Tome
d'Arpajon. Le contrat fut passé le iti février 1518. Six ans après, la duchesse d'Ang^ouIéme, alors régente, donna cette maison à Jean Tiercelin, maître d'hôtel du dauphin , et à Julie Trot, en cadeau de noces et pour en jouir leur vie durant.
Quand Charles IX eut ordonné, par son édil du 28 janvier 1501, la démolition du [wlais des Tournelles, Catherine de Médicis voulut en faire bàlir un autre. A cet effet , elle acheta les bàtiraens et les terres voisines de l'hôtel de Neuville , et fit commencer le palais et le jardin que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Tuileries. On éleva d'abord un mur pour entourer le jardin, et, à l'extrémité de ce mur, Charles IX posa, le 11 juillet 1566, la première pierre du bastion en forme de fortifications qui régnait autrefois du côté de la rivière , et dont ou a fait plus tard la terrasse dite du bord de l'eau , laquelle se termine au lieu où se trouvait la barrière de la Conférence.
L'historien Jaillot nous indique qu'on travaillait avec une grande ardeur à l'élévation du palais des Tuileries et à la décoration de son jardin, lorsque Catherine de Médicis, assez crédule pour ajouter foi à l'astrologie et assez faible pour craindre l'effet de ses vaines prédictions , abandonna ce bâtiment en construction pour faire bâtir l'hôtel de Soissons.
Les troubles dont le royaume fut agité sous le malheureux 'règne de Henri III ne permirent pas de continuer la construction du palais , et le jardin resta long-temps inachevé. Ce fut seulement lorsque Henri IV, vainqueur de la Ligue , commença à régner paisiblement , qu'on reprit les travaux du palais et du jardin (1).
La description qui nous reste de l'ordonnance de ce jardin , jusqu'à l'époque où le célèbre Le Nôtre en fit le chef-d'œuvre que nous admirons, n'offre qu'une suite de dispositions bizarres et du plus mauvais goût. Mal diistribué, dépourvu de tout agrément , n'ayant pas même d'unité , puisque chaque partie était distincte et séparée des autres , le jardin , dont la main de cet homme de génie a fait la plus belle et la plus majestueuse promenade de l'Europe , renfermait autrefois un bois, un étang, un hôtel (celui de M"^ de Guise ) , une volière, une
(1) S'il faut en croire quelques anciens historiens, au nombre desquels se trouve Piganiol de La Force , qui s'est beaucoup occupé des monumens de Paris , le jardin des Tuileries aurait été primitivement moins grand que nous le voyons. Mais cette opÏDion a été combattue ; et il reste démontré que ce jardin avait , en longueur surtout, les mêmes limites que nous lui connaissons.
orangerie, des allées, des parterres, des théâtres, un labyrinthe , un écho, une ménagerie , un chenil, etc.
La volière, située vers le milieu du quai des Tuileries, consistait en plusieurs bâtimens. L'écho était au bout de la grande allée , c'est-à-dire à l'extrémité du jardin: la muraille qui l'entourait avait deux toises de hauteur et vingt-quatre pieds de diamètre ; sa forme était celle d'un demi-cercle, efelle était cachée par des palissades. C'était là où les galans de l'époque se rendaient pour donner des sérénades à leurs maîtresses. A peu de distance de cet écho, du côté de la porte Saint-Honoré était placée l'orangerie, et tout auprès s'élevait une espèce de ménagerie renfermant des bêtes féroces. Dans le bastion qui tenait à la porte de la Conférence on avait ménagé un grand terrain qui servait de garenne et à l'extrémité de ce terrain , entre la porte et la volière , était un chenil, que Louis XIII donna , en 1630 , à Renard , valet de chambre du commandeur Souvré, à la condition de défricher le terrain qui l'entourait et de le remplir de fleurs rares. Renard fit de cet enclos un superbe jardin , au milieu duquel il bâtit un joli pavillon qui fut longtemj)s fameux par les parties fines que les seigneurs y allaient faire.
Tel était le jardin des Tuileries avant que Le Nôtre l'eût régénéré; et cette description ne présente rien à l'imagination oui ne soit incohérent et désagréable. Cependant les contemporains de Louis XIlï s'extasiaient en admirant la disposition du labyrinthe et les merveilles de l'écho , toutes choses assez mesquines et dignes du temps où les seigneurs et les dames se déguisaient en bergers et en bergères pour aller, suivant l'expression usitée alors, faire leurs prouesses dans le jardin des Tuileries , qui servait déjà de promenade publique.
