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du palais de ïliiorri lU. Glonvcsindi*, fonimcdc VVintrion du< de Champagne, inslilua le monastèn; de Metz. Celui de Farinoulier, (hins la Normandie, rapporte son origine à l'illustre Farc, sœur de saint Faron, évêque de Meaux. Begge, petite-tîllc de saint Pépin, fonda celui d'Andeune; celui de Maubeuge fut créé par deux saintes sœurs, Aldégonde et Voltrude. Parmi les célèbres fondatrices de maisons religieuses, il ne faut pas oublier Brunéhaut , reine d'Austrasie , qui fit voir dans toutes les circonstances le plus grand zèle pour la propagation de la foi. Elle fit accompagner par des prêtres français les missionnaires que le pape envoyait prêcher la religion chrétienne en Ecosse, où la reine Borthe , fille de Cn ribert, roi de Paris, avait disposé les esprits à la recevoir. Brunéhaut procura à ces missionnaires toutes les facilités possibles pour passer à Oroverne , et les protégea de telle façon que , selon saint Grégoire, aprh Dieu V Angleterre lui est redevable de sa conversion au christianisme.
Cette reine, dont tant de saints ont exalté les vertus, est plus fameuse encore par les crimes que l'histoire lui attribue , et par ses démêlés avec la cruelle Frédégoude. Le grand rôle que jouèrent ces deux femmes, et qui éclipse les actions des plus fameiix personnages de leur temps, est ce qui peint mieux l'influence des femmes à cette époque, et à ce litre il exige que nous nous y arrêtions un instant. Également belles, rivales d'ambition, elles surent l'une et l'autre conduire les esprits et gouverner leurs états; elles conspirèrent mutuellement leur perte. La plus cruelle termina sa carrière au milieu des honneurs , du pouvoir et de la gloire , celle qui eut des vertus peut-être, mourut dans le supplice le plus cruel, le plus ignominieux. Chilpéric avait étranglé sa femme pour ouvrir la voie du trône et de son lit àFrédégonde dont il devait être lui-même la victime. Un jour, avant de partir pour la chasse , il monta à l'appartement de sa femme oùil n'était pas attendu. Frcdégonde, qui ne le voyait pas encore, crutque c'était son amant Landry; elle fit entendre des paroles qui dévoilèrent leur intrigue aux yeux du roi. Chilpéric se retira soudain ; mais effrayée des conséquences que pouvait avoir une telle imprudence, elle se hâta d'en informer Landry qui pour échapper à la vengeance du roi, le fit assassiner.
Frédégonde voulut se défaire de Brunéhaut par l'assassinat; celle-ci se tenait sur ses gardes; elle découvrit l'assassin elle renvoya avec mépris vers Frédégonde qui, outrée de fureur, lui fit couper les pieds et les mains. Peu de temps après, elle arma de poignards empoisonnés deux jeunes clercs qui devaient frapper le roi d'Austrasie. Enfin Contran lui-même, qui, après la mort de Chilpéric, fut son libérateur, le tuteur de ses eufans.
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laillil (li'vciiii .lussi s.*» NÏdimc, un iissassiii dcvail le iVappcr dans la clia- [H'Wv où il uliuil culcudre mullucs.
Tant de mécomptes dans l'exécution de ses affreux projets n'arrêtent pas celle femme barbare, elle résout pour la deuxième fois la mort du roi d'Auslrasie et de la reine sa mère. Trois grands personnages de la cour de sa rivale entrés dans le complot, sont découverts et punis. Clotaire est poignardé en sortant de la chambre du roi ; Ursiou meurt perce de coups en se défendant vaillamment; Berlhefrèdc, qui s'était réfugié dans une église , est écrasé au pied des autels sous des las de tuiles qu'on iait tomber sur sa tête. Les eufans mêmes de Frédégonde n'étaient pas à labri de ses fureurs. Sa fdle Rigunthe avait de fréquentes querelles avec elle, quelquefois même elles en >enaienl au point de se battre. Un jour Frédégonde feignit de a ouloir lui rendre ce qui lui revenait des trésors de son père; elle ouvrit un des coffres où ils élaienl contenus, Rigunthe s'étant penchée pour y regarder, la mère saisit cet instant pour faire tomber avec force le couvercle sur la tête de sa fdle qui eût péri dans cette espèce de trappe si l'on ne fût accouru à ses cris. Telles étaient les mœurs de cette horrible femme, qu'on soupçonna que son filsClotaire n'était pas né de Chilpéric; elle jura le contraire et (it jurer la même chose par trois évèques et par trois cents autres témoins, et elle fut crue.
