INTRODUCTION. VU
ilevinl permanent en 1316, et prit alors le litre de cour souveraine et ( api' tate du royaume.
Philippe-le-Bel créa une autre juridiction, c'est celle de la basoche ^ jugeant en dernier ressort, tant en matière civile que criminelle , toutes les contestations des clercs du parlement entre eux. Le même roi organisa également la juridiction du Châielet en y établissant des juges nommés a?iditeurs qui nq pouvaient juger qu'en première instance.
Après la mort de Louis X, dit le Hulin, les Parisiens prirent les armes et soutinrent les prétentions au trône, de Philippe-/(?-Z,ow^ son frère, contre le comte de Valois son oncle. Ce dernier fut chassé avec ses partisans.
Philippe VI dit de Valois, «pioique sans volonté, ni force de caractère pour les actes de sa politique extérieure, témoigna d une grande énergie dans ses luttes nombreuses contre les grands vassaux. Il fit coiulamner ou décapiter Godefroy de Harcourt, Olivier sire de Clisson, Raoul Pairis, Pierre de Priais, et un grand nombre de chevaliers.
Au règne de Jean-le-Bon commence une série de calamités qui affligèrent particulièrement Paris. Les Anglais gagnent la bataille de Poitiers, et s'avancent jusque sur la capitale; c'est aloi's qu'Etienne-Marcel, prévôt des marchands, déploie les (jualilés d'un esprit supérieur, et l'énergie d'un rare courage. Sa pai'ole patriotique ranime les Parisiens qui, à sa voix, fortifient l'enceinte de leur ville.
Quelque temps avant la nomination de Marcel à la dignité de prévôt , la hanse parisienne avait conquis de nombreux privilèges et s'était constituée en co7ps municipal de la ville. Cet accroissement d'atti'ibutions ne tarda pas à lui faire jouer un rôle extraordinaire : Charles, dauphin, iils aîné dn roi Jean, ayant convoqué les états-généraux, pour les renvoyer à la première opposition, Etienne Marcel demande leur rappel, et la punition deplusieurs des anciens ministres. Sa requête fut écoutée, et les états convoqués de nouveau. Cependant le dauphin, qui n'avait cédé qu'à la force, éludait le vœu des étals et irritait les Parisiens par sa mauvaise foi, lorsque Gharles-le-Mauvais, roi de Navarre, s'échappe de la prison oii Jean-le-Bon l'avait enfermé, et se présente aux portes de Paris. Marcel l'accueille, le couvre de sa popularité et épouse ses vengeances. Tout à coup un nouvel acte d'oppression du dauphin ou de ses ministres soulève les parisiens. Marcel leur fait adopter unecouleur nationale, et leur ionne pour signe de ralliement un chaperon mi-parti de rouge et de blanc. Se mettant ensuite à leur tête, il entre de vive force au Louvre, et trouve le Dauphin entre le sire de Conflans, maréchal de Champagne, et Robert de Clermont, maréchal de Normandie, tous deux haïs du peuple et proscrits par les états. A un signe du prévôt, les insurgés tirent leurs épées et égorgent les deux maréchaux. Le Dauphin, épouvanté, demande la vie h
vin IMROniCTION.
RIarcel , (jui le (U'iciul de la fureur populaire en lui mol lanl son i)ropre chaperon sur la tèle. De là il le conduit a l'Holel-dc- Ville, sous la sauvegatde des nouvelles couleurs nationales. Le Dauj^hin, effrayé des cris qui le menacent, et ne voyant autour de lui que piques et épces, se résout à sanctionner l'acte de justice des Parisiens, en déclarant que les deux maréchaux étaient des traîtres. Charles de Navarre se rapproche alors de Paris, mais se rend odieux par les cruautés qu'il exerce dans les environs. Marcel, son partisan déclaré, devient suspect. Les amis du dauphin en profitent pour répandre des soupçons sur son désintéressement et sou patriotisme. Le prévôt, successivement abandonné de ses amis, est assassine par un des siens, le bourgeois Maillard, au moment où il cherchait à introduire dans la ville, Charles-le-Mauvais, son dernier appui. Ce meurtre ouvre au dauphin les portes de Paris ; le roi de Navarre le suit de près et bloque la ville. Pour comble de maux , Edouard d'Angleterre , vient mettre le siège devant la malheureuse cité; enfin le 6 mai 1360, .'a paix est conclue à Calais entre les rois de France, d'Angleterre et de Navarre.
