‹ Paris pittoresqueChapitre 68 sur 104 · SOURDS KT MUETS · texte numérisé non relu

SOURDS KT MUETS

auditif. On a observé qu'une famille, dans laquelle on comptait plusieurs sourds et muets par chaque génération, ayant abandonné la maison héréditaire, l'inBrmité cessa de la poursuivre, tandis qu'au contraire elle se mit à frapper sur les enfans des nouveaux habitans, dans la famille desquels elle avait été inconnue jusque là.

On comprendra facilement que les pauvres, ces victimes dévouées à tous les fléaux, fournissent comme d'ordinaire le plus fort contingent à cette déplorable conscription. Leurs enfans, privés de tant de soins nécessaires, ne peuvent être entourés de parens éloignés par la nécessité du travail quotidien , restent isolés dans leur berceau , exposés à de tristes accidens, et quand ces accidens n'amènent pas un mal bien externe, bien visible, la tendresse des pauvres , émoussée par la fatigue et le besoin , ne sait ni deviner un mal caché, ni demander et payer surtout un secours opportun. Car c'est. une erreur de penser que les enfans naissent sourds et muets ; la maladie les frappe souvent au milieu de la faiblesse du premier âge.

Nous ne croyons pas ces observations inutiles au juste intérêt qu'inspire déjà l'établissement dont nous nous occupons , et cet intérêt croîtra sans doute lorsqu'on saura qu'il est appelé à réparer un mal qui afflige surtout la population pauvre.

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