DAMES DE SA1>:T-11ICHEL
Aucuu des anciens historiens de Paris . si j'en excepte Jaillot; u'a fait mention du couvent des Dames de Saint-Michel.
On donnait autrefois à ces dames indistinct£ment le nom àereligieuses de Notre-Dame-de-Charùéj et celui de Filles de Saint-Michel.
Le fondateur de la communauté des Eudistes, le père Eudes de l'Oratoire . rassembla dans un asile commun les personnes du sexe qui avaient fait une épreuve funeste de la fragilité humaine, et qui, touchées de repentir, avaient cependant besoin encore des secours de la réclusion
DAMES Dii SAIM-MICHEL. l 'Jj
pour prévenir les rechutes et se maintenir dans de bonnes dispositions.
Le père Eudes ouvrit sou établissement à Caen, le ùô novembre 1641. En 1642, il obtint des lettres-patentes pour la formation d'une commu nauté de religieuses qui devaient faire profession de^ la règle de Saint- Augustin, et avoir pour objet particulier l'instruction des filles pénitentes qui voudraient se mettre sous leur conduite.
Le père Eudes choisit les religieuses de la Visitation pour former les iujcts du nouvel institut ; il rédigea les statuts et les réglemens.
Jaillot rapporte une des dispositions particulières de ces réglemens.
Par cette disposition , le père Eudes voulut que , quoique logées dans le même monastère , les sœurs fussent séparées des pénitentes , et que celles-ci ne pussent jamais être reçues religieuses, quelque solide que fût leur coBversion.
N'est-on pas porté à croire que des religieuses qui auraient pu conserver du monde le souvenir des erreurs auxquelles il entraîne souvent n'eussent pas été plus que d'autres encore propres à diriger avec succès des repentantes rarement sans faiblesse?
C'est la réflexion que je fis après la lecture de Jaillot; mais j'ai appris depuis que cet historien avait mal rapporté l'extrait qu'on vient de lire des réglemens du père Eudes, et que de tout temps des pénitentes avaient été admises, après le temps d'épreuve fixé, à prononcer des vœux.
îl est vraf de dire que ces pénitentes corrigées, devenues religieuses, ne sont point reçues au nombre des dames de Saint- 3Iichel, dont les mœurs doivent avoir été toujours pures 5 mais qu'elles forment le couvent particulier de la Madeleine , dont il sera fait mention à la fin de cette notice.
Cet institut se répandit quelque temps après en Bretagne ; et ce fut du monastère de Guingamp qu'on fit venir, en 1724, à Paris, quelques religieuses de Notre-Dame-de-Charité pour diriger le couvent des Filles delà Madeleine , situé alors rue des Voniames-du-Temple.
Le cardinal de Noailles crut nécessaire de multiplier de semblables asiles, et chercha les moyens de procurer un second établissement aux sœurs de Notre-Dame-de-Charité.
Il acheta, conjointement avec une demoiselle Marie-Thérèse Lepetit de Verno de Chausserais, le 3 avril 1724, une grande maison et un jardin , rue des Postes, n" 38, où ces religieuses s'établirent dans le courant de la môme année. Leur chapelle fut bénite sous l'invocation de Saint-Michel, ce qui leur fit donner le nom de Filles de Saint-Michel.
Jaillot écrivait, en 1775 . « Les filles pénitentes qui s'y présenteul volontairement, ou (ju'on y met <^\\ vortu d'ordres .supérieurs, y sont
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roçut's et logées dans les bàtimcns sépares de ceux des religieuses ; il y en a d'autres destinés pour les jeunes denioisellcs dont on leur confie l'éducation. »
Cette maison se trouva comprise dans la suppression de toutes les institutions religieuses prononcée par le gouvernement de 1790.
Les bàtimens du monastère lurent vendus et démolis en partie , notani' ment la chapelle. Douze ans plus tard, les constructions restées debout servirent à un pensionnat de jeunes demoiselles. Cette propriété appartenait naguère à M. Roussel, maître des comptes.
Après la suppression de leur couvent, les dames de Saint-Michel se retirèrent en grande partie dans une maison enclavée aujourd'hui dans les possessions du collège Stanislas.