Malgré tant de crimes, elle ne laissa pas de mériter une sorte de gloire par le courage et les talens qu'elle déploya dans plusieurs circonstances. S'il faut en croire l'auteur du livre intitulé : les gestes des rois de France^ ce fut à sa fermeté et à son audace qu'on dut le succès de la bataille de Droissy contre les Austrasicns. u Elle passa elle-même la revue de ses troupes, dit-il, courant de rang en rang, et portant son fils dans ses bras, elle se mita leur tête et les mena à l'ennemi. Or, ajoule-t-il, c'était la coulume, soit en paix, soit en guerre, de laisser les chevaux pailrc en librrlé après les avoir nmnis d'une ch>chetle. Frédégonde ordonna a chaque cavalier de suspendre une sonnette au cou de son cheval , et elle leur fit prendre à chacun une branche d'arbre garnie de ses feuilles. Dans tel équipage , ils .s'a\ ancèrenl à la faveur de la nuit vers le camp de Chililebert. Les Austrasiens avaient pris d'abord cette cavalerie pour des chevaux qui paissaient dans la plaine, le jour les jeta dans un grand étonnement en les leur montrant comme une forêt mouvante, et avant qu'ils eussent le temps de se raviser et de se former en bataille, ils furent attaqués et complètement défaits. »
Frédégonde mourut deux ans après; «on oubliait presque, dit Velly, qu'elle avait immolé à son ambition ou à sa vengeance, un grand roi, deux vertueuses reines, deux fils de roi et une infinité de gens de toutes condi
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lions, 011 S()ni>eant qu'elle avait fait remonlcr sur le IrOue un luari qui l'avait perdu par sa faute, et qu'elle avait conduit avec tout l'art de h; politique la plus consomuiëe une régence illustrée par deux Aictoires.»
Ikutiéhaut qui conduisait aussi avec beaucoup de gloire la régence du rojartinae d'Austrasie profita du liasard qui la délivrait d'une si dangereuse rivale pour faire la paix avec ses voisins et se mieux assurer dans ses états. Toutefois elle ne jouit pas long-temps du bonheur qu'elle s'était promis. Victime d'une conspiration ourdie par le fils de Frédégonde, elle vit massacrer ses enfans, ensuite on la promena pendant trois jours sur un clwtmeau, et après lui avoir fait souffrir toutes sortes de tourmens, on l'attacha à la queue d'un che\al sauvage qui , la traînant à travers les caâlloux et les ronces , l'eut bientôt mise en pièces. Les restes de son corps furent livrés aux flammes. Ainsi fut traitée cette reine que quelques historiens nous présentent commeun modèle de grâces, de \ ertus et de beauté, et à qui d'autres attribuent autant de crimes qu'on en reproche à Frédégonde. Quoiqu'il en soit, on ne peut douter que sous son administration l'Austrasie n'ait été florissante; car on a vu tant de châteaux, d'églises, de monastères, d'hôpitaux, de grands chemins construits par cette prictcesse, qu'on avait peine à croire qu'un seul règne eût suffi pour élever tous ces grands monumens.
Il ne paraît pas qi le l'avènement de la race carlovingienne au trône des Mérovingiens ait apporté aucun changement dans la condition des femmes. On peut voir dans les capilulaires de Charlemagne que la licence des mœurs était toujours extrême, qu'il fit tout ce qu'il put pour y remédier. Un capitulaire porte que lorsqu'un homme aura séduit sa belle-fille, ou sa belle-mère, ou sa belle-sœur, son mariage sera dissous, et lui - même ne pourra point se marier non plus que celle qu'il aura séduite; mais la femme dont il divorce pourra épouser un autre mari. Tandis qu'il sévissait ainsi contre le désordre de ses sujets, Charlemagne pouvait voir dans son propre palais les intrigues amoureuses de ses filles avec ceux de ses serviteurs qu'il aimait le plus. L'aînée eut pour amant saint Engilbert, évéque de Saint- Kiquier. L'historien Nitard fut le fruit de cet amour. Une circontance singulière a rendu célèbre la passion d'Emma qui, pour que son amant ( l'historien Enginard ) ne laissât pas de traces sur la neige récemment tombée, le porta le matin, sur sesépaules, hors du pavillon qu'elle habitait. Charlemagne aimait ses filles au point de ne pouvoir pas vivre loin d'elles, aussi ne voulut-il jamais permettre qu'elles se mariassent. Il usa toujours delà plus grande indulgence envers elles. Il n'en fut pas de même deCharles-le-Débonnaire. Le premier soin du nouvel empereurtut de réprimer les familiarités que qu«'lques courtisans a>oiin( eues avec ses
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sœurs. IMusicursdc cos amans imjnudcns lunMil exiles, il ordonna (ju'on (TevAl les yeux à d^mlres , et les princesses reçurent l'ordre de se relir<'r dans les différentes maisons que leur père leur avait léguées. Les cinq lilles de Pépin, roi d'Italie, furent enveloppées dans la même disgrâce.
