‹ Paris pittoresqueChapitre 32 sur 104 · TOMB I. H · texte numérisé non relu

TOMB I. H

coup (Pœîl sur sa note de renseignemens , voit que le détenu a été soupçonné d'avoir volé des bottes , sourit malgré sa gravité et exauce la prière du détenu.

Ce même chef avait d'abord exercé la profession d'imprimeur. Un autre suspect vint aussi lui demander son élargissement. Que ferai-je de toi , coquin ? — Une nouvelle édition. — Plaît-il ? — On ne dira pas de moi : considérablement augmenté , attendu le potage à la Rumford ; mais on dira au moins revu et corrigé. Il fut élargi.

Tous ces faits se rapportent à des temps antérieurs à 1 81 4. La puissance directoriale élai lia nièiiuM'i! i8o(>: mais elle soverçail avec plus d'humanité. Les gardiens étaient polis et quelquefois empressés et complaisans.

En 1818 et 1819, beaucoup d'abus avaient été réformés dans la prison de Bicètre. Le docteur Pariset s'exprime ainsi dans le rapport qu'il fit en 1819 au conseil général des prisons . « J'ai vu Bicêtre à deux époques différentes : dans l'une, Bicêtre rivalisait l'enfer des poètes; dans l'autre, qui est l'époque actuelle ;, il s'administre comme un couvent. >>

C'est à Bicètre, le 17 avril 1792 , que furent faites les premières expériences de la guillotine , et ce fut là encore que , peu de temps avant le 9 thermidor, on fit l'essai d'une machine à neuf tranchans , destinée à moissonner autant de têtes, la guillotine n'ayant pas, à cette époque de sang et au gré des gouvernant d'alors , un mouvement assez accéléré.

La prison est actuellement employée à renfermer les condamnés à une peine infamante : ils y restent jusqu'à lenr départ pour le bagne, ou à leur envoi dans une maison centrale, si cette peine est la réclusion. Les condamnés à mort y sont transférés de la Conciergerie aussitôt après leur pourvoi en cassation , et n'en sortent que pour être conduits devant une autre cour si l'arrêt est cassé , ou pour subir la peine capitale si l'arrêt est confirmé.

En 1775, on y a établi des ateliers de polisseurs de glaces et de bou tons, de cordonniers et une fabrique de bas , qui n'existent plus.

L'administration n'est plus chargée des travaux des prisonniers; elle en a traité avec des entrepreneurs particuliers.

Le produit des travailleurs est ainsi réparti : un tiers pour le gouvernement; tiers aux travailleurs; l'autre tiers, mis en réserve, leur est compté lors de leur mise en liberté.

La nourriture des travailleurs consiste eu une livre et demie de pam, un demi-litre de bouillon, un demi litre de lentilles ou de haricots, et deux fois par semaine quatre onces de viande désossée.

BICETRE. 1 07

Ils couchaient deux dans un lit , dit administratif, composé d une paillasse, d'un matelas, de draps, d'une couverture et d'un traversin en paille d'avoine.

Les non-travailleurs avaient une nourriture moins substantielle, et leur couche n'avait ni draps ni matelas.

Outre leur habillement , le môme pour tous les condamnés , et qui se composait d'un pantalon et d'une veste de gros drap gris en hiver , c» de toile de même couleur en été , on leur fournissait par semaine une chemise et une paire de bas de laine, et tous les six mois une paire de sabots.

C'est de cette prison que partirent, au mois de mars 1 828, les abbés Contrafatto et Molitor, condamnés aux travaux forcés pour attentat à la pudeur commis sur déjeunes enfans. Ces grands coupables avaient obtenu , à raison dU caractère dont ils avaient été revêtus , de ne pas être attaché. à la chaîne, et d'être conduits au bagne dans une bonne voilure suspendue.

Assurément ces anciens serviteurs des autels étaient moins dignes d'une telle faveur que ces êtres grandis dans l'ignorance et la misère , véritable pâture de chiourmes que l'on menait enchaînés, comme des bêtes féroces , jusqu'au lieu qui doit leur servir de tombeau.

Les prisonniers n'avaient aucune communication avec l'hospice.

Le médecin en chef était M. Murât, le médecin adjoint M. Lélut;' M. Becquerel était le directeur de la maison. Cette ancienne prison est maintenant occupée par des vieillards de l'hospice.

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