INTRODUCTION. XIX
niotjarchie absolue. Mais à peine l'émineuce rouge a-l-eile rendu le dernier soupir, que les seigneurs épargnés par Richelieu, qui les a vainement cnerchésdans l'ombre, se lèvent et s'attaquent à la régence. Mazarin, héritier de la pensée politique de Richelieu , et qui , avec plus de linesse et de ressources dans l'esprit , aurait eu son énergie s'il s'était senti appuyé par un pouvoir moins chancelant que celui d'Anne d'Autriche , Mazarin force le parlement à enregistrer des édits bursaux que le gouffre financier ouvert par Richelieu réclamait peut-être. Le parlement, avide d'usurper l'influence politique des états-généraux , déclare qu'il ne vériiiera plus aucun cdit contre le peuple. En même temps le parlement et le peuple se divisent en Frondeurs et en Mazarins. Les Frondeurs parlementaires connnencent à coups d'arrêts les hostilités contre la cour. Mazarin en fait saisir les principaux membres, et excite la colère du peuple qui court aux armes et barricade les rues. Bientôt, l'insurrection s'étend, et une action va s'engager, quand l'abbé de Gondi, si célèbre sous le nom de cardinal Relz^ se présente comme conciliateur entre là régente et la fronde. Ses avances sont repoussées et le peuple lui répond qu'il ne déposera les armes que lorsque les conseillers emprisonnés seront relâchés. Le prélat se rentl alors au Palais-Royal, où il représente à la régente tout le danger qu'elle court en s'opposant à la volonté populaire. Anne d'Autriche hy répond que c'est se rendre coupable de révolte que de croire qiîon puisse se révolter contre le roi. Le coadjuteur, froissé par cette dédaigneuse réponse, se retire, et déjà prend secrètement parti contre la cour. Cependant, de nouveaux et de menaçans avis arrivent de toutes parts à la régente, qui autorise le maréchal de la Meilleraie à déclarer aux insurgés que le conseiller Broussel sera mis en liberté dès qu'ils auront déposé les armes. Le maréchal s'avance vers le peuple à la tête d'un régiment de Suisses et de gardes françaises. Son épée nue trompe la foule sur ses intentions. Les cris : aux armes ! retentissent avec une violence nouvelle ; le maréchal augmente le désordre, en tuant d'un coup de pistolet un homme qui le menaçait de son sabre. Le sieur de Fontrailles est blessé au bras d'un coup de feu, ^et le coadjuteur, en confessant l'homme que le maréchal venait d'assassiner, reçoit un coup de pierre qui le renverse. Le peuple excité par la vue du sang, s'arrête devant les Suisses et se dispose à les attaquer, quand de la Meilleraie, qui s'aperçoit de ses intentions, bat en retraite et se replie sur le Palais-Royal. La régente, persuadée qu'elle a intimidé les insurgés, se prépare à sévir contre le parlement. Le chancelier Séguier est envoyé le lendemain matin pour lui interdire la discussion des affaires publiques et les Suisses ont ordre de seconder cette démarche, en s'emparant de la Tour de Nesle. Le peuple court de nouveau aux armes, assaillit les Suisses, et les dist^ersc. Le chancelier poursuivi avec
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fureur, se réfugie à giantrp^^in^ «lans l'hôtel de l^iiynes. Assiégé dans son asile, il allait tduiher victime de son /ele pour la cour, si le maréchal de Meilleraje ne fut venu le délivrer. Le parlement voulant arrêter ces excès, se rend en corps à la cour et veut se justifier devant la régente, qui le congédie sans l'avoir écouté. Les conseillers, honteux de celte inutile démarche, revenaient tristement au palais de justice, lorsqu'ils sont arrêtés par une troupe d'insurgés qui leur demande s'ils ramènent Broussel. Sur leur réponse négative, on les conduit île force au Palais-Royal, où appuyés des cris de la foule qui se presse dans les rues, ils osent demander à la régente la liberté du conseiller chéri du peuple. Anne d'Autriche l'accorde et Broussel, Va7ni de la patrie, est porté en triomphe dans sou
logis.
Ainsi se termine la célèbre journée de 1648, connue sous le nom (\ejoiirnr.e des barricades et qui rappelle le souvenir de celle de 1588.
Cette victoire du parlement attire à son parti tous les membres de la haute noblesse qui ont quelqu'avantage à gagner au milieu des troubles. Lou"-ueville , le prince de Gonti, le duc de Beaufort, le duc d'Elbœuf, le niaréchal Lamethe-Houdancourt, le duc de Bouillon, se joignent aux Frondeurs et font d'une cause toute populaire une affaire de féodalité.
La reine, qui s'est enfuie secrètement à Saint-Germain-en-Laye, avec Mazarin et la cour, se résout au blocus de Pains. Le parlement lui dé- |)ute ses principaux membres chargés de protestations de fidélité; la reine refuse de les entendre, et leur annonce pour le lendemain l'ouverture du sié"-e de Paris. Le parlement rend alors un arrêt qui enjoint à Mazarin, cause unique des troubles qui affligent le royaume, de le quitter sous huit jours. Le même arrêt ordonne au peuple de Paris de veiller à sa défense.
L'armée royale, commandé par Gondé, s'avance sur Paris. Les Frondeurs arment environ douze mille hommes, auxquels le coadjuleur joiiit un régiment de cavalerie, formé à ses frais.
On ose à peine donner le nom de guerre civile aux premières hostilités de la Fronde ; les continuelles trahisons des seigneurs qui abandonnent tour à tour les deux partis, selon les avantages qui leur sont offerts, ouvrent les yeux au peuple qui comprend que son sang versé ne profitera qu'à ses éternelsoppresseurs. Dès ce moment, la Fronde cessant de s'appuyer sur les passions des masses, se transforme en vaines parades militaires et devient un objet de pitié et souvent de ridicule. On s'attaque avec des épigrammes et des chansons. Le duc de Beaufort fait les délices de la populace , par ses bouffonneries, et prendle tilrede roi des Halles. Le cardinal de Retz,évê. que de Gorinthem/^am^a^, essuie un échec, et entend dire autour de lui que ce revers t^sllixpremiéreépitre aux Corinthiens. On plaisante sur le poignard qu'il porte à sa ceinture, en l'appelant le bréviaire de V archevêque. Les Pa-