‹ Paris, promenades dans les vingt arrondissementsChapitre 23 sur 40 · LA PLACE DE L’OPÉRA UN SOIR DE BAL · texte numérisé non relu

LA PLACE DE L’OPÉRA UN SOIR DE BAL

monisent avec un ensemble grandiose qui répond bien à la majesté du culte. Dans le vaisseau sonore, au-dessus de la large nef, devant le chœur que douze marches surélèvent, résonne, aux jours de grandes fêtes, un orgue puissant, sorti des ateliers de M. Merklin.

Le sanctuaire^ placé, comme dans tous les temples israélites, au fond du chœur, est richement décoré de peintures, de sculptures et de vitraux.

Une pièce, dite petit temple, existe à la droite du chœur dans le prolongement des bas côtés; c’est là que sous des lambris de chêne, devant un petit tabernacle, sous la douce lumière que répandent une grande croisée à plein cintre et cinq petites baies, se disent les prières quotidiennes.

Les vitraux de ce petit temple, ainsi que ceux du chœur, sont de MM. Lusson et Lefèvre; ceux des roses de la nef et de la tribune de l’orgue sont de M. Oudinot. M. Rey a exécuté les peintures décoratives; les sculptures d’ornement de la façade sont dues à M. Lechesne, celles du porche et du petit temple, à M. Darvent; le chœur a été décoré par M. Bloche.

Les dépendances du temple donnent sur la rue Saint- Georges, et renferment les logements des desservants et une école.

Puisse, chers lecteurs, le hasard de votre promenade vous amener en ce quartier un jour où la salle Herz ouvrira ses portes à son public de dilettanti !

Le programme, toujours très varié, du concert auquel vous pourrez assister dans cette coquette bonbonnière, bien faite pour le public de choix qui la fréquente, vous permettra d’enlendre, accompagnés par les pianos de la maison, toute une série d’exécutants, de chanteurs, de diseurs, du premier ordre.

Quelques pas dans la rue Taitbout nous permettront de rejoindre la rue de Châteaudun : une voie large, droite, bordée de constructions hautes et luxueuses, véritables types des maisons de rapport du dix-neuvième siècle, qui, s’embranchant sur la rue Lafayette, à la hauteur de la rue Cadet,

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conduit directement à l’extrémité de la Chaussée-d’Antin, et permet aux promeneurs d’apercevoir, quelques moments avant d’arriver devant sa façade, les lignes harmonieuses, le clocher et les clochetons de l’église de la Trinité.

Placée à l’extrémité de la rue de la Chaussée-d’Antin, au fond d’un square elliptique ombragé de grands arbres, sillonné d’allées sablées, qu’égayent, vers trois heures de l’après-midi, les ébats de coquets babys, le babillage des jeunes mères et le murmure des fontaines pleurant dans leurs triples vasques, l’église de la Trinité, avec son portique à trois ouvertures, ses rampes aux courbes gracieuses, son hardi campanile, ses proportions harmonieuses, son intérieur, clair, élevé, un peu théâtral, mais non dépourvu de majesté, est certainement une des plus remarquables constructions du Paris moderne ; édifiée sur une place admirablement choisie, isolée et accessible de tous côtés ; offrant aux voitures l’accès facile et l’abri de son porche, et au développement des cortèges nuptiaux ou funéraires, sa large nef, l’église ace mérite d’étre conçue et aménagée dans un esprit et dans un style qui répondent bien aux sentiments des fidèles qui la fréquentent.

Sa construction fut commencée en 1861, sur les plans et sous la direction de M. Théodore Ballu. Édifiée en six années, elle fut consacrée par M*1* Barboyle 7 novembre 1867.

La façade est ornée de statues représentant les trois vertus théologales, dont les modèles, fournis par Duret, ont été exécutés par M. Lequesne; pour les niches, pratiquées contre les piliers des arcades, les travées qui surmontent le premier étage, les retours du porche, MM. Guillaume, Maniglier, Doublemard, Mathurin Moreau, Aizelin, Dubray et Loison ont sculpté de grandes figures de saints; les quatre évangélistes accostant le campanile octogonal sont de MM. Gauthier, Gilbert, Cugnot et Fesquet ; deux beaux groupes en pierre : la Prudence et la Tempérance, complètent cette riche décoration; ils sont signés, l’un de M. G. Crauk et l’autre de Carpeaux.

Dans l'intérieur, sans les détailler par le menu, nous si-

gnalerons à l’attention des visiteurs plusieurs belles peintures sur tond or de MM. Félix Barrias et Jobbé-Duval ; un Songe de saint Joseph et une Sainte Famille , de M. Thirion; deux tableaux de M. Lecomte du Nouy : Épisodes de la vie de saint Vincent de Paul , décorant la chapelle des Ames du purgatoire; enfin, dans la chapelle de la Vierge, plusieurs grandes toiles par MM. Élie Delaunay et Émile Lévy, et un beau groupe de M. Paul Dubois : la Vierge tenant V Enfant Jésus.

Au sortir de l’église., la descente de la rue de la Chausséed’Antin nous conduira jusqu’au boulevard des Capucines ; à l’angle de ces deux voies, dans un pan coupé malheureusement étroit,, nous verrons la façade peu monumentale ,, mais de gracieux aspect quand même,, du théâtre du Vaudeville. La salle est une des plus coquettes et des mieux aménagées de Paris; le foyer, dont les fenêtres s’ouvrent sur un large balcon, est particulièrement remarquable par sa forme et par l’élégance et le bon goût de sa décoration.

Le théâtre du Vaudeville fit, non sans gloire, ses premiers pas dans une salle de la rue de Chartres : Piis, Barré, Desfontaines, Désaugiers, furent longtemps ses auteurs aimés ; un incendie détruisit la salle de la rue de Chartres en 1838, et le Vaudeville se réfugia pendant quelque temps dans un local exigu compris dans l’enceinte du palais Bonne-Nouvelle et où avait été faite, sans succès, la première tentative de café-concert. En 1840, il prit possession de la salle du théâtre des Nouveautés, place de la Bourse; les années qui suivirent furent peu brillantes. En 1848, il dut quelques succès à des pièces aristophanesques : laPropriété c'est le vol, la Foire aux idées , etc.; puis, bien que sa troupe se fût enrichie d’excellents artistes, la mauvaise chance le poursuivit encore longtemps.

Changeant absolument son genre primitif, il se lança dans la comédie et même dans le drame, et le grand succès de la Dame aux camélias (février 1852) fut le signal d’une ère de prospérité qui ne s’est interrompue depuis qu’à de rares intervalles. Les Filles de marbre , les Faux Bonshommes , les

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Parisiens , de Barrière, Dalila , Rédemption , d’Octave Feuillet, la Famille Benoîton , de Sardou, attirèrent pendant de longs mois la foule au théâtre de la place de la Bourse.

Exproprié en 18G8 pour l’ouverture de la rue du Dix- Décembre (aujourd’hui rue du Quatre-Septembre),le théâtre fut immédiatement reconstruit où nous le voyons. M. Magne, architecte désigné par le choix intelligent de l’administration municipale, a fourni les plans et conduit les travaux ; il a, vous le voyez, orné sa façade de bustes, de cariatides et de groupes sculptés distribués avec un goût parfait; ses collaborateurs pour cette partie artistique ont été MM. Victor Évrard, Salmson, Émile Hébert et Chevalier; c’est à ce dernier qu’on doit le Génie de la comédie qui s’élève au sommet de l’édifice et le termine si heureusement.

Lanouvelle salle fut inaugurée le 22 avril 18G9; si ses échos peuvent évoquer le souvenir des tumultueuses soirées de Rabagas , ils n’ont pas perdu celui des grands succès de Dora , du Procès Vaur adieux, des Bourgeois de Pont-Arcy, de Tête de linotte et des Surprises du divorce .

Nous voici sur le boulevard des Capucines, suite immédiate et prolongation du boulevard des Italiens; un des coins de Paris curieux à voir à l’heure où la Bourse est fermée,, où les théâtres ne sont pas ouverts encore, où les boulevardiers, assis aux terrasses des luxueux cafés, dégustent un apéritif en chassant devant eux la fumée de leur cigare.

Nous avons parlé plus haut de la physionomie du boulevard, nous avons défini son caractère en quelques lignes; nous ne nous arrêterons pas pour le moment, pressé que nous sommes de vous conduire devant le plus beau monument du Paris moderne, nous avons nommé l’Opéra.

Pour contempler la façade dans son ensemble, pour admirer ses lignes harmonieuses, ses proportions savamment comprises, sa coloration si charmante à l’œil, son grandiose abord, vous prendrez un point de recul, soit en vous plaçant sur un des refuges du boulevard, soit en le traversant au milieu des voitures, pour atteindre le carrefour formé par les rues de la Paix, du Quatre-Septembre et l’avenue de l’Opéra.

Pendant ce temps, nous esquisserons l’histoire bien modeste d’abord, si brillante ensuite, de l’Académie nationale de musique et des salles qu’elle a successivement occupées.

C'est à Issy, en 1659, dans la maison d’un riche particulier, nommé de la Haye, que fut tenlé par l’abbé Perrin, pour les paroles, par Cambert, pour la musique, le premier essai d’opéra français. Le genre alors appartenait aux Italiens, qui l’ont créé, et dont les troupes avaient, à plusieurs reprises, obtenu de grands succès à Paris.

La Pastorale d’Issy attira dix fois dans le village où elle était jouée la ville et la Cour; les badauds — ils ne sont pas d’invention nouvelle— stationnaient, dit-on, devant la maison pour recueillir à chaque entr’acte quelques nouvelles de la représentation. Le roi manifesta le désir d’assister au spectacle nouveau, et la troupe dut, un jour, se transporter à Vincennes, pour donner la dernière représentation de la Pastorale .

Malgré leur succès, Perrin et Cambert attendirent pendant dix années le privilège qu’ils sollicitaient et qui leur fut enfin accordé le 28 juin 1669; dès lors, il leur était permis d’établir par tout le royaume des académies d’opéra ou représentations en musique en langue française .

Le marquis Rieux de Sourdéac, grand amateur de pièces à machines, avait déjà donné des preuves de son goût théâtral en montant, dès 1660, la Toison d’or , de Pierre Corneille, en son château de Neufbourg ; il s’associa au poète et au musicien, et devint en quelque sorte leur machiniste, tandis que Champeron se faisait leur bailleur de fonds.

Le théâtre s’installa alors rue Guénégaud, au Jeu de paume de la bouteille ; il ouvrit le 19 mars 1671 par la représentation de Pomone qui, pendant huit mois consécutifs, attira la foule et procura aux associés 120000 livres de bénéfice net.

Il est vrai qu’un billet de parterre valait alors 10 livres, ce qui équivaut à peu près à 30 francs de notre monnaie.

Ce succès inespéré mit le désaccord entre les fondateurs de l’Opéra; le marquis de Sourdéac intenta un procès à Perrin; le malheureux mourut en prison. Un second opéra,

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représenté à la salle de la Bouteille : les Peines et les plaisirs de l’amour, était, dit Saint-Évremont, « plus poli et plus galant que celui de Pomone ».

Lulli, fort en faveur alors auprès du roi, obtint à son profit la révocation du privilège accordé à Perrin et Cambert, et transporta l’Opéra dans un autre jeu de paume, celui du Bel Air, rue de Vaugirard; rapidement improvisée, cette salle offrait peu de sécurité aux spectateurs, devenus de jour en jour plus nombreux; le séjour du théâtre y fut court, mais le succès de Cadmus assura la vogue du genre nouveau.

En 1673, quatre mois après la mort de Molière, Lulli s’empara de la salle du Palais-Royal, et Quinault, l’auteur de Cadmus, continua jusqu’en 1686 à être son fidèle librettiste. Nous n’énumérerons pas tous les ouvrages représentés pendant cette brillante période; nous nous contenterons de faire remarquer que ce pauvre Quinault, qu’on ne connaît guère aujourd’hui que par un vers méchant de Boileau, était non seulement un librettiste d’imagination brillante et féconde, mais encore parfois un poète délicat; respectueux de son art, il savait plier ses vers aux exigences musicales, sans rien sacrifier de leur grâce poétique et de leur ampleur théâtrale. Il fut en réalité le fondateur de l’opéra français.

Mais laissons cette digression littéraire, et revenons à l’histoire du théâtre.

C’est dans cette salle du Palais-Royal que furent inaugurés, le 2 janvier 1716, ces fameux bals masqués dont la vogue, immense dès le début, fut interrompue par la tourmente révolutionnaire, et retrouva plus tard, jusqu’au milieu de ce siècle, un regain de popularité dont les vieux Parisiens se souviennent encore.

C’est là aussi que naquit la grande école chorégraphique dont les gloires furent, en ce temps, la Camargo, la Sallé, la Guimard et Vestris, qui se surnomma lui-même : le diou de la danse.

