LA CONCEPTION DE L^EMPIRE
A Rome, pendant la paix des six premiers mois de cette année, on entendait dire, parmi les membres du Concile, qu'il fallait se hâter, que c'était la paix de
Bethléem et qu'elle ne durerait pas longtemps. Il y avait comme une certitude qu'après Tavénement du dogme, le temple de Janus serait rouvert. Il fut en eflFet rouvert dès le lendemain. Le même pressentiment indiquait depuis longtemps d'où la guerre devait venir et nommait la Prusse, et c'était dire aussi la cause de la guerre : une ambition irréalisable, quand même elle paraîtrait atteindre son but.
Nous trouvons un témoignage de cette inquiétude et de ces prévisions dans un livre dont la date remonte à douze ans. Nous nous permettrons de reproduire la page où nous les avons exprimées, parce qu'elle contient en même temps un exposé de la conception du saint empire, sur laquelle beaucoup de personnes et beaucoup d'écrivains se méprennent absolument. On verra que ce n'est pas du tout, comme le Siècle parait le croire, l'empire selon P?apoléon ni selon M. de Bismark.
En proclamant Tinfaillibilité du vicaire de Jésus- Christ, le Concile a pourvu au péril de la conscience humaine devant l'infaillibilité que ne manquerait pas de s'arroger l'empire païen, c'est-à-dire antichrétien.