L’ABSIDE DE NOTRE-DAME VUE 1>U QUAI MONTEBELLO. DESSIN DE P. MERWART
la rue de la Cité, si sa façade n’était point réellement d’une belle architecture.
Nous suivons la rue de la Cité, nous traversons le quai aux Fleurs, émaillé de couleurs vives, parfumé de bonnes senteurs, animé du babillage des marchandes et du va-etvient des acheteurs et nous nous arrêtons un instant devant la statue de Théophraste Renaudot, inaugurée le 4 juin 1893.
Sur un haut piédestal de forme élégante, dont M. Mizard, architecte, a fourni le dessin, le fondateur du journalisme français est représenté assis devant sa table, la plume à la main, dans une attitude fière et résolue. M. Alfred Boucher est l’auteur de ce bronze fort décoratif et très heureusement placé au milieu de la rue de Lutôce.
Au numéro 3 de celte même rue, nous trouverons le siège de l’Association des industriels de France contre les accidents du travail. L’œuvre, reconnue d’utilité publique, a organisé un petit musée dit des accidents, où sont exposés tous les engins susceptibles de préserver les ouvriers des blessures auxquelles ils sont exposés : lunettes de sécurité Simmelbauer, masques pour forgerons, passe-courroies système Fiat, etc.
Le Tribunal de commerce était autrefois fort à l’étroit au palais de la Bourse. C’est en 1858 que les plans du nouvel édifice, dressés parM. Bailly, furent présentés par le baron Haussmann à l’empereur Napoléon III, qui les approuva. La façade principale de l’édifice est sur le boulevard du Palais et se divise en cinq parties limitées par des pilastres d’ordre composite; les trois baies du milieu donnent accès au grand vestibule.
La façade du quai, faite pour former point de vue dans Taxe du boulevard de Sébastopol, est ornée de statues allégoriques, de MM. Eudes, Salmson et Chevalier; le couronnement est décoré de Vieillards et d 'Adolescents, œuvres de M. Carrier-Belleuse. La façade de la rue Aubé donne accès au Conseil des prud’hommes.
Le grand escalier à double évolution, que la coupole inonde de sa lumière, est disposé dans une cage circulaire
PROMENADES DANS PARIS
au rez-do-chaussée, et octogonale pour les étapes supérieurs; les niches du premier étage, encadrées de pilastres cannelés, abritent des statues allégoriques, de MM. Michel Pascal, Maindron et Cabet. Les cariatides qui soutiennent l'entablement sur lequel vient s’appuyer la coupole, sont de M. Début; huit peintures de M. Jobbé-Duval ornent les fuseaux de la coupole.
La salle d'audience, de forme rectangulaire, est décorée d’un revêtement en chêne que divisent de petits pilastres rehaussés de filets d’or. Les encadrements des grands panneaux renferment deux compositions de M. Hubert Fleury rappelant des faits saillants de la juridiction consulaire : t Institution des juges consuls par le chancelier de l'Hospital , Signature de i ordonnance du commerce en 1673 (I).
Les caissons de la voussure sont enrichis de plusieurs peintures en camaïeu sur fond mosaïque : les Arts, la Science , V Agriculture, etc., de M. Jobbé-Duval.
C’est derrière le Tribunal de commerce et débordant sur les quais avoisinants que se tient, le mercredi et le samedi de chaque semaine, le plus ancien et encore le plus important des marchés aux fleurs de Paris.
Tous les dimanches, de dix heures du matin à la tombée de la nuit, le même espace est occupé par le marché aux oiseaux. Spectacle bizarre, bruyant, sorte de Bourse en miniature où les cours ont leurs fluctuations, où la demande, l’oITre et l'échange donnent lieu à d'interminables opérations, fort compliquées parfois, où le vendeur et l’acheteur luttent de finesse, l’un pour réaliser un gros bénéfice, l’autre pour obtenir à bas prix le volatile rêvé. On ne se figure pas ce (pie la passion des oiseaux — bien innocente, bien excusable ù coup sûr — a de fervents adeptes Paris. Petits rentiers, modestes employés, jeunes ouvrières, vieilles
(I) Deux autres tableaux du même maître: la Promulgation du Code de commerce en 1807 et {'Installation du nouveau tri bunal en 1865 ont. en 1884, quitté le tribunal de commerce et ont été transportés au musée de Versailles.
