CXXX
31 janvier.
LA RÉPtBLIQrE 1»E TOUT LK MOXBE.
Encore que je pense n'ignorer rien de son effrayante misère, je crois à la résurrection de la trèsnoble et très-magnanime France. J'y crois, je l'attends avec un ferme espoir par delà ma vie, qui ne
sera pas réjouie de la plénitude de ce miracle. Et encore que j'aie vu une première fois la République et que je la revoie après vingt ans dans ses indescriptibles haillons, plus basse, plus impie, plus digne s'il se peut des huées de l'intelligence humaine, je crois néanmoins que la République se nettoiera, et, nettoyée, s'établira, et j'en fais le vœu.
Je crois j\ la résurrection de la France, parce que Dieu • a fait les nations guérissables, » particulièrement les nations qui, plus trempées du baptême, ont aussi donné plus de sang à Jésus-Christ. On dit que la France a apostasie; je l'ai dit moi-même dans l'excès de ma douleur, voyant à quel point honteux l'erreur a pu nous conquérir; mais je sais bien que le fond de la France n'a point apostasie et n a point abdiqué. Par la grâce de Dieu, ou nous conquerrons les conquérants, ou nous les mettrons dehors. Noiu savons maintenant quelles destructions devaient opérer chez nous les termites de l'hérésie. Us nous tint livrés à l'ennemi extérieur. Dans la force épouvantable du mot, jadis ignoré de nous, nous sommes un peuple défait. Mais le secret de l'unité n'est pas perdu, et les ouvriers de l'unité, qui avaient a fait la France comme les abeilles font la ruche, » n'ont pas disparu. Nous nous referons par ce ciment et par ces ouvriers.
Je crois à la République. En dehors de la Repu* blique il n'y a que des dictatures h peu près également corrompues et infécondes.
Au fond, depuis 80, et Ton pourrait remonter plus haut, à travers tous les genres de fiction, nous ne
sommes pas sortis de la dictature, et la dictature n'a réussi qu'à détruire. Elle n'a cessé d'être un despotisme destructeur que pour devenir une anarchie destructive. Tous les régimes dont nous avons essayé ont été factices, imposés par la force ou appelés par Terreur. L'esprit révolutionnaire y a dominé; il s'est toujours agi d'anéantir le grand, Tunique élément de Tordre et de la liberté, l'esprit chrétien qui est aussi l'esprit national. Ce que nous avons appelé monarchie n'a été que le chemin couvert de la république ; ce que nous avons appelé république n'a été qu'une entreprise plus dictatoriale contre le Christianisme, c'est-à-dire contre la liberté. Que peut-on faire de plus violent contre la liberté d'un peuplé que d'entreprendre de lui arracher ses croyances? Tout a été employé pour arriver à ce résultat. On y a mis la main des bourreaux et la main des escrocs; on a fait des lois de liberfé qui ont été des lois de sang, des lois de justice qui ont été des friponneries. Non-seulement la conscience, mais la nature ont protesté contre ces entreprises, jadis plus perverses, devenues plus stupides par l'affaiblissement graduel des esprits et des âmes : il en est résulté les convulsions au milieu desquelles nous nous sentons périr.
Pour nous relever, il faut autre chose qu'une dictature quelle qu'elle soit, fût-elle pure à son origine, et quand même il viendrait un de ces hommes qui apparaissent dans les peuples comme des envoyés extraordinaires de Dieu. Nul homme ne peut rien tout seul. À relever tout un peuple, aucune main humaine ne suffit. 11 faut l'effort de ce peuple luiii. tî
même; un effort unanime, ordonne», persévérant. Il faut quelque chose que l'anarchie ne peut produire, que la dictature ne peut imposer. L'anarchb» a use aussi la dktuture, elle en a ruiné l'élément. Nuns trouverons plus de dictateur qui ne devienne vite faquin. Il y a vingt ans, une illusion là-dessus pouvait être encore possible. L'Empire et la République ne la permettent plus. Rien ne peut sauver le pays que le pays lui-même, appelé à une activité régulière et universelle. Sur certains rivages, la mer seule peut se donner une digue assez puissante; elle fait ct»t ouvrage, s'il se trouve une tète qui étudie le mou* veinent des Ilots et leur livre les blocs à entasser. Il manque en France une intelligence plutôt qu'une main, un lien plutôt qu'un pouvoir, une probité plutôt qu'une force. C'est le contraire de la dictature, et ce serait la constitution de la République. Si nous le voulons, nous avons l'homme et le peuple et les aspirations et les souvenirs. La Providence nous a réservé et préparé tout ce qui est nécessaire à celte rénovation.
