‹ Paris, promenades dans les vingt arrondissements (volume 2)Chapitre 23 sur 56 · DE TRAVAIL A LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE · texte numérisé non relu

DE TRAVAIL A LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE

cernent, refermés sans bruit; installé dans son fauteuil, tranquille devant son encrier, ne gênant pas son voisin, n’étant point gêné par lui, la tête libre dans le vaisseau vaste et clair, les pieds posés sur un tuyau distribuant une douce chaleur, le travailleur, plus à l’aise qu’il ne serait parfois chez soi, se livre en paix à ses recherches, à ses compilations, et s’il est embarrassé quelquefois, il trouve encore les bibliothécaires, gens érudits et d’une inépuisable obligeance, disposés à l’aider de leurs lumières.

Mais d’autres curiosités nous appellent : voici d’abord le cabinet des estampes, un des plus riches qui existent, et où sont réunis sans distinction d’écoles ni de genres, depuis la sainteté la plus mystique jusqu’à la caricature la plus libre, tout ce qu’ont produit la pointe ou le burin des graveurs, la plume ou le crayon des lithographes.

Au premier étage, où nous parviendrons par un large escalier dont la rampe en fer forgé est une remarquable œuvre de serrurerie, se trouve le département des manuscrits, qui contient plus de 85000 volumes et dont la galerie principale est décorée de paysages peints par Grimaldi, Bolognèse et Romanelli; là, sont les manuscrits chinois, persans, éthiopiens, birmans, turcs, arabes; ailleurs, le moyen âge est représenté par une riche collection de manuscrits ornés de miniatures; enfin, c’est dans ce département que vous trouverez, s’il vous plaît de les parcourir, les vingtquatre volumes de texte et les trente-cinq volumes d’armoiries, de mille pages chacun, composant le grand armorial général de la France, dressé par d’Hozier en vertu d’un édit de 1696.

Après les manuscrits, il vous restera à voir encore une très curieuse collection de chartes, le cabinet des cartes géographiques et enfin le cabinet des médailles ; l’origine très modeste de ce dernier remonte, nous l’avons dit plus haut, à François Ier. La collection se composait alors d’une vingtaine de médailles d’or et d’une centaine de médailles d’argent. Henri II, Charles IX, Henri IV augmentèrent successivement ce trésor, mais ce fut sous Louis XIV seule-

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ment que la collection commença à atteindre une importance qui, depuis, s’est toujours accrue. 30000 pièces provenant de la collection Pèlerin entrèrent à la Bibliothèque en 1776; les cabinets du duc de Luynes et du marquis de Caylus vinrent encore l’enrichir plus tard. Aujourd’hui, plus de 200000 pièces sont réunies dans la galerie des médailles, et vous pourrez les contempler dans une vaste salle ornée de peintures de Natoire, de Vanloo et de très beaux dessus de portes de Boucher.

En sortant de la Bibliothèque, nous avons devant les yeux le joli square Louvois, et nous ne continuerons pas notre course sans nous arrêter un instant sous^ses arbres.

Après l’assassinat du duc de Berry (13 février 1820), Louis XVIII ordonna la démolition de la salle de l’Opéra et l’érection d’une chapelle expiatoire sur l’emplacement qu’elle occupait.

Le monument n’était pas achevé quand survint la Révolution de 1830; le projet de chapelle fut abandonné et la place, plantée d’arbres, fut, en 1850, entourée de grilles et convertie en square.

La fontaine qui décore le centre de ce gai jardinet a été érigée en 1844, sous la direction de Visconti. Au milieu du bassin octogonal s’élève un socle à pans coupés orné de statues en fonte représentant des tritons ; la grande vasque circulaire qui repose sur le socle est en fonte de fer bronzée; douze têtes couronnées de roseaux lancent de cette vasque l’eau dans le bassin inférieur, et les signes du Zodiaque, intercalés entre les têtes, complètent la décoration.

Sur un second socle sont posées quatre statues en fonte de fer bronzée personnifiant la Seine , la Loire, la Garonne et la Saône. Un vase orné de têtes de faunes couronne le monument. Nous avons nommé l’architecte, il serait injuste de ne point rappeler le nom de Klagmann, le sculpteur qui décora la fontaine.

En quittant la place Louvois, nous gagnerons la rue Vivienne par la rue Colbert, longeant encore les bâtiments de la Bibliothèque et trouvant sur notre droite la modeste

entrée de la salle de lecture ouverte au public ; ici^ contrairement aux salles que nous avons parcourues tout à l’heure, on pénètre sans cartes ; les habitués sont plus des désœuvrés que des travailleurs et les volumes les plus lus sont ceux de nos modernes romanciers.

Nous ne rééditerons pas pour la centième fois l’histoire du lecteur qui demande là un gros volume pour s’asseoir dessus, et, sans gravir l’étage qui nous conduirait à cette salle, nous poursuivrons notre chemin, en remontant la rue Vivienne jusqu’à la Bourse.

La Bourse de Paris existait déjà depuis longtemps, quand son établissement légal fut décrété en 1724.

