‹ Paris pittoresqueChapitre 38 sur 104 · BAS-RELIEFS · texte numérisé non relu

BAS-RELIEFS

Côté de Paris. (^Gauche du spectateur .) — La Législation.

» L'empereur, revêtu des habits impériaux et placé sur son trône , indique de la main les tables où sont inscrits le code civil et le code criminel. Près de là sont groupés tous les attributs de la justice.

M Pénétrés de reconnaissance pour un si grand bienfait qui assure le bonheur et la tranquiUité des générations présentes et futures, des citoyens

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de tout âge et He toute condition se prosternent devant le héros législateur, et lui adressent des actions de grâces. L'innocence, sous la ligure d'une jeune vierge , assurée désormais de la protection des lois, se livre paisiblement au sommei4, au pied du trùne de sa majesté.

(Largeur de ce bas-relief : vingt-neuf pieds; hauteur: quinze pieds. )

Face du côté du Roule. — Arrivée de P archiduchesse à Paris.

» L'archiducliesse, arrivée au terme de son voyage, est descendue de son char. L'empereur, qui est allé au d,cvanl d'elle, la conduit vers la porte de Paris, où les magistrats de la ville viennent lui présenter, sur des coussins, les clés de cette capitale.

» Les dames et les personnes qui composent la cour de l'archiduc hc'i se sont placées derrière elle; plus loin , à la droite du spectateur et près du char qui l'a amenée, sont les officiers-généraux qui l'ont escortée dans son vojage ; du côté opposé , l'on voit au premier plan la statue de la ville de Paris , et au second , une grande a ffluence de citoyens qui , des branches de laurier à la main, se précipitent au devant de leurs majestés. Dans le fond s'élève ce même arc de triomphe sous lequel va passer le cortège.

(Largeur de ce bas-relief : cinquante-six pieds; hauteur : quinze pieds.)

Face du côté de Neuilly. (Gauche du spectateur. — Embellissement de

Paris.

)) Au centre de ce bas-relief , on voit l'empereur drapé d'un manteau ; le ministre de l'intérieur et quelques personnes de marque sont prés de lui. Sa majesté montre de la main , aux architectes dont il est entouré , les changemens à faire sur les plans qu'on soumet à son approbation. Des ouvriers, placés aux deux extréçoités du bas-relief et occupés à divers travaux, servent à indiquer la rapidité avec laquelle s'achèvent les embellissemens de Paris. Dans le fond, on aperçoit la colonnade du Louvre, monument dont la restauration seule, est un des plus grands travaux qu'on pût entreprendre.

I) La postérité n'apprendra pas sans élonnement que ce palais, commencé sous François P' , cl continué sans pouvoir être achevé par tous les rois qui succédèrent à ce monarque , fut terminé en quelques années , sous le régne de Napoléon.

( Largeur de ce bas-relief vingt-neuf pieds; hauteur: quinze pieds.)

ARC I)E iniOMPHE DE l'ÉTOILE. 127

Face du côté de Neuilly. (Droite du spectateur. )

» L'eiïipercur assis , la maiu appuyée sur sa redoutable épée , est couronné par la Victoire. Sa majesté pardonne avec générosité aux ennemis qu'il a vaincus. Ceux-ci sont figurés par des soldats qui viennent déposer les armes à ses pieds. On aperçoit entre ce groupe et sa majesté, un trophée d'armes de toute espèce, et dans le lointain un camp couvert de tentes. Ces attributs rappellent la vie active et guerrière de l'empereur.

n On pourrait rapporter ici plusieurs traits de modération de sa maj^esté au sein même de ses plus brillantes victoires (Laffite). On pourrait citer également plusieurs traits de sa clémence; mais c'est à l'histoire qu'il appartient de les consacrer , et d'ailleurs , dans ces jours de fête et d'allégresse, on ne doit offrir à la mémoire rien de ce qui peut rappeler les souvenirs de guerre. •

(Largeur de ce bas-relief: vingt-neuf pieds ; hauteur: quinze pieds. )

Face du côté de Passy. — Alliance de leurs majestés.

') L'empereur Napoléon, et Timpéralrice Marie-Louise, revêtus de leurs habits impériaux et entourés des attributs et armoiries qui caractérisent la France et l'Autriche, se donnent la main en signe d'alliance, sur un autel placé aux pieds de la statue de la Paix.

» Sur le côté, à la gauche du spectatei,ir , on voit un buste de Janus, symbole du passé et de l'avenir , et auprès, le Temps qui dicte à la muse de l'histoire l'époque d'un événement si mémorable. Plus en avant, est rimpcratrice montée dans un char, dont l'Amour dirige les coursiers. Une femme l'accompagne et tient à la main un sceptre, emblème de la puissance. On a placé à l'opposite , derrière l'empereur , un amas d'armes de toute espèce, noble trophée de ses victoires. Près de là est la figure allégorique de la Seine, au dessus de laquelle s'élève la Renommée, pour aller annoncer au monde la nouvelle de cette alliance. Dans son vol rapide, la déesse répand une corne d'abondance sur les peuples qui , heureux d'une pareille union , se livrent à la danse et à la joie.

( Largeur de ce bas-relief: cinquante-six pieds ; hauteur : quinze pieds. )

Sous la voûte du côté de Passy. — Prospérité de Vempire.

» Ce bas-relief représente, dans une des salles de leur palais, leurs majestés encourageant tous les arts avec biçnveillance. L'intérieur est

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décoré de colonnes , entre lesquelles sont placés sur des cippes les bustes allégoriques qui représentent les divers ministères.