Si la monarchie se pourra reconstituer un jour, soit dans la pureté de la conception chrétienne, ttoit dans la corruption chrétienne, soit dans la corruption païenne où elle était tombée, Dieu le sait. Lfs app.trcntvs sont qu'eu bien il y aura mieux, qu'en mal il y aura pire. A mon avis, la question eal entre Pierre, juge et pasteur universel des natiom, ou pour mieux dire des familles chrétiennes, et Céur, maître unique du bétail humain ; car, par une voit <»u par une autre, rieu n'empêchera le monde d'aller
à l'unité, et la terre sera un bercail ou sera un bagne. Mais ceci demeure voilé. Dieu se réserve pouf un temps la connaissance des voies qu'il ouvre au choix de la liberté humaine.
Au milieu des ténèbres, Dieu jette les fondements de toutes choses, comme si sa miséricorde voulait ôter à la liberté humaine le funeste pouvoir de trop contrarier ses plans. Quelques-uns pouvaient prévoir qu'en réponse à l'orgueil de ce « siècle de lumière » si assuré de prendre un élan infini dans le progrès, Dieu donnerait, que Ton pardonne l'expression, un tour de clef et éteindrait le gaz, pour travailler lui-même et ouvrir une route on le monde n'aurait pas eu l'intention de se porter.
Humainement, c'était in vraisemblable. Voilà néanmoins qui est fait avec cette puissance et cette logique suprêmes qoi font soudain aboutir au même (Kiint !«*s efforts les plus contradictoires de la passion, du caprice et de la sagesse des hommes dans tout l'orbe de l'univers. La nouvelle route s'ouvre inopinément sous le bélier des cataractes, au bruit des tonnerres, vaste, profonde et inconnue. Un monde finit, un monde commence, et cette Un est une suite, et cette suite, à certains égards, est un recommencement. Lu foule franchit ce seuil posé depuis toujours, ouvert seulement aujourd'hui. EHe entre, inquiète, pète-mrle, poussée par une force qu'elle ignore, sans se connaître ni se désigner un gtfide, sans savoir où olb* va. Avant qu'il se forme là dedans des princes, il se passera du temps. L'on dirait plutôt quels
princes y devront disparaître et quelles couronnes achèveront d'y sombrer.
Cette, foule qui n'a point de chef élu, qui n'en gardera point qui existe, et qui probablement n'en élira point qui dure; cette foule grossissante et qui grossira jusqu'à ce qu'elle ait pris les dimensions du genre humain ; cette foule qui a 1 instinct confus de devenir un troupeau, c'est la Démocratie et elle va au baptême. Elle n'a pas vu finir sa nuit, ni sa course, ni ses combats; elle n'a pas laissé tomber dans les abîmes tout le périlleux bagage qu'elle rêve encore de conserver. Mais un jour, sur la montagne, apparaîtra le pasteur.
11 ne sera pas élu, il sera reconnu. Ce ne sera pas un empereur d'Allemagne ni un chef secret de la société souterraine : ce sera Moïse, et il don* nera la loi; ce sera Pierre, et il donnera l'amour; ce sera Jésus-Christ, et il donnera la liberté. Les empereurs, les conquérants, les chefs de secte n'auront fait que rompre les barrières qui empêchaient la formation nouvelle de l'humanité et qui la retenaient savamment par groupes hostiles dans les entraves de la vieille erreur.
Ainsi se trouveront remplis tant de pressentiments obscurs de ce siècle, qui appellent par tant de voix discordantes un renouvellement de toutes choses et leur consommation dans l'unité. Prophéties de Balaam, faites pour tromper ceux qui les disent et ceux qui les écoutent, où tout est faux et où tout se trouvera vrai ï Ils croyaient et ils annonçaient la gloire du règne de Pharaon, et ils ont tout préparé pour ua
exode immense et incomparable, dont le terme ne peut être que la ruine de Pharaon et l'agrandissement du peuple de Dieu affranchi des idoles.
Il se peut que l'excès de nos afflictions et de notre décadence actuelle produise en moi cet excès et cette lièvre d'espérance qui semble rendre l'abondance de la vie aux malades désespérés. En écrivant, j'entends d'une oreille le clairon ennemi victorieux sur nos murailles, de l'autre, ce que dit la sédition dans la ville captive. Sur les gémissements de Jérusalem vaincue, j'entends dominer les chansons lascives de ISinive et les blasphèmes de Babylone. Je me souviens do l'orgueil de Rome, de l'endurcissement de son sénat refusant le baptême. Les barbares avaient déjà crevé les murs, et le sénat s'occupait encore d'assurer la continuation des fêtes et le maintien des dieux. Je me souviens de Byzance et de ses docteurs qui criaient : Plutôt le croissant! Hier, quand la capitulation se lisait au Journal officiel, devenu notre pilori, on lisait aussi des affiches de spectacle, et les comédiens français, à l'heure mémo où l'ennemi entrait dans les forts, amusaient un public prisonnier. Ils représentaient les Jeux de l Amour et du Hasard. Je sais cela, et je voudrais ne le point savoir. Mais je sais aussi que la prière n'est pas éteinte dans la France, ni même dans Paris, et je ne peux pas croire ni de la France qu'elle veuille périr, ni de Dieu qu'il veuille l'abandonner. Une voix me crie que cette nation, incomparablement humiliée au milieu de rabaissement moral du monde, marchera en avant de tous les peuples vers le meilleur avenir du genre humain,
PAElfl PUfDJJTT Lft SIÈGE. i($
par elle les révolutionnaires eux-mêmes deviendront républicains. Les uns le seront à cause de leur droiture naturelle, qui leur fera reconnaître et accepter la réalité saisissable de l'ordre qu'ils cherchent dans la région des chimères ; les autres le seront de force, en attendant l'habitude et l'éducation. La République aura des lois qu'ils devront respecter. Ce çaveçon maîtrisera leur orgueil.