Elle se tint d’abord à l’hôtel de Soissons, puis successivement à l’hôtel de Nevers, aux Petits-Pères, au Palais- Royal et rue Feydeau.

La construction du monument actuel, commencée en 1808 par Brongniart, fut après sa mort, à partir de 1813,, continuée par Lalanne et entièrement terminée en 1827.

Majestueusement assis sur ses larges perrons, entouré de son élégante colonnade, décoré des statues de la Justice, du Commerce, de Y Industrie et de Y Agriculture, dues aux ciseaux de Duret, de Dumont, de Pradier et de Seurre, l’édifice, tout en affectant plutôt l’aspect d’un temple grec que celui d'une Bourse, est réellement grandiose et imposant.

L’intérieur, parfaitement approprié à la destination du monument, se compose, outre les salles de service et celles qui étaient affectées jadis au tribunal de commerce, d’un grand hall long de 32 mètres, large de 18, dont la corbeille , chœur de ce temple de l’agiotage, occupe le centre extrême.

D’une galerie supérieure les curieux peuvent contempler le spectacle bizarre et animé que la grande salle présente de une heure à trois heures de l’après-midi.

Nous ne conseillons pas aux visiteurs qui ne sont point familiarisés avec l’argot de la spéculation, d’essayer de comprendre, au milieu d’un brouhaha continu, les cris se croisant dans l’air, les interpellations échangées, non plus que la pantomime furibonde qui les accompagne; une

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Bourse, un marché aux valeurs, a dans toutes les capitales le même aspect énigmatique et troublant.

Nous pensons être plus agréable à ceux qui nous suivront en leur faisant remarquer les détails architecturaux et décoratifs du monument.

La grande salle, éclairée par le haut, est entourée de portiques exotiques plein cintre, à deux étages; la corniche qui règne autour du second étage supporte un attique percé de petites fenêtres cintrées ; dans les compartiments de la voussure qui raccorde la corniche au plafond, on voit des grisailles imitant le bas-relief qui" sont de véritables merveilles du genre; elles représentent diverses allégories fort claires, plusieurs villes de France et les parties du monde.

Parmi les plus remarquables nous citerons : La ville de Paris présentant les clefs de la Bourse à la Justice , la France accueillant les produits des quatre parties du monde , deux compositions magistrales d’Abel de Pujol, Y Europe, Y Asie, Nantes , Lille , Rouen , du même artiste, et enfin Y Afrique, Y Amérique et Y Union du commerce des sciences et des arts, de Charles Meynier.

Une salle destinée aux agents de change fait suite à la salle de la corbeille ; au premier étage sont installés les services télégraphique et téléphonique ; vous pouvez y voir, en attendant votre admission dans la cabine et le moment de causer avec un ami de Bruxelles, quelques bas-reliefs de Caillouette et de de Bay, et aussi des peintures murales de Vinchon et de Blondel.

Les alentours de la Bourse ne sont pas d’un aspect moins curieux que l’intérieur ; sur le perron, sous la colonnade, sous les arbres, la spéculation est aussi active, aussi fiévreuse, aussi âpre au gain, aussi sensible à la panique que sous les piliers de la grande salle.

En quittant la Bourse, nous suivrons la rue de la Banque, qui s’ouvre sur la droite du monument, et nous rencontrerons tout d’abord une vaste construction d’apparence un peu lourde peut-être, mais ne manquant pas de grandeur;

c’est l’hôtel de l’Enregistrement et du Timbre, érigé de 1830 à 1846 par Paul Lelong et Victor Baltard.

Presque en face, sur notre droite, est la caserne des gardes de Paris.

Nous nous arrêterons rarement devant les casernes parisiennes; ce sont en général des bâtiments lourds, froids et d’un médiocre intérêt. La caserne des gardes de Paris de la rue de la Banque est une heureuse et à peu près unique exception à cette règle; il serait à souhaiter, selon nous, qu’elle pût servir de modèle à toutes les constructions similaires.

Joindre l’élégance, qui ne perd jamais ses droits, à la sévérité que le genre exige était un problème difficile à résoudre.

L’architecte de la caserne, M. Grisard, a su tout à la fois conserver à son édifice le caractère imposant qu’il devait avoir et lui donner un aspect agréable à l’œil.

Le bâtiment, haut de quatre étages, est de style Louis XIII et se compose d’un corps de logis principal percé de deux larges portes ornées, et flanqué de deux avant-corps; quatre statues d’une grande allure décorent la façade; elles représentent allégoriquement la Prudence , la Force, la Vigilance et V Ordre public.

Nous ne pensons pas que beaucoup de visiteurs aient l’occasion ou la possibilité de pénétrer dans l’intérieur de la caserne, et nous sommes tenté de le regretter pour eux. Ils y verraient, après avoir traversé la vaste cour centrale, un monumental escalier conduisant à de larges couloirs, sur lesquels s’ouvrent les portes des logis réservés aux gardes de Paris; ils y verraient, et c’est le souvenir le plus précieux qu’ils pourraient conserver de leur visite, comment une administration intelligente et paternelle a su concilier là les nécessités du service avec les impérieuses exigences de l’hygiène.