Le règne de Charles VI vit fondre sur Paris toutes les horreurs de la guerre civile et éli-angère. Une taxe sur les vivres excita une conspiration formidable dont les auteurs furent appelés maillotins. Les conjurés se portèrent avecle peuple à l'hôtel-de-ville et massacrèrent les collecteurs. Cliarles VI rentre dans Paris dont il ?'ctait éloigné pour une courte expédition et fait exécuter cent des principaux habitans. Vers cette époque le roi devient foux , et le pouvoir se partage entre deux factions acharuées, celles des Armagnacs, au nom du dauphin , et des Bourguignons au uom de Charles VI et d'Isabeau de Bavière. Jean-sans-peur occupe Paris, et met son autorité sous l'égide de la plus vile populace. S'ai)puyant du nom du malheureux Charles VI, qu'il tient en son pouvoir, il fait proscrire les princes, par le conseil, et confie la police de Paris à un corps choisi de cinq cents garçons bouchers ou écorclieurs, qui prirent de. leur chef, Jean-Caboche, le nom de Cahochiens. Cette espèce ïi^ armée révolutionnaire fait trembler Paris, qu'elle ensanglante chaque jour. Convoqués au milieu d'une épouvantable anarchie, les états-généraux voient tous leurs efforts paralysés par les bouchers dont l'audace ne connaît déjà plus de I)ornes. Les échafauds et les tribunaux de sang sont eu permanence. Le roi toujours esclave, depuis sa folie, du parti qui domine, est censé approuvé tous les crimes qui se commettent en son nom ; enfin la bourgeoisie prend les armes et secoue le joug des écorcheurs. Jean-sanspeur quitte Paris la rage au cœur en se promettant d'y rentrer bientôt Dans ce but il appelle les Anglais, qui gagnent la bataille d'Azincourt. Peu de temps après, un bourgeois, du nom de Perrinet Leclerfi, lui livre
IXTRODUCTIOX.
Paris où le connéiablc d'Armagnac régnait par la terreur. La population, sous la conduite de Gapeluclie, l'exécuteur, massacre dans les rues dans les maisons et dans les prisons plus de dix-huit mille partisans du connétable. Henri V prolile de cette effroyable guerre civile , et l'infâme Isabeau de Bavière lui donne sa fille Catherine et la couronne de France par le traité de Troyes du 30 juin 1420, qui déshérite du trône le dauphin Charles, fils de Ciiarles Vl et de cette exécrable Isabeau !
Le duc deBedfort gouverna pendant quinze années Paris et la France.
Charles VII, avec l'aide de la guerrière de Don Rémy et du comte de Richemond, vient mettre le siège devant Paris en 1429; il est repoussé. Le 1?) avril l436, les comtes de Richemond et de Dunois sont introduits secrèlemcnt et massacrent les Anglais dans Paris. Charles VJI put rentrer paisiblement dans la capitale de ses états; mais cette fatale période de guerres civiles avait relevé les grands vassaux des coups terribles que les rois capétiens leur avaient jusqu'à ce jour portés ; et peut-être la royauté allait-elle perdre toutes ses conquêtes et rétrograder de deux siècles, si un homme ne se fût trouvé, dont la main de fer rattacha au trône les liens de fidélité et d'obéissance que les seigneurs s'étaient empressés de briser. Louis XI, plein de ce projet, commence par gagner son peuple, en donnant à toutes les villes qui les réclament des chartes de commune ; pour se concilier plus particulièrement les habitans de Paris, il réorganise leur milice nationale qu'il compose de tous les hommes de seize à soixante ans, et dont il fait le dénombrement; elle s'élevait à quatre-vingt mille hommes , partagés sous soixante bannières. Louis XI la mit en possession du droit d'élire ses officiers. Après avoir déjoué la ligue dii bien public, attaqué et successivement écrasé ses plus puissans ennemis, il fait condamner à mort par son parlement de Paris le duc d'Alencon, renferme pour dix ans dans une cage de fer le cardinal LaBalue,fait assassiner le comte d'Armagnac, exécuter le connétable Saint-Pol et le duc de IVemoui's,qui arrosa, dit-on, de son sang, ses enfans placés sous l'échafaud.
CharlesVIII, à son avènement, se trouva à la tête d'un puissant royaume fortement organisé et plein de ressources. La féodalité, espèce de serpent immense, que Louis XI avait coupé par tronçons, cherchait alors vainement à se rejoindre et à réformer la chaîne de ses anneaux. Pour la première fois on vit la France,réunissant enfin toufes ses forces, sortir de ses frontières et s'élancer à des conquêtes lointaines.
Charles VIII fut le premier qui constitua d'une manière définitive le conseil du roi : il l'érigea en cour souveraine , présidée par le grand chancelier.
•Sous ce règne, et déjà sous le précédent, l'amour des spectacles s'était rapidement propagé dans Paris. Le pouvoir ecclésiastique l'avait lui-même