Ceci arrivera, parce que le canon prussien a tué le luxe probablement pour longtemps, et la centralisation, espérons-le/ pour jamais. 11 faut vivre de régime, payer des dettes, relever des murailles, rester chez soi, s'appliquer à produire du blé, du fer et des hommes. Il faut répandre la vie sociale partout pour que la patrie soit gardée partout, et que partout elle enfante le nécessaire et proscrive le stérile et le périlleux. 11 fiant, an un mot, restituer la France à ellemême, et qu'elle ne soit pas une seconde fois partout meurtrie et mourante pour avoir été frappée en un seul point. L'unique moyen d'obtenir ce résultat est de ressusciter la plus grande liberté possible des provinces.
Le soi-disant gouvernement de la défense nationale, sans consulter la France, a décrété la République une € et indivisible, » et le sieur Arago Ta écrit sur les murs avec la légende consacrée : Liberté, égalité, fraternité. C'était le cas d'ajouter :et la mort! Le privilège de la République « indivisible» est d'être du premier coup indivisiblement atteinte, blessée au cœur, abattue par l'étranger, ou surprise par la dictature. 11 faut faire une république qui résiste mieux
La révolution travaille à tout réduire en poussière que le moindre vent emporte, et qui ne peut recevoir quelque consistance momentanée qu'à force d y verser du sang. Or, ce sang lui-même fournit un ferment de haine et de division plus actif, sur lequel il faut enfin poser le poids permanent de la dictature ; et la dictature elle-même se dissout au contact de cette décomposition, et il n'y a plus qu'un détritus infect dans un tombeau crevé. Le néant vient perpétuellement dévorer la mort. La tranquille activité de la vie doit produire un résultat contraire. Elle prend la poussière, elle la fixe, elle en fait un sol qu'elle rend fécond et des blocs solides avec lesquels elle bâtit.
La liberté républicaine, c'est l'aristocratie. Il n'y a de liberté républicaine que là où n'existe pas le prolétaire, et où l'aristocrate, sans privilège politique de naissance, n'est devenu et ne demeure quelque chose que pour l'avoir mérité. L'aristocratie ne peut plus être un privilège personnel, elle est un grade que chacun peut acquérir et perdre ; mais ce grade temporaire et même éphémère doit être permanent pour les collectivités. On avise donc à créer des aristocraties collectives, touteà propriétaires et toutes agissantes, qui en même temps protègent, assistent et contiennent les individus. Ces aristocraties pacifiques , contentes à leur place dans la hiérarchie sacrée des indépendances, neutraliseront les aristocraties de nature et de situation qui voudraient entreprendre contre Tordre public. Un homme intelligent et corrompu, un Catilina flatte la passion populaire, ourdit une conspiration, allume une sédition
186 PARIS PENDANT LE SittUC
et fait ou prépare l'empire. C'est le procédé moderne, comme ce fut le procédé ancien.
La graine d'empereur est semée par des chefs de populace , aristocrates révoltés contre un ordre qui importune leur orgueil et souvent leurs vices. Mirabeau a semé Bonaparte. L'aristocratie révolutionnaire du premier empire et de la Révolution a pris elle-même la dictature et Ta exercée contre la dignité et la liberté du peuple, enfoui dans les usines, dans l'impiété, dans le goût des jouissances les plus brutales et les plus trompeuses. Nous en recueillons maintenant les fruits.
Je crois volontiers à de grandes ignorances et à de nobles repentirs ; mais, depuis quarante an*, qui n'a pas préparé le succès des Allemands ! La révolution de 1848, œuvre plus indirecte d'une couche inférieure de la même aristocratie, a préparé le second empire , dont on attendait mieux, il est vrai. En réalité, le second empire est devenu et n'a été que la plus basse, la plus frauduleuse et la plus périlleuse des dictatures révolutionnaires. La révolution de 1870 en est née comme un champignon d'une pour* riture, par la main d'une aristocratie comme tonjours, encore plus inférieure sans doute 9 mais néanmoins encore aristocratie. Car les Blanqui, las Flourens, les Pyat et les Sapia sont aristocrates en leur lieu.