Toute voisine de la caserne, et faisant auprès d’elle assez triste figure, est la Mairie du deuxième arrondissement. La façade, dont les détails rappellent de loin le style grec.

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est accostée de deux avant-corps percés d’étroites fenêtres rectangulaires; un petit campanile, renfermant une horloge, couronne la partie centrale.

La salle des mariages, éclairée par cinq fenêtres de la façade, est ornée d’une décoration de bon goût due à M. Huillard, et de peintures d’une réelle valeur exécutées par M. Moreau, de Tours.

En quittant la mairie, nous ferons un léger détour à gauche et, par un passage à ciel ouvert qui fait face à l’un des dégagements de la galerie Vivienne (1^, nous arriverons sur la place des Petits-Pères.

Bien qu’exiguë et de forme irrégulière, la place des Petits-Pères est assez grande encore pour permettre de voir à l’aise la jolie façade de l’église.

Ionique au rez-de-chaussée, corinthienne en ses parties supérieures, avec sa large porte centrale, son fronton aux armes de France surmonté d’une croix, ses obélisques extrêmes, la façade de Notre-Dame des Victoires a bien le caractère élégant et gracieux de la chapelle de couvent qu’elle fut d’abord.

L’intérieur, avec la proportion exagérée du chœur, l’exiguïté de la nef, est bien aussi celui d’un monument réservé au service à peu près unique d’une congrégation. C’est, en effet, l’ancienne église du couvent des augustins déchaussés ou petits-pères (2).

(1) La galerie Vivienne (pins exactement le passage Vivienne), percée en 1823, a porté d’abord le nom de son propriétaire, M. Marchoux; elle conduit de la rue des Petits-Champs àlarue Vivienne, percée presque à son point d’arrivée parle dégagement dont nous parlons, qui débouche rue de la Banque ; son nom actuel lui a été donné en 1825.

Plus heureuse que la galerie Colbert, sa voisine et sa contemporaine, à peu près déserte maintenant, la galerie Vivienne a conservé une certaine animation commerciale qu’augmente encore le soir la présence d’une petite salle de spectacle.

(2) L’établissement des augustins à Paris remonte à l’an 1609, mais la construction du vaste couvent qu’ils occupèrent jus-

La première pierre de l’église fut posée par le roi Louis XIII le 9 décembre 1629.

Reconnue bientôt insuffisante, on entreprit de l’agrandir en 1656; mais l’argent manquant, elle demeura longtemps inachevée. Les travaux, repris en 1737, étaient terminés trois ans plus tard. Pierre Le Muet, Libéral Bruant et Gabriel Leduc furent les architectes successifs de l’édifice. Cartaud en dessina le portail. Désaffectée pendant la Révolution, Notre-Dame des Victoires fut rendue au culte en 1809.

Le vaisseau est d’aspect un peu sombre, mais il conserve dans son ensemble le cachet d’élégance que nous avons constaté au dehors. Les ex-voto de marbre blanc, piqués de caractères rouges, qui recouvrent les murs et les piliers, depuis le sol jusqu’aux corniches, donnent à l’église un caractère tout particulier et qu’on ne retrouvera dans aucun de nos monuments religieux.

Les curiosités historiques et les œuvres d’art sont en nombre assez grand dans cette petite église : voici d’abord, dans la chapelle richement décorée de Saint-Jean l’Évangéliste, le tombeau de Lulli. C’est un sarcophage de marbre noir accosté de deux pleureuses d’une belle attitude, sculptées par Michel Cotton; sur le socle, deux petits enfants, du même artiste, sont gracieusement accoudés. Dne console en marbre blanc, appliquée au mur, supporte un beau buste en bronze de Lulli, exécuté par Coysevox peu de temps après la mort du musicien (1687).

La chapelle de Saint-Pierre est décorée d’une statue de son patron reproduisant exactement celle que possède l’église de Saint-Pierre de Rome; le corps est en bois de tilleul peint et bronzé, les pieds en bronze.

qu’en 1790 ne fut commencée qu’en 1628 sur un terrain qu’on nommait alors les Sur elles. On raconte que Henri IV, voyant dans son antichambre les pères Mathieu de Sainte-Françoise et François Amet, chargés de pouvoirs de la communauté, qui tous deux étaient de taille fort exiguë, demanda à ses familiers « ce que voulaient cès petits pères ». Le mot fit fortune, et dans le langage courant le nom de petits-pères se substitua au nom d’augustins.

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Surmonté d’une pyramide qu’une branche de cyprès entoure et qu’une urne couronne, décoré d’un médaillon, le sarcophage que nous voyons dans la chapelle de Saint-Joseph est élevé à la mémoire de Vassal, secrétaire du roi Louis XIV; c’est une œuvre d’une conception charmante exécutée par le sculpteur Étienne Gois.