Disons aussi que, pendant cette période qui se prolongea jusqu’en 1764, les pompes décoratives firent de grands pro-

grès, et que de nouveaux compositeurs se révélèrent; Campra, Francœur, Mondoville, Dauvergne, Monsigny, Rameau enfin, se disputèrent tour à tour la faveur du public. Quant aux librettistes du temps, ils s’appelèrent Danchet, La Motte, J.-R. Rousseau, Duché, Regnard, etc.; les interprètes furent des artistes non encore oubliés : Mnes Clairon, Sophie Arnould, Marie de Fel, Le Maure, MM. Jéliotte, Tribou, de Chassé, etc.

Pendant les fêtes de Pâques, le 6 avril 1763, la salle de l’Opéra fut dévorée en quelques heures par un incendie dont aucune enquête n’a pu révéler la véritable cause.

La ville de Paris chargea l’architecte Moreau de reconstruire le théâtre incendié; en même temps, Soufflot et Gabriel remaniaient aux Tuileries la Salle des machines , où les troupes italiennes avaient joué devant Mazarin en 1659.

Le séjour de l’Opéra aux Tuileries dura quatre années, depuis le 24 janvier 1764 jusqu’au 26 janvier 1770. Ce jourlà, il s’installa dans la nouvelle salle du Palais-Royal. Celleci, luxueuse, bien aménagée, d’une bonne sonorité, développait sa façade depuis l’aile droite du Palais-Royal jusqu’à la rue des Rons-Enfants.

Elle contenait deux balcons, un amphithéâtre, trois rangs * de loges, un paradis (le mot est du temps) et un parterre où les spectateurs se tenaient debout.

La production musicale n’était point en progrès, nul maître ne s’était révélé depuis Rameau, et l’Académie de musique était forcée de revenir à ses œuvres.

C’est alors qu’on songea à l’opéra-ballet et au ballet-pantomime, et qu’en ces genres, Noverre, Auguste Vestris, Mnes Gardel, Guimard, Théodore, Heinel,Peslin, Allard, etc., obtinrent leurs plus grands succès.

Le 19 avril de l’année 1774 est une date inoubliable dans les fastes de l’Opéra, elle rappelle l’avènement de Gluck et la première représentation d 'Iphigénie en Aulide. A partir de ce jour commence une ère nouvelle, les vieilles routines sont abandonnées, les masses chorales prennent une part active à l’action, l’orchestre, que le maître a dirigé pendant

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les études de son œuvre, est débarrassé du clavecin, du cor de chasse, de la flûte à bec et doté de la harpe et du trombone; les violons, ou pour mieux dire, ceux qui jouaient de cet instrument et dont l’inhabileté était devenue proverbiale, sont, à la satisfaction du public, soumis à la discipline d’un irréprochable ensemble.

Enfin, et ceci n’est point indifférent au progrès de l’art dramatique, c’est à la représentation d'Iphigénie que, pour la première fois, le rideau baissa entre les entr’acles et dissimula aux spectateurs le travail des machinistes plantant les décors.

Quant à reflet de l’œuvre nouvelle, il fut prodigieux; cette musique majestueuse, saisissante de vérité, profondément pathétique, conquit immédiatement les suffrages de tous les dilettanti. Orphée , Alceste , Armide , augmentèrent encore la réputation du maître nouveau. Point de triomphe qui n’ait ses envieux, point de grand génie à qui l’on ne tente d’opposer un rival! Ce rival, pour Gluck, fut Piccini. Maître italien fort réputé en son pays, Piccini débuta à Paris en 1778 par un Roland , œuvre qui fut le signal d’une longue guerre entre les glachïstes et les piccinistes. Si le premier avait pour lui l’abbé Arnaud, Suard, du Rollet, Coquéau, le second était vigoureusement défendu par Guinguené,La Harpe, d’Alembert et Marmontel qui lui fournissait des poèmes. Vous le voyez, les beaux esprits se partageaient en camps à peu près égaux ; le public, lui, applaudissait tour à tour les deux rivaux et saluait l’aurore des maîtres qui devaient devenir célèbres un jour : Mozart et Grétry.

Le 8 juin 1781, un nouvel incendie éclata dans la salle du Palais-Royal et la détruisit complètement; le 14 août suivant, l’Opéra prit possession de la salle des Menus-Plaisirs, en attendant que le théâtre, dont Lenoir posait alors les fondations sur le boulevard Saint-Martin, pût lui offrir un asile.

Le court séjour de l’Opéra aux Menus-Plaisirs n’offre rien d’intéressant à signaler au point de vue artistique; étroitement installé, il ne donna pas de nouveautés importantes. 11 faut nous contenter de constater que ce fut dans cette salle

que, pour la première fois, le parterre fut garni de banquettes.

Nous raconterons en son lieu l’histoire du théâtre de la Porte-Saint-Martin. Signalons seulement ici quelques-unes des œuvres que l’Opéra représenta avec succès pendant les treize années qu’il l’occupa.

C’est sur cette scène que furent créés : Colinette à la Cour *, Amphitryon et Thésée , de Gossec; Renaud et OEdipe à Colone , de Sacchini; les Danaïdes et Tarare , deSalieri; Panurgedans Vile des lanternes, de Grétry (Monsieur, comte de Provence, avait collaboré aux paroles) ; Pizarre , de Candeille ; Thémis tocle, de Philidor; les Prétendus , de Lemoyne, un succès que, malgré ses efforts, le compositeur ne put jamais retrouver; citons encore : Démophon, de Cherubini; le Jugement de Paris, de Méhul ; le Mariage de Figaro, de Mozart, et enfin, dans les derniers temps, plusieurs cantates, dont Gossec et Candeille fournirent la musique.

L’installation du théâtre de l’Opéra était toujours considérée comme provisoire au théâtre de la Porte-Saint-Martin, et la municipalité parisienne rêvait de lui donner une salle où son avenir fût assuré.

Le 14 avril 1794,, le Comité de salut public rendit un arrêté aux termes duquel l’Opéra devait être, sans retard, transféré dans le théâtre que Mlle de Montansier avait fait édifier rue Piichelieu; Mlle de Montansier fit quelque résistance, on l’emprisonna, on ferma sa salle, et le 7 août de la même année, mais sous le nom de théâtre des Arts, l’Opéra inaugura son nouveau domicile en continuant les représentations d’une sans-culottide en vogue : la Réunion du 10 août.

La salle, construite par Victor Louis, d’apparence modeste à l’extérieur, était, au dedans, la plus confortable et la plus luxueuse qui eût encore été mise à la disposition de l’Académie de musique.

Elle occupait, nous croyons l’avoir dit ailleurs, l’emplacement où verdoie maintenant le square Louvois. Ceux qui ont vu l’Opéra rue Le Peletier peuvent se rendre compte de l’aspect de la salle Montansier; cinq rangs délogés couraient

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à l’entour, et 1 650 spectateurs pouvaient s’y placer à l’aise.

Pendant les vingt-six années que l’Opéra occupa cette scène, la production fut féconde et les succès nombreux; plus de cent ouvrages ont été montés avec un luxe toujours grandissant; parmi les compositeurs qui se partageaient les bravos, pendant cette période, il convient de citer : Grétry, Méhul, Kreutzer, Cherubini, Nicolo, Lesueur,Kalkbrenner,Daleyrac, Spontini, Persuis, Berton, etc. ; les nomsdes interprètes sont à retenir aussi : Lays, Lainez, Chéron, Derivis, Louis Nourrit, père d’Adolphe Nourrit, qui créa plus tard Gui llaume-Tell , Alexis Dupont, M11®8 Saint-Aubin, Scio, Roussellois, Grassini, Mme Branche, dont le nom est resté inséparable du grand succès de la Vestale .

Chassé de la rue Richelieu après l’attentat du 13 février 1820, l’Opéra se réfugia,, provisoirement encore, et pour seize mois seulement, à la salle Favart, où, comme jadis aux Menus-Plaisirs, il se trouva fort à l’étroit et ne put donner que de petits spectacles.

Le 16 août 1821, il prit possession de la salle Le Peletier, où il séjourna cinquante-deux ans, et d’où le feu, ce terrible ennemi des théâtres, le força d’émigrer encore dans la nuit du 28 au 29 octobre 1873.

Dans la pensée du gouvernement d’alors, la salle Le Peletier, élevée par l’architecte Debret, sur des terrains appartenant au jardin de l’hôtel de Choiseul, n’était point encore une installation définitive; la construction, menée rapidement, dura juste une année.

Nous avons dit plus haut que la salle de la rue Le Peletier rappelait beaucoup celle de la rue Richelieu, nous allons donner ici les raisons de cette ressemblance. Toutes les décorations de l’ancien édifice : colonnes, devantures de loges, corniches, encadrement de la scène, avaient été enlevées du théâtre condamné, et transportées dans le bâtiment nouveau; le joli cadre que Victor Louis avait donné à la salle Montansier, fut, par ce fait, préservé de la destruction, et, longtemps encore, entoura de ses splendeurs les représentations de notre première scène lyrique.

Ce demi-siècle passé par l’Opéra, rue Le Peletier, est certainement la plus glorieuse époque de son histoire. Le 9 octobre 1826, le rideau se leva sur le Siège de Corinthe , de Rossini, et, dès le même soir, une révolution semblable à celle que Gluck avait opérée jadis, ouvrait triomphalement la voie aux novateurs et reléguait à l’arrière-plan les célébrités du temps passé, depuis Gluck lui-même jusqu’à Kreutzer, depuis Nicolo jusqu’à Spontini. Le Siège de Corinthe était interprétépar les deux Nourrit, Derivis et JPe Cinti qui devait, plus tard, devenir si célèbre sous le nom de Mme Damoreau.

L’élan était donné, une musique nouvelle créée ; les disciples du maître, maîtres eux-mêmes pour la plupart, ne devaient pas tarder à suivre la grande impulsion. Auber, Hérold, Meyerbeer,Donizetti,Halévy,Adam, Gounod, Félicien David, Berlioz , Mermet, allaient composer cette pléiade qui devait placer l’Opéra français à la tête de toutes les scènes européennes.

Analyser, ou seulement rappeler par leurs* titres tous les chefs-d’œuvre qui se sont succédé sur la scène de la rue Le Peletier, serait un travail que la place dont nous disposons ne nous permet pas d’entreprendre. Ces œuvres étant pour la plupart restées au répertoire sont, nous n’en doutons pas, dans la mémoire de nos lecteurs; qui n’a entendu Robert-le-Diable , Guillaume-Tell , la Muette de Portici , la Juive , les Huguenots , le Prophète, Sapho , Charles VI, Herculanum, la Favorite, Lucie de Lamermoor , etc., qui n’a salué de ses bravos les interprètes vivants de notre première scène ; qui n’a entendu parler de ceux qui ne sont plus , Levasseur, Duprez, Roger, Mlle Cruvelli, MmeStolz, Mrae Yiardot, MlleNiison, et tant d’autres ?

En attendant que le palais qu’édifiait M. Garnier fût terminé, l’Opéra se réfugia pendant une année à la salle Ventadour; presque aussi mal à l’aise qu’aux Menus-Plaisirs et à Favart, l’Opéra dut réduire son orchestre et sa figuration; ses représentations à Yentadour, peu intéressantes, furent peu suivies.

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Enfin, le 5 janvier 1875, le théâtre national de l’Opéra prit possession du magnifique édifice où s’abritent aujourd’hui ses splendeurs; c’est son treizième asile, il l’occupera longtemps, tout permet de l’espérer ; les dangers d’incendies étant conjurés, maintenant que l’électricité a remplacé le gaz.

C’est le 29 septembre 1860 qu’un décret impérial déclara d’utilité publique la construction d’une nouvelle salle d’Opéra et désigna l’emplacement qu’elle devait occuper. Dès le 29 décembre suivant, un concours était ouvert, laissant aux architectes le court délai d’un mois pour préparer leurs projets et les faire déposer au palais de l’Industrie. Le peu de temps accordé n’effraya personne, et le jury eut à se prononcer entre cent soixante-dix concurrents et à examiner plus de sept cents dessins : plans, coupes et élévations.

On dut procéder d’abord à un travail d'élimination; quarante-trois projets furent soumis à un nouvel examen, seize de ceux-là placés ensuite hors de pair ; enfin, on ouvrit un concours définitif entre cinq architectes auxquels des primes d’encouragement avaient été accordées. A côté du nom du triomphateur, il est de toute justice de rappeler ceux de ses confrères qui se sont le plus rapprochés du but poursuivi : les projets primés étaient ceux de MM. Ginain (6000 francs), Crépinet et Botrel (4000 francs), Garnaud (2000 francs), Duc (1500 francs) et Garnier (1500 francs).

M. Garnier remporta définitivement le prix, et, dès le mois d’août 1861, les travaux commencèrent sous sa direction.

M. Charles Garnier, né en 1825, élève de l’école des Beaux- . Arls, prix de Rome en 1848, était, en 1860, architecte de deux arrondissements de Paris; bien qu’il eût été sousinspecteur des travaux de la tour Saint-Jacques : bien qu’il eût exécuté de nombreuses œuvres déjà, son nom, aimé des artistes, n’était point arrivé au grand public; ceux-là seuls qui le connaissaient savaient de quelle ardeur et de quelle persévérance il était doué pour le travail et ne doutaient point que malgré son immensité, l’œuvre qu’il entreprenait serait par lui menée à bonne fin.

