux dans leur pauvreté que nous ne l'avons été dans notre éclat. fis seront plus et mieux que nous, parmi les nations, cette grande élue de Dieu que l'on appelle la France.

0 France, si tu entends bien ce coup de foudre, Dieu t'ordonne de vivre, d'espérer, de reprendre ta

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fÀRIS l'LMJAM LE SIÈGE.

voie et do remonter à too rang que tu a blement abdiqué.

Une larme seulement, uu regard vers I parole victorieuse du repentir : J'utu a sci

VILES EXCDSES llU GOl VEMNEMLN1

Le Gouvernement nous dît qu'il [ne p< davantage, que nous étions à la dernier pain et de cheval et qu'il eti fournira le e dent. Il pouvait s'épargner la liassessed mule. Personne no l'accuse d'impatience î ni ne lui conteste une certaine probité tisme, ni n'élève le soupçon contre lequ feud. L'on admet que son livre de cuisinée et que si tout n'a pas été distribué ave plus parfait et l'équité la plus stricte, du se trouve exactement dévoré. Ce n'est pas qu'il nous soit resté quelques vices do l'anci ctque la vertu républicaine dos distribuiez les derniers morceaux do bœuf el les bons de cheval en double part. Ou sait bien qi social comporte ses gentilshommes, et qui République sont toujours de grand appét)

Les dilapidations de ces alfamés peu

ont pu ahrêger de queiqee^ i^ore je kayiit à* ju&l. sans qu'on en tisse nutirre a pcvœ*.. Le* aavfsua: creux «jui cru-ut a la traiL^-et sco£ wat mmàrais^ parai>seut p^u sincère «rî jk^ùù^ttaîntac mil 2?s-ittL Parmi le> £en> de k*n -<**„ 7** !*,a.Ta*gc ont j* .swverneinent a fait ce qa'ù i p*- E «ô^rair w*hel. lis certainement la I^^i>r t ^ a&r i*- *-4uiisr* al ut ntisrir. II k- proclamait eo-.œ 1& ymiHnt» >»&**.. «a. «hl st\le de vieille cLias-.'^. tt âja& àia&t i swv t& vieille ehansvn. Ce n'es* j*fc* àt ossc-âiL iicm*. cn:x » manqué la victoire et -a ssrin.

Le ri -proche qu\>& lui i*£. c~«se j» âannr laquelle il a cru d~ it 3^2*^9* ql± «au: puissance et ta capacité- &: Tumzrt «. te sin L'un et l'autre de c*r* <kœ *ï* iîr: gurtf . j± plus encore que le premier. Itoc itinumt n* pas reçus : p«»ur Ir* *:<sj»œr.l itt snfirio» n* 1er les \ieiii»s cha&KCf. Y***** t* çutat ment de la defens-r xuLr.*ià**t terne -tariu s'il le savait, il saurai! la *£Eu* '.âina* oïl im£à£ ol Taire encore un pra d fe.oa»*TCr . 1. réunir

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PÀBJft PENDANT LE SIÈGE- H 4

rance, celle de leur règne futur et perpétuel ! Cette consolation était inattendue. Elle dépasse tout, même la fameuse promesse de vaincre ou de mourir, a La» République, disent-ils, profitera de nos longues souffrances si noblement supportées. » Ils veulent bien* ajouter que « plus que jamais ils ont foi dans les destinées de la patrie. » Là-dessus, si la France n'est pas rassurée et aussi contente d'eux qu'ils daignent se dire contents de nous et qu'ils le sont manifestement d'eux-mêmes, la France est trop difficile. ^ En vérité, nous croyons qu'il importe do faire sentir à ces messieurs que leur outrecuidance passe la mesure. Partout les bons citoyens doivent avisfer à leur donner une sévère leçon, en les excluant absolument des assemblées futures. Il faut les frapperd'une amnistie éternelle, inexorable, et qu'aucun d'eux ne reparaisse jamais. Puisqu'ils n'ont pas la décence de s'en aller, qu'on les chasse*, et que jamais dans nos délibérations publiques on ne retrouve les noms politiques qui ont mérité d'être cloués sur la capitu- 0 laiton de Paris. Qu'ils restent à cet impérissable gibet !

Quant à la suite, elle ne les regarde pas. Que la forme et surtout l'essence du gouvernement français doive être républicaine, nous le croyons, nous le désirons, et nous sommes convaincus que nul autre régime n'est possible; nons pensons pouvoir le démontrer. Mais cette forme, ils se hâtent beaucoup trop de la décréter, et la République n'est pas plus fondée par leur capitulation de Paris que par l'usurpation qafH» ont commise le 4 septembre.

La république future sera la république de tout le monde , et non la leur, qui ne peut être que le triomphe frauduleux de la violence et de l'incapacité.

27 janvier.

LKUU ENTIÈRE IGNOMINIE.

Assurément, comme nous le disions hier, c'est un grand don de savoir vaincre, et un don incomparablement plus grand de savoir mourir ! Ceux qui ont signé pour la France l'acte qu'il leur plaît d'appeler t l'armistice de Paris » peuvent voir combien ce dernier don est précieux et combien leur âme en est tristement dépourvue : faute de savoir mourir , ils ont trouvé le secret d'ajouter à l'impuissance de la mort.

