‹ Paris pittoresqueChapitre 44 sur 104 · EXEMPTS · texte numérisé non relu

EXEMPTS

On nommait ainsi , sous l'ancienne monarchio , des préposés de police ou officiers (le la maréchaussée et gendarmerie de France. On en distinguait plusieurs sortes.

Les exempts de la connètablie étaient chargés de notifier les ordres des maréchaux de France pour les affaires du point d'honneur, et d'arrêter ceux dont ce tribunal avait jugé la saisie nécessaire. Ils portaient, pour marque de leur autorité, un bâton garni d'ivoire par les deux bouts. C'était, dit un auteur, le caducée de Mercure.

Les exempts de la prévôté générale des monnaies et maréchaussées de France formaient une compagnie qui faisait corps avec la gendarmerie et maréchaussée de France , et jouissait des mêmes privilèges. Elle était fixée à cent trente archers-cavaliers qui avaient le droit d'exploiter dans tout le royaume , où ils étaient divisés en brigades, pour veiller sur la fabrication ou cxposifioii de fausse-monnaie et sur les abus dans le connnercc

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(les matières d'or et d'aifrcnt. Le prévôt-général connaissait de «es délits jusqu'à sentence définitive , ainsi que de tous les cjis prévotaux , niènie des duels, comme les autres prévôts des maréchaux. Ces mêmes exempts pouvaient informer, décréter et constituer prisonnier lors d'un flagrant délit. Les exempts de robe courte au Châtelet de Paris, formaient une compagnie du même genre que ceux dont il vient d'être parlé. Leur compétence s'étendait sur la ville, prévôté et vicomte de Paris. Le guet à cheval et le guet à pied avaient aussi leurs exempts , dont la fonction était de faire les captures . en exécution d'ordres du roi , ou en vei lu dequelque décret ou contrainte par corps. On appelait exempts, dans les gardes-du-corps , des officiers qui étaient au dessous des enseignes. On lit dans l'ouvrage de M. BouUier (l) : « Cette charge, dont les attributions sont assez obscures, n'était point en usage du temps de Charles MI, Charles VIII, Louis XII, François I", Henri II, François II et Charles IX. On ne trouva le nom (T exempt mentionné que sous le régne de Henri III ; mais c'est d'une manière si peu précisée qu'on ne peut pas assurer si ce monarque a fondé cette charge , ou si déjà elle l'était avant lui. La même incertitude existe sur l'étymologie du mot exempt. Le P. Daniel pense qu'ils furent ainsi nommés parce que, lors de leur institution, le prince les exempta des fonctions des autres gardes-du-corps ,. comme par exemple d'être en faction. Cette explication, dont au surplus nous ne garantissons point la vérité, nous paraît assez naturelle. Quoiqu'il en soit, le nombre des exempts, sous Henri IV, était de quatre par compagnie j Louis XIV les porta à dix en 1664 , et à douze deux ans après. Ce dernier nombre demeura le même pendant tout le règne du grand roi. Ainsi on comptait qiiarante-huit exempts dans les quatre compagnies des gardes-du-corps. Il est d'ailleurs à remarquer que la qualité d'exempt donnait à ceux qui en étaient pourvus le titre de capitaine , à compter du jour de Texpédition de leurs brevets, et le privilège de commander à tous autres capitaines dont les commissions étaient moins anciennes que les leurs. Les mémoires de Castelnau et de Laboureur nous apprennent que les exempts jouissaient déjà de ces prérogatives sous Henri IV. Les exempts, dont le nombre fut également de douze par compagnie sous Louis XV, conservaient leur titre de capitaine . et le privilège qui y était attaché. »

Les officiers qui rappellent maintenant les exempts d'autrefois sont les préposés de police que l'on nomme officiers de paix.

(1) Histoire (1rs ducrr- cui-j's di la maison militaire Jrs rois de France, 1818; p. J50 et. 257.

PALAIS DES TUILERIES, (i;

Comme nousavons déjà fait connaître les traditions qui nous sont restées sur l'état primitif des lieux occupés maintenant par le palais et le jardin des Tuileries , nous n'aurons plus ici à nous occuper que du palais seulement.

On a déjà vu que la construction de ce palais , commencée en même

(1^ On a vu, dans la notice sur le Jardin des Tuileries, que le nom de ce palais lui vient des fabriques de tuiles qui, depuis long-temps, existaient sur ce terrain. Un ancien auteur nous apprend qu'on trouve, sur les registres de la chambre des comptes, les noms de ceux qui ont demeuré sur ce même terrain , durant deux ou trois centsans, ainsi que la quantité de tuilos qu'ils ont fournies tant pour le palais et le Louvre que pour 1 hôtel ro) al des Tournellcs , de Saint-Pol , et autres maisons que les rois de France ont fait construire à Paris et aux alentours. Les fours et les ateliers des fabricans de tuiles cncouihraienl encore les cours de ce palais lor-squc Louis XIV le fil restaurer.

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