Dans la chapelle de Saint-Augustin, fermée par une belle grille en cuivre et en fer forgé, nous remarquerons, outre deux grandes compositions modernes de Pasqualini (1), une statue de saint Augustin portant un rocliet de dentelles et une chape dorée; c’est une des œuvres de Jean Duseigneur qui reflète le plus complètement l’inspiration mystique du grand artiste.

La chapelle de la Vierge, qu’éclairent quinze lampes de vermeil et d’argent, dont l’une est un don de l’impératrice Eugénie, est décorée de deux belles toiles de M. Muller : l'Annonciation et l'Assomption.

Le chœur, élevé de deux marches au-dessus de la nef, est fermé par une grille en fer forgé, ornée de médaillons en cuivre doré et garni d’une curieuse boiserie, chef-d’œuvre de menuiserie du dix-huitième siècle, attribué à un artiste nommé Bardou.

Mais ici, ce qui captivera le plus longtemps notre attention, c’est à coup sûr les grandes compositions de Carie Vanloo, d’une exécution ample et sobre, d’un arrangement savant, d’une couleur agréable, reproduisant pour la plupart les fails principaux de la vie de saint Augustin (2).

L’église Notre-Dame des Victoires est une de celles où la

(1) L’Immaculée Conception et le pape Pie IX eu proclamant le dogme.

(2) L’espace qui nou9 est réservé ne nous permet pas d’entreprendre la description de ces remarquables œuvres; nous nous contenterons d’en donner les titres, en commençant par la droite : l°le baptême de saint Augustin; 2°saint Augustin sacré évêque; 3° mort de saint Augustin; 4° au-dessus du maître autel: le roi Louis XIII dédiant à la Vierge l’église de Notre-Dame des Victoires; 5° translation des reliques de saint Augustin; 6° saint

dévotion des Parisiens se manifeste avec le plus de ferveur : l’autel de la Vierge est le but de nombreux pèlerinages, neuvaines et vœux; ces derniers exaucés souvent, s’il faut en croire les nombreux ex-voto dont nous avons constaté la présence et qui témoignent tous de la gratitude des fidèles.

Au sortir de l’église, nous ferons quelques pas dans la rue du Mail, qui s’ouvre à notre gauche, et nous nous arrêterons devant la belle construction, malheureusement gâtée à rez-de-chaussée par des boiseries modernes, qui porte le numéro 7 ; c’est une des maisons que Colbert fit jadis édifier en ce quartier (1).

De là, revenant légèrement sur nos pas, nous gagnerons la place des Victoires.

La place des Victoires, avec ses maisons aux arcades ornées de refends au rez-de-chaussée, ses pilastres d’ordre ionique aux étages supérieurs, ses toits égayés de mansardes similaires, est certainement, au point de vue architectural, une des plus belles et des mieux conçues de Paris.

L’artiste peut regretter que la sévère ordonnance des lignes soit interrompue par d’innombrables enseignes; mais le touriste sera peut-être plus séduit par son aspect animé et les perspectives dont elle est le centre, qu’il ne l’eût été au dix-septième siècle par sa solennelle froideur.

Si nous nous arrêtons à l’angle de la rue des Petits- Champs, notre regard embrassera, dans tout son ensemble, la majestueuse circonférence de la place et, par la large rue Étienne-Marcel, ira se perdre jusqu’aux confins de l’arrondissement. A l’entrée de cette voie nouvelle, deux

Augustin discutant avec les évêques donatistes; 7°saint Augustin prêchant devant Valère, évêque d’Hippone.

(1) Dans la rue du Mail, habitait Mme Fanny de Beauharnais, moins célèbre aujourd’hui par les écrits qu’elle a laissés que par le distique que lui décocha Lebrun :

Eglé, belle et poète, a deux petits travers :

Elle fait son visage et ne fait pas ses vers.

Le salon de Mme de Beauharnais réunissait tous les beaux esprits du temps.

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constructions semblables, plus élevées que les anciennes, blanches, neuves, forment, avec les pignons noircis qui les avoisinent, une antithèse qui n’est point sans charme. C’esl la maison de rapport, la fourmilière du dix-neuvième siècle, se dressant auprès des sévères hôtels du temps de Louis XIV ; c’est le présent se raccordant, non sans harmonie, au passé, c’est le Paris moderne s’élevant, sans l’amoindrir, auprès du Paris ancien.

Mais nous nous abandonnons ici à des réflexions que chacun fera tout aussi bien que nous; ne philosophons plus et, en quelques lignes, essayons de retracer l’histoire de cette place.

Telle que nous l’a léguée le dix-septième siècle, elle fut construite par Mansart sous l’inspiration et aux frais du duc de la Feuillade; elle occupe l’emplacement de l’ancien hôtel de la Ferté Sénectère, exproprié (le mot n’est pas du temps) en 1685.

Dès le 16 mars 1686, le duc de la Feuillade inaugura en grande pompe une statue de Louis le Grand. Le monarque, revêtu du costume de son sacre, foulait un Cerbère sous ses pieds; une Victoire ailée, placée sur un globe derrière la statue, posait une couronne de lauriers sur la tête du roi.

