LES ANIMAUX A PARI
mens en bois, larges par le haut et étroits par le bas, et qu'on faisait hurler en les piquant fortement, des compagnons officieux , chargés aussi 4e chaînes , la tête armée de cornes , te corpft couvert de poil, formaient la cour infernale, et jouaient chacun leur rôle au milieu d'un tourbillon de flamme et de fumée produites par de la poix-résine enflammée pour représenter le feu de l'enfer.
Comme les Romains, les anciens peuples de la Germanie avaient l'habitude de consulter le vol des oiseaux pour connaître l'avenir. Celte attestation se trouve souvent confirmée par les chants de lenrs bardes. Les Gaulois et les Francs n'étaient pas exempts de ce préjugé et croyaient à ces prédictions. Le taureau zodiacal dont nous avons parlé plus haut, était surmonté de trois grues, symbole des oiseaux de bon augure. Cuite découverte seule suffirait pour établir la certitude de ce que nous avançons ici (1),
Sur la porte des églises on voyait autrefois un grand nombre de fers à cheval. La porte de l'église Saint-Séverin en était couverte. D'un autre côté, les chevaux des voyageurs portaient presque tous l'empreinte d'une clé. Voici comment on peut expliquer ce fait : Saint Martin était le patron des voyageurs. Jamais un chevalier n'allait courir les aventures, jamais un homme n'entreprenait un voyage un peu important ou un peu long avant d'avoir préalablement invoqué son assistance. Pour témoignage de cette invocation, le voyageur attachait un fer à cheval à la porte de l'église; et pour que le saint protégeât le voyageur et le cheval, un prêtre faisait rougir au feu la clé de la chapelle et en marquait l'animal à l'épaule Ce pacte formé, le voyageur partait gaîment, ne doutant nullement du succès de son voyage. Il devait cependant arriver quelquefois que le saint manquait à la parole qu'on avait donnée pour lui et en son nom.
Nous avons vu que les Gaulois et les Francs partageaient, à l'égard du vol des oiseaux , la manière de voir des Romains : comme eux aussi, ils immolaient des animaux à leurs divinités (2). Chaque fois que les anciens Gaulois prenaient une pièce à la chasse, ils mettaient en réserve, comme par reconnaissance, une petite somme, savoir : deux oboles pour un lièvre,
(1) Dulaure, Histoire de Paris , loiiie i", page 651.
(2) Les Gaulois leur immolaient môme des hommes. Tout le monde connaît aujourd'hui ces horribles sacrifices . pour lesquels des milliers de \ictimes étaient entassées dans une machine à forme humaine, enduite de soufre et de bitume, et remplie de matières combustibles. Le jour du sacrifice, les prêtres gaulois mettaient le feu à la machine et offraient à leurs dieux cet exécrable encens
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quatre drachmes pour une biche, et ainsi d(! suite, suivant la valeur de la capture. Le jour delà naissance de Diane, ils achetaient une victime, brebis, chèvre ou veau , suivant que la somme mise en réserve était forte, et ils l'immolaient à la déesse. Mais ce qu'il y avait surtout de plaisani dans cet usage, c'est qu'ils terminaient presque toujours ce sacrifice par un festin auquel assistaient leurs chiens, la tête couronnée de fleurs.
Depuis l'établissement du christianisme dans l'ancien pays dos Gaules, ces sacrifices d'animaux restèrent en usage. Nous lisons dans un ouvrage d'un prêtre, nommé Beda, que saint Grégoire, évêquede Rome, permettait aux Français d'immoler un bœuf le jour de la dédicace ou de la naissance des saints dont les reliques reposaient dans les temples convertis en églises (1) , d'en décorer les tabernacles après les avoir couverts de branches d'arbres, et d'y célébrer avec pompe un festin sacré; ajoutant : qu'on ne devait plus immoler des animaux au diable, mais qu'on devait les tuer pour les manger en l'honneur de Dieu (2).
