Tome i
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publique n'aurait pu mieux lairc; les ateliers du second étage, les dortoirs flu troisième ne laissent non plus rien h désirer : MM. de l'intérieur ont été pour cela dans les limites de leur compétence. Mais espérons que, le détail matériel étant complété . on songera qu'il s'agit moins ici d'un hospice que d'un (ollégi^
La salle des séances publiques, la bibliothèque, ou du moins la salle destinée à recevoir des livres , et le logement du directeur occupent l'aile droite.
L'aile gauche est destinée aux jeunes filles. C'est la même distribution que pour les garçons. Classes, ouvroirs,etc.
Une chapelle, avec une tribune séparée pour les jeunes tilles, possède un tableau de M. Garnier, Jésus donnant V ouïe et la parole à un sourd et muet, dont nous n'avons pu apprécier le mérite véritable, à cause de sa position sous un jour vif, tombant d'en haut . qui lui donne le relief d'une toile de diorama.
De vastes jardins vont border à l'ouest l'extrémité de la rue d'Enfer.
Nous avons cru de notre devoir de rendre ici justiee à l'un de nos architectes les plus recommandables , en rappelant ce qu'il a fait pour l'institution qui nous occupe. Nous dirons donc que les projetsdctoutes les constructions qui ont eu lieu sont de M. Peyre, qui a dirigé l'élévation des deux ailes contenant la chapelle et la salle de distribution. La partie du milieu a été également construite sur ses plans ; mais le ministre de l'intérieur ayant fait une ùouvelle distribution des travaux d'architecture de Paris, l'exécution de cette dernière partie des projets a été confiée à M. Philippon. qui avait sruivi les premières constructions, comme inspecteur, sous les ordres de M. Peyre.
L'institution peut contenir environ trois cents élèves; mais elle n'en cou'ple maintenant que cent quatre-vingts, dont cent dix garçons et soixante di\ filles , dans celte proportion :
A bourse enlière 80
A trois quarts de bourse. ... 10
A demi-bourse 10
Payant pension -SO
Total. . . 180
Le prix des bourses est de 500 fr. , plus une somme de 320 fr. pour ie trousseau. Le prix de la pension est de 900 fr. La durée des éludes est de six années.
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Outre la lecture , l'écriture, le calcul et les counaissances plus élevées auxquelles on initie ceux dont l'intelligence se prête à un développement supérieur, chaque élève apprend un des cinq métiers suivans : cordonnier, tailleur, menuisier, tourneur et relieur. La profession que ces enfans choisissent de préférence est celle de tourneur. Plusieurs d'entre eux y apportent une telle aptitude, qu'à l'exposition dernière des produits de l'industrie, leurs ouvrages ont obtenu une médaille. C'est le premier exemple d'une récompense publique décernée à ce genre de travail. Ceux auxquels ce succès doit surtout être attribué, sont les élèves Gandraou , Dubois et Chambellan . Un orphelin, nommé Benjamin, relieur, nous a aussi été signalé par le directeur de l'établissement.
Aux cinq ateliers déjà existans il est question d'enjoindre un sixième où l'on formerait des graveurs. La gravure est un travail d'application auquel des sourds et muets semblent devoir élre très propres; et pour en revenir à ce que nous disions à propos de la salle de dessin, la gravure pourrait devenir sous l'inspiration des professeurs une imprimerie spécial»; à l'usage des institutions du même genre ailleurs qu'à Paris. Les ouvrages figurés manquentsurtout à l'éducation élémentaire des sourdsetmuets. Un atelier de graveurs pourrait facilement créer des ouvrages analogues, par exemple, à un syllabaire que nous avons sous lesyeux, et qui, conçu par un homme étranger à l'établissement, M. Garson aine, n'en a pas moins fixé l'attention des personnes compétentes, en leur donnant le désir de voir un jour cet ouvrage plus largement et plus soigneusement exécuté.
Le directeur actuel de l'établissement est M. le docteur Ordinaire, appelé à ce poste de confiance en 1831. C'est une noble retraite accordée à un homme dont la longue carrière a été entièrement consacrée à l'éducation publique et qui a été successivement récompensé par de hauts grades universitaires.
Les professeurs sont au nombre de cinq pour les garçons, dont deux sourds et muets. Il y a un égal nombre de professeurs aspirans. Trois dames dirigent l'éducation des jeunes filles. Outre les deux professeurs sourds et muets, M>I. Berthier et Lenoir, deux jeunes gens , l'un aspirant, M. Fourtier, l'autre, élève de cinquième année, M. Alibert, pro mettent de dignes successeurs aux célèbres Massieu et Clerc, élèves chéris de l'abbé Sicard.
La surveillance supérieure est exercée par un conseil de sept membres délégués par le ministre. Il existe de plus un conseil de perfectionnement.
Sentant la nécessité d'offrir un asile sur aux jeunes filles orphelines ou pauvres qui ont terminé leur temps d'études, des dames se sont réunies pour fonder un toniilé déplacement et une maison de refuge. On ne saurait
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trop loiior la biontaisaule et morale pensée de ces dames. L une délies, madame deMonlcalm, a fait un lejjs de 10,000 fr. à cette maison.
L'institution des Sourds et Muels a eu quelques bienfaiteurs, dont nous nous plaisons à conserver les noms.
En 1831, madame Vignette a légué une propriété affermée 8,000 fr. pour l'entretien de huit enfans.
M. Mauclerc a donné une rente de 400 fr.
M. de Doudeauville offre chaque année une récompense de 100 fr. à l'élève qui s'est le plus distingué.
Les sommes fournies par le gouvernehient , eu égard surtout aux frais récens de construction, semblent à peu prés suffisantes à la prospérité de l'établissement de Paris ; mais Paris n'est pas la France entière ; et il est affligeant de penser que, dans toute la France, on ne trouve que vingt-sept institutions, dans lesquelles on reçoit à peine le quart des enfans sourds et muets.
Nous sommes en ce cas, et du reste en tout ce qui regarde l'instruction publique, bien en retard de nos voisins les Allemands. En Allemagne , il n'est pas un sourd et muet dont l'éducation ne soit assurée; et si eu cela, comme presqu'en tout, la France peut réclamer la gloire d'avoir donné rimpulsion . elle devrait gémir do voir que ce ne sont pas ses enfans qui jouissent le plus du fruit de sa découverte.