VI
INTRODUCTION
En 1783, Reboul de Villeneuve livre au public, toute fraîche et ruisselante de dorures, la salle de l’Opéra- Comique, bien connue sous le nom de salle Favart; un incendie la détruisit presque complètement au mois de janvier 1838; un nouveau sinistre, présent encore à toutes les mémoires, l’a fait disparaître entièrement le 25 mai 1887.
En 1794, l’Opéra s’installait rue de Richelieu, dans une salle que M,,e de Montansier avait fait construire. Cette salle fut démolie après l’attentat du 13 février 1820, dont le duc de Berry fut victime. Le square Louvois en occupe Remplacement.
Au cours de ce siècle qui va finir, les transformations et les embellissements furent nombreux dans le deuxième arrondissement. Dès l’an 1800, on commence la construction des passages des Panoramas; en 1806, on perce les rues de la Paix et des Capucines ; en 1 807, le Théâtre des Variétés ouvre ses portes; l’année 1813 voit jeter les fondements du palais de la Bourse, qui n’est terminé qu’en 1827 ; en 1823, s’ouvre la galerie Vivienne; en 1825, le passage Choiseul relie la rue Neuve-des-Petits-Champs à la rue Saint-Augustin, et les écoliers joyeux assiègent les bureaux du Théâtre Comte, aujourd’hui les Bouffes-Parisiens. A deux pas de là, l’année suivante, on construit la jolie salle Ventadour ; successivement Opéra-Comique, Théâtre Nautique, Théâtre de la Renaissance, sa carrière ne fut réellement brillante qu’à partir du moment où elle devint Théâtre Italien. Les Italiens n’ont plus de scène à Paris; la jolie salle Ventadour est détruite, l’immeuble a abrité les bureaux de diverses sociétés finan-
INTRODUCTION
cières, et avant peu sera une annexe du Crédit foncier. En 1828, le carrefour Gaillon est décoré de la gracieuse fontaine qui l’orne; peu d’années après sont commencées les constructions de l’hôtel de l’Enregistrement et du Timbre. De 1840 à 1868, le Vaudeville, précédemment rue de Chartres, est installé sur la place de la Bourse etfournit une longue carrière de succès; en 1844, on érige sur la place Louvois la fontaine, qui, six ans plus tard, est entourée d’un square verdoyant.
Sous le dernier Empire, le deuxième arrondissement eut sa large part des travaux entrepris dans Paris. A l’est de son territoire, on inaugurait, en 1859, le beau boulevard de Sébastopol qui, sur son chemin, avait renversé bon nombre de vieilles voies obscures et malsaines. Vers cette époque aussi étaient résolus le percement de la rue Etienne-Marcel et celui de la rue Réaumur, l’une en bordure de l’arrondissement, l’autre à son centre; enfin, en 1868, une large percée est pratiquée; elle emporte le théâtre du Vaudeville, elle ébréche la rue des Colonnes bâtie en 1790, renverse sur son passage quelques immeubles des rues de Richelieu, de Grammont, de Choiseul, de la Michodière et Louis-le-Grand, et, terminée, forme, de la Bourse à l’Opéra, une grande voie de circulation, tout en offrant à l’œil une magnifique perspective : c’est la rue du Quatre- Septembre. Seule dans l’arrondissement, l’avenue de l’Opéra, qui a fait sa trouée dans le quartier Gaillon, est plus large et plus brillante.