Au feu de Saint- Jean , on brûlait toutes les années deux douzaines de chats. Au feu qui fut allumé sur la place de Grève en l'année 1573 , on brûla de plus un renard ; et cela , dit le compte auquel nous empruntons ces d^ails, pour divertir le roi, qui devait honorer la cérémonie de sa présence.
Outre ces croyances superstitieuses, les animaux ont été à Paris l'objet de plusieurs cérémonies bizarres , qui , sans être précisément de la superstition, n'en étaient pas moins absurdes ni moins ridicules.
Voici comment un historien (3) décrit un usage connu sous le nom de vœu ou festin du paon ou faisan :
« La chair du paon était un mets très estimé chez nos aïeux : le roi, les princes, les grands seigneurs donnaient très peu de festins d'apparat oii le paon ne parût un plat très distingué. On le servait rôti, et on le parait de ses plumes qu'on avait enlevées proprement avec la peau ; quelquefois, au lieu de lui rendre sa robe naturelle, on poussait la magnificence jusqu'à le couvrir de feuilles d'or.
» Cen'étaient point les écuyers-servansqui avaient l'honneur de porter le
(1) Dans Je principe, les chrétiens brûlaient les temples qui avaient été consacrés aux dieux du paganisme. Mais bientôt, lorsqu'ils sentirent la nécessité d'en ériger eux-mêmes pour y faire les cérémonies de leur culte, ils convertirent ces teuiples en églises.
(2) Ecclesiasticw htstoriœ gentis Anglorum , venerabilis Bedœ prcsbytevi, pyge 42 5' édit., 1566.
(3) Hisfoire de la rie privée des Français, page 183,
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paon sur la table. Cette cérémonie glorieuse regardait les dames. Elle était déférée à celle d'entre elles que distinguaient le plus son rang, sa naissance ou sa beauté. Suivie d'un certain nombre d'autres femmes, accompagnée d*instrumens de musique , cette reine de la fête entrait ainsi en pompe dans la salle du festin , portant en main le plat d'or ou d'argent dans lequel était l'oiseau. Là, au bruit des fanfares , elle le posait devant le maître du logis, si ce maître était d'un rang à exiger un pareil hommage , ou devant celui des convives qui était le plus renommé par sa courtoisie et sa valeur. Quand le banquet se donnait après un tournois, et que le chevalier qui avait remporté le prix du combat se trouvait à table, c'était à lui de droit qu'on déférait l'honneur du paon. Son talent consistait alors à dépecer l'animal avec assez d'adresse pour que toute l'assemblée put y goûter.
» Souvent l'enthousiasme qu'excitait tant de gloire , dans le chevalier tranchant, excitait tout à coup son courage; il se levait, et, la main étendue sur l'oiseau, faisait à haute voix un vœu d'audace ou d'amour, capable d'augmenter encore l'estime qu'avaient inspirée pour lui ses hauts faits. Par exemple, il jurait de porter, à la prochaine bataille, le premier coup de lance à l'ennemi; de planter, en l'honneur de sa mie . le premier étendart sur les murs d'une ville assiégée , enfin quelque promesse pareille et qu'il est aisé d'imaginer. Quant à la formule du serment , elle était conçue en ces termes : Je jure à Dieu, à la vierge Marie, aux dames et au paon, de
» Le vœu du premier preux étant achevé, on présentait successivement le plat aux autres convives, qui, tous, chacun à leur tour, faisaient un serment à peu près du même genre. Souvent les têtes s'échauffaient, chacun voulait surpasser celui qui l'avait précédé, et il résultait de ce moment d'effervescence les promesses les plus téméraires et les plus extravagantes.
>) Une partie de tout ce que nous venons de dire de la cérémonie du paon peut s'appliquer au faisan. Cet oiseaujouissait des mêmes honneurs; on le servait sur la table avec la même pompe ; enfin on faisait des vœux sur l'un comme sur l'autre. Ce fut sur un faisan qu'en 1453 le duc de Bourgogne jura d'aller en croisade.»
