‹ Paris pittoresqueChapitre 3 sur 104 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

rad, Hugues l'aMn', le roiOdo ou Eudes, Robert, son frère, Hu^ues-le- Grand, ci cniin Hugues Gapcit , offrent la succession des comtes de Paris jusqu'à l'avènement de ia dynastie dite nationale des Capet. Eudes, Robert, son frère, et Hugues Capet furent proclamés rois.

Hugues Capet résidait à Paris lorsqu'il était comte de Pai'is; il continua d'y résider lorsqu'il fut roi. Sous Robert , son successeur, l'bistoire de Paris ne présente aucun fait mémorable. Henri, son fils aîné et qui lui succéda le 20 juillet 1 03 1 , fut l'instigateur d'une guerre de famille qui dura six années, et dont Paris et ses environs furent le théâtre.

C'est à la fin de ce siècle que parut Pierre Abeilard, l'élève de Guillaume Champeaux, esprit supérieur à son siècle non pas seulement par son liabileté de discussion scolastique, mais encore par une indépendance d'idées religieuses et politiques qui lui suscitèrent la haine puissante de saint Bernard et des évèques du royaume. Louis VI, dit le Gros, fut conduit par l'extrême pénurie de ses finances , et la volonté d'attaquer l'indépendance toujours menaçante des grands vassaux, à vendre à plusieurs villes de France, des chartes de commune. Son fils, Louis VH, désertant cette sage politique de son père, qui devait faire la force de sa dynastie , ou craignant peut-être que son trône lui-mèmene fut ébranlé parl'organisation républicaine des grandes villes de son royaume , refusa les mêmes privilèges à la ville d'Orléans et à celle de Paris, qui n'eut jamais de charte de franchise. Cette résidence du pouvoir royal ne fut pas même exemptée du droit de prise , espèce de vol et de pillage que certains officiers du roi appelés chevaucheurs ou preneurs exerçaient sur les habitans, au profit du roi et de la cour.

L'établissement des communes par Louis-le-Gros se liait évidemment au projet d'attaquer la féodalité, en lui enlevant successivement les droits régaliens. Ebles de Bouci, fils de Guichard, ayant refusé de se rendre devant la cour du roi, fut vaincu et soumis. Burchard IV, seigneur de Montmorency, décline également la juridiction de la cour du roi; Louis Vil le condamne, et la sentence est exécutée à main armée. Hugues de Pomponne, seigneur deCrécy,vit également son château de Gournay pris et incendié pour refus d'obéissance. Louis VII alla prendre lui-même dans sa forteresse. Gaucher de Montjoie et le conduisit prisonnier à Paris.

Les évêques et les abbés gardaient seuls encore la plénitude de la souveraineté dans les pays dont ils étaient suzerains, se défendant avec une fanatique énergie contre les plus légères tentatives d'usurpation royale.

Philippe-Auguste continua avec énergie et bonheur la guerre que ses aïeux, dès leur avènement, avaient soutenue contre le haut vasselage. Sous ce règne, \di hanse parisienne, ou corporation des marchands parisiens, acquit qu('l(juos privilèges , entre autres celui i\e petite justice. Cette faible

tl INTRODUCTION,

jurtîiclion, la seule (rorigino iiopulaire, était alors dominée par celle ilu prévôt de Paris, qui rendait la justice pour le compte du roi , par celle des seigneurs ecclésiastiques, tels que l'évêque de Paris, le chapitre Notre-Dame, les abbés de Sainl-Germain-dcs-Prés, de Sainte Geneviève, etc. Aucune loi ne présidait aux arrêts de ces tribunaux. Les épreuves judiciaires décidaient seules des contestations civiles et criminelles, et s'appelaient les jugemens de Ditu. En matière criminelle le vaincu était livré à l'exécuteur. Les monastères et les églises de Paris sollicitèrent comme privilège le droit du champ-clos judiciaire, et les moines de Saint-Denis iiaraissenlctre les premiers qui aientoblenu par diplôme cette prérogative barbare. Le roi Robert la leur concéda en 1008. Les moines de Saint-Germain-des-Prés l'obtinrent en 1027 : « Nous accordons à Dieu et « à Saint-Denis, dit la bizarre formule de celte concession, la loi du duel, « dite vulgairement le champ. » En 1109, les chanoines de Notre-Dame obtinrent de Louis VI la faculté de faire battre leurs serfs à coups de l)âton; le pape Pascal II, confirma ce privilège, par sa lettre de février 1114. En 1118, Louis VI admit presque toutes ks abbayes de Paris au bénéfice du champ-clos judiciaire. Bientôt cette facile mais atroce procédure fut adoptée par tous les hauts justiciers ecclésiastiques ou antres.

Dans un accord conclu à Melun entre Philippe-Auguste et Guillaume II, évêque de Paris, le roi, guidé par celle grande idée politique de Tunilé gouvernementale, enlève à la plus haute juridiction ecclésiastique de Palis une grande partie de ses privilèges et soumet les serfs et sujets de l'évêque à la taille royale. Il achève d'ébranler sa puissance temporelle, eu soutenant l'université dans ses nombreuses luttes contre les chapitres de Paris.

Louis IX, dans ses ^Vû^/wj^7n(?w.y, proscrivit l'usage des duels judiciaires, mais pour ses domaines seulement. Il réforma la prévoté et accorda aux Parisiens le droit de faire eux-mêmes le guet pendant la nuit. Cette garde fut nommée le ^\xe\.des mestiers ou des bourgeois.

La reine Blanche, mère de ce roi, plus hardie que son fils, attaqua de front lès droits de V église, en faisant ouvrir de force par ses hommes d'armes, une prison du chapitre Notre-Dame , oii de nombreux prisonnier? étaient entassés.

Le règne de Philippe-le-Bel est le signal d'une reprise d'hostilités contre la grande vassalité que Louis IX a ménagée. Le nouveau roi commence par proscrire le duel judiciaire , et encourager l'admission de la preuve par témoins. Convaincu que le droit de justice est le plus fécond et le plus puissant de tous les droits régaliens, il augmente son conseil déjà appelé ^ar/«ment, et le divise en chambre des Requêtes et en chambre des plaids.

Le parlement, qui ne tint d'abord que deux sessions par année à Paris,

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