Cependant l'influence du clergé devenait toujours plus forte depuis l'avènement de la race carlovingienne au pouvoir. Charlemagne avait beaucoup ccmlribué à la grandeur du saint-siége, en le protégeant contre les rois lombards , et plus encore , en le faisant intervenir dans les affaires de l'état pour légitimer en quelque sorte son usurpation sur les Mérovingiens, par la sanction divine que les papes dispensaient à leur gré. Néanmoins, ce grand homme sut toujours les maintenir dans de justes bornes ; leur puissance ne fit de rapides progrès que sous ses faibles successeurs.il est probable que les femmes y concoururent de tout leur pouvoir^ car elles y voyaient le triomphe de la doctrine chrétienne qui les appelait à l'égalité parmi les hommes. Nul doute que la civilisation n'eût fait de rapides progrès, si les papes et les conciles n'eussent tourné au profit de leur ambition des armes que la religion ne pouvait leur avoir confiées que pour l'amélioration des mœurs.
Nous avons vu(jue le concile de Tolède avait défendu expressément de prendre plus d'une femme ou concubine. Dès que cette décision fut généralement observée, les hommes eurent recours au divorce lorsqu'ils voulurent changer de femme. Les motifs du divorce se déduisaient ou de la parenté des deux époux , ou de la mauvaise conduite de la femme. Or, d'une part, il n'était jamais bien difficile aux personnages puissans de trouver des prétextes d'accusation , ou même de faux témoins contre leurs épouses; d'autre part, ils pouvaient, à prix d'argent, faire fabriquer des généalogies dans lesquelles on démontrait qu'ils en étaient parens. A leur tour, les papes ou les évêques, lorsqu'ils avaient intérêt à défaire un mariage, le déclaraient dissous, et menaçaient d'excommunication les époux s'ils ne se séparaient pas.
La femme qui était accusée d'adultère ou d'inceste était ordinairement soumise à une épreuve que l'on appelait jugement de Dieu, et qui consistait soit à prendre avec les mains une barre de fer rougie au feu , soit à marcher sur des barres de fer ardentes, soit à prendre avec la main un anneau bénit au fond d'un vase rempli d'eau bouillante. Theulbergc , femme du roi de Lorraine, accusée d'inceste avec son frère, se purgea par l'eau bouillante. Plus tard, elle avoua qu'elle était coupable. Une assemblée d'évêques, qui eut lieu à ce sujet , séduite par Gonthier, archevêque de Cologne , qui voulait donner à sa nièce la place de Theutberge, déclara que dans le cas d'une infidélité de la part de la femme . le mari
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pouvait contracter une autre alliance. L'archevêque envoya sa nièce auprès du roi, ([ui la déshonora, la renvoya ensuite à son oncle, et èjiousa Valdrade.
Nicolas V' , à qui la hardiesse de ses entreprises a l'ail donner le surnom de Grand , occupait le saint-siége ; il entreprit de forcer le roi à reprendre Theutbergo sa première femme. Son envoyé Arsène osa déclarer au roi que s'il ne la rappelait auprès de lui, il le retrancherait de la communion des fidèles. Le roi, effrayé de ces menaces, se soumit à la volonté du prélat : peu de temps après . il éloigna de nouveau Theutberge et rappela Valdrade. Alors l'inflexible pontife ne ménagea plus rien, les deux amans furent excommuniés, mais il mourut sur ces entrefaites. Nicolas fut le premier, dit Pasquier, qui entreprit à huyts ouverts sur' nos anciens privilèges.
A dater de cette époque, la hardiesse des papes alla toujours croissant. Grégoire V, créature et parent de l'empereur Othon IIÏ , osa excommunier le roi Robert , sous prétexte qu'il avait épousé Berthe, sa cousine au quatrième degré. Robert, outré d'un procédé jusque là sans exemple, refusa de se soumettre h un jugement qu'il regardait comme un attentat contre l'autorité royale. Grégoire, oubliant toute retenue, mit le royaume en interdit, c'est-à-dire qu'il défendit à toute église de France de célébrer l'office divin, d'administrer les sacremens aux adultes, enfin d'enterrer les morts en terre sainte. Le peuple était tellement habitué à déférer aux volontés des papes, qu'il ne resta, dit-on, auprès du malheureux roi que deux serviteurs qui faisaient passer par le feu ce qui avait été servi sur sa table , ayant horreur de tout ce qu'avait touché un excomnmnié. Robert fut obligé de céder.
Ayant répudié Berthe , il songea à contracter une nouvelle alliance , et choisit Constance , fille du comte de Provence , femme d'une grande beauté, mais capricieuse, altière et impérieuse. Elle attira à sa suite une foule de danseurs, de farceurs et de jeunes seigneurs livrés au libertinage, qui introduisirent le luxe et la débauche à la cour. On peut dater de l'époque de l'arrivée de cette princesse le goût de notre nation pour la poésie en langue vulgaire, goût que les troubadours accréditèrent depuis, et dont nous aurons à parler bientôt. Celaient là des plaisirs qui ne pouvaient convenir à Robert j doux et modeste, il fuyait l'éclat en toutes choses, et portait la bonté d'âme jusqu'à se laisser voler sans se plaindre. Constance ne se lassait pas de le tourmenter. Coquette et galante, elle entretenait publiquement des intrigues amoureuses avec les principaux seigneurs; ambitieuse et cruelle, elle fit assassiner sous les yeux de son maître un ministre honnête homme et zélé.