Il faut sortir de ce courant de mort, il faut en arracher le peuple. Ni César, ni Brutus, ni l'entremetteur qui les flatte, les sert et les trahit l'un et l'antre à son profit ! Pour les réduire tous à l'impuissance»
il n'y a qu'un moyen , c'est de les désarmer du prolétariat ; et pour leur ôtor le prolétariat, il faut l'abolir en Yaristocratisant. La République doit faire de la France une nation entièrement patricienne en même temps qu'entièrement militaire, et où chacun possède son champ comme son fusil.
Voici maintenant les formules :
Henry de Bourbon étant le chef de la plus illustre famille française, sous laquelle la France s'est agrandie, consolidée, refaite ; qui a le plus sincèrement essayé la pratique des lois politiques modernes ; qui a présidé à nos plus constantes fortunes militaires, qui nous a donné notamment la Lorraine, l'Alsace et l'Algérie ;
Ce prince étant à la fois le Français le plus innocent de nos malheurs, le plus éloigné de nos discordes, le plus noblement intéressé à en tarir la source, le moins homme de parti, celui autour de qui les opinions conservatrices, le sentiment national et les espérances d'une grande réparation peuvent plus noblement se réunir ;
Sa probité personnelle éclatante, sa modération, sa longue et silencieuse étude de nos besoins, la gravité de ses mœurs, la constance avec laquelle il a dédaigné de poursuivre une fortune politique moins précieuse à ses yeux que la paix de sa conscience et l'honneur de son nom, nous donnant d'ailleurs toute garantie :
Henry do Bourbon est prié d'accepter la régence du peuple français obligé de se constituer à nouveau.
Le Régent convoquera une assemblée nationale constituante, élue par le suffrage universel.
A cette assemblée il pourra ajouter, avec égal droit de vote, le nombre de membres qu'il jugera nécessaire, par lui choisis entre les citoyens français que les passions de parti auraient écartés, ou qui ne se seraient pas offerts au scrutin.
Les bases morales de la constitution seront la religion, la famille, la propriété, la liberté.
Les bases politiques seront le suffrage universel, l'hérédité de la fonction suprême, la division du territoire en grandes agglomérations territoriales correspondant aux anciennes provinces.
Chaque province ou État s'administrera librement par ses élus, depuis la commune jusqu'à la subdivision départementale et jusqu'à la division provinciale ou État.
La province aura sa magistrature, son budget, sa milice, son université ou ses universités. Elle ne subira de contrôle que celui de l'assemblée générale, et sur les seuls points qui intéresseraient l'unité nationale.
L'unité nationale sera maintenue par l'hérédité de la fonction suprême, présidentielle ou royale; par la cour suprême de justice, par rassemblée générale ou états-généraux, mais plus encore par la force des choses ; car le caractère même de la France se porte à l'unité, et la loi ici doit contenir plutôt que pousser.
L'assemblée générale est élue par l'assemblée provinciale, et chaque province y envoie le même nombre de députés. En font partie de droit et par le fait «le leur touction : l'archevêque, le chef de la milice, le magistrat principal de la province et les présidents de la cour suprême de justice. Tous ces fonctionnaires doivent d'ailleurs tenir quelque chose de l'élection ou directement ou par proposition.
Tout citoyen, dans la province, est éligible à rassemblée générale.
Tout Français est soldat et l'est toujours. C'est pourquoi aussi tout Français est électeur et éligible, et c'est pourquoi encore l'indépendance de l'État provincial est nécessaire. La nation tout entière devant être une armée, on ne peut exposer une pareille force à tomber dans les mains d'un parti de séditieux ou d'iiu prince conspirateur. Ce serait tenir la porte ou-
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verte ou à la plus irrémédiable tyrannie ou à la plu irrémédiable anarchie. Il convient qu'un invincible élément de résistance se trouve toujours quelque part. Le lendemain du 4 septembre, il ne manquait pas de béats qui se réjouissaient de cette révolution faite sans un coup de fusil. Les coups de fusil sont venus néanmoins et du dedans et du dehors, et sus se faire attendre. Il nous faut un gouvernement qne l'on ne puisse pas renverser et une constitution que l'on ne puisse pas changer « sans tirer un coup <W fusil. »
On est électeur & vingt-cinq aus, éligible à .trente. Pour être électeur et éligible, il faut être chef de famille. Le célibataire doit payer un cens, à mous d'exemption prévue par la loi.
Le citoyen jouit de la liberté do tester.
Liberté d'association religieuse et civile.
L'Eiîlisc os! pleinement libre et investie de toutes
les latitudes du droit commun. Elle a le droit de posséder, d'acquérir, d'hériter; aile a l'usage de son droit particulier, de ses tribunaux intérieurs. Elle jouit de la liberté d'association, du la liberté de la charité, de la liberté d'enseignement à tous les degrés. Elle a le droit de fonder des universités canoniques, une au moins par province. L'État ne se mêle en rien du gouvernement propre de l'Église.
Les propriétés de l'Eglise sont soumises aux charges communes, et elle devra, dans un temps et moyennant les dispositions transitoires nécessaires, subvenir aux dépenses du culte.