Les honteuses orgies des saturnales de l'antiquité se reproduisent dans quelques-unes des fêtes des anciens Français, et la religion chrétienne s'v trouve souvent mêlée. Il y avait la fête des fous, la fête des diacres saouls. Il y eut aussi la fête de Vâne qui était bien une des cérémonies les plu.* grotesques qui eussent lieu dans ces temps de barbarie. Nous en feron? connaître les détails dans l'article fêtes et réjouissances que nous avons déjà annonce.
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L'âne, du reste, n'était pas sujet autrefois au mépris et aux outrages qui l'accablent aujourd'hui. A la naissance du christianisme, il était en grande vénération chez les peuples de l'Orient, et nos bons aïeux lui pavaient le tribut de reconnaissance qui lui est bien dû pour ses grands et nombreux services. 11 jouissait de toute la considération que le cheval a accaparée depuis à ses dépens. L'âne était la monture ordinaire des abbés de monastères, qui voulaient imiter par là Jésus-Christ qui s'en était servi un jour de triomphe. Aux beaux jours de la féodalité, les grands seigneurs nourrissaient une grande quantité de ces animaux dans leurs écuries, et l'on voit figurer sur la liste des officiers de leur maison un officier asinaire, spécialement chargé de l'administration de ces écuries seigneuriales. La procession des Béjaunes se rattache encore un peu à la considération dont les ânes paraissent avoir joui autrefois. On nommait Béjaunes les nouveau-venus à l'université de Paris : c'étaient comme les novices dans les monastères. Avant l'ouverture des cours de l'Université , le chapelain abbé, après avoir réuni tous les nouveau- venus , les faisait mettre en rang , marchait à leur tète monté sur un âne, et les promenait ensuite en procession par toutes les rues de la ville.
La chasse du cvgne était encore une fête curieuse ; mais tout le monde ne pouvait pas prendre part à cette chasse, qui était le privilège exclusif de certains corps de l'état. Elle avait lieu vers la même époque que la fête de l'âne, et on s'y livrait encore au dix-septième siècle. Il paraît que dans ces temps-là les cygnes étaient très communs eu France. Ils séjournaient même dans le pays ; les grandes rivières, et surtout la Loire et la Seine, en étaient couvertes ; on en trouvait encore dans les marais, dans les étangs et dans les fossés profonds. Chacun des différens corps de l'çtat adoptait une certaine quantité de ces oiseaux et leur imprimait sa marque. Cette cérémonie devenait une fête et une des fêtes les plus brillantes de ce temps. Elle avait lieu au mois de juillet, temps où les petits cygnes ne sont pas encore assez forts pour voler. Toute la ville se rendait en bateau à l'endroit où ils séjournaient ordinairement. Les ecclésiastiques ouvraient la marche; après eux venait la noblesse, puis successivement et par ordre tous les autres corps de l'état. Les petits cygnes suivaient leurs père et mère; et comme ceux-ci avaient leur marque, il était facile à chaque corps de reconnaître ceux qui lui appartenaient afin de les marquer comme les autres. Mais il était extrêmement difficile de les prendre, et c'était en cela que consistait l'adresse du chasseur. Du reste , il était expressément défendu d'en tuer un seul , et si ce malheur arrivait à quel- (ju'uu , il devait payer à la ville autant de blé qu'il en fallait pour cacher cnlitTemcul Toiseau suspendu par le bec. Cette chasse durait ordinairement
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quinze jours, poudant lesquels ce n'était sur la rivière que jeux, festins, musique et illuminations.