Les difficultés assaillirent l’architecte dès le début; le

quartier de la Chaussée-d’Antin est, on le sait, construit sur un sol marécageux, et les terrassements commençaient à peine quand il fallut perdre un temps considérable 'pour épuiser les nappes d’eau que les ruisseaux souterrains de Ménilmontant et de la Grange-Batelière amenaient sous la pioche des travailleurs.

L’Opéra se présente aux regards au fond de l’évasement d’une large place malheureusement bordée de maisons trop élevées; un rapide coup d’œil jeté sur le monument permet d’apprécier l’ingénieux arrangement qui, du dehors, laisse deviner toutes les dispositions intérieures; vestibule, foyer, salle, scène, pavillon du chef de l’État, administration, tout cela se distingue par un caractère particulier et se confond en un tout à la fois grand et harmonieux.

La façade, grâce aux divers matériaux employés par l’architecte, est d’une coloration particulièrement séduisante; au-dessus de son perron, entre deux pavillons formant de très légères saillies, cinq larges ouvertures cintrées donnent accès au vestibule; au premier étage règne le fond de pierre rouge de la loggia, décorée de colonnes en pierre de Bavière et de balcons aux balustres de marbre vert de Suède; les ouvertures sont encadrées de colonnes en marbre fleur de pêcher et surmontées d’œils-de-bœuf renfermant les bustes en bronze doré de Mozart, Beethoven, Spontini, Auber, Rossini, Meyerbeer, Halévy; en retour, ceux de Quinault et de Scribe, le tout exécuté par MM. Ghabaud et Évrard. Puis la coupole de la salle accroupit sa courbe bronzée et son riche couronnement doré au-dessus de l’attique; à l’arrière se dessine le toit anguleux de la scène, orné aux angles des hardis pégases de M. Lequesne et couronné au centre par le groupe de M. Millet : un Apollon élevant une lyre d’or dont les cordes semblent vibrer dans la nue et chanter la gloire de l’opéra français.

C’est d’un peu loin que, tout d’abord, nous avons embrassé ce magnifique ensemble. Si nous nous rapprochons, mille détails architecturaux, mille motifs décoratifs, arrêteront et charmeront nos yeux; d’abord, au rez-de-chaussée, au-

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dessus du perron, quatre groupes : la Poésie lyrique , la Musique, le Drame lyrique , la Danse; les trois premiers, conçus dans une donnée académique et solennelle, sont de MM. Guillaume, Jouffroy et Perraud; le dernier, œuvre de Carpeaux, remarquable d’arrangement et d’exécution, est animé d’une furia qui jure violemment avec la froideur classique de ses voisins. Lors de sa découverte, de violentes polémiques s'engagèrent à son sujet dans la presse; une nuit, une main inconnue brisa une bouteille d’encre sur la hanche d’une des danseuses; la tribune législative retentit d’attaques et d’éloges également passionnés; il fut sérieusement question de reléguer le groupe à l’intérieur du monument et de le remplacer par une œuvre de 31. Charles Gumery, s’harmonisant mieux avec les autres compositions. 31. Gumery est l’auteur des deux groupes en bronze doré : YHarmonie et la Poésie , qui décorent l’attique. Le choix, on le voit, était justifié.

Le temps passa, la tache d’encre fut enlevée, les querelles s’apaisèrent, 31. Gumery mourut, et le groupe de Carpeaux resta en son lieu, symbolisant avec une rare énergie une danse, qui, il faut bien le reconnaître, n’est pas la danse artistique, légère et décente de l’Opéra.

Dans les tympans du rez-de-chaussée vous verrez encore, au-dessous de médaillons rappelant les profils de Bach, Haydn, Pergolèse et Cimarosa, quatre statues personnifiant le Drame, le Chant, l’Idylle et la Cantate , œuvres de 3131. Falguière, Dubois, Vatrinelle, Aizelin et Cliapu.

Il est certain qu’après avoir examiné la façade du monument vous ne résisterez pas à la tentation d’en faire le tour.

Les façades latérales, quoique moins ornées que la principale, sont pourtant conçues dans le même goût architectural ; leur longue ligne droite est heureusement interrompue par deux pavillons ; du côté de la rue Halévy est le pavillon des abonnés, décoré de figures sculptées par 3131. Truphême et Sobre; sous ses hautes arcades, les voitures peuvent pénétrer et circuler à l’aise; du côté de la rue Auber est le pavillon plus important, dit pavillon du chef de l’État.

Tout en longeant l’édifice, tout en constatant la richesse

des sculptures qui décorent sa corniche, vous saluerez de chaque côté douze bustes de musiciens placés dans des niches circulaires et se détachant sur un fond de marbre rouge du Jura (1), puis vous ne manquerez pas de remarquer les lampadaires en marbre fleur de pêcher, de forme pyramidale, qui ornent les entrées, et les statues de bronze, portelumière, échelonnées au long des grilles.

Quand vous serez arrivé à l’extrémité du bâtiment consacré à la scène vous vous trouverez devant la partie réservée à l’administration ; la simplicité s’imposait ici, l’architecte l’a compris, mais il a su, tout en devenant sobre de décoration, conserver à cette partie du monument le cachet de grandeur qui caractérise l’édifice.

Poussez, au reste, une pointe sur le boulevard Haussmann, et, de là, embrassant du regard toute la partie postérieure de l’Opéra, vous pourrez admirer la porte monumentale qui donne accès à la cour et, dans toute la hauteur de ses douze étages, le vaste vaisseau de la scène, avec sa grande arcade dont les baies éclairent les cintres, avec sa clef ornée d’une tête de Minerve, œuvre de M. Chabaud, qui mesure plus de 5 mètres. C’est, dit M. Nuitter, dans son remarquable ouvrage sur le nouvel Opéra, l’une des œuvres les plus colossales qui aient été exécutées en ce genre, et pourtant, ainsi qu’il le fait observer, et que vous ne manquerez pas de le constater, elle reste en proportions parfaites avec son entourage.

Si vous revenez par la rue Scribe, vous ne tarderez pas à vous trouver devant le pavillon du chef de l’État à l’entrée duquel on accède par une double rampe en pente douce ; cette heureuse disposition permet au chet de l’État d’arriver avec une suite nombreuse et de n’avoir que quelques marches à gravir pour pénétrer dans les salons précédant sa loge d’avant-scène.

Avec ses vastes abords, ses proportions grandioses, son

(1) Ces bustes sont, à droite, de MM. Walter et Bruyer, à gauche, de MM. liasse et Denéchaux.

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entrée monumentale, ses cariatides plus grandes que nature et d’une si imposante allure, sa richesse décorative, ce pavillon est, comme on l’a dit déjà, un édifice dans l’édifice; les deux Gloires sont l’œuvre de MM. Elias Robert et Mathurin Moreau ; la décoration a été complétée par MM. Follet, Travaux, Paul Cabet et Ottin.

Une visite à l’intérieur n’étant possible que le soir, nous supposerons, pour un instant, que la nuit est venue et que votre voiture vous a conduit jusque sous la voûte du pavillon de droite ; après l’avoir quittée, vous avez traversé un couloir et vous êtes arrivé dans le salon d’attente, immense pièce circulaire placée au-dessous de la salle.

Là se révèlent déjà, par la variété des marbres, la richesse décorative et l’heureuse combinaison des couleurs dont l’architecte a fait sa préoccupation constante : marbre Saint- Ylie foncé ou clair, marbre blanc d’Italie, mêlent dans les colonnes, les chapiteaux, les archivoltes, leurs tons divers et composent un ensemble harmonieux et séduisant. Là, l’artiste a signé son œuvre; la rosace qui décore le milieu du plafond est composée de lettres entrelacées dont l’assemblage forme les mots suivants : Jean-Louis-Charles Garnier, architecte, 1861-1875.

Les couloirs qui aboutissent à ce salon sont décorés de sculptures tout à la fois larges et fines d’exécution: masques, fleurs, fruits, feuillages, le tout taillé en plein œuvre et distribué avec un goût parfait.

Avant de monter les vingt-deux marches en marbre blanc d’Italie qui conduisent au contrôle, vous vous trouverez dans un endroit charmant, orné au centre d’un bassin garni de plantes, entouré de sculptures à motifs aquatiques et d’une statue en bronze: la Pythonisse, dont l’auteur est la duchesse Colonna de Castiglione, connue dans les arts sous le nom de Marcello.

De là vous atteindrez le grand vestibule où le contrôle est placé; dallé en marbre d’Italie, éclairé par quatre groupes de lanternes reposant sur des gaines en marbre Beyrède, orné des statues assises de Lulli, Rameau, Gluck

3t Haendel, dues à MM. Schœnewerk, Alasseur, Cavelier et Salmson, ce vestibule est admirablement compris, il est bien la simple et grandiose première pièce de ce palais. Sans qu’il s’en rende compte et rien que par l’impression éprouvée, le visiteur se sent là tout préparé aux magnificences qu’il rencontrera plus loin.

Dix marches en marbre vert de Suède clair conduisent au contrôle, et, celui-ci franchi, on se trouve devant une les plus heureuses conceptions de l’édifice : le grand escalier.

Ici nous retrouvons les idées mères qui ont présidé à la construction de l’Opéra : hardiesse dans les formes, élégance fans les détails, richesse dans l’exécution, le tout condensé fans une inimitable harmonie.

La rampe courante est en onyx d’Algérie; les balustres, en marbre rouge des Pyrénées; la plinthe, en marbre vert de Suède foncé ; les marches, en marbre blanc. Ceci dit, non pour entrer dans un minutieux luxe de détail, mais pour prouver me fois de plus avec quel goût et quelle science l’artiste a su choisir et varier les couleurs qui devaient s’harmoniser heureusement dans l’ensemble.

Rien de plus puissant que l’effet produit par le grand escalier, alors qu’à l’heure de l’entrée, les spectateurs, nombreux et à l’aise pourtant, s’étagent sur sa large montée. La lumière, prodiguée partout, éclate ici dans toute sa splendide Intensité; si la toilette des hommes jette quelques taches noires dans la fouie, la beauté féminine, ses élégances, ses richesses, y trouvent un cadre digne d’elles.

Animation de bonne compagnie, bruit doux de conversations discrètes, pittoresque mélange de toilettes, scintillement de riches parures, voilà, à l’heure où nous nous sommes transporté, pour l’aspect vivant du grand escalier; quant à l’aspect architectural, c’est par la grandeur qu’il s’impose d’abord, par la richesse qu’il étonne, par les détails qu’il retient.

Où s’arrêtera l’œil? est-ce sur le plafond en mosaïque de l’avant-foyer qui scintille à travers les colonnes accouplées?

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est-ce sur les sculptures des tympans? est-ce sur les peintures du plafond? Nous ne savons, mais ce que nous pou- " s SL, c'est qu'il ne saurai, se reposer nulle par, sans rencontrer un sujet de légitime admiration.

T=r»Srrnnse„r

d’un fronton elle semble, au premier abord, decoupee dans un CÆe seraien, groupés les marbres les P «s nobes elles plus beaux; jaune de Sienne au fronton, Ter. de Suede clair à la corniche et foncé aux volutes, breche violetted Ital e «iux chambranles, vert et jaune pour les draperies des cana- «des de bronze, blanc pour les figures d’enfants appuyés au-dessus du fronton sur les armes de la ville de Pans tout cela compose un ensemble admirablement conçu et d un

ast)6ct à lsi fois riclio ot nicigistrB.1. .

‘ A l’effet décoratif contribuent, pour une large part, les cariatides polychromes dont nous avons parlé plus hau ; cff es représentent - et l’allégorie est ici aussi transparente que les poses sont heureuses et les physionomies charmantes - ellesreprésentent, disons-nous, la Musique et la Tragédie, M Iules Thomas en a fourni les modèles.

Avant de franchir la porte pour pénétrer dans la salle o de nous éloigner d’elle pour visiter le foyer, nos 1 égards

dirigeront forcément vers la coupole. ,

Elle est portée par trente colonnes accotées deux a deu. don.,6 au rez-de-chaussée, les intervalles son, occupes pa des balcons rappelant les rampes de 1 escalier

T es colonnes soutiennent les archivoltes des arcades a la voûte dont les tympans sont ornés de peintures sui lav dues àM. Sollier, représentant les instruments de musiqu de tous les pays, et de têtes décoratives sculptées parM-Ch, baud- les candélabres hérisses de pointes de bionze q accompagnent lescolonnes, ont été fondus par M.Longiea

la corniche mouchetée de plaques de marbre d’Italie est construite en pierre de Bavière.

A la hauteur du cinquième étage court une galerie en demi-cintre; douze balcons en pierre du Jura, auxbalustres en campan vert décorés de médaillons en marbre jaune et de candélabres en bronze, décorent le sommet de la cage.

La voûte de la coupole, ornée de quatre grandes compositions de M. Pils, est percée par des pénétrations en forme d’arcades. Sur une large bande de pierre, M. Carrier- Belleuse a sculpté une rangée de têtes d’Apollon ornées de rayons de bronze ; douze pots à feu, sortis des ateliers de M. Romain et portant autant de becs que les Apollon ont de rayons, éclairent ces curieux détails et permettent d’en apprécier la valeur artistique.