En 16t)4,Colbert, ayant racheté de Ratabon la charge de surintendant des bâtimens , s'occupa aussitôt de la restauration du palais des Tuileries. On commença par y joindre le jardin, qui en était encore séparé par une rue traversant à peu prés l'emplacement où était établie la première terrasse contre le château , emplacement que Louis-Philippe vient de destiner à un petit parterre , entouré de fossés , qui change l'ordonnance de Le Nôtre. Ce fut par les ordres de Colbert que cet habile décorateur entreprit, sous Louis XIV , l'exécution du magnifique ])lan dont il avait tracé le dessin.
On abattit aussitôt le bâtiment de M"*" de Guise, la volière et bvs autres bâtimens qui s'étendaient du côté de la rivière jusqu'à la barrière d«^ la Conférence; le jardin de Renard fut enfermé dans un nouvel enclos; et sur tout ce terrain , qui contenait alors soixante-sept arpens , Le Nôtre exerça son génie créateur.
1 iO PARIS riTTORESQUE.
Son plan, dont on .idniire l'unité et la varii'té des détails, est aussi simple que ^rand , aussi imposant qu'aj^réaMe à l'œil ; la plus exacte symétrie n'y produit rien qui ressemble à cette ennuyeuse monotonie (jue les Anglais reprochent à nos jardins et à nos promenades; chaque objet se trouve placé de manière à produire l'elîet le plus magnifique; tout (Il est beau , parterres , terrasses , bosquets , statues , jets d'eau , allées. Ce ne l'ut pas cependant sans difficultés que Le Nôtre arriva à obtenir celte unité et cette symétrie : le terrain , considéré dans sa largeur, qui est de cent quarante-sept toises , offrait une pente de cinq pieds quatre pouces , et cette inégalité semblait offrir un obstacle insurmontable à la symétrie du plan. Le Nôtre masqua la difficulté au moyen d'un talus imperceptible et de deux terrasses latérales , qui , non seulement firent disparaître cette irrégularité, mais encore ajoutèrent à l'élégance de cette grande composition.
Considérant ensuite la vaste étendue de la façade des Tuileries , Le Nôtre sentit qu'une aussi longue ligne de bâtimens avait besoin d'une esplanade qui lui fût proportionnée , et qui en développât complètement toutes les parties. 11 eut donc l'heureuse idée de ne commencer le couvert de ce jardin qu'à cent vingt-deux toises de la façade , et cette distance semble dans une proportion si parfaite avec le palais , qu'on n'imagine dans tout cet espace aucun autre point où cette masse d'arbres put être placée plus favorablement.
Tout le sol de la partie découverte fut enrichi de parterres à compartimens, entremêlés de massifs de gazon, dont les dessins nobles et élégans ont été conservés jusqu'à nos jours. Ces parterres sont disposés de manière qu'on a pu y placer trois bassins circulaires , qui offrent une agréable variété. Ces trois bassins forment un triangle terminé par le j)lus grand d'entre eux, qui se trouve ainsi au milieu de la grande avenue.
Au pied du palais est pratiquée une terrasse , qui sert A' empâtement A l'édifice, et qui, avec les deux autres latérales, semble contenir le jardin entier dans une espèce de boulingrin. Chacune de ces terrasses est accompagnée d'escaliers en pierre d'un beau dessin. On y arrive par despenles douces , dont les murs de revêtement sont remarquables pour leur belle exécution , principalement ceux qui sont placés à l'extrémité du jardin , de chaque côfé du fer-à-cheval qui termine ces terrasses. Des charmilles couvrent agréablement tous ces murs de soutènement (1).
(1) Autrefois les bois du jardin étaient entourés de charmilles, et les terrasses étaient bordées d'ifs. Des motifs de propreté ont engagé d'Ange villiers à faire enlever tous les if* ainsi que celles des charmilles qui n'étaient pas entourées de grillages.
JARDIN DES riJlLEKIlîS. Hi
En face des parterres et dans l'alignement du milieu du grand aNanlcorps est plantée une belle allée de maronniers de l'Inde de cent quarante toises de longueur et de cent quatorze pieds de largeur (1). Aux deux côtés de cette allée étaient distribuées des pièces de verdure entourées d'arbres à hautes liges, de bois plantés régulièrement en quinconces, de bosquets, etc.