En raison du service public et gratuit qu'ils font comme hospitaliers, instituteurs et chargés du culte, i;t pour honorer la religion, les hommes engagés dans les ordres sacrés et liés par les vœux sont dispensés du service militaire. Ils en reprennent l'obligation lorsqu'ils rentrent dans la vie laïque, et sont alors privés de la plénitude du droit électoral, comme réliliataîrcs perpétuels.
Les corporations ouvrières existent de droit; elles i-hnisisseut leurs ofHciers, fout leurs règlements «•t exercent leur police intérieure.
La commune et la corporation sont nécessairement propriétaires, et la loi les oblige d'avoir, partie en
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^institution étant voti't' l'Aset'HiMt/t* j»ri*iÂ
j,» Rourlioij irarrejitiT |miir lui »*t .-•■> iK.n»d-
■as** lif!"'1 «lirn-te mi jiar adoption, la f«iptioL
.^^iiiviui1 fit» la traucc, ou plutôt tUs i-'niin*.
. àâijttf^"1 lo droit de choisir U* titre dv proidenî
PARIS PE.NDAST LE S1EUK. 193
uu celui de roi et do se foire sacrer a Reims ou à Saint- Jean-de-Latran.
Klli' lui laissera aussi le chois du drapeau, et il sérail à souhaiter que ce ne fût ni le drapeau blanc, ni le drapeau tricolore, tuais pour longtemps au moins le drapeau du deuil et de l'espérance, noir avec la croix de sang.
A M. LE MRECTEl'R 1>L PartS-JouritaL
.Monsieur,
Je vous demande pardon, mais j'ai cru >|uu voua aviez voulu « lancer » ma candidature, uniquement pour essayer voire pouvoir sur l'opinion, en permettant qu'on lui proposât chez vous uu nom si totalement impopulaire. Ou m'assure que vous le faites a bon dessein. J'ai alors le devoir, tout en vous remerriant, de dire que je n'y consens point.
Je n'ai jamais sollicité le mandat électoral, je ne pense pas que je le sollicite jamais ; et dans aucun eu, je ue voudrais le solliciter ni l'accepter de Paris.
Je n'ai pas ce qu'il faut pour représenter l'axis, et Paris n'a pas ce qu'il faut pour que je le représente. L'incompatibilité est absolue. Je ne désirerai» me
PARIS PEKDAJNT LE SIÈGE. i 95
Us ont un peu pâli dans les fatigues de la suprême puissance. Paris, pour le moment, semble rebuté d'eux jusqu'au dégoût ; mais ce sont ses hommes. Pour moi, s'il était permis de s'accorder une vengeance, même légitime, je les lui laisserais.
le les enverrais tous à l'assemblée de Bordeaux, et j'y ajouterais, pour parfaire les 43, tous les appendices qu'ils se sont donnés, ou qui leur ont poussé par la vertu propre de leur sève : Dréo, Durier, Laurier, Lavertujon, Mottu, Cadet, Meiliet, le vieil Etienne, le jeune Flourens, l'illustre Bonvalet» Greppo, s'il vit encore , enfin j'en mettrais 43. Je voudrais que la province pût voir et entendre tout ca qu'ils produisent, tout ce qu'ils déterrent, toutca qu'ils sèment, et qu'à la tête de cette cohorte ils signassent glorieusement la capitulation qu'ils ont eu le talent de conclure avec la Prusse et d'imposer à la France.
Mais ma conscience ne me permettant pas une satisfaction qui, d'un autre côté, profanerait le suffrage universel, dont j'espère dans l'avenir un autre emploi, ne voulant pas non plus ajouter l'atrocité d'un tel comique aux mortelles douleurs que nous souffrons, je m'&hstiens.
Je pourrais trouver à Paris quarante-trois hommes uo foires de la nuauce révolutionnaire la plus avancée ; j'irais inèmejusqu'à cinquante et au-delà. Il y a sur le pavé assez de maires, d'adjointsetdecommissairesdu i septembre; il y a les rédactions du Combat et àc la Ptftrip en dwHjer, le fonds inépuisable des clubs et •les comités de défense, et Troubat, et Verlet, et cent
autres qui uut écrit, parlé, affiché : tous gens de passé et d'avenir parisien.. Quarante-trois hommes d'un autre ordre* unis dans une pensée pratique de conservation, de reconstruction et de liberté, ils y sont sans doute ; mais je ne les connais pas, ils ne se connaissent pas, Paris ne les connaît pas et ne le» accepterait pas. C'est là que nous en sommes, et c'est là notre plus grand malheur, peut-être irrémédiable.