Nous ne leur reprocherons pas d'être vaincus, nous ne leur reprocherons pas d'avoir dû se rendre. Dieu jette où il lui plaît les victoires, et il en connaît le destin. Nous leur reprochons la fraude dont ils entachent eux-méines un désastre peut-être inévitable, ce nom d'armistice, et d'armistice «diouorable», donné à une capitulation qui livre tout, et cette bave d'avocat dont ils déshonorent notre blessure pour masquer l'imprévoyance de leur abandon. Quoi!

PARiS FENDANT LE SIÈGE. 173

nous ouvrons les portes, nous payons la contribution Je guerre, nous cnclouons au loin le dernier canon «|ui pourrait encore faire feu, et cela s'appelle un armistice! et il nous faut subir la risée qu'excitera cette pasquinade, pour que ces messieurs, qui ont si gaillardement pris la conduite de nos affaires, se puissent donner l'air de n'avoir pas capitulé!

Nos forts pris d'assaut, notre rempart envahi, à genoux dans notre sang, sur nos armes brisées, et demandant la vie au vainqueur, nous achèterions ce reste de vie moins cher et nous laisserions la France moins vaincue.

Les malheureux ! Et ils nous offrent cela comme un présent, et ils n'implorent pas leur pardon, et ils ne se frappent point la poitrine! Au contraire, ils ont le front île nous «lire (pie la France n'est point abattue, qu'elle reste maîtresse d'elle-même, qu'elle a fait son devoir; et tout à l'heure ils lui infligeront rette suprême insulte de lui demander ses suffrages !

Ali! insulteurs du crucifix, renégats de tant de gloire, de tant de fierté, de tant d'honneur, gens qui sonnez l'appel au combat, mais qui ne savez p^s mourir; race do ceux qui allèrent chercher à Versailles le dernier roi de France pour l'égorger, et qui allez aujourd'hui chercher à Versailles le premier empereur d'Allemagne et lui prostituez la France parce que vous avez faim ; maquignons sans cœur et sans repentir, capables de soutenir le jour après cette iminminie énorme, inouïe et immortelle : s'il existe eiilin une France qui soit assez votre pour supporter encore votre haleine, qu'elle vous ramasse et ramas-

474 fARIS PENDANT LE SIÈGE.

sez-la, et accouplez-vous ! Vous pourrez produire ce que la terre aura vu de phis vil. Mais il y a quelque reste d'une autre France que vous devrez assassiner.

Non, non, non ! nous ne vous laisserons pas tranquillement dans nos conseils et dans nos armées; nous ne laisserons pas en vos mains peureuses et ineptes le vieux drapeau de France, dout vous ûrez balayé les pieds de Fennemi, parce que vous alliez avoir faim! Et si ce drapeau trouve encore iome armée, ce ne sera pins le drapeau français. Nous eu prendrons un autre, sous lequel se lèvera nn peuple nouveau, un peuple qui n'aura faim que fie justice et soif que d'honneur, et qui ne souffrira pus d'être régi par des maquignons et par des faquins; et ht cause de ce nouveau peuple vivra parée qn'il saitra la nourrir de son sang.

Nous sortirons de ces fanges, nous remonterons à l'air pur du Calvaire, nous irons reconquérir ta vie au pied de. la croix. 11 n est pas posoMe que Dieu abandonne le dernier grand peuple esthétique tant qu'il y restera quelques âmes qui n'apoét aster ont pas. Sans doute, la France a crimineltaftetit péché. Elle leur a laissé abattre la croix ; Dieu, à son tour, a permis que ces abatteurs de crois laissassent honteusement abattre la France. Comme par nos conseils un roi excommunié a pu entrer dans Rose, voici que, malgré nos armes qui tombent d'ellesmêmes, au bout de quelques mois, un roi hérétique vient triompher dans Paris.

Nous boirons ce calice, nous en savourerons la lie horrible. Nous verrons nos histrions seroprestft

MftlS PCNBdUST i£ 6IÉGE. 475

pour divertir les vainqueurs, et ceux-ci fraterniser avec un peuple dégradé qui se réjouira des profils de la paix. Mais pendant cette débauche et cette souillure1, nos cœurs s'attacheront et se retremperont à l'autel, qui est aussi le berceau de la patrie; et nous retrouverons la force qu'il nous faut et qui nous a quittés.

Adressons sans relâche à Dieu la prière que lui fait aujourd'hui l'Église, toujours présente pour nous suggérer la parole opportune et nous munir de la pensée qui maintient l'honneur ei enfante le salut : « Seigneur, donnez-nous la santé do l'àme, afin que « nous surmontions par votre assistance ce que nous « avons à souffrir pour nos péchés. »

Et nous replanterons la croix et nous réédifierons la patrie, et le pain eucharistique nous mettra à l'ajiri de l'ignoble faim qui dévore l'honneur et l'avenir des nations.

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