Ces dispositions intérieures ont éprouvé divers changemens depuis, e^ ne ressemblent plus aux dessins de Le Nôtre j mais la masse entière du couvert est restée toujours la même, et conserve l'aspect majestueux que lui donnent la beauté des arbres ainsi que les belles proportions qu'a tracées ce grand décorateur
Admirable du côté des Tuileries, ce bois offre peut-être un coup-d'œil plus ravissant encore dans la partie opposée. Le jardin s'y termine également par une grande partie découverte , entourée par le fer-à-cheval que forment les terrasses , et au milieu duquel est placé uu vaste bassin de trente toises de diamètre , dont la forme octogone se trouve en rapport avec les parterres qui l'environnent. Du milieu de ce bassin jaillit une colonne d'eau , s'élevant jusqu'à la hauteur des plus grands maronniers.
A l'extrémité du fer-à-cheval qui termine le jardin, du côté des Champs-Elysées, on construisit, en 1716, un pont tournant d'un dessin ingénieux , qui établissait la communication directe des Tuileries à la place Louis XV.
En considérant, du haut du fer-à-cheval l'ensemble de toutes ces parties , on remarque une telle variété dans les dessins , dans la disposition des plans, dans l'architecture des terrasses, des palissades, etc.; le palais des Tuileries d'un côté, la place Louis XV et la verdure dos Champs-Elysées de l'autre , y présentent des perspectives si agréables ,
A celte époque il n'existait point encore de latrines publiques, et les promeneurs se gênaient si peu qu'il était impossible de fréquenter les terrasses bordées d'ifs ou de charmilles , à cause de l'infection qu'elles répandaient. Sous la république , le jardin est devenu la promenade la plus propre de la capitale.
(1) Dans le principe, cette allée n'avait que quarante-huit pieds de largeur, elle était bordée de deux contre-allées qui la rétrécissaient trop. C'était la le seul défaut qu on pût raisonnablement reprocher au plan de Le Nôtre. Du temps de la révolution, en la fit disparaître en ne faisant qu'une seule allée de l'allée principale et des deux contre-allées , et en taillant les arbres en palissades. Par ce moyen , on a mis le palais dos T'iilerics dans un rapport plus iulimc avec l'avenue des Cliami)s-Élysccs.
112 PARIS PITTORESÔUE.
qu'il est diflicilc que l'art et la iialure réunis puissent jamais produire dos olïels plus riches et plus imposans.
Du côlé de la terrasse qui borde le quai des Tuileries, le coup-d'œil, sans ètn; aussi niaj^njitîque , est beaucoup plus pittoresque ; la vue s'y promène avec complaisance sur le cours de la Seine , le pont Louis XVI et le Pont-RoAal, sur les façades du palais des députes, du nouvel holel du ministère de l'intérieur, de celui de la Légion-d'Honneur, et d'autres hôtels du quai d'Orçay. Toutefois le défaut d'ombrage rend cette terrasse peu fréquentée en été; tandis que celle qui longe aujourd'hui la superbe rue de Rivoli, désignée sous le nom de terrasse des Feuillans (4) ou de Rivoli, est devenue un des passages les plus animés de la capitale. Quoique, d'un côté de cette terrasse, la vue soit bornée par les belles maisons qui bordent la rue, on jouit cependant aussi d'un superbe coupd'œil par la porte qui est en façade la rue Castiglionne, d'où l'on a en perspective la place Vendôme, la colonne Napoléon, la belle rue Napoléon, aujourd'hui de la Paix , et les boulevarts.
La terrasse dite des Feuillans étant beaucoup plus basse que celle du bord de l'eau, on avait imaginé de pratiquer, dans l'espace qui est au dessous et qui la sépare du couvert, de grands tapis de verdure entourés de plates-bandes de fleurs. Cette agréable variété ne nuisait en rien à la symétrie , parce que la largeur du jardin était si considérable que les parties dissemblables ne pouvaient être embrassées du même coup-d'œil. Ces plates-bandes furent détruites en 1793, par suite du décret qui ordonnait que l'on sèmerait des légumes, des pommes de terre ou du blé dans tous les grands terrains affectés aux jardins de luxe ou d'agrément. C'était là une bien faille ressource ; mais ces décrets calmaient le peuple, qui souffrait de la faim , et lui prouvaient que la convention s'occupait de lui (2). Depuis lors ces gazons n'ont plus été rétablis , et l'espace qui leur était consacré forme aujourd'hui l'allée la plus grande et la plus fréquentée de tout le jardin : elle est désignée sous le nom d'allée des orangers, du double rang de ses arbres en caisse qu'on y place dans la belle saison. Cette grande allée, égayée par les jeux de l'enfance , est le rendez-vous des promeneurs pendant l'hiver.