J'aurais au surplus beaucoup d'hésitation et de peine à leur conseiller d'accepter un mandat qui n'est au fond qu'un leurre. En réalité, la paix est faite par le gouvernement ; seulement, il répugne à la signer. 11 a fait la paix comme il a fait la guerre. Pour l'une comme pour l'autre, il veut un couverrle. C'est le rôle que l'Assemblée doit remplir, et il a pris ses mesures pour cela. La paix couverte, il essaiera d'obtenir de l'Assemblée qu'elle couvre encore la guerre, c'est-à-dire qu'elle le conserve et laisse en ses mains le butin, j'allais dire le mouchoir, qu'il a fait le 4 septembre. Je n'y ai aucun intérêt, et je ne vois personne en France, honnis ses héritiers, qui puisse y gagner quelque chose.
11 v a toutes sortes de choses à dire contre l'abstentioii ; mais comment agir lorsqu'on ne sait quel parti prendre, lorsqu'il faut en hâte, à l'aveugle, sans conseil, sans ressource, se résoudre aune action dont le résultat peut être désastreux ? Si toute la France, en cette occasion, savait s'abstenir, ce serait une trèsgrande action. // est trop tard! Hélas! c'est depuis longtemps, et ce sera longtemps le mot delà fin et le mot du commencement de toutes nos aventures.
Quant à moi, pour mon compte particulier, sans désapprouver ceux qui feront autrement, je m'abstiens. Même en province, je crois que je m'abstiendrais. À Paris, je n'hésite pas. Captif, je prends le bénéfice amer de ma captivité. Je me délivre de signer celte paix.
Je paierai , je porterai humblement mon titre de Français, dont j'étaisMrop fier , et je jette mon vote oisif à cûté des faisceaux de nos soldats prisonniers. 0 larmes ! qui eût prédit que vous sortiriez de nos yeux quand nous avions encore du sang dans les veines? Ceux mêmes qui s'attendaient aux plus redoutables éclats de la colère divine n'auraient pas prévu que ce serait une telle dérision et ne l'auraient pas voulu croire !
4 février.
le Mot dordre de m. rochefort.
M. Rochefort sut généralement plaire après la nuit du 31 octobre, à l'Hôtel de Ville, où le gouvernement et le peuple manquèrent également de tenue. C'est là qu'eut lieu ce grand négoce de giffies et de coups de souliers, tandis que le vin des caves était incorrectement répandu sur les tapis et tentures des salons. Tapoté comme gouvernement par les Bellevillois de Floureus, tripoté comme peuple par les
198 tMKW PENDANT LE SIÈGE.
Bretons de Trochn, M. Hochefort quitta du même coup le double rôle qui lui valait double ration de taloches. Il se fit canonnier pour se tirer du bruit. Cette retraite fut louée. Elle parut le trait d'un lovai garçon d'esprit, résolu de ne pas se fourvoyer davantage en des ribotes où Ton finit par se fausser la conscience et qui finissent par vous casser les reins.
Mais les gens d'esprit ne sont pas exempts de la faiblesse commune ; et la faiblesse coaiinune> en *e temps , est de ne pas savoir garder les bonnes positions. Voilà M. Rocbefort qui reparaît eoome lanternier, sans avoir pris le loisir de faire parler de lai comme canonnier. Vraisemblablement, le tube d'oie est son fait plutôt que le tube de bronze. Ce n'est pa* crime. Seulement, pourquoi prendre cette façon militaire et s'amuser à jeter le Mot (Tordre, lorsqu' ou se sent né pour couler le mot de passe?
Oubliant qu'il fut membre d'un gouvernement occupé surtout de trouver le mot dépasse, AI. Rocbefort veut uniquement se souvenir d'avoir été militaire et canonnier durant une période où tant de besogne tut donnée aux autres militaires et aux autres canouniers. Il lance fièrement son mot d'ordre : Allons, enfants de la Patrie ! Mais cette fanfare, étant tardive, devient triste.
Or, le mot d'ordre est de tuer tous les tyrans! Hélas! canonnier, les tyrans se tiennent derrière les murailles que votre canon n'a pas enfoncées. Avec quoi tuer les tyrans, quand les armes sont rendues? Si vous parlez de les tuera coups d épingle et de bec déplume, c'est ironique, mais inopportun; si vous
parlez de les tuer à coups de poignard, ce n'est pas sérieux; et si c'était sérieux, ce ne serait pas gentil.
M. Rochefort a des besoins particuliers. Formé par la nature pour des œuvres absolument faciles , il a pris un personnage lugubre qui l'oblige, comme feu Baudelaire, à « ruisseler d'inouïsme. » Certainement il ne s'y épargne pas. Il a l'air maintenant d'être la photographie de ses photographies, où il pose en fondeur d'hommes. Mais au fond, n'étant pas du métier, il manque ses effets.
Chez nous autres, benêts de cléricaux , tous les jours tombent de la lune, par un trou qu'ils y ont pratiqué, de hardis libres-penseurs qui nous demandent de les aider à rentrer dans la droite voie, en pnyant leurs dettes. Ils attestent sur l'honneur qu'avant une grenouille en garde, ils l'ont mangée, et que, s'ils ne peuvent la rendre, ils se brûleront la cervelle. L'expérience nous apprend que ces garçonslà ne restituent jamais la grenouille et jamais n'attentent à leurs jours. Semblahlement, nons savons que nMix qui exhortent tout le monde à tuer les rois ne tuent jamais les rois.
