‹ Paris pendant les deux siégesChapitre 45 sur 86 · BROGLIE^ M. DUFAURE, CHEF ET ENNEMI DE LA MAGIS- TRATURE · texte numérisé non relu

BROGLIE^ M. DUFAURE, CHEF ET ENNEMI DE LA MAGIS- TRATURE

L'Assemblée a composé une loi sur la presse. EDe a rendu la presse au jury. Quelques orateurs ont opiné ijue la police correctionnelle y convenait davantage. Ils n'ont pas prouvé qu'ils eussent raison, et personne n*a prouvé qu'ils eussent tort. Ce que l'ensemble de la discussion a prouvé parfaitement comme toutes les discussions antérieures et comme l'expérience, c'est que la police correctionnelle et le jury n'y font ni chaud ni froid. C'est aussi ce que tous les orateurs ont eu soin de ne pas dire. Dans la question dé la presse, autant et plus que dans toutes les autres, il y a de l'inextricable. On ne voudrait pas des fruits, mais on veut de l'arbre. En dépit de l'innocent jardinier qui s'obstine à vouloir changer sa sève, l'arbre toujours culûyé rapporte toujours. Il rapporte ses mêmes feuilles, ses mêmes fleurs, son même fruit. On .en mange toujours, on en est toujours incommodé.

C'est comme le tabac. Que ne disent pas les méde* cins contre le tabac ! Il est malpropre, infect, incivil, soporifique, affaiblissant, abrutissant; il provoque II. 20

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vingt maladies fâcheuses, voire mortelles. Mais tout le monde fume et les médecins aussi. La nicotine, la presse, la garde nationale, trio d'inséparables, trio vainqueur! Qui déracinera ces trois institutions, qui disjoindra ces trois Parques?

On prétend, il est vrai, que ce sont aussi des plantes médicinales trèsopréciause» et capables d^ jprQduirje dej$ effets ^xceUaota. Il est possible. Seulement la dose médicinale reste à connaître.

Quant à la presse, l'art de s'en servir utilement et ^^ lui appKquer une bonne loi sera trouvé énis le <p«y»qui pourra hti fournir ée bons juge*. Bn France, ^MU9 ny senmies pas •

hm deux princîpanz arfîsans de hc loi nouT9llie, à savoir M. )e duc de Bt^ogSe, rapporteur de la Gam»* jnissiaB', académicien, et If. DuCaure, acfuellemeiit ministre^ aussi aeadémfeien, ont rm» eette vériké parfaitement en lumière, sans te voirioir. loue deux sent paar*îsan« de la compétence néeessaîie etr eocefan «ive^ âa jury en matière de défit» âe presse.

KF. Dofaure, ministre à^ h. justicQ^ nu»» surtout aivocat, a la spécialité de m pas* croire a.ux jttges, pas même à la magistrature, pas même à la justice. Il jm perd aucune occasion d« leur lancer dd» ïardfofls ptaw cfue enîsants. On y sent l'homme de barreau cpii s'es* Haltu eonire les jîiges toute sa vie* e* les a fait erret seuvent, et Fliomme politt^n^quî a pu o««qui a vu maintes fois abuser d'eux. M. de Jfooglie est mét»^ 9affig mêlé df France et é» Genève, ⻫atliellk|U8 et de* protestant, de €ui et- de non, <|ui woit que les dé» Nlah-dé* ^esse sonf des délit» d^efoiâo» et qu» TofÀ*

mon oapeut conuuettrQ. 4Q.^]iti$,. C'^ ^^kvmriX ropiniûude M. Diifejwrfî, wtaiït. <^ lW p^wt Yoir <{lair d^iis ua di^couxâ è'Avo.QiU, iaûÛ3teQ^ £n cofmr €[ueiiGe,, M. de BxogUe et M. Dufwrfi se sottt ac/iotdéis pour livrer rapjpjcéciation d^, délili^ diÇi presse^ AéJite d'opiniosk^ à TQ^ttioA, qiû zi« p^iut. cojcom.ettf e de di^ lits. L'opinioi) estjuasiera si Topûikm a j^u pftirhayaiur4 être coupable. En uamot^ la pressa sewi jugée, ^ îa g^de nationale, dwsi k fumée du iabm*^ Au p«ti^ hooliei»: ! Tant pis paur leîoiunal du faubourg Saiod^ Gerr0aiu (joi touchera ddw uu corps diQ. gardia d^ Bella'vUIieje. G\^vice versé.