(1) Cette terrasse a pris son nom du couvent des Feuillans, qui se trouvait là où est aujourd'hui la rue Casliglione. Ce couvent, transformé en club pendant la révolution , est devenu fort célèbre ; aussi y consacrerofls-nous un article étendu, car c'est de l'histoire contemporaine.
,'2^ A cette même Cpoiiuc, la convention lit placer sur la terrasse du bord de l'eau une statue en plàlic de l.-.l. Uousscau elle était cnlouréc de peupliers.
On a dit el répète jusqu'à satiété que la convention nationale n'avait su que détruire. Aujourd'hui que l'on connaît mieux l'histoire de cette célèbre assemblée, on commence à revenir à des idées plus justes sur ses travaux. On sait que si la convention a tout détruit, tout bouleversé, elle a aussi , sur ce terrain nouvellement défriché , jeté des semences de rénovation qui ont été fécondes même durant la période contre-révolutionnaire qui lui a succédé, et qui le deviendront encore davantage quand les germes de régénération ne seront plus étouffés.
Pour détruire toutes ces sottes calomnies, nous nous bornerons à renvoyer nos lecteurs au décret du 25 floréal an ii , relatif aux monumens nationaux et aux embellissemens que le comité de salut public avait projetés pour la commune de Paris. La lecture de ce décret convaincra les plus incrédules que la convention avait, elle aussi, le sentiment du beau et de l'utile ; et l'on sera forcé de convenir que, si elle n'eut pas le temps de faire exécuter les nombreux embellissemens projetés, la plupart l'ont été plus tard sur ses plans , quoique avec les légères moditications que les changemens de gouvernement ont amenés.
C'est ainsi que le directoire a fait faire pendant les années v, vi et vu de la république (1796, 97 et 98), une partie des changemens décrétés pour les deux terrasses du jardin ; qu'il a fait construire les deux grandes entrées du côté du pont Rojal et du manège 5 qu'il a fait transporter de toutes les maisons royales les nombreux orangers et la plupart des statues qui décorent aujourd'hui ce jardin 5 qu'il a fait élargir la terrasse des Fcuillans^ et convertir en palestre les pièces de gazon au-dessous de cette terrasse, où les adolescens vont encore aujourd'hui s'exercer aux jeux gjmnastiques ; il ne manque , pour l'exécution du plan du comité de salut public , que les portiques el les tableaux destinés à diriger les passions généreuses desenfans. C'est ainsi que les extrémités des deux terrasses ont été garnies de bosquets, et que la pente douce par laquelle on y arrive a été pratiquée 5 que d'autres bosquets ont été plantés autour du grand bassin octogone ; que des allées ont été ménagées dans les massifs des grands arbres pour faciliter la circulation de l'air 5 que des statues ont été placées dans les carrés du milieu de ces arbres ; que l'entrée du pont-tournant a été élargie jusqu'aux piédestaux des renommées , et qu'une belle grille a remplacé toutes les anciennes portes.
Enfin , c'est encore en exécution du plan de l'an 11 que l'architecte Fontaine a fait placer plusieurs liles d'orangers et d'autres arbustrcs sur le terrasse en avant du palais, et qu'il y a fait porter les plus belles statues et les plus beaux vases du jardin. 11 n'y a de différence entre le plan du comité de salut public et les changemens faits pai M. Toulaine
J'ii l'AiUS PI I lOKESyUl!: .
f|iie les fossés et les grilles dont on a aujourd'hui entouré ce parterre, et qu'au lieu don faire une promenade publique on en a fait un jardin privé, à Tusajïe exclusif de la famille de Louis-Philippe.
Sous le règne de Napoléon, les angles des extrémités des terrasses ont été joints au jardin 5 le sol a été exhaussé, et de nouvelles plantations ont prolongé la promenade des terrasses jusqu'aux grilles du côté du château. Un pont en pierres a remplacé le pont-tournant. La grande allée a été élargie : deux rangs d'arbres ont été ajoutés au bosquet qui termine les terrasses. Au buis, aux ifs des parterres, ont succédé des tapis de gazon , bordés de plates-bandes de fleurs et ornées d'arbustes. Tous les carrés des parterres ont été entourés de grillages en fer à hauteur d'appui. Le manège et les autres bâtimens qui écrasaient le jardin du côté de la terrasse des Feuillans ont disparu, et Napoléon a fait ouvrir la belle rue de Rivoli, ainsi que celle de Casliglione et la large voie qui aboutit au boulevart. Une belle terrasse , pareille à celle du bord de l'eau , a alors complété la superbe ordonnance du jardin. Les cafés, les restaurans qui bornaient cette rue de Rivoli ont aussi disparu , et une magnifique grille en fer, à piques dorés , soutenue de distance en distance par des piedsdroits surmontés de vases , sépare aujourd'hui , dans toute sa longueur, le jardin de la rue de Rivoli, sans en intercepter la vue. Enfin on construisit, sous le règne de Napoléon, une galerie souterraine, qui communique de l'intérieur du palais à la terrasse du bord de l'eau.