Ce groupe, entièrement doré, avait été exécuté par Desjardins.

Aux angles du piédestal, orné de bas-reliefs, étaient placées quatre statues de bronze représentant des esclaves terrifiés par la majesté du monarque.

Pendant la nuit, quatre fanaux éclairaient le groupe, de là cette épigramme gasconne affichée un soir sur le piédestal :

La Feuillade, sandis, jé crois qué tu mé bernes,

De placer lé soleil entré quatré lanternes.

On sait que Louis XIV avait pris le soleil pour emblème.

En 1790, les statues furent enlevées; transportées d’abord dans la cour du Louvre, elles furent plus tard placées sur la façade de l’hôtel des Invalides.

La statue ne survécut que peu de temps à cette mutilation première, elle disparut en septembre 1792; deux ans plus tard, on la remplaça par une pyramide qui n’eut jamais qu’un caractère provisoire. La place s’appelait alors place des Victoires nationales . Ce monument, ou mieux ce projet de monument dura peu ; une statue de Desaix, sculptée par Dejoux, lui fut substituée en 1802. S’il faut en croire les chroniques du temps, le costume du général était tellement primitif qu'il souleva les réclamations des pères de famille et qu’on dut se résigner à le dissimuler sous une charpente.

La Restauration trouva la place en cet état et s’empressa de commander au sculpteur Bosio la statue qui en occupe aujourd’hui le centre.

Au point d’observation que nous avons choisi, le coursier, comme on disait au dix-septième siècle, dressé sur ses pieds de derrière, nous montre tout son poitrail ; le cavalier, en costume d’empereur romain, coiffé d’une perruque, couronné de lauriers, se présente à nous de trois quarts.

La masse de bronze ne tient en équilibre que grâce à une barre de fer dissimulée par la queue disproportionnée du cheval.

L’œuvre de Bosio, qui fut un homme d’un grand talent, a été fort critiquée : le cheval est gros et lourd, dit-on, le cavalier menu, la perruque laurée s’accorde mal avec le costume romain, etc.; tout cela est vrai, mais l’ensemble, il faut en convenir aussi, a la grandeur et la majesté que le sujet exige, et la statue de la place des Victoires est en réalité l’une de nos plus décoratives.

Pendant un assez long temps, nous allons suivre la rue Étienne-Marcel, dont les numéros pairs, seuls, appartiennent à l’arrondissement que nous parcourons.

De grandes maisons de rapport y sont édifiées; nous conseillons à nos lecteurs de s’arrêter devant la façade du numéro 50, ornée avec goût, et dont le péristyle, un peu étouffé peut-être, ne manque pas d’une certaine originalité; c’est un type heureux des constructions actuelles.

Dans un bâtiment annexé au groupe scolaire de la rue de

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!a Jussienne, et ayant son entrée au numéro 47 de la rue Montmartre, sont installés la Bibliothèque et le Musée pédagogiques de la ville de Paris. C’est un établissement créé pour le personnel enseignant, mais où le public peut voir une intéressante collection de travaux exécutés dans nos écoles professionnelles et communales.

Nous franchissons les rues Montorgueil et Française, et, encastrée dans une école de garçons, nous voyons la vieille tour de Jean sans Peur, seul reste de l’ancien hôtel de Bourgogne. S’il vous est loisible de pénétrer à l’intérieur, nous recommandons à votre attention le très curieux couronnement de l’escalier. Au-dessus du plateau qui en termine l’axe, s’élève une caisse ronde, cerclée, et conçue dans le goût des caisses de jardin du quinzième siècle; de cette caisse, et sculptes dans la pierre, s’élancent en grand nombre de vigoureuses nervures de chêne dont les embranchements feuillus s’entremêlent avec ceux de même aspect qui s’échappent des murs et forment, par leur réunion avec eux, un couronnement pittoresque d’une grande originalité.

Reprenant notre marche en droite ligne, nous coupons en écharpe la rue deTurbigo,au bout de laquelle nous apercevons à notre droite le cadran de Saint-Eustache et les petits arbres qui bordent les pavillons des Halles, et à gauche, au bout de la longue voie, dans la brume ou sous le soleil, un coin du boulevard du Temple.

Nous franchissons la rue Saint-Denis, un peu au-dessus de l’église Saint-Leu, et nous arrivons au boulevard de Sébastopol, dont le côté gauche (numéros impairs), appartient seul au deuxième arrondissement.

Nous irons ainsi jusqu’au boulevard Saint-Denis par une large voie bordée de maisons commerçantes, marchant sur un trottoir planté de hauts arbres, découvrant à tout instant, soit à droite, soit à gauche, de gais aperçus. Ici, c’est le vieux passage Bourg-l’Abbé, dont la façade est ornée de deux statues modernes d’un bon goût décoratif; plus loin, par l’échappée de la rue Greneta, apparaissent la façade et la tour de l’église Saint-Nicolas des Champs; puis c’est la rue

Réaumur fuyant au loin dans la verdeur des arbres du boulevard, puis le square des Arts-et-Métiers, laissant percer à travers son feuillage le monumental portail du Conservatoire des arts et métiers; enfin, après avoir aperçu ce qui subsiste du passage du Ponceau, nous arrivons au boulevard Saint-Denis.