C'est de ce lieu de retraite qu'elles virent passer ces torrens révolutionnaires qui remuèrent si vivement le pajs.
L'èpée du conquérant rendit bientôt à la France le calme dont elle avait besoin; la victoire vint mêler ses lauriers sanglans à l'olivier de la paix : les temples chrétiens se r'ouvrirent.
Ce fut alors que ces dames pensèrent au rétablissement de leur institut.
Aidées d'un homme pieux et dévoué , elles prirent à loyer l'ancienne maison de la Présentation, rue des Postes, n° 34. où se trouve maintenant le collège Sainte-Barbe, et s'y installèrent en 1802.
On ne tarda pas à connaître la réapparition de ces dames . qui offraient à la conservation des mœurs dans les familles un si utile et si puissant secours, et la population de leur maison s'accrut à tel point qu'il leur fallut , dès 1805 , s'occuper de la recherche d'un local plus vaste.
Le zèle que ces dames s'étaient plu à trouver déjà dans la personne qui avait favorisé leur établissement ne se ralentit point lorsqu'elles vinrent à le réclamer de nouveau.
On leur avait indiqué l'ancienne maison de la Visitation de Sainte- Marie, rue Saint- Jacques , n° 193 ; elles le dirent à M. Chapellier, que je dois enfin nopimer, ne fût-ce que pour être ici l'interprète de la reconnaissance de ces dames.
M. Chapellier (l) examina la maison désignée; mais elle n'offrait que des ressources très-coûteuses à employer; et d'ailleurs le prix principal de la propriété était fort élevé et dépassait de beaucoup les facultés pécuniaires de ces dames.
(1) Notaire depuis 1800. Il était maire du neuvième arrondissement àlépoqucdes èvénemens de 1830. Cet officier public a quitte son élude et habite en ce moment Antonv.
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Ce protecteur éclairé d'un instiliit estimable ne borna point ses efforts à de simples démarches ; il prit des arrangemens avec ces dames , et acquit en leur nom, de ses deniers, au mois de février 1806, la propriété qui faisait avec raison l'objet de leur désir. Elle appartenait alors à la banque territoriale.
L'acquisition ne suffisait point : dortoirs, réfectoirs, cloître, cellules, tout avait été détruit ou ruiné ; des réparations , des constructions étaient indispensables. M. Chapellier pourvut à tout , et épargna à ces dames une foule de difficultés nées de l'acquisition, soit à cause de locataires récalcitrans, soit à raison des ouvriers à employer, soit parce que l'autorité avait arrêté qu'une rue serait percée sur l'emplacement de cet ancien couvent.
Les obstacles levés et la maison prête, le transfèrement eut lieu. Ce fut vers la fin de 1806. A cette époque. Napoléon et sa mère concoururent aux frais de l'établissement par une somme de 30,000 francs.
Je ferai remarquer que Napoléon autorisa le rétablissement de ce monastère ; ce qui fait supposer qu'il avait acquis la certitude de son extrême utilité.
Voici les renseignemens que j'ai pu me procurer sur cette institution.
Le nombre des religieuses est de soixante-cinq : leur habit est blanc et leur voile noir.
Elles ont dix-sept sœurs agrégées j dont l'habit est noir ainsi que le voile. Ces sœurs agrégées sont chargées de la porte du cloître, de quelques travaux intérieurs et des sorties.
Les religieuses ne sortent point. Elles prononcent des vœux perpétuels j cependant la loi civile n'autorisant les vœux que pour un terme de cinq années, leur séjour dans la maison et la continuité de leurs vœux sont une affaire de conscience et de volonté pour chacune d'elles.
La supérieure est élue par les religieuses au moyen d'un scrutin et pour trois ans ; la réélection peut être faite trois fois de suite. La supérieure actuelle est madame Courtier (l).
Les religieuses ont des cellules particulières. Elles ont l'habitude de changer chaque année de cellules et de tous les objets dont elles se servent, afin de n'avoir pas de sujet spécial d'affection, et pour se rappeler mutuellement sans doute qu'il y a véritablement communauté entre elles.
(1) Cette dame, déposée pour la deuxième fois en 182» , a été réélue en 1832 et nu iHoia de juin 1835.
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On compte anDucllemcnt de deux cents à deux cent cinquante péni • tentes^ à qui l'on fait porter un habit uniforme.
