‹ Paris pendant les deux siégesChapitre 16 sur 86 · LE SYLLABUS PROTESTANT · texte numérisé non relu

LE SYLLABUS PROTESTANT

Un autre pasteur, collègue, c'est-à-dire co-isolé de M. de Pressensé, nous atteste la foi et l'orthodoxie de son demi-frère. Il nous adresse [une pièce qui doit nous en fournir l'irrécusable preuve. C'est le Sylla-bus que « les églises évangéliques » appellent leur profession de foi. » M. de Pressensé a signé ce syllabus; donc le libre-pasteur rédacteur àa Journal des Débats est orthodoxe.

Nous n^avons point dit le contraire, et il n'y a ici qu'un malentendu. En parlant c?e5 orthodoxies ^totestantes, envers lesquelles M. de Pressensé prend de fortes libertés, nous n'avons pas nié qu'il n'eût la sienne, laquelle, comme toutes les autres, peut varier infiniiùent sans cesser d'être fidèle au principe même du protestantisme. En matière de croyance, cette religion, constituée sur l'adhésion corporelle, conserve jalousement la ressource du divorce et même de la polygamie. Il n'y a que cela qui rende la vie douce. Les catholiques disent : Cor unum et anima una; entre les protestants, au contraire, ce qui fait le lien, c'est la séparation.

Le principe développe ses conséquences à mesure

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que le protestantisme se décatholise et, par conséquent, se déchristianise. Les nouveaux évangéliques ont travaillé à l'élargir et n'ont pas mal réussi. Voilà sur quoi les anciens leur font la guerre. Ils reprochent aux anciens d'être encore catholiques,'^ ils vont jusqu'à les traiter de cléricaux; les anciens leur disent qu'ils ne sont plus chrétiens, et l'on ne voit pas qu'ils en prennent grand souci. Mais enfin, puisqu'il faut toujours une orthodoxie, ils en ont établi une; et elle se résume en ce point, qu'il n'y a pas d'orthodoxie. Ils assurent ainsi l'unité de foi par un artifice très-ingénieux qui forme le premier article de leur syl/abus. Cet article, très-logique au point de vue protestant, proclame que a toute l'Écriture de l'Ancien et du Nouveau Testament constitue l'unique et INFAILLIBLE règle de la foi et de la vie.» Or chacun étant légitime et mfaillible interprète de toute l'Écriture, il s'ensuit qu il n'y a nulle raison pour que M. de Pressensé ne soit pas infaillible, et par conséquent orthodoxe, comme tout le monde. S'il parvenait à n'être pas protestant orthodoxe, il ferait un miracle. Jamais nous n'avons songé à l'accuser de cela.

Voici la pièce. Elle est connue, mais instructive. 11 se pourrait que le Journal des Débats ne Teût jamais miéditée. Il ne sera pas fâché de relire ce syllabus, juré par son infaillible collaborateur^ ennemi si dé- • terminé du Syllabus et de l'infaillibilité du Pape.

PAIUS PENDANT LE SIÈGE. i07

Union des églises évangéliqnes de Frcmee,

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