Ici, la chaussée est sillonnée en tous sens d’omnibus toujours complets et de voitures de toutes sortes, depuis le lourd camion du chemin de fer chargé de caisses et de ballots, marchant au pas, jusqu’au coupé de maître allègrement entraîné par son vigoureux cheval; depuis la voiture-réclame, encombrant la voie publique autant par sa marche lente que par ses proportions exagérées; depuis le long défilé des grandes remises conduisant une noce, jusqu’au fiacre en maraude presque abandonné à lui-même par son automédon somnolent.

Sur le trottoir bordé de boutiques où s’exercent tous les genres de commerce : horlogerie, pâtisserie, vêtements, etc., l’animation est extraordinaire et continue; ceux qui circulent ici sont tous pressés; ce ne sont point des promeneurs, mais bien des gens actifs courant à leurs affaires ; on ne flâne pas, nous employons le mot dans son sens parisien, on ne flâne pas sur le boulevard Saint-Denis.

Un arc triomphal se dresse à notre droite; cette promenade nous permet de le considérer de face et, bien qu’il appartienne au dixième arrondissement, nous allons en faire le tour.

La porte Saint-Denis, dont la grande ouverture encadre admirablement la perspective du montueux faubourg — une campagne en 1671 quand l’édifice fut construit — est un des monuments dont les Parisiens sont fiers à juste titre; un de ceux dont les années n’ont pas altéré le caractère.

Elle porte bien l’indélébile cachet de son temps, et, devant elle, si on veut se reporter, par la pensée, à deux cents ans en arrière, on croira voir encore de lourds carrosses et de brillants cavaliers passer sous sa grande arcade, tandis que le populaire: bourgeois aux justaucorps fermés d’ai-

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guillettes, manants en souquenilles, s’engouffre, non sans se bousculer un peu, sous les portes basses.

Cet arc de triomphe est un souvenir des glorieuses campagnes de Flandre et de Franche-Comté; vous en retrouverez les représentations allégoriques énergiquement exprimées dans ces grandes figures, dont les dessins ont été fournis par Le Brun, représentant ici, la Hollande vaincue sous les traits d’une femme dont la terreur contracte les muscles; là, le Rhin, personnifié par un homme vigoureux appuyé sur un gouvernail et tenant à la main une corne d’abondance.

Au-dessus de l’arcade principale vous verrez un bas-relief, curieux spécimen de l’art courtisanesque de l’époque, où Louis XIV, le roi soleil, vêtu d’un costume grec, domine dans l’attitude altière du commandement toute une troupe d’hommes affolés par la férocité de la bataille.

Du côté du faubourg, le bas-relief surmontant la grande arcade représente la prise de Maëstricht, et des lions tiennent sur les côtés la place de la Hollande et du Rhin.

La porte Saint-Denis, dont Blondel, architecte en quelque sorte officiel en son temps, fut le constructeur, monument élevé à la gloire de la Royauté, a, retour des choses d’icibas, plusieurs fois servi de point stratégique aux révolutions qui ont agité notre siècle.

En 1830, la foule, groupée sur le faîte du monument, tint longtemps en échec, en les écrasant dépavés, les troupes de Charles X commandées par le maréchal Marmont. Sous Louis- Philippe, elle fut le centre et souvent le point de départ des nombreuses émeutes dont la garde nationale du temps avait toujours raison; en 1848 enfin, elle vit s’élever à ses pieds la première barricade des sanglantes journées de Juin.

Mais sans nous arrêter à ces souvenirs attristants, nous allons reprendre notre marche; en inclinant à gauche, nous entrerons sur le boulevard Bonne-Nouvelle et, par une rampe en pente douce qui le surplombe, nous atteindrons la rue de la Lune, une voie étroite égayée à son entrée par le pimpant étalage d’un marchand de brioches, célèbre aujourd’hui comme le furent jadis la galette du Gymnase et le

Père coupe-toujours du boulevard Saint-Denis; deux illustrations disparues : Sic transit gloria mundi !

Après avoir marché quelques instants entre les hautes et noires maisons qui bordent la rue de la Lune, nous atteindrons le froid portique de la petite église Notre-Dame de Bonne-Nouvelle.

A l’endroit où nous voyons ce modeste monument, s’élevait au seizième siècle une chapelle dédiée à saint Louis et à sainte Barbe; elle desservait le petit bourg de Bonne-Nouvelle et fut détruite avec lui en 1594.

Une construction nouvelle fut entreprise en 1628; Anne d’Autriche en posa la première pierre; cette pierre fut retrouvée lors des travaux de complète réédification en 1825. L’inscription qu’elle porte est surmontée d’un écusson miparti de France et d’Espagne, encadré d’une branche d’olivier et d’une palme entrelacées ; incrustée dans la pierre, au-dessus de ces armoiries, une médaille dorée représente les traits d’Anne d’Autriche; les lettres L et A sont gravées aux deux côtés de la médaille.