Mais la sonnette d’avertissement a retenti, il est temps d’entrer dans la salle; elle est de forme elliptique et rappelle par ses dimensions celles des théâtres de la Scala, à Milan, et de San-Carlo, à Naples.

Au soir de l’inauguration, le ton général, or jaune et or vert à peine piqueté de-ci de-là des quelques taches rouges du velours, parut un peu éclatant; le temps, ainsi que l’avait prévu l’architecte, s’est chargé de fondre et d’adoucir les tons, et l’aspect, aujourd’hui, a toute la douceur et l’harmonie désirables.

Par un mouvement instinctif, notre regard se portera d’abord vers le plafond : c’est un ensemble de groupes allégoriques racontant, sous la chaude lumière qui s’échappe du point extrême où l’on voit apparaître le char d’Apollon, toute l’histoire du drame lyrique ; science de composition, harmonie de couleur, entente des proportions, M. Lenepveu a mis tout cela dans ce travail qui mérite d’être longuement examiné dans toutes ses parties et dont l’ensemble est d’un effet véritablement grandiose.

En attendant que le chef d’orchestre prenne place à son pupitre, un coup d’œil circulaire jeté sur la salle vous permettra de vous rendre compte aussi bien de l’heureuse disposition générale que de la richesse et de la diversité de

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Pornementation ; sur chaque loge vous apercevrez, sculptes avec une délicatesse infinie, entourés débranchés de laurier, des attributs empruntés aux arts lyrique et dramatique.

Dans les voussures des quatrièmes loges vous remarquerez les décorations peintes par MM. Rubé et Chaperon et les charmants motifs de trophées de M. Poinsot ; aux bases des huit colonnes qui forment en quelque sorte l’ossature de la salle, vous remarquerez les fines sculptures modelées par M. Murgey sur les dessins de l’architecte ; sous les chapiteaux, d’élégantes cariatides ; partout enfin, les expressions de talents divers obéissant à la pensée d’un maître.

En vous retournant vers la scène, à la partie centrale supérieure, là où sont placés de coutume dans les théâtres des emblèmes politiques que chaque révolution force à changer, M. Chabaud a placé de gracieux enfants tenant cette inscription heureusement choisie, bien à sa place en ce lieu et que nul gouvernement ne peut songer à modifier :

Musse stat honos et gratia vivax (1).

Les cariatides d’avant-scène en marbre de différentes couleurs, comme celles du grand escalier, sont, pour l’avantscène de gauche, loge réservée au chef de l’État, de M. Crauk, pour la loge de droite, de M. Le Père.

Mais le rideau s’est levé, et, pendant quarante minutes, captivé par la musique de Meyerbeer, d’Halévy ou de Gounod, vous oublierez, et nous vous le pardonnons, les splendeurs vues déjà et celles qui vous restent à voir.

Nous vous ressaisirons à l’entr’acte et, dès que le rideau sera tombé sur le rappel, nous recommencerons nos pérégrinations.

La première visite qui s’impose est celle du foyer; nous y parvenons par un couloir nommé avant-foyer, revêtu de pilastres en brèche violette, terminé à chaque bout par une coupole et plafonné d’une mosaïque sur fond or sortant de la maison Facchino et Mazzioli, de Venise. Quatre médail-

(1) La Muse garde éternellement sa gloire et sa jeunesse.

Ions mythologiques exécutés d’après les peintures de M. Curzon, des ornements de MM. Guitton, Mathieu Meusnier et Chevallier, des figures de MM. Delaplanche, Barrias, Cugnot et Vital-Dubray, décorent la galerie et les coupoles.

Le grand foyer, long de 54 mètres, large de 13, haut de 18, est incontestablement une des parties de l’Opéra où l’inspiration de l’artiste se fait le plus vivement sentir.

Ici, rien n’a été laissé au hasard ; c’est intentionnellement que les peintures du plafond semblent prolonger les lignes architecturales de la salle et que les figures volantes semblent entraîner le regard jusque dans l’infini.

Ici, sous une lumière répandue à profusion par douze lustres, répercutée par d’immenses glaces de Saint-Gobain, l’or chatoie partout, sur les murs, sur les colonnes, sur les sculptures; lyres, bouquets de fleurs, grappes de fruits, branches de laurier, statues, tout est doré, et d’une tonalité chaude et douce qui arrive à produire un merveilleux effet.

Au-dessus des vingt colonnes accouplées qui font le tour du foyer, vingt statues allégoriques représentent les vertus ou les qualités nécessaires à l’artiste ; depuis l’Imagination jusqu’à la Modestie , depuis la Fantaisie jusqu’à la Dignité, depuis la Force jusqu’à la Foi, vingt artistes, et des plus distingués, ont signé ces œuvres; parmi eux nous relèverons les noms de MM. Bourgeois, Vilain, Chambard, Sanzel, Eude, Oliva.

La partie principale de la décoration du loyer, la grande attraction, disait-on avant l’ouverture de l’Opéra, c’est l’œuvre picturale de Baudry.

Lors de sa découverte, ce travail, comme toutes les conceptions hors ligne, fut l’objet de louanges exagérées et de critiques acerbes; rien de plus magnifique selon les uns, rien de plus mauvais — le mot a été dit — selon les autres.

La vérité est que, lors de l’inauguration de l’Opéra, l’or dont nous avons constaté la prodigalité, dans toute sa fraîcheur alors, projetait un éclat qui nuisait à l’œuvre de Baudry; il n’est pas inutile de considérer aussi qu’à la hauteur où elles sont placées, ces peintures prennent un aspect

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de tapisserie et perdent un peu le rang de décoration principale qui leur appartient en réalité.

Le temps a passé, l’éclat des ors s’est affaibli, les discussions des premiers jours sont oubliées, Baudry est mort, et sa décoration du foyer de l’Opéra est enfin reconnue pour ce qu’elle est, c’est-à-dire une suite savamment conçue et exécutée avec un rare bonheur, pour tout dire en un mot : une grande et belle œuvre.

Ce travail colossal comprend : un grand plafond central qui mesure plus de 13 mètres de long sur 5 de large, deux plafonds de 5 mètres sur 3m,50, dix médaillons ovales en dessus de portes, douze grandes voussures et huit caissons de 3m,10 de hauteur sur lm,50 de largeur.

Le plafond central représente la Mélodie et l’Harmonie ; les deux sœurs inséparables, enlacées au centre de la composition, s’élèvent dans l’espace, l’une chante, l’autre l’accompagne sur un violon ; à gauche du tableau plane la Gloire portant sa trompette héroïque; à droite, la Poésie emportée par l’impétueux Pégase; autour d’une balustrade, de petits génies jouent parmi les fleurs.

On le voit d’après cette rapide analyse, la conception est réellement d’un grand artiste; contemplez le plafond et vous reconnaîtrez qu’elle est encore d’un fin coloriste et d’un dessinateur pour qui la science si difficile de la perspective n’avait pas de secrets.

La Tragédie et la Comédie fournissent les sujets des deux petits plafonds; l’une assise sur le trépied sacré est entourée de figures symbolisant l’Épouvante , la Pitié et la Fureur ; l’autre vêtue de blanc, armée de verges, arrache à un faune la peau de lion dont il s’était couvert; l’Esprit, vêtu de rouge, la flamme au front, lui sourit, et un gracieux et léger amour s’envole. La première scène se passe sous un ciel orageux déchiré d’éclairs , la seconde dans la transparente atmosphère d’une journée d’été.

Ne voulant pas fatiguer le lecteur de descriptions, nous nous contenterons, ceci sera un aide-mémoire, de donner les titres des douze sujets ornant les voussures, ce sont : le

Parnasse , les Poètes, le Jugement de Pâris, Marsyas, V Assaut, les Bergers , Saül et David, le Rêve de sainte Cécile, Orphée et Eurydice, Jupiter et les Corybantes, Orphée et les Ménades, Salomé. Quant aux huit caissons, ils représentent les Muses, celle de l’architecture exceptée. Les dix médaillons mesurent 2m,20 de hauteur sur 1 mètre de largeur; ils symbolisent diverses nations par leurs instruments musicaux (1).

Le foyer donne sur la loggia, où dans les beaux soirs d’été on peut prendre le frais, en ayant devant soi la longue trouée lumineuse de l’avenue de l’Opéra et le spectacle mouvementé de la place, avec ses avenues gardées par des municipaux à cheval en grand uniforme.

Les voussures de la loggia sont ornées de mosaïques où grimacent de grands masques antiques; les portes de bronze du foyer sont encadrées de marbre bleu et placées en regard des ouvertures de la façade.

Nous supposerons maintenant — nous sommes au théâtre où tout est convention — que vous êtes retourné à votre stalle et que vous avez entendu le deuxième acte; nous vous guiderons dans une autre partie de l’édifice. Nous voulons parler de la scène, des coulisses et du foyer de la danse.

Il faudrait entrer dans des descriptions techniques pour faire comprendre combien — ses grandes proportions mises

(1) Quelques-uns de ces instruments sont peu connus de nos jours et leur choix révèle chez l’artiste une grande érudition ; nous allons en donner la nomenclature avec les noms des pays auxquels ils sont empruntés :

Perse : Cymbales, symphonia, pandura.

Rome : Cornu tuba, conqua du Latium.

Grèce : Lyre, tympanon, syrinx, double flûte.

Égypte : Psaitérion, sistre, tintinnabulum.

Barbares : Trompette, triangle, tassabucco.

Grande-Bretagne : Cornemuse, harpe d’Erin.

Germanie : Orgue, théorbe.

Italie : Tamburello, violon.

France : Fifre, tambour, clairon.

Espagne ; Castagnettes, mandoline, tambour de basque.

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à part — la scène de l’Opéra, ses dessous et sa machinerie sont supérieurs à tout ce qui a été construit jusqu’alors en ce genre. Il est bon de faire observer d’abord que le plancher de la scène, au lieu d’être soutenu par des poteaux en bois dont la multiplicité et les dimensions encombrent les dessous des autres théâtres, repose, à l’Opéra, sur des colonnes de fer. La scène est divisée en dix plans, coupée par autant de rues; il vous importe peu de savoir, n’est-ce pas, le nombre de costières, de trappes, de trapillons — autant de pièges à gens inexpérimentés — dont elle est parsemée; ne vous hasardez pas trop sur ce terrain pendant que les machinistes plantent un décor; le sol pourrait tout à coup manquer sous vos pieds; il est vrai que, descendu ainsi malgré vous dans le premier dessous par le côté cour , une autre manœuvre, que vous n’auriez pas prévue, pourrait vous faire remonter par le côté jardin; fuyez donc la vaste scène — 10000 mètres de superficie — les immenses coulisses vous offriront un promenoir suffisant; vous y verrez les cinq loges dites de la scène qui s’élèvent en arrière du manteau d’Arlequin, le cabinet du directeur de la scène précédé d’une antichambre pour les avertisseurs, le bureau du régisseur du chant, celui du régisseur de la danse, des loges supplémentaires où les artistes peuvent, au besoin, changer rapidement de costume; vous pourrez vous rendre compte là de la hauteur vertigineuse du vaisseau en voyant des toiles de fond se réfugier dans les frises sans être, comme partout ailleurs, pliées ou roulées; vous y verrez enfin s’y grouper en bon ordre, à l’aise, sous la conduite de ses chefs, cette armée de figurants formant cortège, qui, tout à l’heure, envahira la scène.

Mais la grande attraction est le foyer de la danse ; celui-ci est placé juste derrière la scène et pourrait la continuer dans le cas où l’on aurait besoin d’une grande profondeur.

Le foyer de la danse, accessible seulement aux abonnés et à quelques privilégiés, est à proprement parler un salon aristocratique où se rencontrent, sur le terrain neutre de l’art, toutes les illustrations du jour.

Comme partout à l’Opéra, la décoration est ici luxueuse, comme partout aussi, soigneusement appropriée à la destination du lieu.

Vous y remarquerez d’abord une glace immense sortie des fabriques de Saint-Gobain : réellement en trois morceaux, les rapprochements ont été faits avec une telle habileté, qu’on la croirait d’une seule coulée ; ceci est le côté curieux de la pièce où nous sommes, mais Fart, répandu partout à l’Opéra, n’y a pas abdiqué ses droits. La décoration picturale a été exécutée par M. Boulanger. Le plafond double est orné de caissons que des guirlandes de fleurs encadrent; la voussure représente un ciel d’été, transparent et vaporeux, vaste jardin aérien où de gracieux enfants ailés jouent avec des papillons et des oiseaux. La seconde voussure, ornée de lyres et de vingt statues d’enfants modelées par M. Chabaud, est en outre décorée d’autant de médaillons ovales qui sont les portraits des plus célèbres danseuses de l’Académie, depuis sa création jusqu’aux temps modernes.

Mlle de la Fontaine, qui fit les beaux soirs de l’Opéra de 1681 à 1692, ouvre la marche, JP® Rosati (1854-1859) la ferme. Tous ces portraits sont non seulement d’une ressemblance irréprochable, mais encore fort curieux à étudier au point de vue de l’exactitude des costumes.

