‹ Paris, promenades dans les vingt arrondissements (volume 2)Chapitre 42 sur 56 · SAINT-VICTOR. — JARDIN-DES-PLANTES. — VAL-DE-GRACE. SORBONNE · texte numérisé non relu

SAINT-VICTOR. — JARDIN-DES-PLANTES. — VAL-DE-GRACE. SORBONNE

DÉLIMITATION

Une ligne partant du boulevard de Port-Royal et suivant l’axe du boulevard Saint-Michel jusqu’au milieu du pont Saint-Michel, le milieu du petit et du grand bras de la Seine jusqu’au pont d’Austerlitz, l’axe de ce dernier et ceux des boulevards de l’Hôpital, Saint-Marcel et de Port-Royal jusqu’au point de départ.

ITINÉRAIRE

POUR LE Ve ARRONDISSEMENT.

Place Valhubert, Jardin des Plantes, Muséum d’histoire naturelle; rue Cuvier, maison mortuaire de Michel Chevreul; quai Saint-Bernard, Entrepôt des vins ; quai de la Tournelle, Pharmacie centrale; quai Moutehello, rue de PHôtel-Colbert, premier amphithéâtre de médecine ; rue de la Bucherie, église Saint-Julien le Pauvre; rue Saint Julien-le Pauvre, rue Saint- Séverin, église Saint-Séverin ; rue de la Harpe, boulevard Saint- Michel, un monôme, palais et musée des Thermes, hôtel de Cluny; rue des Écoles, la Sorbonne, église de la Sorbonne, Collège de France, statues : Claude Bernard, Dante, Budé; place de la Sorbonne, lycée Saint Louis ; rue Cujas, lycée Louisle-Grand, collège Sainte-Barbe ; place du Panthéon, mairie du cinquième arrondissement, statue de J. -J. Rousseau, École de droit, bibliothèque Sainte-Geneviève, église Saint-Étienne du Mont, lycée Henri IV. Panthéon ; rue Souftlot, rue Saint- Jucques, maison ni> 151 lis, l'Académie, église Saint-Jacques du Haut-Pas, Institution des sourds-muets; rue des Ursulines, rue Louis-Thuillier, rue d’Ulm, École normale ; rue Goy-Lussoc, Musée pédagogique, couvent des dames Saint-Michel ; rue des Feuillantines, rue Saint-Jacques, asile de nuit, hôpital militaire du Val-de-Gràce ; boulevard de Port-Royal, rue de Lourcine, église Saint-Médard; rue Mouge, rue de Navarre, arènes de Lutéce; rue Lacépède, hôpital de la Pitié; rue du Battoir, rue de lu Clef, prison de Sainte-Pélagie ; place Mouge, statue de Louis Blanc, square Monge, statue de Voltaire, statue de Villon, École polytechnique ; rue Monge, place Maubert. statue d'Étienne Dolet, marché des Carmes, marchands de vieux tabac ; rue Du Sommerard, rue Jeau-de-Beauvais, église roumaine ; rue Saint- Victor, église Saint-Nicolas du Chardonnet. — Paradis latin, théâtre Cluny, École Lavoisier, collège Irlandais, École municipale de physique et de chimie industrielles, halle aux cuirs, boulangerie des hôpitaux, amphithéâtre d’anatomie, fontaine Cuvier.

DANS LE CINQUIÈME ARRONDISSEMENT

C’est par son plus riant côté que nous entrerons dans le cinquième arrondissement; c’est à pas lents et en nous arrêtant souvent, que nous nous dirigerons vers la colline qui le domine et que signalent de loin le dôme du Panthéon et ses deux voisines, les tours de Saint-Étienne du Mont et de Sainte-Geneviève.

Le cinquième arrondissement, c’est le quartier de l’étude et de la science, c’est la vieille Université, le pays latin. Grandes écoles, bibliothèques, lycées, musées, hospices, hôpitaux, monuments des âges disparus, vieilles rues des temps anciens, larges voies des temps modernes, longues et pittoresques perspectives, verdure des jardins, bronze des statues, jaillissement joyeux des fontaines, nous trouverons tout cela dans cette sorte de pentagone encadré de quais verdoyants et de boulevards neufs.

C’est le quartier — on serait tenté de dire la ville — delà jeunesse bruyante, mais travailleuse, accessible à toutes idées neuves pourvu qu’elles aient un caractère de grandeur et de générosité ; c’est aussi le quartier des vieillards dont la vie s’est passée à scruter les secrets de toutes les sciences, à préparer les découvertes que leurs élèves d’aujourd’hui, leurs successeurs de demain, apporteront à la collection toujours augmentée, toujours incomplète du savoir humain. C’est le quartier où l’on vit plein de foi et d’espoir dans les succès à venir, où l’on meurt sans regrets après une existence bien remplie, en souriant au flot de jeunesse qui monte et qui recueillera, héritage précieux, le grand exemple de l’impérieux besoin du labeur.

Nous sommes sur la place Yalhubert; elle forme un gai

PROMENADES DANS PARIS

rond-point à la tête du pont d’Austerlitz. La gare d’Orléans, construite par Renaud de 18G5 à 1809, se dresse à notre gauche; le boulevard de l’Hôpital fuit, gris, vers le sud, entre deux rangées d’arbres verls. Devant nous s’ouvre la grille du Jardin des Plantes, laissant voir au bout de son allée centrale les nouveaux bâtiments du Muséum, et à gauche, le long bâtiment dont M. Dutert a commencé la construction en 1893, et qui renfermera les collections du musée d’anatomie.

Le Jardin des Plantes, institution dont Paris est fier à juste titre, est admirablement situé, bien dessiné et il offre aux promeneurs ses allées ombreuses; aux curieux des sciences naturelles, les inépuisables trésors de ses riches collections.

Si les flâneurs et les enfants s’amusent devant les cabrioles des singes, les mouvements lourds des ours, les piailleries des oiseaux, les rugissements des fauves, le sommeil des reptiles, les familiarités des éléphants; les savants, ou ceux qui aspirent à devenir des savants, suivent assidûment les cours faits par d’éminents professeurs dans le vaste amphithéâtre où douze cents auditeurs peuvent tenir à l’aise. A la continuation des études, le Muséum offre ses immenses galeries de zoologie, de minéralogie, de géologie, de botanique, et sa bibliothèque; le jardin, ses serres, ses écoles de plantes et d’arbres fruitiers; à tous enfin l’instruction présentée sous sa forme la plus attrayante.

La fondation du Jardin des Plantes remonte à l’an 1G2G, et l’honneur en revient à Guy delà Brosse. Mais Buffon peut en être considéré comme le véritable créateur ; c’est lui qui lit construire le grand amphithéâtre et les laboratoires de chimie; c’est lui encore qui lit considérablement agrandir les galeries d’histoire naturelle. Bernardin de Saint-Pierre, qui le remplaça, resta trop peu de temps à la direction du Muséum pour que son passage ait laissé des traces appréciables. Après lui se succédèrent Geoffroy Saint-Hilaire, Cuvier, Chevreul, Frémy, A. Uilne Edwards, tous savants dont les noms suffisent à révéler la compétence et qui ont puissamment contribué à la prospérité du Jardin des

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