Cette pierre, seule curiosité archéologique que possède l’église, est encastrée dans le mur du fond de la dernière chapelle de droite; elle était visible encore il y a quelques années, mais en ces derniers temps un autel a été placé devant.

Lorsque les églises furent rendues au culte, Notre-Dame de Bonne-Nouvelle fut reconnue insuffisante pour le périmètre paroissial qu’elle avait à desservir. Néanmoins son agrandissement et sa reconstruction ne furent résolus et entrepris qu’en 1823. Godde, l’architecte de Saint-Denis du Saint-Sacrement, fut chargé des travaux, et la nouvelle église fut solennellement consacrée le 25 mars 1830; une longue inscription, visible encore celle-ci, gravée en lettres d’or sur une table de marbre noir, rappelle cette cérémonie et relate les noms des prélats qui l’ont présidée.

Nous n’entreprendrons pas de décrire par le menu les tableaux et les sculptures qui décorent l’église; les uns et les autres sont en général d’une mince valeur artistique ; nous excepterons de cette appréciation un peu sévère, peut-

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être, la fort belle et très harmonieuse décoration de la chapelle de la Vierge, exécutée de 1840 à 1848 par M. Hesse.

En quittant l’église par la rue Beauregard, nous gagnerons la rue Poissonnière où rien de curieux ne nous arrêtera et, par la rue des Jeûneurs, nous atteindrons la rue du Croissant.

Nous voici dans un de ces coins curieux par leur originalité dont notre capitale fourmille. Voie étroite où de magistrales constructions dix-septième siècle sont enclavées dans de vilaines et noires bâtisses, mais où règne soir et matin une animation extraordinaire; c’est ici la foire aux journaux, c’est ici que de tous les coins de Paris les débitants de feuilles publiques viennent s’approvisionner, c’est ici que vous verrez, avant l’aube si vous êtes matinal, vers quatre heures de l’après-midi si le hasard de votre promenade vous conduit de ce côté, une nuée de camelots se précipiter vers les guichets de vente des feuilles publiques, envahir les boutiques où s’éditent les canards à sensation dont le titre, souvent menteur, vous sera cent fois répété dans la soirée par la voix enrouée des vendeurs; c’est ici la patrie du fameux : « Voilà ce qui vieift de paraître ! »

Frayez-vous, en jouant des coudes, un chemin à travers la foule grouillante, bruyante et bariolée, souciez-vous peu des épithètes, n’ayez cure des quolibets, inquiétez-vous médiocrement des jurons, garez-vous des voitures des grands journaux, pleines d’exemplaires fraîchement imprimés et n’évoluant qu’avec peine, l’attelage excité par les cris des conducteurs, irrité par les protestations des piétons; ne vous aventurez qu’avec prudence sur l’étroit trottoir accosté de lourds camions; de ces camions descendent, roulent et s’engouffrent sous lés portes d’énormes cylindres blancs entourés d’enveloppes jaunes. C’est le papier sans fin qui va se transformer en d’innombrables exemplaires d’un journal qu’on s’arrachera tout à l’heure.

Restez immobile un moment et regardez fuir de tous côtés, leurs lots d’imprimés sur la tête, sur l’épaule, sous les bras, pliant fièvreusement leurs feuilles sans cesser de courir, tous ces camelots dont la nuée, partie de la rue du Croissant,

LA RUE DU CROISSANT A QUATRE HEURES DE L’APRÈS-MIDI. DESSIN DE P. MERWART.

DEUXIÈME ARRONDISSEMENT. — EjEREE. '±'6

va s’abattre sur Paris et porter dans ses quartiers les plus éloignés « la nouvelle du jour ».

Mais le besoin de mouvement et aussi la poussée de la foule vous ont amené à l’extrémité élargie de la rue du Croissant ; vous êtes maintenant à l’angle de la rue Montmartre et vous vous arrêterez certainement quelques instants devant l’imprimerie du journal la France. A travers les vitres de l’atelier, vous verrez fonctionner simultanément trois machines Marinoni mues par la vapeur, qui jettent chacune, sur la table de réception, cent exemplaires du journal toutes les trois minutes.

Cet hôtel, récemment bâti par M. Ferdinand Bail, mérite d’être regardé, c’est une construction architecturale de haut goût; la porte principale est décorée de statues d’une belle et grande allure ; l’auteur, par une attention dont on doit lui savoir gré, a placé, dans le pan coupé, à la hauteur du deuxième étage, un joli buste d’Émile de Girardin, le publiciste fameux qui fut le créateur de la presse à bon marché.

Nous remonterons maintenant la rue Montmartre, et sans nous arrêter plus qu’il ne convient devant la Chambre de commerce installée à la sortie de la rue Notre-Dame-des- Victoires, nous entrerons dans le passage ou, pour mieux dire, dans les passages des Panoramas.