filles, tout cela constitue aux marchands d’oiseaux une clientèle qui se renouvelle sans cesse, et la place où se tient ce petil marché, tout entourée de plaideurs dans la semaine, devient gaie et chantante le dimanche. Sansonnets, serins, pinsons, mésanges, rossignols, oiseaux des îles, mêlent leurs cris perçants, leurs couleurs vives ou douces, et quelquefois, alors qu’une cage s’entr’ouvre pour la livraison du sujet acquis, un esclave prend la clef des champs et s’enfuit dans les arbres d’alentour. 11 faut voir alors la chasse que donnent à l’échappé les gamins armés de longs fûts englués. C’est, dans le feuillage, une pêche à la ligne rarement couronnée de succès, avouons-le.
Le pont au Change franchi, nous arrivons sur la place du Châtelet, entre les deux théâtres, dont le Lyrique seul appartient à l’arrondissement que nous visitons. Nous voyons la fontaine du Palmier; érigée en 1 806 sur les dessins de Bralle, elle fut déplacée, sans être démolie, en 1858.
A propos de ce tour de force, M. Édouard Thierry a écrit quelque part : « Elle gênait (cette fontaine) M. Ballu, qui la prit simplement sur sa main et la porta tout juste entre les deux théâtres. Un soubassement neuf l’y attendait. Aussitôt que l’architecte magicien l’eût déposée sur le dé entouré de quatre sphinx, l’eau jaillit par la bouche des sphinx et par les quatre cornes d’abondance, aux applaudissements de la foule qui criait merveille. »
L’édification du théâtre Lyrique, aujourd’hui Opéra- Comique, fut commencée en 18G0 sous la direction et d’après les plans de M. Davioud. C’est un grand vaisseau flanqué de deux pavillons se développant, l’un sur l’avenue Victoria, l’autre sur le quai; ces pavillons sont reliés sur la façade principale par de larges galeries. Sept ouvertures cintrées en arc éclairent le rez-de-chaussée, cinq d’entre elles donnent accès au vestibule du théâtre.
Le premier étage est richement décoré dans le style de la renaissance italienne. Cinq arcades, entourées de guirlandes de feuillage, sont supportées par des piliers contre lesquels s’arrêtent les balcons ajourés.
PltOMENADES DANS PAMS.
La salle a la forme d’un fer à cheval et peut contenir environ quinze cents personnes; la décoration de la coupole et les quinze figures qui ornent la voussure sont dues au pinceau de M. Théodore Maillot.
Du milieu de la place du Châtelet, on jouit encore d’une de ces perspectives dont le Paris nouveau s’est embelli. Si l’on regarde à droite, on a devant soi la large avenue Victoria, terminée par la façade toute neuve de l’Hôtel de ville; si l’on se tourne vers le nord, on voit la ligne animée des boulevards Sébastopol et de Strasbourg; au midi, la coupole du Tribunal de commerce et les tours du Palais de justice se découpent sur le fond aérien du boulevard Saint-Michel.
Faisons quelques pas et, laissant à notre gauche l’hôtel de la Chambre des notaires, construit en 1857, par M. Hohault de Fleury, nous nous trouverons devant le square de la tour Saint-Jacques. Ce jardin, dans lequel vous voyez assis quelques bons bourgeois du quartier lisant leur journal, remplace un marché puant et fangeux où l’on vendait de vieilles friperies; la tour, occupée par une fabrique de plomb de chasse, se dressait alors, noire et désolée, au milieu des baraques des revendeurs.
L’église Saint-Jacques-la-Boucherie était un des plus vieux monuments parisiens; elle existait certainement au douzième siècle; néanmoins, à la suite de divers agrandissements et transformations auxquels contribuèrent fort les deniers de Nicolas Flamel, elle prit au quatorzième siècle une certaine importance. Quant à la tour, s'il faut en croire l’abbé Villain, qui parait s’être appuyé sur de sérieux documents, elle fut commencée en 1508 et terminée en 15±2; elle est, vous le voyez, parfaitement seizième siècle. C'est le style gothique flamboyant, avec ses arcatures, ses moulures prismatiques, ses festons, ses dentelles, ses feuillages, un chef-d'œuvre enfin dont on ne connaît pas fauteur. Lors de la restauration de la tour, on a placé sous son porche la statue de Plaise Pascal, de M. Cavelier. La tour Saint-Jacques a été rachetée par l'État en 1830; la restau-
ration, décidée en 1853, a été faite avec une remarquable intelligence par MM.Ballu et Roguet.
