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PORTE ET TOUR DE CE NOM

Là où sout aujourd'hui le palais de l'Institut, l'hôtel de la Monnaie, le quai Conti et les rues Guénégaud , Nevers et Anjou-Dauphine , étaient autrefois l'hôtel deNesie et les jardins qui l'accompagnaient.

Quand Philippe II, dit Auguste, fit commencer l'enceinte de la partie méridionale de Paris, on plaça sur la rive gauche de la Seine, à l'extrémité occidentale de cet hôtel et de ces jardins, à l'angle formé par le cours de la rivière et le fossé de la nouvelle enceinte , sur l'emplacement où s'est élevé depuis le pavillon de la bibliothèque Mazarine , une porte flanquée de deux tours rondes j on arrivait à cette entrée de la ville par un pont ayant quatre arches qui traversaient le fossé fort large en cet endroit. Cette espèce de bastille existait encore au temps de Louis XIII.

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Au nord et à quatre ou cinq mètres de cette porte , s'élevait haute et ronde la tour de Nesle , accouplée à une seconde tour , plus élevée encore, moins forte en diamètre, et qui contenait l'escalier à vis.

Au moyen d'une chaîne attachée à cette tour et dont le dernier anneau s'appuyait sur la tour qui fait le coin, située tout près du château du Louvre, à cinq ou six mètres de l'extrémité occidentale du pont des Arts, la Seine était fermée ; la construction de la tour qui fait le coin datait de 1 1 90 , et celle de la tour de Nesle de 1 208 .

Le mur d'enceinte continuait, laissant en dehors les fossés de l'hôtel de Nesle, sur l'emplacement desquels se sont élevées les maisons formant le côté oriental de la rue Mazarine, et allait traverser la rue Dauphine dans la partie où vient aboutir la rue Contrescarpe.

Et la porte et la tour portaient dans l'origine le nom de Philippe Hawe/m, on ne sait pourquoi, nom qu'elles perdirent dans la suite pour prendre celui de l'hôtel qu'elles avoisinaient.

Quand fut construit cet hôtel? on l'ignore. On ne sait pas davantage à quelle époque il prit le nom sous lequel on l'a connu. On ne sait guère que les titres de ceux qui le possédèrent jusqu'au jour de sa destruction , et à partir de 1308. Le 29 novembre de cette année 1308, Amaurv de Nesle le vendit 5,000 livres à Philippe IV, dit le Bel, s'obligeant à faire ratifier l'acte de vente par les enfans de Guy de Nesle, son frère , mort maréchal de France.

En 1319 , Philippe V, dit le Long, en fit don à Jeanne de Bourgogne, sa femme. Philippe mourut le 3 août 1322 ; Jeanne continua son séjour à l'hôtel de Nesle jusqu'au 21 janvier 1329, époque de sa mort. Cette reine , par ses dispositions testamentaires (1) , rendit son hôtel au domaine royal; mais elle exprima la volonté que la valeur de ce bien fût employée à la fondation d'un collège pour les pauvres écoliers du comté de Bourgogne. (Voyez Collège de Bourgogne. — École de médecine.)

En 1350, le roi Jean y faisait sa demeure. Voici ce qu'on lit dans Millin (antiquités nationales, t. III, n. XXV, p. 20) : « En 1350, Raoul (Raoul de Brienne, seigneur comte d'Eu et de Guines, connétable, fait prisonnier des Anglais à la défense de Caen ) obtint la permission de passer en France , pour traiter des moyens de payer sa rançon ; le roi Jean régnait alors. Raoul se rend à l'hôtel de Nesle, le 16 novembre, pour lui faire sa cour. L'accueil ne fut point tel qu'il l'avait espéré : Don la Cerdan

(1) Dulaure, hist. deParis(t. 2, p. 3/|9), fixe la date de ce testament à l'annr'-elSSZ. C'est une eireur, puisque Jeanne de Bourgogne mourut à Roye le Si janvier, 1529.

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