Los Français^ de tout temps, ont fait servir certains animaux à leurs plaisirs, et à cet égard encore ils avaient hérité de quelques-uns des usages pratiqués chez les anciens Romains. Lescombats d'animaux, par exemple, auxquels ce peuple assistait avec tant de volupté, ont été long-temps en vigueur chez nous. Il est incertain si, à Paris . comme dans presque tous les autres chefs-lieux des provinces gauloises, il y a eu des arènes telles qu'elles existaient à Rome ; car nous lisons dans saint Grégoire de Tours qu'en l'an 577 le roi Chilpéric ordonna qu'il serait bâti des cirques à Paris et à Soissoïis (l). Cet ordre suppose que Paris et Soissons étaient dépourvus debâtimèns de cette espèce. On ignore encore si cet ordre de Chilpéric fut exécuté : cependant, un titre daté de Tan 1284 donne le nom de clos des arènes à un emplacement situé sur le revers oriental de la montagne Sainte-Geneviève , entre la maison dite autrefois de la doctrine chrétienne, et la rue Saint- Victor. Sur cette donnée il n'est pas pourtant possible d'établir une certitude ; mais ce qui est hors de doute, c'est que les combats d'animaux ont existé à Paris autrefois. Sous Pépin-le-Bref, par exemple, ils étaient mis au premier rang des réjouissances, Philippe de Valois avait acheté près du Louvre, dans là rue Froidraantcl , une grange pour y loger ses ours, ses lions et ses taureaux, destinés à ces sortes de jeux. L'usage de ces combats terribles subsistait encore sous Henri IF I, en 1 583; mais un jour, dit un historien (2), ce monarque « après avoir fait sespasques et dévotions au couvent des Bons Hommes, s'en revint au Louvre, et y fit tuer à coups d'arquebuse lions , ours et taureaux qu'il avait coutume d'y nourrir pour combattre contre des dogues, et ce, à l'occasion d'un songe par lequel il lui avait semblé que lions, ours et dogues le dévoraient.» Mais bientôt ces sortes de combats furent rétablis. Le 19 avril 1781, hors la barrière Saint Martin, s'ouvrit au public une nouvelle arène dans laquelle on faisait combattre un taureau contre dos dogues. Ce spectacle, vraiment digne des bouchers, existe encore. La police affecta de le défendre d'abord, puis ensuite elle le toléra. A l'origine, bn y voyait des dames d'un certain rang , à l'exemple dos dames romaines, prendre plaisir à voir couler le sang, et contempler avec volupté un taureau misa mort par des chiens en fureur. Nous avons eu aussi les combats d'animaux contre des hommes , non plus, comme dans l'antiquité, pour servir aux
(1) SnessontiSj atijHe Parisns circos adi/icarijtissit...
^Samtus (jiegoiiii.- hiroiiciisi».) (2; l.'K|n"i!c, Histoire de Parii.
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féroces plaisirs du public, mais comme des mo}ens de certitude employés par la justice, connus sous le nom d'épreuves.
Pourtant , par caractère comme par goût , les Français d'autrefois comme les Français d'aujourd'hui ont toujours mieux aimé les jeux plaisans que les jeux tragiques. Les terribles émotions du cirque n'étaient pas leur fail, et d'ailleurs il n'y avait guère que les personnes de la cour qui eussent le privilège d'assister à ces fêtes royales; ils préféraient les parades bouffonnes, et ils se créèrent des spectacles mieux assortis à leurs goûts.
Le dernier dimanche d'août 1425, dans l'hôtel d'Armagnac, rue Saint- Honoré, on enferma dans un champ clos quatre aveugles couverts chacun d'une armure et munis de gros bâtons. Un fort cochon enfermé avec eux devait être le prix de celui qui parviendrait à tuer l'animal à coups de bâton. Les pauvres aveugles, attirés par le grognement du cochon, se dirigeaient tous à la fois du côté où ils avaient entendu du bruit, ils frappaient au hasard et à tour de bras, et tout en cherchant à assommer l'animal ils s'assommaient eux-mêmes. Ce spectacle, quoique fort dangereux, ne laissait pas que d'être extrêmement bouffon , et à chaque coup qui tombait sur le dos des pauvres aveugles , le bon peuple de Paris s'a- 1)andonnait aux plus bruyans éclats de joie ; bientôt enfin las de servir de risée , les aveugles quittèrent la lice. Les Anglais qui dominaient alors Paris y avaient apporté ce jeu qui n'y fit pas fortune.
Le combat de coqs faisait, à ce qu'il parait, les délices du peuple anglais au dix-huitième siècle 5 encore aujourd'hui, en Angleterre, on dresse ces animaux à ce genre d'exercice avec un soin tout particulier. En 1772, l'administration du Colisée, pour varier les jeux qu'elle offrait au public, imagina de faire venir d'Angleterre des coqs dressés pour les faire combattre ; mais l'essai ne réussit pas.