Lors de leur entrée dans la maison, ces pénitentes quittent leur nom de famille pour eu prendre un à leur choix. Cette mesure a pour but de leur épargner la honte ou le désagrément d'être connues.
Elles sont divisées en trois classes, et de telle sorte que chaque classe a ses dortoirs, son réfectoire, sa tribune à l'église ;, sa promenade au jardin.
Ces trois classes se composent ainsi :
La première, des filles appartenant à des familles riches ou d'un rang élevé dans le monde ;
La seconde, déjeunes filles de douze à quinze ansj La troisième, de filles âgées et tenant à tous les états. La première classe est distinguée par uu habit noir, et les deux dernières par un habit brun.
Aucun rapport n'est établi de classe à classe. Des religieuses président aux travaux, aux récréations, aux repas, et couchent dans les dortoirs pour les surveiller.
Les repentantes sont occupées à des travaux ordinaires à leur sexe. Elles sont amenées dans la maison par leurs parens, avec lesquels on traite de gré à gré du prix de la pension pour le temps déterminé de refuge de chacune d'elles.
Pourtant si les religieuses éprouvaient de la satisfaction d'une repentante , et qu'il leur fût prouvé qu'il y a conversion sincère de sa part, elles pourraient abréger le temps fixé du refuge eu priant les parens de la reprendre.
Si quelque repentante, touchée des soins qu'elle a reçus, éclairée par une vocation ferme et solide, se sentait appelée à quitter le monde, on l'admettrait, avec l'aveu des parens, aux épreuves du noviciat. Après ce noviciat, elle passerait au couvent de la Madeleine.
L'oubli de la pudeur n'est pas le seul sujet qui amène des repentantes dans la maison; on y conduit aussi des filles désobéissantes, paresseuses, toutes celles enfin qui font craindre un état pire à leurs parens. Ces dernières passent au couvent de la Madeleine.
Il y a encore une espèce de repentantes : ce sont celles qui se présentent volontairement. Ces repentantes ne possédant rien , on les admet gratuitement. Leur nombre s'élève à cent.
Quelques femmes en puissance de mari y sont également placées ; mais leur nombre n'a jamais été au-delà de quatre ou cinq.
Les religieuses ont un pensionnat d(î jeunes personnes libres , où elles
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enseignent tout ce qu'une femme laborieuse doit savoir; elles font venir des maîtres d'agrément si les parens le désirent.
Elles ont aussi des appartemens libres pour les femmes âgées qui veulent s'établir chez elles à titre de pensionnaires.
Ces différentes pensionnaires jouissent de la promenade d'une partie du jardin; ce jardin a huit arpens environ d'étendue.
La maison est sous la direction de l'archevêque de Paris, qui désigne annuellement parmi ses grands vicaires le directeur des dames de la communauté.
Il y a deux aumr^niers spécialement attachés à l'établissement.
Les revenus de cette maison se bornent anx loyers des dames locataires, au produit des pensions des jeunes personnes libres et au prix de refuge des pénitentes.
,1e n'avais pu m'expliquer pourquoi les religieuses portent toutes \^^ nom unique de Marie, auquel elles ajoutent un surnom de leur choix , comme Saint François (V Assises , ou tout autre; mais il m'a été dit, ce que je n'ai pas vérifié n'ayant pu me procurer les statuts, que le P. Eudes avait voulu que toutes ces sœurs fussent vouées à la vierge, d'où leur était même venu le surnom de filles du nom de Marie , par lequel elles avaient été quelquefois désignées.
On donne aujourd'hui à cette maison le nom de Monastère de Notre- Dame-de-charitè-dwrefuge j dit Saint-Michel.
Une dame du nom de Campestre a publié, en 1827, des Mémoires dans lesquels elle fait mention de son séjour forcé au monastère de Saint- Michel.
Cette dame, mariée par sa mère, mère elle-même , quitte, un beau jour, la ville de Montpellier, qu'elle habitait, abandonne son mari, et monte dans une diligence avec son fils pour se rendre ù Paris, où elle ne connaissait personne.
Parmi les voyageurs se trouvait madame la marquise de M. . ., fille d'im ancien ambassadeur d'Espagne, veuve d'un Français que la passion du jeu conduisit au suicide.