Connu!
11 va une école de tueurs de rois. Mazzini en est le chef; parmi les professeurs, M. Pyat se distingue, et M. Hugo s'est mis en bon rang. Aucun n'a rien fait de sa main ; tons sont plus ou moins amnistiés. Lies rois paraissent avoir assez trouvé leur compte à la manie bavarde de ces théoriciens personnellement inoffensifs. Ils ont beaucoup plus exploité le régicide que le régicide ne lésa touchés.
Donne-t-on aussi des consultations particulières? Fournit-on des poignards et procure-t-on des passeports et des frais de route au* gens de bonne volonté ?
Un homme qui aété tiers, ou dixième, ou treizième de tyran, comme M. Rochefort, dans quelle proportion doit-on le tuer? Faut-il le tuer treize fois, ou ne le tuer qu'au treizième ? Nous parions que notre frivole lanternier n'a pas étudié ces questions importantes.
Supposé qu'un lecteur du Mot d ordre s'en allât
demain aux avant-postes avec l'intention de tuer un ou plusieurs tyrans, et que, la chose étant mal prise, il nous en coûtât quelques milliards de plus , M. Rochefort s'engage-t-il à faire les frais?
Il est ruisselant dinoûisme^ à la bonne heure ! Et il embellit Paris et la République française d'une immortelle auréole, nous le voulons bien! Mais en somme, comme les Allemands sont des gens pleins de science et de gravité, qui méditent leurs desseins, qui savent ce qu'ils font et qui excellent à tirer parti de tout, c'est une chose un peu ennuyeuse de leur laisser voir que l'enfant et le joyau de Paris, notre lanternier, notre député, notre petit dernier, notre Rochefort enfin, ne fut qu'un canonnier sileticieux et n'est qu'un régicide futile.
Pendant qu'il ne tirait pas le canon , le terrible enfant n'a pas même réfléchi : et il croit qu'il suffit de faire un journal à tuer les rois pour que tout se remette en bon chemin dans le monde !
Quelle jolie figure cette troisième république nous fait faire parmi le genre humain !
sayer «le traiter, il était bien tard. Nous n'avions phis de farine que pour dix jours, et nous savions que la dévastation du pays rendait le ravitaillement tout à fait incertain. Ceux qui se lèvent •lujnurd'hui contre nous ne connaîtront jamais les angoisses qui non* agitaient.
Il fallait cependant les cacher, aborder l'ennemi avec résolution, paraître prêts à combattre et munis de vivres. • Ce que nous voulions, le voici :
Avant tout, n'usurper aucun droit. A la France seule Appartient celui de disposer d'elle-même. Nous avons voulu le lui reserver. Il a fallu de longues luttes pour obtenir la reconnaissance de sa souveraineté. Elle est le point le plus important de notre traité.
Noiisavonsc onservéà la garde nationale sa liberté et ses armes. Si, malgré nos efforts, nous n'avons pu soustraire l'armée et la garde mobile aux lois rigoureuses de la guerre, au moins le> avons- nous sauvées de la captivité en Allemagne et de l'internement dans un camp retranché, sous les fusils prussiens. On nous reproche de n'avoir pas consulté la délégation de Bordeaux ! On oublie que nous étions enfermés dans un cercle de fer que nous ne pouvions briser.
On oublie, d'ailleurs, que chaque jour rendait plus probable la terrible catastrophe de la famine, et, cependant, nous avons disputé le terrain pied a pied, pendant six jours, alors que la population de Paris ignorait et devait ignorer sa situation véritable, et qu'entraînée par une généreuse ardeur elle demandait a combattre.
No ils avons donc cédé à une nécessité fatale. Non- avons, jxHir la convocation de l'Assemblée, stipulé un armistiee, alors que les armées qui pouvaient nous venir en aide étaient refoulées loin de nous.
I ne seule tenait encore, nous le croyions du moins. La Prusse a exigé la reddition de Belfort Nous l'avons refusée, et, par la même, (tour protéger la place, nous avons pour quelques jours réservé la liberté d'actiou de bon armée de secours. Mais, ce que nous ignorions, il était trop tard. Coupé en deux par les armées, allemandes, Bourbaki, malgré son hé-
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roïsme, ne pouvait plus résister, et, après Tarte Je généreux désespoir auquel il s'abandonnait, sa troupe était forcée de passer la frontière.
La convention du 28 janvier n'a donc compromis aucun intérêt, et Paris seul a été sacritié.
Il ne murmure pas. Il rend hommage à la vaillance de ceux qui ont combattu loin de lui pour le secourir. Il n'accuse pa> même celui qui est aujourd'hui si injuste et si téméraire, M. le ministre de la guerre qui a arrêté le général Chanzy roulant marcher au secours de Paris, et lui a donné Tordre de se retirer derrière la .Mayenne.