C'est encore à ses conquêtes, comme général en chef de l'armée d'Italie, que nous devons les plus belles et les plus précieuses d'entre les statues qui , sous son règne , ont enrichi le Musée national et la promenade des Tuileries.
Il nous serait impossible de donner la description des diverses statues qui ont décoré le jardin des Tuileries : cela serait d'ailleurs sans utilité aujourd'hui; mais après avoir indiqué les dispositions du plan tel qu'il est, nous n'aurions pas complété notre tâche descriptive si nous ne faisions connaître succinctement les beautés de détail que renferme ce riche jardin. Nous allons y procéder méthodiquement, en suivant l'ordre qui y règne en ce moment (janvier 1836).
Contre la façade ouest du palais des Tuileries se trouvent, à droite en sortant du péristyle , deux beaux lions de marbre blanc , séparés entre eux par deux grands vases : ce sont quatre morceaux estimés (I).
(1) A.es slatues dont nous n'indiquons pas les auteurs soûl des ifvtces antiques , ou des iiuitalions de l'antique.
JARDIN I)i;S TUILERIES. ' 1 '< T
Dans le parterro, construit on 1832. et qii'On iippcile iinjourd'hin jardin privé du roi , régnent, des deux côtés de l'entrée principale (1), trois allées séparées par des plates-bandes de fleurs et d'arbustes : celle du milieu est ornée, en été, d'orangers encaissés. C'est le long de cette allée qu'ont été placés les vases et les statues qui étaient naguère sur la terrasse du bord de Teau , et dans les salles de gazon du milieu des ron verts. On y voit, à partir de la droite, l'Hen nie terrassant l'hydre , on bronze, de Bosio; une nymphe, éi;alenienl en bronze, et l'Hercule Commode. Dans la partie de gauche du mémo jardin privé , on voit ''Apollon Pythien, copie en bronze de l'Apollon du Belvédère, qui existait au musée impérial; une Diane chasseresse, et le Laocoon . qnr l'on attribue à Phidias : ces trois statues sont aussi en bronze.
Aux angles de ce jardin privé, ainsi que dans Pintervalle qui sépare lés six statues , sont des vases d'une grande richesse , dont les plus grands sont dus au ciseau des frères Coustou, Enfin les deux extrémités où se trouvent l'Hercule de Bosio et le Laocoon renfermenl encore les quatre charmantes et légères statues qui étaient autrefois dans les deux premières salles de verdure du couvert; à savoir : à droite. Hij)p<miéne et Atalante; à gauche, Apollon et Daphnè.
Aux deux extrémités du grillage qui clôt c<> jardin pii\é st' trouvent , à droite, un berger joueur de flûte, par le s( ulptenr-poéte Covsevox ; et à gauche , le Chasseur au repos, de Couston l'ainé. Aux deux angles du même grillage formés par la grande entrée du péristyle sont encore, à droite, le Remouleur ou Rotalor, bronze coulé par les frères Keller, et la Vénus sortant de l'eau , chef-d'œuvre du ciseau grec , reproduit en bronze par les mêmes fondeurs.
Au bout de l'ancienne terrasse, et dans l'alignement de la marche qu'on descend, se trouvent, de droite à gauche, un vase, une Hamadryade ou nymphe des forêts, par Coysevox ; un autre vase, puis une Flore, par Coysevox. A gauche : un vase, Vénus ou nymphe en carquois, par Coustou l'aîné; un autre vase, et enfin une Vénus, dite la Colombe, par le même statuaire.
L'allée qui borde le parterre, tant en face du château qu'en retour, est celle qui a éprouvé , depuis trois ans , les plus grands changemens dans les statues qui la décoraient. On a enlevé tous les morceaux antiques ou imités de l'antique, et on les a remplacés par les meilleurs mor-
(!) On desoMid des appartenieii.-dc I;i reiiio dans la parlu' fjauclic de ci- jardin piitti par nu escalier dccotivcrl , jelc ou l'oruie de poiil