Mais, puisque nous parlons du seizième siècle, nous n’avons que quelques pas à faire pour nous trouver devant un autre chef-d’œuvre qu’il nous a légué.
Nous voulons parler de l’église Saint-Merri, si malheureusement encaissée dans des constructions étrangères et dont le portail principal, d’une si riche décoration, est visible à peine dans l’étroite rue Saint-Martin.
Adossé aux maisons qui font face à l’église, le cou tendu, les yeux grands ouverts, nous parviendrons à admirer pourtant les trois portes couronnées de crossettes et de fleurons, les pinacles, les voussures, les clochetons, les corniches feuillagées, que l’architecte a prodigués.
Dans l'intérieur, nous irons voir tour à tour la chaire dix-huitième siècle, le banc d’œuvre et les quatre figures sculptées dans sa frise de feuillages, le chœur et les sculptures de M. Watrinelle : saint Pierre et saint Merri; la porte en bronze revêtue d’or du tabernacle, avec ses émaux représentant les Quatre Animaux évangéliques ; deux peintures d’Henri Lehmann : Apôtres et Anges; sur le rocher figurant le calvaire : le Christ en croix et les Anges agenouillés , marbres de J. Dubois; au-dessus de la chapelle fermée des fonts baptismaux, une toile du dix-septième siècle : la Vierge, Jésus et sainte Agnès. Mais ce qui retiendra longtemps notre attention, c’est la chapelle de Sainte-Marie TÉgyptienne, où Théodore Chasseriau a représenté, en de magistrales peintures murales, les principaux épisodes de la vie de la sainte. Nous descendrons les quinze marches qui mènent à la chapelle souterraine; là, quatre travées, dont les nervures partent d’une colonne centrale, retombent sur des consoles ou des colonnes engagées; dans le demi-jour que laissent pénétrer d’étroites ouvertures, nous parviendrons pourtant à distinguer tous les délicats détails et toute la grâce des feuilles de vigne qui ornent les consoles et les chapiteaux.
On est certain qu’à la place où nous voyons Saint-Merri,
PROMENADES DANS PARIS
et qui était un bois alors, existait, dés le septième siècle, une chapelle dédiée à saint Pierre; c’est dans cette chapelle que fut enterré, au mois d’août 700, saint Mêdêric , dont la petite église prit alors le nom, lequel s’est transformé eu Merri avec le temps.
A la fin du neuvième siècle, Eudes le Fauconnier lit reconstruire l’église; puis, vers 1525, on commença l’édification du monument actuel; bien que la construction ait duré jusqu’en 1012, le st> le a conservé un remarquable caractère d’unité : c’est le gothique des derniers temps; les étages supérieurs du clocher portent seuls le caractère du dix-septième siècle.
Sous la Révolution, Saint-Merri devint le temple du Commerce et servit pendant quelque temps aux théophilauthropes. L’église fut rendue au culte catholique en 1803.
En quittant Saint-Merri, nous remonterons la rue Saint- Martin jusqu’à la rue Rambuteau. Cet itinéraire nous permettra de voir un des plus anciens, sinon un des plus beaux quartiers de Paris.
Dans la partie (pie nous parcourons, la rue Saint-Martin voit s’amorcer sur elle, à droite et à gauche, quelques-unes de ces voies étroites, sombres, malsaines, qu'on est surpris de rencontrer encore dans notre capitale rajeunie : telles sont, pour ne pas multiplier les citations, les rues de Venise et de La Reynie.
Mais nous voici arrivé à la rue Rambuteau , une des plus vivantes de Paris; elle touche par un bout aux remuantes Halles centrales et par l’autre au paisible Marais; aussi, si nous avions le loisir de la parcourir dans toute sa longueur, pourriez-vous remarquer qu’elle présente, proportions gardées, autant d’aspects divers que nos grands boulevards: près des Halles, elle continue le commerce d'approvisionnement de bouche; passé la rue Saint-Martin, les marchands do vêtements abondent, aussi ceux d’articles de ménage; un peu plus loin, aux approches du mont-depiété, les bijoutiers et les revendeurs de reconnaissances ont établi leur quartier général.
