‹ Paris pendant les deux siégesChapitre 64 sur 86 · LES MARTYRS · texte numérisé non relu

LES MARTYRS

Les dominicains sont morts en criant : Pour ie bon Dieu! L'archevêque est mort la main levée pour ab«soudre ceux qui Fassassinaient! Les jésuites et les autres prêtres, nourris du pain des forts, sont tombés en oflÈpant leur vie pour la gloire de Dieu et le salut de la France. Dieu est vainqueur ! Il a pris des mar^ tyrs^ nous aurons des miracles; nous sommes sauvés!

On a remarqué que nos troupes, ou plutôt, comme le dit si bien la langue populaire, que « les Français i sont entrés dans Paris le jour où fut publiée la loi qui demandait des prières; et le jour où FÂssemblée nationale, à genoux dans la cathédrale de Versailles, a solennellement exécuté cette loi, le même jour, à la même heure, le feu a cessé.

Les prières étaient finies, lorsque Mgr révêcpe de Versailles a su que Tarehevêque de Paris et ses com^ pagnons avaient subi la mort en haini) de 'Bien* « Pour 1/6' bon Dieu, d En ce monieiit aussi le vénérable évèqae a suqu^ les prières étaient exaucées:, la CQÏhvù ^ine éteinte» et cette borriUie'guerre^fiiisew Les martyre ont prié a^ec nousj^ Dde» est désaraii«

Quelle scène, quelle leçon, et quel triomphe! A présent nous pouvons relever la tête parmi les peuples. L'incendie s'éteindra; les scélératesses, les fourberies et les sottises immondes, toute cette immense part de Satan sera oubliée : la gloire des martyrs décorera cette nuit abominable et restera sur nous. Gomme la croix du Sauveur a plané sur les incendies et demeure parmi tant d'eflfondrements, elle que l'on voulait surtout abattre, ainsi la mémoire des martyrs demeurera. Leurs noms immortels et sacrés prévaudront sur tant de flétrissants souvenirs. Victimes innocentes, si lâchement, si abominablement insultées, maintenant tutélaires !

L'archevêque, les curés, les religieux sont cette Église traînée sur la claie par le vil ramas des]^[écrivains et dénoncée aux haines d'une populace abrulie. Que ceux qui se sont attelés à l'injure regardentj et qu'ils se frappent la poitrine ! Voilà le résultat de tant d'histoires ineptes et infâmes dont ils ont nourri ou laissé nourrir l'imbécile populaire. C'est à cpioi aboutissent ces inventions des victimes cloîtrées de Varsovie, de Picpus et d'ailleurs. Qui osera dire que Rochefort et sa bande ne sont pas les véritables assassins de ces prêlres, ne les ont pas jetés à leurs bourreaux ignobles, n'ont pas suggéré ces cruautés dont les détails ne se rencontrent que dans les Actes des Martyrs.

Pour nous, nous rendons grâce à Dieu et nos)larmes coulent sans troubler notre joie. A présent nous allons commencer de lire une autre histoire. Nous allons voir, si l'on peut parler ainsi, le dessous divin

delà trame infernale. Nous savons ce que l'homme a détruit, nous saurons ceJqueDieu a planté.

Même date.

DU CHOIX DE l'archevêque DE PAKIS. UN MOT SUR

LE P. OLLIVAINT.

Au milieu de la douleur et de l'admiration qu'excite la mort de Mgr rarchevêque de Paris, on se préoccupe à bon droit du successeur qui lui sera donné. Nul choix n'est plus important, plus urgent et plus difficile. Paris n'a pas moins besoin d'un archevêque que d'un préfet, et l'archevêque est plus nécessaire encore, même au point de vue politique, si l'on considère l'importance de la mission. Il s'agit de l'instruction religieuse et morale de ce malheureux peuple, où l'ignorance^ l'indifférence et la haine ont préparé et exercé tant de ravages. C'est là qu'il reste de redoutables mèches d'incendie à éteindre, d'effroyables brèches à réparer, d^innombrables édifices à reconstruire.

Tout le diocèse est à organiser. S'il faut ce que Ton appelle un administrateur, il faut encore plus un apôtre. Les pierres. à remuer sont celles qui obéissent à la voix de Fapôtre et non pas aux calculs de l'administrateur.

410 PARlft BKWAMT Lk GOMMUSIB*.

Mais les fidèled, témoins des immanses hesoins da rÉglise de Paris, désirent surtout une réparation pour les ordres religieux qui ont eu l'honneur de fournir de si nombreuses et si saintes victimes. Aux calomnies infâmes qui ont assassiné les dominicains, les jésuites et les membres de la congrégation des Sacrés-Cœurs, le gouvernement devrait répondre par l'élévation d'un religieux sur le siège de Paris. Ce siège sanglant n*est-il pas d'ailleurs désigné pour un de ces hommes qui vont au-delà des frontières de la civilisation chercher le martyre?

Si l'on songe aux persécutions qui ont rempli Tépiscopat de Mgr de Quélen, à la mort de Mgr Affre, à celle de iMgr Sibour, à celle enfin de Mgr Darboy, on trouvera que le siège de Paris n'a pas été moins meurtrier que celui delà Corée, dans le même espace de temps.

C'est le vœu le plus ardent des fidèles et du clergé de voir un religieux sur le siège de Paris. Nous l'avons entendu exprimer mille fois^ et jamais, assu* rément, circonstance ne fut plus opportune pouv rompre enfin l'injurieuse pratique qui écarte de l'épiscopat tant de prêtres éminents, tes plus dignes d'en accroître le lustre pour le plus gvand bien de l^glise et (le la patrie»

Le R. P. OUivaint avait étémdltre des confèrencesn à rÉeole normale , et l'un des élevés les plus distish» gués, de eette institution, où ii sut non^sealement conserver sa foi , mais la défendre et la répanàrev Jm

PARIS PENDANT LA COMMUNE. Hl

Tai connu en ce temps-là, dans une petite société de jeunes gens qui s'était formée autour du vénérable M. Edouard Dumont, et dont faisait aussi partie Pierre Hernscheim, juif converti. Celui-ci, peu de temps après, est mort prêtre et frère-prêcheur, laissant une mémoire bénie.

Le 1" mai 1845, je rencontrai Ollivaint. C'était quelques jours après le vote rendu par la Chambre des députés contre les jésuites, sur les interpellations de M. Thiers, qui, d'accord avec la gauche et pour tuer le temps, s'était amusé à provoquer la persécution. Ollivaint avait l'air joyeux. Je lui demandai où il allait d'un pas si allègre. « — Aux jésuites, me dit-il. J^hésitais, je n'hésite plus. M. Thiers m'a indiqué mon chemin. C*est pai^ là que la persécution se dirige, c'est là qu'il faut aller. J'entre aujourd'hui. » Maintenant il est arrivé.

Un quart d'heure avant son arrestation, il se promenait dans le cloître delà rue de Sèvres, disant son bréviaire. Un ami vint le prévenir de la prochaine visite des socialistes. Il répondit avec sa sérénité et son sourire ordinaires : « Je les attends. »

Ils sont venus, ils l'ont eoimeûé, ik lui ont donné la mort , et quelle moirt ! Mais a^siitréfiient, ils n'ooit pas ua moment réussi k troubler son àme, et tout son C6»ur leur m pardonné.

Aittàty fpère^ père, priez pour nous l

31 mai.

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