Cette avidité qu'a toujours témoignée le peuple de Paris pour les specta- ( les où les animaux jouent un rôle est encore exploitée aujourd'hui. Sur les boulevarts , sur les places publiques tout le long de l'année; aux Champs- Elysées les jours de fêtes publiques , de nombreux charlatans cherchent à profiter de sa curiosité. On lui a fait voir les puces travailleuses, les chiens savans, l'éléphant devin et tant d'autres encore. Martin a joué devant lui avec des lions, des tigres, des hyènes, presque aussi familièrement qu'avec un lévrier, un chat ou un écureuil. Nous lisons dans un ouvrage de M. Gouriet, ayant pour titre : Personnages célèbres dans les rues de Paris , qu'une signora Francisca donna aux Parisiens, on ne nous dit pas à quelle époque, le singulier spectacle de serpens dansant sur la corde.
Autrefois aussi . à ce qu'il paraît, on était dans l'usage d'exposer dans
LKS ANIMAUX A l'AKlS. S'il
k\s rues de Paris ces singes dansans. Un tarif des droits do péage et d'entrée qu'on percevait sous Louis IX au passage du petit Chàlelet porle qu'un marchand qui entrera un singe pour le vendre paiera 4 deniers; que si le singe appartient à un jongleur, cet homme en le faisant jouer et danser devant un péager sera quille du péage tant pour le singe que pour tout ce qu'il aura apporté pour son usage. Les jongleurs étaient aussi quittes du péage en chantant un couplet devant le péager. De là vient le proverbe : Payer en monnaie de singe.
Certains animaux ont joui de tout temps à Paris d'une prédilection toute particulière , les chiens . les chais , les oiseaux ; mais plus particulièrement à certaines époques. Vers le onzième siècle, les gentilshommes français tenaient à grand honneur d'avoir des chiens et dos oiseaux dressés à la chasse. C'était une imitation des anciennes mœurs gauloises. Gaston, comte de Foix, faisait venir à grands frais des chiens de toutes les contrées de la terre. Il en possédait, à lui seul, quinze ou seize cents. Ce luxe insensé n'était regardé que comme une magnificence. Après la premières croisades les grands seigneurs amenaient avec eux en Asie des chiens et des oiseaux dressés, et l'autorilé locale le défendit. Du reste, jusqu'à Louis IX , la noblesse eut seule le droit de posséder des animaux dressés. De là vient que sur les monumens et les tombeaux anciens, lés nobles qui étaient morts naturellement sont représentés avec un lévrier sous le pied, ou a>ec un épervier sur le poing; tandis qu'on représentait ceux qui étaient morls dans les combats avec l'écu, la cotte de mailles, les cuissards, hs brassards et enfin avec une armure complète. Les gentilshommes attachaient une si haute idée à leurs animaux, qu'ils juraient au trefois parleur chien ou leur oiseau, comme ils juraient par Saint-George ou par Saint-Martin, comme un militaire jure par son épée, ou comme nous jurons encore par l'honneur ou par Dieu.
Au dix-seplième siècle, les chiens étaient l'objet de la même bienveillance; mais la cause n'en était plus la même. « Ici, écrit à ses amis un Italien qui visitait Paris sous Louis XIV, les femmes aiment les petits chiens avec une passion extrême, et les caressent avec autant de tendresse que s'ils étaient de la race du chien qui suivit Tobie... Les chiens de Boulogne passent présentement pour laids et insupportables ; on ne caresse plus que ceux qui ont le museau de loup et les oreilles coupées. Plus ils sont difformes et plus ils sont honorés de baisers et d'embrassemens. » Ces caresses, du reste, n'étaient pas toujours innocentes, nous aurons bientôt l'occasion de le prouver.
A cette époque, les animaux qui avaient autrefois joui des plus grands honneurs, étaient repoussés et honnis. L'àne, par exemple, ne trouva