Arrêtons-nous un moment devant la façade du numéro 49; cette maison est édifiée sur remplacement de celle où demeurait Jacques Cœur. Au-dessous de son buste, un peu haut placé, vous pourrez lire, si vous avez de bons yeux, cette inscription qui définit bien le caractère du célèbre argentier de Charles VII : Probité, prudence, désintéressement.
Suivant toujours notre droite, nous pénétrons dans la rue des Francs-Bourgeois; nous passons rapidement devant le mont-de-piété (1), construit sur remplacement des monastères des Guillemites et des Bénédictins, et nous pénétrons dans la petite église des Blancs-Manteaux.
C'est ici l’ancienne chapelle des C.uillemites; sa construction remonte à l’an 1G85; la première pierre en fut posée par le chancelier Le Tellier. Sa chaire, apportée de Belgique en 18G4, est une des plus belles et des plus curieuses qu’il nous sera donné de voir; elle est du dixhuitième siècle, ainsi que l’indique une date ( anno 1749) placée dans l’un des sujets qui l’ornent. C’est un travail flamand d’une beauté, d’un fini, d’une richesse incomparables.
A voir aussi la balustrade du chœur, en bois sculpté, et les boiseries de l'orgue, qui proviennent de l’église Saint- Germain des Prés. Quelques tableaux décorent l’église, mais ce ne sont pour la plupart que des copies de maîtres anciens.
Le portail de la rue des Blancs-Manteaux est celui de l’ancienne église des Barnabites; il fut rapporté ici, pierre à pierre, en 18G3.
L’église contient encore quelques beaux vitraux dus au peintre verrier Laurent Gsell : le Christ en croix, la Visitation, V Annonciation.
Sans nous déranger beaucoup, nous pouvons, après avoir passé devant le marché des Blancs-Manteaux, gagner la rue Pavée et faire une visite à l’hôtel Lamoignon.
(1) Dans la cour du mont-de-piété^ on peut voir un tracé indiquant la place où passait l’enceinte de Philippe-Auguste .
PROMENADES DANS PARIS
Une date : 1055, placée au-dessus de la porte, doit être celle de la prise de possession de l’hôtel par la famille du premier président. Quant à l'édification, elle remonte à la seconde partie du seizième siècle, et l’hôtel pourrait bien avoir eu pour premier propriétaire, ainsi que quelques écrivains le prétendent, la célèbre Diane de Poitiers. Les D, chiffre de la grande sénéchale, qui couronnent les fenêtres, semblent donner une vraisemblance à cette opinion.
Ce dont on est certain, c’est qu’en 1581 cet hôtel appartenait au duc d’Angoulêine, un aimable fils de Charles IX et de Marie Touche!, qui, lorsque des laquais lui réclamaient leurs gages, les invitait à se pourvoir en détroussant les passants. Malesherbes, le défenseur de Louis XVI, est né ô l’hôtel Lamoignon.
Revenant un peu sur nos pas, nous gagnerons la rue des Archives, ou nous trouverons, tout à côté de l’église protestante, dans laquelle, sous Louis-Philippe, la duchesse d’Orléans venait faire ses dévotions, un curieux reste du cloître, construction du quinzième siècle admirablement conservée; l’église, moins simple à l’intérieur que ne le sont généralement les temples protestants, contient quelques tableaux et quelques statues; elle date du milieu du dixhuitième siècle.
Nous sommes maintenant tout près de l’Hôtel de ville, récemment construit et inachevé encore, en ce qui concerne la décoration intérieure.
L’histoire de rilôtel de ville est trop connue et a été trop de fois écrite pour que nous fassions nos lecteurs l’injure de la rééditer.
L’œuvre du Boccador, détruite en 1871, est maintenant relevée de ses ruines; le plan ancien a été suivi; la belle façade, aux larges entrées, est réédifiée; le gracieux campanile surmonte de nouveau le monument; la salle Saint-Jean est reconstituée; les splendides salons des fêtes n'attendent plus, pour être complets, que d'importantes décorations, déjà commandées à l'élite de nos artistes; le grand escalier sera décoré par M. Delaunay; les plafonds des salles et leurs
LE PETIT SALON DES FÛTES A L IIOTtL-DE-VILLE.
trumeaux seront ornés d’œuvres signées : Bonnat, Lefebvre, Besnard, Benjamin Constant, Leroux, etc.