Au foyer de la danse, les ballerines, trop à l’étroit dans leurs loges pour travailler utilement, s’entraînent par des exercices préliminaires, des barres garnies de velours sont placées à la hauteur voulue pour faciliter ces évolutions préparatoires, le parquet n’est pas ciré et son inclinaison est exactement celle de la scène, précaution nécessaire pour que les conditions d’équilibre ne soient point rompues lorsque les danseuses se livrent à ces études de la dernière minute.

Pendant ce temps, les abonnés parcourent le foyer, échangent avec les premiers sujets, les coryphées et les élèves, quelques propos qui sont toujours de bonne compagnie et regagnent leurs places quand la sonnette de la régie prévient que l’heure de lever le rideau est arrivée.

Le foyer du chant, placé au même étage, décoré lui aussi

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des portraits de trente chanteurs célèbres dans les fastes de la maison, est beaucoup moins fréquenté, les chanteurs y séjournent peu; ils ne quittent guère leur loge qu’au moment précis où ils sont prévenus par l’avertisseur qu’il est temps de passer sur le théâtre.

On comprend, du reste, qu’ils peuvent s’exercer seuls dans leur loge et que les essais multipliés de cinq ou six d’entre eux, sans résultat appréciable pour personne, produiraient au foyer une assez désagréable cacophonie.

De curieuses archives, dont M. Charles Nuitter est le conservateur, sont adjointes à l’Opéra; des registres remontant à l’an 1735 y sont conservés, de nombreux autographes, des contrats de locations de loges passés devant notaires, des livres de comptabilité du plus haut intérêt sont groupés maintenant dans plus de trois cents cartons, près d’un millier déliassés et portefeuilles et environ douze cents volumes.

Quant à la bibliothèque, elle contient non seulement la collection à peu près complète de tous les opéras et ballets représentés depuis la fondation du théâtre, mais encore un grand nombre d’ouvrages, et non des moindres compositeurs, qui, par suite de circonstances diverses, n’ont jamais vu le feu de la rampe.

Il y a là des partitions inédites de Philidor, de Monsigny, de Candeille et même d’Halévy.

Quant aux partitions de ballet, elles sont nombreuses et d’autant plus curieuses qu’aucune d’elles n’a été éditée avant l’année 1869 et que plusieurs de leurs auteurs sont de nos plus illustres musiciens; vous y trouverez la partition des Petits riens , écrite par Mozart pour le danseur Noverre, et d’autres œuvres, qui ont eu leur heure de succès, signées Méhul, Cherubini, Berton, Hérold, Adam; quelques partitions autographes de Rameau, Gluck et autres enrichissent encore cette bibliothèque, où l’on trouve aussi des fragments inédits de Méhul, Meyerbeer, Rossini, etc.

La bibliothèque dramatique, de création relativement récente (1865), est surtout riche en estampes, mais le bijou de sa collection est une réunion de dessins originaux exé-

culés pour les pièces représentées à l’Académie de musique depuis le commencement du premier empire jusqu’à nos jours.

Curieuse aussi, la collection des plans et vues de toutes les salles d’Opéra dont nous avons conté l’histoire, collection qui s’est enrichie des nombreux dessins exécutés par M. Garnier et ses collaborateurs, pour la construction de la salle actuelle (1).

En quittant l’Opéra et ses splendeurs, tout entier encore à l’impression profonde que produit ce temple de l’Art, on comprendra que nous ne signalions que pour mémoire et sans nous arrêter longtemps, la salle de YÉden-Théâtre , que MM. Klein et Duclos, constructeurs du Hammam de la rue des Mathurins, ont édifiée en 1876. Que nous dirait son promenoir à nous qui sortons du foyer de l’opéra, quel intérêt nous inspirerait son répertoire d’opérettes et de féeries plusieurs centaines de fois représentées ailleurs, à nous qui venons d’entendre Faust ou la Juive ?

La rue Caumartin que nous suivrons ensuite, nous conduira aux angles des boulevards des Capucines et de la

(i) Comme appendice à ce travail un peu long peut-être, et que nous nous sommes efforcé pourtant de ne point rendre aride, il ne sera pas sans intérêt de donner la liste des directeurs qui se sont succédé à la tête de notre grande scène lyrique, avec la date de leur entrée en fonctions.

1669, Perrin; 1672, Lulli ; 1687, Francine; 1704, Guyenet; 1712, Francine et Dumont ; 1715, duc d’Antin et Francine ; 1728, Destouches; 1730, Gruer; 1731, Le Comte; 1733, deThuret; 1744, Berger; 1748, Tréfontaine ; 1753, Rebel et Francœur; 1767, Berton et Trial ; 1776, Berton ; 1777, Vismes du Valgay ; 3780, Gossec ; 1792, Francœur et Cellerier; 1799, Devismes ; 1801, Cellerier; 1802, Morel; 1807, Picard; 1816, Papillon de Ferté; 1819, Yiotti; 1821, Habeneck; 1824, Duplanty ; 1827, Lubbert; 1831,1e docteur Véron; 1835, Duponchel ; 1841, Duponchel et Fillet ; 1847, Duponchel et Roqueplan ; 1849, Roqueplan ; 1854, Crosnier : 1856, A. Royer; 1862, Perrin; 1871, Halanzier ; 1879, Vaucorbeil; 1884, Ritt et Gailhard; 1892, Bertrand. En tout, trente-neuf directions en deux cent trois ans.

Madeleine, au point précis où finissait jadis la rue Basse-du- Rempart.

La rue Caumartin, comme toutes les rues de ce quartier, s’élève sur un emplacement où, jusque vers les dernières années du dix-huitième siècle, on ne voyait que des jardins et des marais; elle a, jusqu’en 1849, porté trois noms : rue Caumartin, depuis le boulevard jusqu’à la rue des Mathurins, rue Thiroux, depuis celle-ci jusqu’à la rue de Provence, rue Sainte-Croix, dans sa dernière partie. La rue Caumartin a été percée en 4779. La mode s’engoua de ce quartier neuf, et de nombreux hôtels s’y élevèrent rapidement. Les deux pavillons ornés de fines et gracieuses sculptures que vous verrez à son entrée sont de ce temps-là. La maison qui porte actuellement le numéro 4, eut originairement pour toiture .une terrasse qui, plantée d’arbustes, ornée de parterres de fleurs, décorée de statues, hérissée de tronçons de colonnes et de pyramides dissimulant aux regards les tuyaux de cheminée, rappelait assez les jardins de Babylone ; la surélévation de l’immeuble a fait disparaître cette intéressante partie décorative.

Le numéro 2, où est établie la maison Choudens et dont la façade est ornée de deux ravissants bas-reliefs, était jadis la propriété du duc d’Aumont, le popularisateur du genre d’attelage qui porte son nom. Dans la partie de la rue Thiroux que le percement du boulevard Haussmann a fait disparaître existait une fabrique de porcelaine dite : à la Reine , qui jouit en son temps d’une grande célébrité.

Au numéro 8 de la rue de Sèze s’ouvre l’élégant péristyle à coupole dorée de la galerie Georges Petit. Construite en 4882, par M. Bon, cette galerie est incontestablement la plus belle salle d’exposition de Paris. Un couloir haut et clair, aux murs souvent décorés de dessins ou de gravures, conduit au large escalier par lequel on accède à la galerie. Cette vaste pièce, qui mesure 25 mètres dans un sens et 45 dans l’autre, est tapissée de reps rouge, meublée de canapés et de fauteuils, ornée de jardinières; elle est éclairée, par le haut, d’une lumière que tamise un immense vélum. Les

sociétés, bien connues, des aquarellistes et des pastellistes y font leurs expositions annuelles, toujours très suivies par le monde artiste.

En 1884, M. Georges Petit réussit à grouper dans sa galerie environ cent cinquante œuvres de M. Meissonier; ce fut un événement artistique qui, deux mois durant, fit courir tout Paris.

Là, les expositions se succèdent presque constamment pendant neuf mois de l’année : tableaux, sculptures, aquarelles, estampes, pastels, œuvres tonkinoises de M. Roullet, souvenirs de voyages de M. Toché, le décorateur de Chenonceaux, faïences de M. Lachenal, ventes de charité de l’Orphelinat des arts, fêtes du Paris-Noël, défilent tour à tour sous les yeux des visiteurs, variant à l’infini l’attrait par la diversité et conservant à la salle Petit le haut rang et la vogue légitime qu’elle a su conquérir dès son début.

Après avoir passé devant les magasins du Printemps, grand et luxueux bazar dont l’immense rectangle, terminé par quatre pavillons circulaires, occupe tout l’espace compris entre le boulevard Haussmann, les rues du Havre, de Provence et Caumartin, nous ne nous arrêterons plus que devant la petite église Saint-Louis d’Antin et le lycée Condorcet dont elle fait en quelque sorte partie.

Ces bâtiments sont ceux que Brongniart avait édifiés en 1781, pour les capucins du faubourg Saint-Jacques, qui en prirent solennellement possession le 15 septembre 1783.

La Révolution chassa les pères en 1790, et l’édifice fut pendant quelques années converti en hôpital ; en 1803, l’Empire y plaça le lycée Bonaparte qui, sous la Restauration, prit I le nom de collège Bourbon; plus tard, sous Louis-Philippe, on lui rendit sa dénomination première; puis il s’appela successivement lycée Fontanes et lycée Condorcet.

Les lycées Condorcet et Charlemagne sont les seuls à Paris qui ne reçoivent pas d’internes.

Harmonieux dans leur simplicité, les bâtiments ont été augmentés en 1882, et une façade monumentale, construite par M. Le Cœur, s’ouvre sur la rue du Havre.

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Très simple, mais assez élégante aussi, est la petite église Saint-Louis, anciennement chapelle du couvent, bénite le 20 novembre 1782; conformément à la coutume des Franciscains elle n’a qu’un bas côté; une corniche d’ordre dorique la décore.

Dans un cippe en marbre noir surmonté d’un vase cinéraire est conservé le cœur du comte de Choiseul-Gouffier, mort en 1817.

L’église est ornée de peintures murales et de tableaux qui méritent d’être vus : sous la voûte de la coupole, le Christ entre saint Louis et saint François , une composition très harmonieuse de Signol; au-dessus du banc d’œuvre, un Christ au jardin des Oliviers , de M. E. Gôyet; dans la chapelle de la Vierge, Deux anges thuriféraires , de M. H. Vetter ; enfin les belles figures d’apôtres de MM. Sébastien Cornu et Bezard, décorations ajoutées aux piliers en 1841.

Il est bien certain qu’un touriste, si court que soit son séjour dans la capitale, reviendra souvent dans le neuvième arrondissement et qu’au souvenir des curiosités que nous lui avons signalées, il s’en joindra pour lui bien d’autres devant lesquelles la nécessité de suivre un itinéraire ne nous a point permis de nous arrêter. Il est certain, qu’une fois au moins, il voudra parcourir dans toute leur longueur, sans hâte, en curieux, en observateur, le boulevard Montmartre, où nous n’avons fait que passer, les boulevards des Italiens et des Capucines, le passage Jouffroy, les galeries des passages de l’Opéra ; il s’arrêtera, pour le moins une fois, dans quelqu’un de ces grands cafés ou restaurants dont la réputation est européenne; ici, le Helder, là, Mazarin, plus loin, le café de la Paix, le café Anglais, Tortoni, la Maison dorée ; il visitera, s’il ne l’habite, un de ces grands hôtels qui avoisinent l’Opéra et où le luxe et le confort ont atteint un degré de perfection impossible à rencontrer ailleurs ; sans nul doute, il passera une soirée au coquet théâtre des Nouveautés ou dans la jolie salle Robert-Houdin, applaudissant ici une fraîche opérette de MM. Nuitter et Beaumont, là, des tours de prestidigitation exécutés par les maîtres du genre;

peut-être même s’aventurera-t-il a l’établissement des Montagnes russes du boulevard des Capucines, divertissement fort à la mode au Tivoli du commencement du siècle et qui, longtemps oublié, redevient en faveur aujourd’hui; au fond de la galerie du Baromètre il découvrira la minuscule salle Beethoven, reste du Gymnase enfantin, un théâtre fort proche parent de celui de M. Comte, incendié en 1845; dans la même galerie il trouvera l’un des derniers cabinets de lecture digne de ce nom ; rue Auber, n° 3, il pourra assister un soir aux grotesques exercices de l’Armée du Salut; rue Saint-Lazare, vis-à-vis l’avenue du Coq, il verra les vastes bâtiments de l’administration du chemin de fer de Lyon ; rue de Londres, ceux de l’administration du chemin de fer d’Orléans ; rue de La Rochefoucauld, la galerie Sedelmeyer, où se font les expositions un peu théâtrales, mais intéressantes quand même, des œuvres du peintre Munkacsy et dans laquelle se tinrent les vacations de la vente Secrétan*; à cette vente, on se le rappelle, Y Angélus de Millet fut adjugé au prix de 553000 francs; fe hasard de ses courses le conduira peut-être enfin rue Condorcet, devant le siège de la Compagnie du gaz,, monumental édifice sans luxe architectural, mais d’un bel aspect.