La plus ancienne et celle qui est demeurée la plus luxueuse des galeries des Panoramas (1) met la rue Saint- Marc en communication avec le boulevard ; vous trouverez là des librairies de grand luxe chères aux bibliophiles ; derrière les vitrines du premier éventailliste de Paris, vous pourrez admirer des chefs-d’œuvre de montures et de décorations ; de grands magasins de parfumerie et de confiserie flatteront, à votre choix, ou votre odorat, ou votre goût; vous cesserez d’admirer des cristaux étincelants pour vous arrêter devant les petits chefs-d’œuvre d’un graveur héraldique et,

(1) Cette galerie date de l’an 1800. Les autres ont été ouve.tes en 1831 ; le passage doit son nom à deux panoramas qui étaient établis jadis sur une partie de l’emplacement qu’il occupe.

PROMENADES DANS PARIS

s’il est huit heures du soir au moment où vous atteindrez le boulevard, vous pourrez entrer au théâtre des Variétés.

C’est une jolie salle construite en 1807 par Célerier, c’est un théâtre qui fut toujours cher aux Parisiens; les chefs d’emplois et les étoiles qui y brillent aujourd’hui n’ont pas fait oublier aux vieux amateurs les artistes qui jadis ont fait la gloire de ceüe petite scène. Brunet, Tiercelin, Potier, Lepeintre aîné, Bouffé, Jenny Vertpré, Scrivaneck, Boisgontier, ont fait tour à tour aux Variétés les belles soirées du temps passé ; Dupuis, Baron, Judic, j’en passe et des meilleurs, font les joyeuses soirées du temps actuel.

Nous voici revenus sur le boulevard des Italiens. Quelques pas nous séparent à peine du grand espace vide créé le 25 mai 1887 par le terrible incendie du théâtre de l’Opéra- Comique. Le Crédit lyonnais, un grand établissement financier, a établi son splendide hôtel sur le boulevard, dans une vaste construction que limitent les rues de Grammont et de Choiseul.

A l’angle de la rue Louis-le-Grand, nous nous arrêterons devant le joli pavillon en forme de rotonde qui rompt si heureusement la monotonie des pans coupés rectilignes. Ce pavillon, nommé Pavillon de Hanovre, est un reste de l’hôtel du maréchal de Bichelieu : il fut construit en 1757 ; avec le balcon coquet qui l’entoure, avec les masques sculptés qui le décorent, ce petit édifice est un des spécimens les plus purs que nous possédions de ce dix-huitième siècle si prodigue en créations charmantes.

Sur le boulevard des Capucines, qui va nous ramener à notre point de départ, nous signalerons au n° 39 la petite salle de Conférences où, chaque soir, des littérateurs, des savants, des artistes, des artistes dramatiques même, font devant un auditoire choisi des causeries variées d’un réel intérêt.

APPENDICE

DÉLIMITATION DES QUARTIERS DE L’ARRONDISSEMENT. NOMENCLATURE HISTORIQUE DES RUES, PASSAGES, PLACES, BOULEVARDS, ETC.

DELIMITATION DES QUARTIERS

(Voir le plan.)

Quartier Gaillon (j teinte verte).

8442 habitants.

Une ligne suivant l’axe du boulevard des Capucines à partir de la rue des Capucines — celui du boulevard des Italiens (nos 17 à la fin) — ceux des rues de Grammont — Sainte-Anne (nos 49 à la fin) — des Petits -Champs (nos 32 à la fin) — et des Capucines jusqu’au point de départ.

Quartier Vivienne [teinte jaune).

11717 habitants.

Une ligne partant de la rue des Petits-Champs (nos 2 à 30) et suivant l’axe des rues Sainte-Anne (nos 40 à la fin) — et de Grammont — ceux des boulevards des Italiens (nos 3 à 15 — et Montmartre — ceux des rues Montmartre (nos 147 à la fin) — Notre-Dame-des-Victoires — Yide-Gousset — celui de la place des Victoires (nüS 4 bis à la fin — et ceux des rues de La Feuillade — et des Petits-Champs jusqu’au point de départ.

Quartier du Mail [teinte bleue).

18979 habitants.

Une ligne partant de la place des Victoires (n° 9) suivant l’axe des rues Vide-Gousset — Notre-Dame-des-Victoires — et Montmartre — ceux du boulevard Poissonnière — des rues Poissonnière — des Petits-Carreaux — Montorgueil (nos 39 à la fin) — et Etienne-Marcel (nos 32 à la fin) jusqu’au point de départ.

Quartier Bonne-Nouvelle [teinte rose).

30 506 habitants.

Une ligne partant de la rue Etienne-iMarcel (nos 2 à 30) et suivant l’axe des rues Montorgueil (nos 44 à la fin) — des Petits- Carreaux et Poissonnière — ceux des boulevards Bonne-Nouvelle, — Saint-Denis (nos 11 à la fin) et Sébastopol (nos 67 à la fin) — et celui de la rue Étienne-Marcel jusqu’au point de départ.

Population de l’arrondissement : 69 644 habitants.

NOMENCLATURE HISTORIQUE

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