» L'empereur , revêtu des habits impériaux , a placé près de lui sur son trône S. M. l'impératrice. Vers la gauche, les beaux-arts personni- 6és se distinguent facilement chacun par les attributs qui le caractérisent. On remarque devant ce groupe une figure de femme offrant une médaille qui contient l'histoire numismatique de l'empereur; et derrière, tout-à-fait dans le coin du bas-relief, un balancier que font mouvoir des enfans.

)) Du côté opposé parait la muse de l'histoire , traçant les événemens glorieux du règne de Napoléon; elle est entourée d'enfans qui viennent s'instruire au récit de ces faits héroïques. Tout auprès sont étalés à terre, les divers produits de l'industrie nationale; et enfin ce côté est terminé par un groupe d'agriculteurs qui présentent les tributs de leurs récolles. A travers les divers entre- colonnemens, s'aperçoivent les principaux monumens dont sa majesté a ordonné l'exécution.

(Largeur de ce bas-relief: quarante-cinq pieds; hauteur: neuf pieds.)

Sous la voûte du côté du Roule. — Prospérité de P empire.

« Placés sur un char, l'empereur et l'impératrice parcourent les provinces de leur empire, et répandent à leur passage l'abondance et* l'allégresse. A gauche du spectateur sont les muses de la peinture, de l'architecture et deTart statuaire . toutes occupées à exécuter les grandes pensées de Napoléon. La colonne de la grande armée (place Vendôme), et le péristyle du temple de la victoire (sur l'emplacement de la Madeleine) paraissent dans le lointain. L'on voit à droite des ballots, des marchandises et des barques , emblèmes du commerce que la navigation des nouveaux canaux a rendu plus actif. A côté, aux pieds d'un hermés représentant la nature , est assise la figure de l'abondance ; les enfans qui l'entourent désignent la population. Le fond enfin offre la vue de plusieurs monumens , et principalement celle de l'obélisque projeté sur le terre-plein du Pont-Neuf. Le plafond de cette voûte est orné de caissons , au milieu desquels est un aigle, les ailes éployées, et de douze pieds de proportion. » (Largeur de ce bas-relief: quarante-cinq pieds; hauteur: neuf pieds.} Telle est la pompeuse description qui nous est restée des bas-reliefs et des autres ornemens qui devaient décorer l'arc de triomphe de l'Etoile. Les flatteries n'y sont point épargnées ; mais il Jic faut pas oublier que répoquc du mariage de Napoléon, fut sans contredit la plus brillante de l'empire. La campagne de Wagram venait d'être terminée de la ma-

ARC VU. IKlOAU'Hli UE l'ÉTOILE. l'iî^

nière la plus glorieuse pour les armes de la France ; l'empire était riche et puissant, tranquille à l'intérieur, redouté à l'extérieur : la paix qui venait d'être conclue à Presbourg était de nature à faire croire que l'Autriche se tiendrait tranquille, et que l'Europe ne serait pas troublée de long-temps. L'alliance de Napoléon avec Marie-Louise semblait être la garantie d'un avenir heureux : ou pouvait du moins le croire, et les arts cherchaient à célébrer par avance cette prospérité et ce bonheur que cette époque annonçait.

Tout cela ne fut qu'un rêve très-court, qui ne laissa pas seulement le temps de graver sur le marbre et l'airain les dessins que M. Lafitle avait faits pour l'arc de TÉtoile, et l'habile architecte qui était chargé de l'exécution, M. Chalgrin, mourut en regrettant de laisser inachevé le mon U' ment auquel il avait attaché la gloire de son nom.

A son retour de la funeste campagne de Moscou, Napoléon, visitant les travaux de la capitale , crut s'apercevoir que le monument était peu avancé : il donna des ordres pour activer cette construction, et l'on se remit à l'œuvre, sinon avec la même confiance, du moins avec la même exactitude.

Les événemens de 1814 qui changèrent la face de l'Europe trouvèrent Parc de l'Étoile élevé jusqu'aux voûtes. La restauration, voulant faire ou blier les grandes choses de l'empire, condamna ce monument à un avor tement. Il fut tout-à-fait abandonné ; et pour qu'on ne pensât pas qu'un jour on pourrait l'achever, on enleva jusqu'à l'échafaudage, dont le bois fut employé à l'achèvement du grenier d'abondance.

On se ravisa après la campagne liberticide contre la révolution d'Espagne, et on pensa dès-lors à faire servir l'arc de triomphe élevé à la gloire de l'empire pour transmettre le souvenir des faciles succès de cette expédition et du prince à qui les flatteurs en attribuaient les heureux résultats. Au mois de novembre 1823 parut une ordonnance qui lui donnait cette nouvelle destination, en prescrivait la continuation des travaux suspendus depuis dix ans. C'était la montagne enfantant une souris.

Toutefois ces travaux n'eurent jamais aucune activité, et furent longtemps l'objet des sarcasmes des journalistes. Il n'est pas jusqu'aux petits théâtres sur lesquels on n'ait vu figurer comiquement Vouvriei' unique que les télescopes des mauvais plaisans apercevaient sans cesse occupé à arracher les plantes parasites qui poussaient sur les corniches.

La révolution de 1830 surprit l'arc de l'Étoile à peu prés au même point où l'avait laissé l'empire. Mais la gloire des armées françaises , sous la république et sous l'empire, était trop nationale pour que le monument destiné à en perpétuer le souvenir restât inachevé. Dès l'année .sui\anle

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