Non! tout était inutile, et nous devions succomber. Mai* notre honneur est debout, et nous ne souffrirons pas qu'on y touche.
Nous avons appelé la France à élire librement une Assemblée, qui, dans cette crise suprême, fera connaître sa volonté.
Nous ne reconnaissons à personne le droit de lui en imposer une, ni pour la paix ni pour la guerre.
Une nation attaquée par un ennemi puissant lutte jusqu'à la dernière extrémité; mais elle est toujours juge de l'heure à laquelle la résistance cesse d'être ftossime.
C'est ce que dira le pays consulté sur son sort.
Pour que son vœu s'impose à tous comme une loi respectée, il faut qu'il soit l'expression souveraine du libre suffrage de t>u3. Or, nous n'admettons pas qu'on puisse imposer à ce suffrage des restrictions arbitraires.
Nous avons combattu l'Empire et ses pratiques; nous n'entendons pas les recommencer en instituant des candidature* officielles par voie d'élimination.
Que de grandes fautes aient été commises, que de lourdes responsabilités en dérivent, rien n'est plus vrai ; mais le malheur de la patrie efface tout sous son niveau ; et, d'ailleurs, en nous rabaissant au rôle d'hommes de parti pour proscrire nos anciens adversaires, nous aurions la douleur et la honte de frapper ceux qui combattent et versent leur sang à nos côtés.
Se souvenir des dispensions passées quand l'ennemi foule notre sol ensanglanté, c'est rapetisser par ses rancunes la
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La destinée de ces hommes aura He Àt vwm ém péril perpétuel et terrible ou leur y*tt*mfÊi a engagés, et où leur perpétuelle et lerriUe cité nous a maintenus. Et nous,
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tombés dans les rixes de ces séditieux aussi incapables de piété envers la patrie qu'envers Dieu, nous voilà disputés comme un vil butin, nous cherchant un maître, n'en trouvant pas, réduits à faire des vœux pour ceux qui veulent bien au moins nous laisser notre peau. La sauverons-nous, notre peau? C'est là la question.
Et l'ennemi est là qui regarde ! Il songe qu'après tout il n'a pas entrepris une si grosse affaire, qu'il pourrait se décharger du poids de ses armes, et qu'étant venu avec tant de canons, maintenant pour emmener en sécurité son butin, il n'a plus besoin que du fouet !
Donc, « monsieur le ministre de la guerre, » citoyen Gambetta, fait bande à part. En vertu de l'élection d'un faubourg de Paris qui l'a fait député, il exclut de la vie civile quiconque est suspect de ne point penser comme lui ! Et ce trait de folie parait tout simple, et ne l'empêche pas d'avoir une armée. Au contraire !
Quantité d'honnêtes gens débitent avec une gravité parfaite quantité d'emphases sur le degré de sagesse, de liberté, de perfection, de splendeur où la société humaine a su s'élever, notamment eu France; ils foui sentir la nécessité de conserver précieusement le principe de réparation entre l'homme et Dieu, qu'ils regardent comme la source de tout bien : £éparonfcnous de Dieu ; par . là seulement nous seroua unis entre nous ï Tous les murs de Paris, à l'heure qu'il est, clabaudent cette sentence. 11 eu est une autre qui vient de plus haut et qui se véntie davantage* Tout
homme qui se divise de Dieu se divise des homipes,
et iOUt ROYAUME DIVISÉ PÉIVIRA.
U faut espérer néanmoins. La France ne veut pas cesser d'être, elle ne perdra pas universellement le fruit de ces leçons terribles. Le bon sens qui l'éclairé aux moments suprêmes lui imposera l'effort nécessaire pour se sauver. L'effort est plus difficile à tenter qu'à accomplir.
Dans ce Ilot d'ignominie qui se gonfle pour la submerger, il y a beaucoup d'écume. Qu'elle tienne ferme, qu'elle ne fuie pas : le flot se dissoudra au premier choc, et peut-être avant le choc. Contre U. Gambetta, c'est encore assez de M. Favre et de M. Picard, pourvu qu'ils ne perdent pas le temps à verser des larmes et à nous célébrer leurs vertus.
On leur demande de faire tète à la sédition gambettinc si elle se dresse dans Paris et de ne pas souffrir qu'elle en ouvre les portes avant l'heure. Puisqu'ils ont eu garde ce qui nous reste d'honneur et de vie, qu'au moins ils ne l'abandonnent pas.
Qu'ils ne se laissent rien arracher par le seul rugissement des tigres frelatés dont ils ont augmenté et enhardi la foule. Ces tigres sont en même temps des punaises; le balai peut suflire à les repousser assez loin. C est tout ce qu'il faut maintenant. Ensuite la France avisera. Elle aura le droit d être sévère ; mais, mieux inspirée, elle sera clémente.
M. Gambetta a eu une idée excellente à reprendre contre lui ; seulement il en faut réserver l'exécution à la France.
Certainement le moyen de préparer et d'assurer
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