Madame de Campestre éprouva la plus grande joie lorsque madame la marquise lui eut promis de s'intéresser à son sort, et lui eut offert un asile, en attendant.
En effet , madame la marquise reçut madame de Campestre dans sa jolie petite maison bâtie à Vanglaise, rue des Trois-Frères, n" 6. et commença bientôt ses démarches.
La mère de madame de Campestre, loin de se laisser loucher par l'élo-
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quence de madame la marquise, lui dil de vive voix, avec fermeté, et lui écrivit qu'elle ne consentirait jamais à revoir sa fille.
Un malheur en amène toujours un autre : après ce grand désappointement, madame de Gampestre découvrit que la noble marquise était tout bonnement une fille entretenue, alors aux gages de M. de C...., vieillard fort riche, encore aimable et d'une belle figure, dit-elle, et partageant les largesses de ce vieillard avec un jeune Italien , Pami de son cœur.
Cette singulière marquise a-t-elle été calomniée par l'auteur des mémoires P Je n'en sais rien , quoiqu'on ait dit que madame de Gampestre avait violé à son égard le sentiment si doux de la reconnaissance.
Madame de Gampestre quitta la petite maison bâtie à Vanglaise^ alla loger dans un hôtel garni de la même rue , et se détermina à faire une visite à sa sœur, lectrice de la princesse Borghèse.
La princesse avoua que madame de Gampestre était beaucoup plus jolie que sa lectrice, ce qui fit à la dame auteur, si on l'en croit, une ennemie irréconciliable de sa sœur , qui , il est vrai , ne voulut plus la recevoir, mais par tout autre motif sans doute ; car sa tante, madame de Beauchamp, et M. de P..., membre de l'Institut, ami de la famille , lui firent la même impolitesse.
Après s'être égayée sur le compte de ses amis et de ses parensj après avoir accusé sa mère d'une spoliation de part d'héritage , madame Gampestre annonce , dans ses mémoires, qu'enfin elle est parvenue à faire prononcer son divorce ; qu'elle a rencontré un colonel qui lui a été utile ; qu'elle a reçu des secours de la princesse Murât, entre autres un de 6 à 7,000 francs ; qu'elle a été volée de cet argent par une amie ; que la princesse Murât lui a fait dire de ne plus se présenter à son hôtel ; que sa famille a vainement tenté de la décider à retourner dans sa province; qu'elle a travaillé pour une lingére de la rue du Goq ; que sa mère lui a ravi son fils ; qu'elle a tout fait pour le r'avoir et que , pour échapper à ses importunités, sa mère a pris le parti de la faire enfermer che2 les dames de Saint-Michel.
Madame de Gampestre raconte cet événement de sa vie ; et le passage où il en est mention n'est pas la partie la moins intéressante de son livre, si toutefois le manque de vérité dans les faits , si la plus grande inconvenance dans les expressions, si l'oubli d'une certaine pudeur qu'on est en droit d'exiger d'une femme auteur, sont autant de sujets d'exciter l'intérêt d'un public difficile, qu'une malice méchante et déplacée ne séduit pas toujours.
(> qui parait avoir causé à madame de Gampestre beaucoup de con~
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tiarièlés el le plus d'ennui , c'est d'avoir été obligée de se lever à cinq heures , de faire une prière trop longue , de travailler , de se contenter d'un repas frugal , et de la promenade dans un grand jardin du couvent pour toute récréation.
Il est des actes auxquels les religieuses se livrent secrètement dans une intention pure et louable. Madame de Campestre , qui ne comprendra jamais le sentiment élevé dont ces chastes et modestes filles sont animées, madame de Campestre peint une scène d'humiliation claustrale qui aurait eu pour objet sa conversion , non à la foi , ce qu'on supposera impossible quand on aura lu ses mémoires , mais à des principes de modération et de vertu sans lesquels une femme , même dans le monde , ne saurait obtenir de suffrages recommandables. L'obscénité du pinceau fait justice du peintre.