Sous LouisrPhllippe,. jamais le jury u'a «osdaiMhé le «S'iV^/e et sa couleur ;;. ^quelquefois il a couàmm le National^, plus souyeut la Réforme^ tou^our^ to QazeU^r et la Quotidimrm. V Univers x^^ni quuJupjKHcès, pour compterrexidu d* uu ajid;re ]fm^ qu'axait perdu un trèsrbou et illwstrô prêtrje. Le jury qui avait coudamué le prêtre eoi^amua VUfiWjerSy Xtdà^ presqu'à. Tmiaxiimité^ smis circoustaueea atténu^auto^ Ma^iiqum de pnsou et d'amenda, si les^ jugea aV vaient équitablemeut modiéré la peine^ YoUà le jug€^ ment de TaKpiBiou.. Et de plus,, uu des juges» bowûer tie«^ h qui la journal ni la ^umalisto ne. devaient rian^ tira la laog^.e au condamné. Attrape , jé« suitel

Nous savons bien quel métier on a Mt faire aux ju^s SKHLS le dernier gouvernement et sous d'autres; car on n^ nonune que le dernier gouvemement^mâif il n'a paa tou4 c()mniem:é^ M. Dulenra, suivant sa paasidom, av^ut une gentillesse, d'avocat p«u décduto

sur les lèvres d'un garde des sceaux, a rappelé Timpuissance des juges : a Depuis vingt ans, le tribunal de police correctionnelle a fleuri en France. {On riti) H a frappé les délits de presse ; mais pendant qu'il condamnait les écrivains, les doctrines devenaient plus vives et se répandaient plus funestes dans la société. {C'est vrai! c'est vrail)... Par cela seul que ces tribunaux étaient nommés par le pouvoir, leurs décisions n'avaient pas d'autorité doctrinale. Ils ne frappaient pas du coin de la vérité la vérité qu'ils constataient cependant dans leurs jugements. On ne les croyait pas... Vous direz de cette incrédulité, de cette méfiance ce que vous voudrez; il n'en est pas moins vrai qu'elle régnait au sein de la société, et que, par conséquent, il n'y avait aucune répression générale contre les doctrines qu'ils voulaient condamner. [C'est cela! très-bien ! très-bien!) »

De tels aveux dans la bouche d'un garde des sceaux sont tristes, et l'adhésion de l'Assemblée n'est pas moins affligeante. Car il n'échappe à personne que ce qui se peut dire des juges se peut dire à plus forte raison du jury, et l'expérience ne le confirme pas moins. S'il y a un art d'influencer les juges, il y a aussi un art de préparer le jury. M. Dufaure conclut néanmoins que quand le jury condamnera, c'est la société qui condamnera. D'où il suit que ce qui sera absous par le jury sera absous par la société, la société entière^ dit largement M. Dufaure. L'Assemblée s'est rangée à cette théorie. C'est assez dire où en est chez nous la notion de l'ordre et de la justice politique, et pourquoi la presse se moque

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parfaitement des lois et des juges par lesquels on prétend la régler.

Un trait de la discussion mérite d'être conservé comme peinture du temps. Un député voulait qu'en renvoyant au jury les délits politiques, ou délits d'opinion, on laissât à la police correctionnelle, c'està-dire à la loi absplue, les délits contre la morale, qui sont des délits absolus.

Il sentait la témérité de sa proposition, et il l'a développée dans les termes les plus timides, les plus humbles. Nous copions le compte-rendu officiel : a Messieurs, ime seule chose peut nous sauver aujourd'hui. C'est le maintien de ces principes éternels, le respect de la famille, le respect de la mo« raie et le respect, /e dirai même^ de la religion! » Je dirai même! On sent hésiter et fléchir la voix ; mais cette modestie n'a touché personne. Le sténographe note une c( approbation sur quelques bancs à droite, » et ailleurs, des rumeurs diverses.

Un autre orateur montrant le même sentiment, a été coupé par M. Flye Sainte-Marie, qui lui a crié : Dieu ri a pas besoin de votre protection ! C'est ce que nous disait un jour M. le duc de Broglie, au nom du parti catholique libéral. Nous ne savons pas si M, Flye Sainte-Marie parle au même titre, et si M. le duc de Broglie le dirait, encore. Peut-être que les événements qui se sont accomplis depuis lui ont fait voir et feront voir à M. Sainte-Marie que nous avons quelque besoin de protéger Dieu.

C'est, du reste, contre l'amendement soutenu par M.Félix Giraud que M. le duc de Broglie a pro-

mflÊtè^BUfA diBODifirs^ascorté^âe «û^e^^^lfA^'én»^ tet oS'sentiellement sans flamme. Il s' est appliqué àirâte (Mmfxreiidre le dernier d'an ^régottae jadieiaire t$i)us ieqnel des penseiirs poUtiqmes iek que Monieâquieii -et YiOitAÎre poHffraiâfltttélM tarâduiits «on police aeraiee^ 4i&ii]ielle9 ^owf j99»e£tex3^« fTioifitragd ^auznaiœi^

Ce qui^ei^itaboaikiabk'f

Tout cela, quand la seole islflusneife èe la paresa» «ifliée peut crxpliqpaer fat perséfcnoitioii antûshréftieBine «t a&timoraljo qcâ sévit à Paris., toot «ela netts montre que la presse n'aiâeiiiboramdie m des jUDés^ ui des jages, ni des légîadaiteucs^ <et cpi'eUe «est Teàmt dnsolue de ce temps^ oà elle est >enlrain.d'époiiB6r leeanon^ L'ottcéièlnre en^ce metnentieurs fiançailles.

Rabelais regatdaât TinVEenticm de rimprimeâe eoBwnB une consolafioiQ du B»<DiDde^ à «eeiLtoe-^iil de la diabolique invention du canen. Les voilà auariés, et Tobus, leur 'lïls, peurte en sifflmt «le nouvel évangile de la lumière, de ramoïir et de la p«ix.

*iO avjii.

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