Si vous êtes désireux d’évoquer des souvenirs historiques, ils ne manqueront pas à votre appel dans l’arrondissement que nous venons de parcourir. Mirabeau et le général Foy sont morts, l’un au numéro 42, l’autre au numéro 62 de la rue de la Chaussée-d’Antin; sur la place Saint-Georges, dont une petite fontaine orne le centre et dont les arbres des hôtels voisins ombragent les côtés, vous verrez la maison qu’habita longtemps M. Thiers et qui, démolie pendant la Commune, fut reconstruite aux frais de l’État ; à deux pas de là, rue d’Aumale, n° 14, s’est éteint Mignet, l’ami de toute la vie du célèbre homme d’État.

Peintres, musiciens, littérateurs, ont habité ces quartiers, plusieurs, et des non moins illustres, y sont morts : Rossini, rue de la Chaussée-d’Antin, 2; Auber, rue Saint-Georges, 22; Méliul, rue de Montholon, 28; Berlioz, rue de

PROMENADES DANS PARIS

Calais, 4; Paul Delaroche; rue de la Tour-des-Dames, 7 ; Carie Vernet, rue Saint-Lazare, 56; Talma, rue de la Tourdes-Dames, 9, et enfin Eugène Scribe, rue Pigalle, 12.

Pour cette fois, si le lecteur a bien voulu nous suivre, sa promenade est terminée et pour revenir à son point de départ, il n’a plus qu’à gagner la rue Saint-Lazare par le passage du Havre, une galerie vitrée ouverte en 1845 et bordée de gais étalages, puis à monter la rue d’Amsterdam.

APPENDICE

DÉLIMITATION DES QUARTIERS DE L’ARRONDISSEMENT. NOMENCLATURE HISTORIQUE DES RUES, PASSAGES, PLACES, BOULEVARDS, ETC.

DÉLIMITATION DES QUARTIERS

(Voir le plan.)

Quartier Saint-Georges {teinte rose).

36 773 habitants.

7 Une ligne partant de la rue Saint-Lazare (no 106) et suivant l’axe de la rue d’Amsterdam (nos pairs) de ja* place de Clich (nos 2 à 10) — du boulevard de Glichy (n03 impairs) — des rues des Martyrs (nos imPairs) - et Saint-Lazare (n°3 pairs) iusau’au point de départ. H

Quartier de la Ghaussée-d’Antin (teinte bleue).

23 634 habitants.

, üne Hgue partant du boulevard de la Madeleine et suivant 1 axe de la rue Vignon (n08 pairs) — ceux des rues Tronchet (n°8 32 à la fin) — et du Havre (n»8 pairs) — celui delarue Saint- Lazare (n08 impairs) — ceux des rues Fléchier (n»8 impairs) — et Laffitte (n88 impairs) — enfin ceux des boulevards des Italiens (n»8 20 à la fin) — des Capucines (n88 2 à 30) — de la rue Bassedu-Rempart (n88 60 à 76) - et de la Madeleine (n88 pairs) jusqu’au point de départ.

Quartier du Faubourg-Montmartre ( teinte jaune).

23 629 habitants.

Une ligne partant du boulevard des Italiens (n° 18) et suivant l’axe des rues Laffitte (n°3 pairs) - et Fléchier (n°* pairs) — ceux des rues Lamartine (n<>3 impairs) — de Montholon (nos impairs) — de la rue du Faubourg-Poissonnière (n03 85 à 1) — enfin ceux des boulevards Poissonnière (nos 2 à la fin) — Montmartre (nos pairs) et des Italiens (n08 2 à 18) jusqu’au point de départ.

Quartier de Rochechouart ( teinte verte).

36 686 habitants.

Une ligne partant de l’extrémité de la rue Lamartine (n° 64) et suivant l’axe de la rue des Martyrs (nos pairs) ceiui du boulevard de Rochechouart (n°3 impairs) — du boulevard de Magenta Jû°* 157 et 155) — ceux des rues du Faubourg-Poissonnière (de la fin au n® 87) — de Montholon (n«s pairs) — et Lamartine (nos pairs) jusqu’au point de départ.

Population de l’arrondissement: 120 722 habitants.

NOMENCLATURE HISTORIQUE

DES RUES, PASSAGES, PLAGES, BOULEVARDS, ETC

Abbeville (rue d’), entre les rues du Faubourg-Poissonnière et Baudin; l’autre partie appartient au dixième arrondissement.

Ouverte en 1827 sur les terrains André et Cottier, elle s’est d’abord appelée rue du Gazomètre, entre la place Lafayette et la rue de Rocroy; elle a reçu son nom actuel en 1847.

Abbeville est une ville du département de la Somme.

Alfred-Stevens (passage).

Voie privée.

Alfred-Stevens (rue).

Voie privée; porte le nom de l’artiste qui était propriétaire des terrains sur lesquels elle a été ouverte en 1885.

Amsterdam (rue d’), numéros pairs; les numéros impairs appartiennent au huitième arrondissement.

Ouverte en partie en 1826 sur les terrains appartenant à MM. Jonas Hagermau et Sylvain Mignon. Le carrefour qui se trouve à la rencontre de cette rue et du passage Tivoli a été créé en 1885.

Amsterdam est la plus importante ville de la Hollande.

Antin (cité d’).

Voie privée; construite de 1829 à 1830 par la Compagnie Delaunay.

Anvers (place d’).

Précédemment place Turgot.

Elle occupe une partie de l’empla-

cement des anciens abattoirs de Montmartre.

A pris son nom actuel en 1877, en souvenir du siège d’Anvers qui a eu lieu en 1832.

Athènes (rue d’).

Ouverte en 1826 sous le nom de rue deTivoli qu’elle a quitté en 1 881 pour prendre celui de la capitale de la Grèce.

Auber (rue).

Ouverte en 1858.

Auber, compositeur, auteur de la Muette de Portici, né en 1784, est mort en 1871.

Aumale (rue d’).

Ouverte en 1846 sur des terrains appartenant à MM. Estienne Chevreux et de Pazzis.

A pris le nom du duc d’Aumale, fils de Louis-Philippe, né en 1822.

Ballu (rue).

Ouverte en 1841 sous le nom de rue de Boulogne, elle a pris sa dénomination nouvelle en 1886.

Théodore Ballu, un des architectes chargés de la reconstruction de l’Hôtel de ville, estmort en 1885, à lage de soixante-huit ans.

Baromètre (galerie du)

Cette voieprivée,ouverteenl823, fait partie du passage de l’Opéra; elle doit son nom au baromètre qui en décore l’extrémité.

Baudin (rue).

Ouverte en 1862, elle a reçu, en 1864, le nom de l’amiral Baudin, né en 1782, mort en 1854.

Bellefond (rue de).

Ouverte au milieu du dix-septième siècle, elle a pris le nom de Mme de Bellefond, alors abbesse de Montmartre.

Bergère (cité).

Voie privée; construite en 1825.

Bergère (galerie).

Voie privée; ouverte en 1842.

Bergère (rue).

C’était, en 1652, un chemin qui coupait le clos aux Halliers. Jean Bergier, maître teinturier, sa femme et sa fille avaient alors fait bail à vie avec l’Hôtel-Dieu pour un terrain de 1 Oü arpents. En 1738, tracée en ligne droite, la rue a commencé à se border de constructions.

Berlin (rue de), entre les rues de Clichy et d’Amsterdam.

C’était originairement et jusqu’en 1841 le passage Grammont, appartenant à MM. Mallet frères et à Mme veuve Debelle ; à cette époque, les propriétaires furent autorisés à créer la rue.

Quant à la partie comprise entre la rue d’Amsterdam et la place de l’Europe, appartenant au huitième arrondissement, elle a été commencée en 1826 sur les terrains Hagerman et Mignon et terminée en 1830 sur ceux de MM. Mallet, Guichard et Mellier.

Berlin est la capitale de l’empire d’Allemagne.

Blanche (place).

Précédemment et jusqu’en 1864, place de la Barrière-Blanche.

Blanche (rue).

Autrefois rue delà Croix-Blanche; c’est le chemin conduisant aux carrières de Montmartre que l’on trouve indiqué sur les plans du dix-septième siècle.

Bleue (rue).

C’est la rue d’Enfer du dix-huitième siècle; elle a pris, en 1798, le nom de rue Bleu; un propriétaire ainsi nommé l’habitait alors. En 1802, M. Story y fonda une manufacture de boules bleues pour le blanchissage; le nom de la rue se modifia.

Bochart-de-Saron (rue).

Ouverte en 1821 entre l’avenue Trudaine et le boulevard de Rochechouart, en 1860 entre l’avenue Trudaine et la rue Condorcet.

Jean-Baptiste-Gaspard Bochart de Saron, premier président du Parlement de Paris et savant mathématicien, né en 1730, est mort sur l’échafaud en 1794.

Boudreau (rue).

Ouverte en 1779, doit son nom à M. Boudreau, alors greffier de la ville de Paris.

Boule-Rouge (impasse de la).

Voie privée.

Boule-Rouge (rue de la).

Ouverte au commencement de ce siècle, ne faisait qu’une avec la rue Montyon qui en fut détachée en 1843.

Doit son nom à une enseigne.

Bourdaloue (rue).

Ouverte en 1823.

Bourdaloue, prédicateur, né en 1632, est mort en 1704.

Bréda (place).

Ouverte en 1830, dénommée en

Bréda (rue).

Ancien passage appartenant à M. Bréda, transformé en rue en

Briare (impasse).

Voie privée ; créée à la fin du dixhuitième siècle; nom de propriétaire.

Bruxelles (rue de).

Projetée en 1826, ouverte en 1841.

Bruxèlles est la capitale de la Belgique.

Buffault (rue).

Ouverte en 1782 alors que Jean- Baptiste Buffault était échevin.

Cadet (rue).

A la fin du dix-septième siècle, c’était la rue de la Voirie. M. Cadet de Chambine, propriétaire, lui a donné son nom.

Calais (rue de).

Ouverte en 1844, sur des terrains appartenant â MM. Tiroufletet Ce, et provenant de l’ancien Tivoli.

Calais est une ville du département du Pas-de-Calais.

Capucines (boulevard des), côté impair; le côté pair fait partie du deuxième arrondissement.

Cette voie s’étendait en bordure des jardins du couvent des Capucines et fut créée en 1676; pendant la Révolution, elle s’est appelée boulevard Cerutti. Elle vient, tout récemment, d’absorber le peu qui restait de la rue Basse-du-Rempart.

Gaumartin (rue de).

La partie de cette rue comprise entre le boulevard des Capucines et la rue des Mathurins a été ouverte en 1780 sur des terrains appartenant au fermier général Charles-Marin Delahaye. Messire Antoine-Louis Le Febvre de Caumartin étant alors prévôt des marchands, la voie nouvelle reçut son nom. La deuxième partie, comprise entre la rue des Mathurins et la rue de Provence, avait été tracée en 1772 aux frais de Sandrié des Fossés, entrepreneur de bâtiments; elle portait, et ne quitta qu’en 1849, le nom de Thiroux qui futprésidentde la première Chambre des enquêtes depuis 1748 jusqu’en 1771. Le percement de la troisième partie, entre la rue de Provence et la rue Saint-Lazare, a été autorisé par lettres patentes du 9 juin 1780; les terrains sur lesquels elle fut tracée appartenaient à M. de Sainte-Croix; elle reçut son nom et ne le quitta qu’en 1849 (décision ministérielle du 5 mai, réunissant les trois rues sous une dénomination unique).

En 1868, le percement du boulevard Haussmann a fait disparaître quelques immeubles de l’ancienne rue Thiroux ; dans l’un d’eux avait été jadis la fabrique de cette porcelaine qu’au dix-huitième siècle on appelait porcelaine à la Reine.

Chaptal (rue).

Une ordonnance du 12 janvier 1825 autorisa l’ouverture de cette rue sur des terrains appartenant à MM. Alexandre Delessert, Lavocat et vicomte Chaptal ; ce dernier, fils du célèbre chimiste né en 1756, mort en 1832, donna le nom de son père à la voie nouvelle.

TX.

Charras (rue).

Originairement square Clary, puis rue Clary ; elle a reçu, en 1 879, le nom du lieutenant-colonel Charras, homme politique, né en 1810, mort en i 865.

Ghâteaudun (rue de).

Précédemment rue du Cardinal- Fesch ; un arrêté du maire de Paris du 26 octobre 1870 lui a donné son nom actuel, en souvenir de l’héroïque défense de Châteaudun (Eure»

et-Loir), le 18 octobre 1870.

Chauchat (rue).

Ouverte en 1779 entre les rues de Provence et de la Victoire; en 1822 entre les rues de Provence et Rossini ; en 1875 entre la rue Rossini et la galerie de l’Horloge.

Jacques Chauchat était échevin lors du premier percement.

Chaussée-d’Antin (rue de la).