La vue que nous donnons du petit salon de réception donne une idée de ce que seront ces magnifiques appartements, quand la décoration en sera complète.
Outre les services municipaux, dont les bureaux sont répandus dans tout l’édifice, des sous-sols aux combles, l’Hôtel de ville renferme la salle du Conseil municipal, dont les séances sont maintenant publiques. Il contient aussi les appartements destinés au préfet de la Seine.
Le square de l’Hôtel de ville est décoré d’une statue d’Étienne Marcel, œuvre d’Idrac et Marqueste.
En regard de la façade orientale du palais municipal, entre les casernes Napoléon et Lobau, deux constructions froides et massives, s’élève l’église de Saint-Gervais et de Saint-Protais ; c’est un monument ogival du quinzième siècle, d’un beau caractère, que ne dépare point pourtant, malgré la différence du style, le portail édifié par Jacques Debrosse en 1616. Ce portail, avec son perron, ses trois ordres d’arcbitecture harmonieusement superposés, les lignes élégantes de ses frontons, ses larges fenêtres, ses statues en plein air, est réellement d’un grandiose aspect, et se raccorde fort bien avec les constructions primitives.
A l’intérieur, nous signalerons un remarquable tour de force architectural : c’est la clef pendante de la chapelle de la Vierge, qui fut exécutée, en 1517, par les Jacquet, maçons en grand renom alors.
On vous montrera certainement aussi un tableau sur bois représentant la Passion . Cette œuvre, très curieux spécimen de l’art pictural au quinzième siècle, est attribuée, par la tradition, à Albert Durer.
A voir encore les stalles du chœur, en bois sculpté, beau travail du seizième siècle; sur le maître-autel, les chandeliers et la croix en bronze doré qui proviennent de l’ancienne abbaye de Sainte-Geneviève; dans la chapelle Sainte-Anne, un bas-relief en pierre du treizième siècle représentant Jésus recevant l’âme de la Vierge morte, et enfin
PROMENADES DANS PARIS
plusieurs tableaux de MM. Heim, Caminade, Guichard, etc., et le Christ en croix 9 composition de Préault.
La chaire est aussi fort remarquable; elle a été édifiée en 1824, sur les dessins de Pierre Gauthier; Laitié et Lebœuf-Nanteuil ont sculpté les quatre expressives figures d’évangélistes qui décorent les piédestaux.
Les deux statues du portail, saint Gervais et saint Protais, sont : la première de Préault, la seconde d’Antonin Moyne. Les groupes colossaux, qui se détachent si puissamment au sommet du fronton, sont de Joufïïoy et de Dantan aîné.
C’est en face de cette église qu’on vit, jusqu’en 1811, un orme séculaire, à l’ombre duquel on rendait autrefois la justice.
Nous touchons au bout de notre course; nous n’avons plus maintenant à visiter, avant de revenir à la place Royale, que quelques maisons isolées curieuses à divers titres, puis l’église Saint-Paul qui nous retiendra un temps assez long, temps que nous ne serons pas tenté de regretter.
Voici d'abord rue François-Miron, numéro 68, une construction du dix-septième siècle dont nous vous invitons, après avoir contemplé la façade et la porte, à visiter la cour et le vestibule de gauche orné de colonnes de marbre. Ensuite, une jolie habitation, de la même époque, qui porte le numéro 76, et quelques pas plus loin, au numéro 82, un balcon léger et élégant, soutenu par des dragons colossaux.
Si nous nous engageons dans le passage Charlemagne, nous traverserons ce qui reste de l’ancienne demeure de Hugues Aubriot, prévôt de Paris; l’hôtel Aubriot fut presque entièrement reconstruit, au commencement du seizième siècle, par l’amiral de Graville dont il porta le nom. La jolie tour, renfermant un escalier à vis qu’on voit dans un des angles delà cour, est tout ce qui subsiste de l’édifice primitif.
Tandis que nous sommes dans le quartier, poussons une pointe jusqu’à l’angle des rues du Figuier et de l’Hôtel-de- Ville.
Là, nous trouverons l’élégant hôtel de Sens dont l’inscription, placée sur une plaque de marbre qui orne la devanture, nous dira l’origine en peu de mots :