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LA GALE DE L’OUEST VUE DE LA PLACL DE L’EUROPE

de Monceau; il y avait placé un jardinier émérite, le père Schoène, un type étonnant, fanatique de ses plantes, prêt à mourir pour son roi, mais incapable de se priver de fumer sa pipe en lui parlant.

En 1852, la propriété passa pour une moitié entre les mains de M. Pereire et pour l’autre entre celles de la ville de Paris. C’est de cette dernière qu’on a fait le jardin unique en son genre à Paris, que vous pouvez traverser à cheval ou en voiture, l’après-midi, pour vous rendre au bois; là aussi vous pouvez errer le matin, dans une solitude charmante, au milieu d’une flore luxueuse, dans des allées douces aux pas et favorables à la rêverie, à l’ombre des grands arbres, aux bords d’une gaie rivière, sur un pont dont la forme rappelle celle du Rialto de Venise, autour d’une colonnade, simulation de ruines que le lierre entoure, dans des grottes fraîches où l’on réussit pour la première fois à simuler des stalactites, dans un air pur, vivifiant, enfin qui vous permet de croire que la baguette d’une fée vous a soudain transporté à mille lieues du Paris bruyant.

Les quatre belles grilles d’entrée, monumentales et richement décorées, ont été dessinées par M. Davioud. La cascade, le rocher, la grotte, sontl’œuvrede M. Combaz.

Quant aux plantes exotiques, aux arbres rares, aux fleurs qui ornent le parc, il ne faut pas tenter d’en faire l’énumération ; charme indéfinissable pour les promeneurs, leur réunion est un objet de curiosité d’abord et d’étonnement ensuite pour les botanistes.

Nous quittons le parc Monceau par l’avenue Van-Dyck, et la rue de Courcelles nous conduit en quelques instants devant l’église de la rue Daru.

En 1859, la colonie russe, pourtant déjà fort importante à Paris, ne possédait qu’un édifice religieux; il était sitiijé depuis 1 820 au numéro 12 de la rue de Berry et ne répondait, ni par l’exiguité de ses dimensions, ni par la modestie de son aspect, aux nécessités d’un culte dont les fidèles augmentaient chaque jour; le caractère de la religion ne pouvait | s’y manifester dans tout ce qu’il a de pompeux.

PROMENADES DANS PARIS

L’aumônier de l’ambassade, M. Wassilief, sollicita de son gouvernement l’autorisation d’ouvrir une souscription pour élever un édifice digne de ses coreligionnaires. L’empereur Alexandre et le saint-synode de Russie s’inscrivirent tous deux pour une somme de 200000 francs ; les Russes résidant à Paris s’empressèrent de compléter les 1 200 000 francs nécessaires à la réalisation du projet.

Entrente mois, le temple et deux maisons destinées au logement du clergé qui le dessert étaient édifiés, et la nouvelle église put être solennellement consacrée le 30 août 1861 ; Mgr Léonce, coadjuteur au métropolitain de Saint-Pétersbourg, présida la cérémonie.

M. Kouzmine a fourni les plans de cette riche et élégante construction; les travaux ont été conduits par M. Strom.

L’église, en forme de croix grecque, est conçue dans le style byzantino-moscovite ; un parvis de onze marches conduit à son seuil. Cinq dômes dorés et surmontés d’une double croix la couronnent; des peintures, pour la plupart sur fond d’or, en ornent l’extérieur, le parvis, le vestibule, la nef et le sanctuaire. La nef, au-dessus de laquelle s’élève la coupole centrale, décorée de figures de saints, est d’un aspect particulièrement riche le sanctuaire, placé dans le bras est de la croix, est élevé de trois marches au-dessus du sol de l’église et séparé d’elle par un iconostase à sept travées; dans la travée centrale s’ouvrent, sous un arc reposant sur des colonnes torses décorées de rinceaux sculptés et de médaillons peints, les deux vantaux ajourés de la Porte-Sainte.

Au milieu de cette profusion d’images et d’or éclairés par des lampes et des cierges, en présence d’une assistance aristocratique, les solennités du culte russe revêtent un caractère véritablement imposant.

La célébration d’un mariage à l’église russe est particulièrement curieuse; les époux, debout, le front sous les couronnes tenues parles garçons d’honneur, écoutent, recueillis, les prières du pope; à latin de la cérémonie, celui-ci les couronne, et, joignant leurs mains sur les bouts de sa dalma-

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