Au dix-septième siècle, c’était un chemin tortueux conduisant de la porte Gaillon aux Percherons, et que l’on appelait chemin de l’Egoutde-Gaillon, des Porcherons, de la Chaussée-de-Gaillon. Un arrêt du Conseil du roi du 31 juillet 1720 ordonna de redresser le chemin de Gaillon jusqu’à la barrière des Porcherons. La voie prit d’abord le nom de rue de l’Hôtel-Dieu, parce qu’elle conduisait à une ferme appartenant à cet hôpital, puis celui de rue de la Ghaussée-d’Antin, parce qu’elle commençait en face des jardins de l’hôtel d’Antin. En 1791, après la mort de Mirabeau qui l’habitait, elle prit le nom du tribun. Sur la façade de la maison où il mourut, on plaça une plaque de marbre portant cette inscription :

L’âme de Mirabeau s’exhala dans [ces lieux.

Hommes libres, pleurez! Tyrans, [baissez les yeux.

Cette plaque disparut en 1793 et la rue reçut le nom de rue du Mont-Blanc qu’elle porta jusqu’en

Cheverus (rue de).

Ouverte en 1860, dénommée par décret du 2 mars 1864.

Lefebvre de Cheverus, cardinal archevêque de Bordeaux, est mort en 1830, âgé de soixante-deux ans.

Choron (rue).

Précédemment et jusqu’en 1868 cour Saint-Guillaume.

Etienne Choron, professeur de musique, né en 1772, est mort en

Clauzel (rue).

Ouverte en 1830, elle s’est, jusqu’au 24 août 1864, appelée rue Neuve-Bréda.

Le comte Bertrand Clauzel, maréchal de France, gouverneur de l’Algérie, est mort en 1842, à l’âge de soixante-dix ans.

Clichy (boulevard de), côté impair; le côté pair fait partie du dix-huitième arrondissement.

C’est l’ancien chemin de ronde des Martyrs, de Montmartre et de la Barrière-Blanche.

Clichy (place de), côté pair; les autres parties de cette place appartiennent aux huitième, dix-septième et dixhuitième arrondissements.

Précédemment et jusqu’en 1864, place de la Barrière-de-Clichy.

Clichy (rue de).

Précédemment rue du Coq.

Doit son nom au village de Clichy vers lequel elle se dirige.

Collin (passage).

Voie privée; nom de propriétaire.

Condorcet (cité).

Voie privée.

Condorcet (rue).

Ouverte en 1860, entre les rues des Martyrs et Rodier, sous le nom deruedeLaval-Prolongée; en 1861, sur une longueur de 69 mètres à partir de la rue de Maubeuge, sous le nom de cité Turgot; terminée en 1865 et dénommée par arrêté préfectoral du 10 août 1868.

Jean -Antoine -Nicolas Caritat, marquis de Condorcet, philosophe, mathématicien, homme politique, né en 1743 à Ribemont, s’empoisonna à Bourg-la-Reine en 1 794.

Conservatoire (rue du).

Ouverte en 1853 sur les terrains de l’ancien Garde-Meuble.

Coq (avenue du).

Voie privée; créée sur l’emplacement du château du Coq ou des Porcherons.

Cretet (rue).

Ouverte en 1821.

Cretet, dont elle porte le nom, fut député au conseil des Cinq- Cents, conseiller d’Etat après le 18 brumaire, gouverneur de la Banque et ministre de l’Intérieur en 1807. Napoléon l’avait nommé comte de Champmol. Il est mort en 1809, à l’âge de soixante-deux ans.

Delta (rue du).

Ouverte en 1825 sur l’emplacement du jardin du Delta.

Deux-Sœurs (passage des).

Voie privée; ouvert à la fin du dix-huitième siècle, il appartenait aux deux sœurs Deveau.

Douai (rue de).

Ouverte en 1841, entre la rue Fontaine et la rue Blanche, sur les terrains de MM. Riant et Mignon; en 1844, entre la rue Blanche et le boulevard de Clichy, sur les terrains de la Compagnie Tirouflet; en 1856, entre les rues Pigalle et Fontaine; s’est originairement appelée rue Pierre-Lebrun, puis rue de l’Aqueduc.

Douai est une ville du département du Nord.

Drouot (rue).

Faisait précédemment partie de la me Grange-Batelière ; elle a été ouverte en 1846 entre les rues Rossini et de Provence et prolongée jusqu’à la rue Lafayette en 1858.

Le comte Drouot, général de division, est mort en 1847, à l’âge de soixante-treize ans. A cette époque la partie existante de la rue prit son nom.

Dunkerque (rue de), entre le faubourg Poissonnière et le boulevard de Rochechouart; l’autre partie appartient au dixième arrondissement.

Précédemment et jusqu’en 1847, rue Neuve-du-Delta.

Dunkerque est une ville du département du Nord.

Duperrè (rue).

Ouverte en 1843, sur des terrains appartenant à MM. Victor Lemaire et Jaloureau s’est, jusqu’au 1 6 mars 1849, appelée rue Victor-Lemaire; à cette époque, elle prit le nom du baron Duperré (Victor-Guy), amiral, nom qui reste lié au souvenir de la prise d’Alger (1775-1846).

Faubourg-Montmartre (rue du).

C’était le chemin qui conduisait à la fameuse abbaye des Dames de Montmartre; pendant laRévolution, elle a porté le nom de Montmarat.

Faubourg -Poissonnière (rue du), côté impair; le côté pair appartient au dixième arrondissement.

Le territoire que cette voie traverse fut érigé en faubourg vers 1648, et la rue prit le nom de Nouvelle-France ; vers 1660, elle devint rue Sainte-Anne, en raison d’une chapelle qu’on y avait construite, et placée sous l’invocation de cette sainte. Cette chapelle était située sur le côté gauche de la voie, entre la rue d’ Enfer, aujourd’hui rue Bleue, et la ruelle des Porcherons- Saint-Lazare, aujourd’hui rue Montholon.

Féneloo (cité).

Voie privée.

François de Salignac de Lamothe ^ Fénelon, archevêque de Cambrai, auteur des Aventures de Télémaque, né en 1652, est mort ôn 1715.

Fléchier (rue).

Ouverte en 1824; a pris le nom du célèbre prédicateur né le 10 juin 1632, mort le 16 février 1710.

Fontaine (rue).

Ouverte en 1826 sur les terrains Hagerman et Sylvain Mignon.

Fontaine, architecte, ami et collaborateur de Percier, a attaché son nom à la construction de l’arc dé Triomphe du Carrousel et à celle de la chapelle expiatoire; il est mort en 1853, à l’âge de quatrevingt-onze ans.

Frocbot (avenue).

Voie privée.

Frochot (rue).

Ouverte en 1826 sur lesterrains de M. Brack; elle porte le nom du comte Frochot qui, en 1799, fut le premier préfet de la Seine (1757- 1828).

Fromentin (rue).

Voie privée; précédemment rue Neuve-Fontaine.

Eugène Fromentin, artiste peintre, dont elle a pris le nom en 1879, naquit en 1820 et mourut en 1876.

Gaillard (cité).

Voie privée, ouverte en 1837 sur les terrains de M. Gaillard, entrepreneur de maçonnerie.

Geoffroy-Marie (rue).

Geoffroy, cordonnier, et Marie, sa femme, avaient donné, en 1261, à l’Hôtel-Dieu, les terrains sur lesquels cette voie est construite. Ordonnée dès 1816, sa création n’eut lieu qu’en 1842.

Gérando (rue de).

Ouverte sur les terrains de l’ancien abattoir Montmartre.

Le baron Joseph-Marie de Gérando, économiste et jurisconsulte, né en 1772, est mort en 1842.

Glück (rue).

Ouverte en 1862, dénommée par décret du 2 mars 1867.

Glück, compositeur allemand, auteur d'Iphigénie , d'Armide, etc., né en 1714, est mort en 1787.

Godot-de-Mauroy (rue).

Ouverte en 1818 par MM. Godot de Mauroy et sur leur terrain, elle a fait disparaître une impasse dite de la Grille qui avait son entrée rue des Mathurins.

Grange-Batelière (rue de la).

La partie comprise entre les rues du Faubourg-Montmartre et Rossini (autrefois rue Binon) existait au dix-septième siècle et s’appelait rue Batelier. Autrefois, elle commençait au boulevard et occupait une partie des rues Drouot et Rossini.

Elle doit son nom à la Grange- Batelière, lieu déjà connu au treizième siècle.

Halévy (rue).

Ouverte de 1858 à 1 860, elle a été dénommée le 2 mars 1864.

Jacques-François-Fromental-Elie Halévy, compositeur, auteur de la Juive , est mort en 1862, à l’âge de soixante-trois ans.

Haussmann (boulevard).

Cette belle voie qui sera prolongée jusqu'à la rue Drouot, a pris, le 2 mars 1864, le nom du baron Haussmann, mort en 1891, qui fut préfet de la Seine du 22 juin 1853 au 5 janvier 1870.

Havre (passage du).

Voie privée, créée en 1845 par MM. Selles, Doux et Durand-Billion sur des terrains leur appartenant.

Havre (rue du).

Précédemment et pour partie rue de la Ferme-des-Mathurins.

A reçu le nom de la ville du Havre, desservie par le chemin de fer de l’Ouest, dont la gare est voisine.

Helder (rue du).

Une partie de cette rue a été ouverte en 1 775 sur des terrains appartenant à M. Bouret de Vezelais; en 1792, elle ne formait encore qu’une impasse nommée Taitbout; elle fut percée alors et prolongée jusqu’au boulevard.

Elle porte le nom d’un fort de Hollande dont les Anglais avaient vainement tenté de s’emparer le 26 août 1790.

Hippolyte-Lebas (rue).

Ouverte par la ville de Paris, cette voie a reçu, en 1 868, le nom de Lebas, architecte de Notre-Damede-Lorette, qu’il ne faut pas confondre avec l’ingénieur qui a dirigé lestravaux d’érectionde l’obélisque.

Né en 1782, Hippolyte Lebas est mort en 1867.

Horloge (galerie de 1’).

Voie privée comprise dans lepassage de l’Opéra; doit son nom à l’horloge qui en décore le fond.

Italiens (boulevard des), côté pair; l’autre côté fait partie du deuxième arrondissement.

Ouvert en 1676, il s’est appelé boulevard Cerutti sous la Révolution et boulevard de Gand sous

Louis XVIII et Charles X. Il doit son nom au voisinage du théâtre delà Comédie-Italienne, plus tard Opéra-Italien, puis Opéra-Comique.

Joubert (rue).

Ouverte en 1780 en même temps que la dernière partie de la rue de Caumartin (rue Sainte-Croix), elle porta d’abord le nom de rue Neuve-des-Capucins, parce qu’elle conduisait au couvent de ces pères (aujourd’hui lycée Condorcet).

Joubert l’habitait en 1799; le général ayant été mortellement blessé àNovi, la rue reçut son nom.

Joubert n’avait que trente ans lorsqu’il mourut.

Jouffroy (passage).

Voie privée-; construit en 1845 par MM. Jouffroy et Cie, ouvert au public le 17 février 1847.

La Bruyère (rue).

Ouverte en 1824, entre les rues Notre-Dame-de-Lorette et La Rochefoucauld, sur les terrains appartenant à la Compagnie Dosne, Loignon, Censier et Constantin ; en 1839, entre la rue de la Rochefoucauld et la rue Blanche, sur les terrains de M. Boursault. La partie comprise entre les rues Pigalle et Blanche s’est, jusqu’au 2 avril 1868, appelée rue Boursault ; à cette époque une dénomination unique a été donnée à toute la voie.

Jean de La Bruyère, auteur des Caractères , né en 1645, est mort en 1696.

La Fayette (rue), entre la rue de la Chaussée-d’Aiitin et la rue du Faubourg-Poissonnière; le surplus appartient au dixième arrondissement.

La partie qui nous occupe a été ouverte de 1859 à 1862.

La Fayette mourut en 1834, à l’Age de soixante-dix-sept ans, il avait été le premier général de la garde nationale de Paris.

Laferrière (rue).

Ouverte en 1832 sous le nom de passage Laferrière, eileaetéclassée et convertie eu rue le 31 janvier

Le nom qu’elle porte est celui du comte de Laferrière-Lévèque.

lieutenant général et commandant de la garde nationale quand le passage fut créé; né en 1776, il est mort en 1834.

Laffitte (rue).

Ouverte pour une partie en 1770, pour une autre en 1823 et 1824, elle a porté le nom de rue d’Artois (et sous la Révolution celui de Cerutti); elle a pris, en 1830, le nom de Laffitte, un des promoteurs du renversement des Bourbons, qui y avait son hôtel.

Jacques Laffitte, financier et homme politique, est mort en 1844, à l’âge de soixante-dix-sept ans.

Lallier (rue).

C’est un ancien chemin existant au commencement du dix-huitième siècle; converti en voie publique, il prit, à cause de sa situation éievée, le nom de rue Beauregard (auquel on ajoutait parfois ; des Martyrs, pour la distinguer de son homonyme du quartier Bonne-Nouvelle). En 1864, elle a pris sa dénomination actuelle.

Michel LaJlier, prévôt des marchands, ouvrit, en 1436, les portes de Paris à Charles VII.

Lamartine (rue).