Si Ton jr.ge madame de Campestre par ce qu'elle dit d'elle même, la tranquillité du couvent devait être contraire à ses goûts. Voici comment cette dame s'exprime dans différens endroits de son ouvrage : « Dans mon impatience et dans ma colère, j'aurais rongé les barreaux.. » La supérieure commmenca à marmotter quelques versets... j'étais si » violente, on craignait tellement mes emportemens... je souligne ce » mot à^impie, parce que c'était l'épithète dont on me saluait souvent. » J'étais une impie, parce que je riais des momeries du couvent... Dans » le fait j'étais résolue à tout... Je trouble l'office par mes cris... Je porte » l'effroi parmi toutes les religieuses... Je n'avais pour armes que des » ciseaux... Je menace d'en frapper la première qui aurait l'audace de » m'approcher... Ni la supérieure, ni le jardinier ne m'intimident. »
Cinq ans de patience, de bonne volonté et d'efforts inutiles, fatiguèrent, on le croira facilement, les paisibles et bienveillantes religieuses; elles sollicitèrent la faveur d'être débarrassées de madame de Campestre , et cette dame fut conduite dans une maison , rue du Cherche-Midi , où elle passa trois mois dans l'attente d'une liberté qu'elle obtint par les conseils d'une jeune personne intéressante j que Fouché avait attachée à sa police. La triste célébrité de madame de Campestre n'aurait pu me décider à m'occuper d'elle ici , mais j'ai été engagé à cette concession.
Au surplus, je le répète , les Dames de Saint-Michel sont dignes des fonctions auxquelles elles se sont vouées : peu de personnes me semblent capables d'une aussi grande abnégation de soi-même , d'un aussi grand dévoûmentà la correction des mœurs, d'une aussi grande charité! et, je les en félicite de toute mon âme, ce ne sont pas quelques traits échappés au désordre d'une imagination vagabonde qui pourront les atteindre , ni
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détruire, dans l'esprit des chefs de famille qui ont eu recours à leur bienfaisante intervention, la reconnaissance qui leur est due.
La révolution de 1830 a singulièrement nui aux petites ressources de cette maison. Le nombre des pensionnaires libres est loin dVtre le même . et la remise sur les impositions, qui n'était pas moins de 1,000 francs sous la restauration, a, depuis, été réduite à 100.
Ce couvent a couru des dangers eu 1831 .
Quand le peuple se fui vengé sur l'archevêché et sur Saint-Germainl'Auxerrois de la permission accordée pour le service anniversaire de la mort du duc de Berri, le 13 février, il se mit à courir après l'archevêque.
Une colonne de mécouteus se porta vers ce couvent , ayant entendu dire que M. de Quélen s'y était réfugié. Les sœurs prétendent qu'on ne l'y avait pas même aperçu. Les mécontens voulaient briser les portes, et cherchaient dans le voisinage des barres de fer ou des instrumens qui pussent les aider dans leur entreprise.
La voix d'un seul homme sauva le couvent. « Eh mon Dieu, » dit-il à ces assaillans , « laissez donc tranquilles ces pauvres filles qui ne pen- V sent à mail vous voulez l'archevêque? C'est à Conflaus, et non dans )) cette maison, qu'il faut l'aller chercher.» Et chacun de s'écrier, « à » Couflans! à Conflansl »
C'est depuis ce moment que l'inscription qui était au dessus de la porte d'entrée a disparu.
Au mois de février 183(3, on conduisit dans cette maison une dame dont l'enlèvement donna lieu à un procès fort scandaleux en première instance. Il résultait de la plainte de M. Swift, irlandais, publiée dans le Droit, journal judiciaire, que ]\DL Jollivet, avocat et député, e Descloz'au, substitut du procureur du roi, s'étaient rendus coupa blés de l'enlèvement forcé de la femme de cet étranger, et de détention arbitraire de cette jeune femme chez les Dam es -de-Saint-Michel, — La sœur économe de ce couvent m'a affirmé que madame Swift, née Kelly, avait déclaré à la supérieure s'être présentée volontairement dans ta maison. — Le procès n'a point levé les doutes. — Quel qu'en ait été le résultat, on peut tout d'abord marquer son éîonnement qu'un avocat député et un procureur du roi n'aient pas craint de charger leur conscience des délits qui leur étaient reprochés. Tous deux devraient savoir qu'une arrestation ne peut être faite qu'en vertu de mandat d'un jugc- Id'instruction.
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