C’est sur le territoire Coquenard* dont elle a d’abord porté le nom, que cette rue fut ouverte au dixseptième siècle; plus tard et jusqu’en 1792, elle porta le nom de rue Notre-Dame-de-Lorette ; à cette époque on lui rendit sa dénomination première qu’elle quitta le 16 mars 1848 pour le nom du grand poète, alors membre du gouvernement provisoire.

Alphonse de Lamartine est mort à Passy en 1869, il était né en 1790.

La Rochefoucauld (rue).

C’était, en 1672, la ruelle de la Tour-des-Dames, mais elle n’allait alors que de la rue Saint-Lazare à celle de la Tour-des-Dames-Prolongée; au commencement du dixhuitième siècle, elle allait jusqu’à la rue Pigalle et traversait des terrains appartenant à l’abbaye de Montmartre; elle prit, mais beaucoup plus tard, en 1790, le nom de Catherine de La Rochefoucauld, dernière abbesse de Montmartre.

Certains auteurs pensent que son nom lui a été donné en l'honneur de La Rochefoucauld, introducteur de la vaccine en France, né en 1747, mort en 1827. Cette opinion ne nous paraît pas dénuée de fondement; à l’époque où la rue fut dénommée, on songeait plutôt à honorer un bienfaiteur de l’humanité qu’une abbesse.

La Tour-d’Auvergne (rue de).

C’était, en 1714, un chemin que l’on trouve indiqué sur le plan de La Caille; vers 1760, il fut converti en rue, et le plan de Verniquet (1762) lui donne déjà sa dénomination actuelle.

Les avis sont partagés sur l’étymologie de son nom. Antony Béraud et Dufey dans leur Dictionnaire historique de Paris, publié en 1828, avouent franchement l’ignorer.

Félix et Louis Lazare disent qu’elle dut «sa dénomination à sa proximité de l’hôtel ainsi appelé». La Nomenclature des voies publiques et privées de la ville de Paris , dressée sous la direction de M. Alphand, y voit le nom de Louise- Emilie de la Tour-d’Auvergne, abbesse de Montmartre de 1727 à 1735. Ce pourrait être aussi bien le nom du capitaine de La Tourd’Auvergne, fidèle compagnon de Henri IV ; mais ce n’est point, comme on paraît le croire dans le quartier, celui du premier grenadier de France, mort en 1800, etqui n’avait pas vingt ans quand la rue fut ainsi appelée.

Léonie (rue).

Ouverte en 1840 par M. Boursault, elle a reçu le nom de baptêmë de sa fille; elle ne fut qu’une voie privée et un passage jusqu’en

Le Peletier (rue).

Ouverte en 1786 entre le boulevard et la rue Rossini, en 1793 entre cette dernière et la rue de Provence, elle a été continuée en 1 862 jusqu’à la rue de Châteaudun.

Louis Le Peletier, chevalier, marquis de Montméliant, seigneur de Mortefontaine, conseiller d’Etat, était prévôt des marchands lors de sa création et lui donna son nom.

Londres (cité de).

Voie privée; a été formée, en 1840, par M. Tessier, propriétaire, et s’est d’abord appelé passage de Londres.

Londres (rue de).

Ouverte sur les terrains Jonas Hagerman et Sylvain Mignon, en vertu d’une ordonnance royale du 2 février 1826, elle a reçu le nom de la capitale de l’Angleterre en exécution d’une décision ministérielle du 5 août de la même année.

Madeleine (boulevard de la), côté pair entre les rues de Caumartin et Vignon. Les autres parties appartiennent aux premier et huitième arrondissements.

Ouvert en 1676, s’est, sous la Révolution, appelé boulevard Cerutti.

Gerutti, jésuite piémontais, vint se fixer en France et embrassa les idées nouvelles; il fut élu membre de l’Assemblée législative en 1791.

Magenta (boulevard de), côté impair entre la rue du Faubourg-Poissonnière et le boulevard de Rochechouart ; appartient, pour l'autre partie, au dixième arrondissement.

Ouvert en 1859 dans le neuvième arrondissement, il porte le nom de la victoire remportée par les Français sur les Autrichiens le 4 juin de cette même année.

Malesherbes (cité).

Voie privée; elle occupe une partie de l’emplacement de l’ancien hôtel Malesherbes.

Mansart (rue).

Ouverte en 1842, a d’abord porté le nom de l’architecte Percier, collaborateur constant de Fontaine; un décret du 24 août 1864 lui a donné sa dénomination actuelle.

François Mansart, architecte du Val-de-Grâce, né en 1598, mort fen 1666, et son neveu, Jules Hardouin (1645-1708), constructeur de la place Vendôme, peuventégalement revendiquer le patronage de cette rue.

Manuel (rue).

Ce fut originairement une voie privée qui fut classée en 1870 sous le nom de rue Neuve-des-Martyrs; en 1877, elle prit le nom de rue de Morée. Sa dénomination actuelle lui a été donnée par un arrêté préfectoral du 13 juillet 1887.

Manuel (Jacques-Ant.), homme politique français, violemment expulsé de la Chambre des députés en 1823, était né en 1775; il est mort en 1827.

Martyrs (rue des), de Notre- Dame-de-Lorette au boulevard de Rochechouart; le surplus appartient au dixhuitième arrondissement.

C’est un ancien chemin se dirigeant vers Montmartre (mont des Martyrs) qui s’est successivement appelé chaussée et rue des Martyrs.

Mathurins (rue des), entre les rues Scribe et Tronchet; l’autre partie appartient au huitième arrondissement.

C’était, au milieu du dix-septième siècle, un chemin sinueux qui s’appelait ruelle des Mathurins; percée vers 1792 sur des terrains dépendant de la ferme du monastère voisin, elle porta d’abord le nom de rue de la Ferme-des-Mathurins, puis celui de rue Neuve-des-Mathurins qu’elle quitta Ie24 janvier 1881 pour sa dénomination actuelle.

Maubeuge (rue de), entre les rues du Faubourg -Montmartre et du Faubourg-Poissonnière; le surplus appartient au dixième arrondissement.

La partie comprise en cet arrondissement a été ouverte en 1861.

Maubeuge est une ville du département du Nord.

Mayran (rue).

Ouverte en 1862, dénommée en

Joseph-Décius-Nicolas Mayran, général de division, dont elle porte le nom, a été tué en Crimée en 1855, à l’âge de cinquante-sept ans.

Meyerbeer (rue).

Ouverte en 1862, dénommée en

Meyerbeer, compositeur allemand, auteur des Huguenots, de Robert-le- Diable, etc., né en 1794, est mort en 1864.

Milan (rue de).

Percée sans autorisation en 1831 sur les terrains Jonas Hagerman, elle n’a été ouverte qu’en 1836.

Elle porte le nom d’une ville d’Italie , autrefois capitale du royaume lombardo-vénitien.

Milton (cité).

Voie privée; précédemment et pour partie, rue Neuve-Bossuel.

Milton (rue).

Elle a reçu une dénomination unique le 10 août 1868. C’était originairement la rue Neuve-Bossuet, entre la rue Lamartine et la cité Milton; la rue Fénelon entre la cité Milton et la rue de La Tour d’Auvergne, et, antérieurement, le passage Fénelon entre lesrues de Morée et de La Tour-d’Auvergne.

John Milton, poète anglais, auteur du Paradis perdu, né en 1608, est mort en 1674.

Mogador (rue de).

Ouverte en 1845; elle s’arrête actuellement à la rue de Provence, mais doit rejoindre la rue Saint- Lazare; une amorce de ce percement, longue de 40 mètres, existe déjàauprès delarue de laChausséed’Àntin.

Mogador, place forte de l’empire du Maroc, a été prise le 15 août

Moncey (rue).

Ouverte en 1841 sur des terrains appartenant à Me Hamelin, une ordonnance royale du 5 août 1844 lui a donné le nom du défenseur de la barrière de Clichy.

Le maréchal Moncey, duc de Conegliano, né en 1754, est mort en 1842.

Monthiers (cité).

V oie privée; nom de propriétaire.

Moutholon (rue de).

Ouverte en 1780 ; doit son nom à la famille de Montholon, dont

l’hôtel s’élevait sur le boulevard Poissonnière. Lors de la création de la rue, M. de Montholon était conseiller d’Etat, ce qui justifie mieux la dénomination.

Montholon (square de).

Sa création a été résolue en 1862.

Montmartre (boulevard), côté pair; le côté impair appartient au deuxième arrondissement.

Ouvert en 1676 ; s’est, sous la Révolution, appelé boulevard Montmarat.

Montyon (rue de).

Précédemment cul-de-sac et rue de la Boule-Rouge; a pris, en 1843, son nom actuel.

Le baron de Montyon, fondateur de prix de vertu, a laissé trois millions aux hospices; ce philanthrope, dur en sa vie aux pauvres gens, était né en 1733 ; il est mort en 1820.

Morlot (rue).

Ouverte en 1860 ; a reçu, en 1864, le nom du cardinal Morlot, archevêque de Paris, mort en 1862, à l’âge de soixante-sept ans.

Navarin (rue de).

Ouverte en 1830.

Son nom rappelle la victoire remportée le 20 octobre 1827 sur la flotte turco-égyptienne par les escadres française , anglaise et russe.

Notre-Dame-de-Lorette (rue).

Ouverte en 1834 sur les terrains appartenant à la Société Dosne, Loignon, Gensier et Constantin, elle doit le nom qu’elle a toujours porté à l’église dont elle est voisine.

Nouvelle (rue).

Cette voie privée, qui s’achève en impasse, a été ouverte en 1879 sur l’emplacement de la prison pour dettes.

Opéra (passage de 1’).

Voie privée; ouvert en 1823 sur des terrains appartenant au vicomte Morel de Vindé,il comprend, outre les galeries du Baromètre et de l’Horloge, deux galeries transversales.

Opéra (place de 1’), entre le boulevard des Capucines et les rues Auber et Halévy; le surplus appartient au deuxième arrondissement.

C’est la partie la plus ancienne de la place ; son ouverture, projetée dès 1858, fut exécutée en 1862. Le côté des numéros impairs (deuxième arrondissement) n’a été ouvert qu’en 1864.

Papillon (rue).

Ouverte en 1780 ; elle porte le nom d’un intendant des menus plaisirs du roi; elle était voisine de Dhôtel des Menus-Plaisirs, aujourd’hui Conservatoire de musique et de déclamation.

Parme (rue de).

Percée en 1 839 ; elle s’est d’abord appelée rue Neuve-de-Clichy.

Parmè, ville d’Italie, est l’ancienne capitale du duché du même nom.

Pétrelle (rue).

Ce n’était encore qu’un chemin en 1763 ; au cours de la Révolution, un architecte nommé Pétrelle y fit construire plusieurs maisons.

Pigalle (cité).

Voie privée.

Pigalle (place).

Précédemment, de 1860 à 1864, place de la Barrière-Montmartre.

Pigalle (rue).

Ce n’était, en 1780, qu’un chemin qu’on nommait rue Royale; elle prit, en 1792, le nom du célèbre sculpteur Pigalle (Jean-Baptiste), né en 1714, mort en 1785, qui l’avait habitée.

Place Cadet (cité de la).

Voie privée ; sa dénomination a la même origine que celle de la rue Cadet.

Poissonnière (boulevard), côté pair; le côté impair appartient au deuxième arrondissement.

Ouvert en 1676.

Provence (rue de), entre les rues du Faubourg-Montmar-

tre et du Havre; l’autre partie appartient au huitième

Précédemment, rue Saint-Nicolas-d’Antin, entre les rues de la Chaussée-d’Antin et du Havre ; cette partie, d’abord appelée ruelle de l’Egout, a été formée en 1769 ; quant à la rue de Provence, elle fut ouverte en 1770 et reçut son nom en l’honneur du comte de Provence, depuis Louis XVIII. Un arrêté préfectoral du 2 avril 1868 a réuni les deux rues sous une même dénomination.

Riboutté (rue).

A été ouverte en 1780 sur des terrains appartenant à M. Lenoir, architecte, constructeur de l’ancien théâtre de la Porte-Saint-Martin, et à M. Riboutté.

Richer (galerie).

Voie privée.

Richer (rue).

C’est un ancien chemi longeant l’égout, converti en rue en 1782, alors que Jean-Charles Richerétait échevin.

Rochambeau (rue).

Ouverte en 1862, dénommée en

Le comte Jean-Baptiste-Donatien de Rochambeau, maréchal de France, dont elle porte le nom, est mort en 1807, à l’âge de quatrevingt-deux ans.

Rochechouart (boulevard de), côté impair; le côté pair appartient au dix-huitième arrondissement.

Précédemment, chemin de ronde des Poissonniers, de Rochechouart, et des Martyrs. L’origine de sa dénomination est la même que celle de la rue de Rochechouart.

Rochechouart (cité de).

Voie privée.

Rochechouart (rue de).

C’était, à la fin du dix-septième siècle, un chemin traversant les dépendances de l’abbaye de Montmartre; lorsqu’elle fut ouverte, au commencement du dix -huitième siècle, elle prit le nom de Margue-

rite de Rochechouart de Montpipeau, abbesse de 1713 jusqu’à sa mort, arrivée en 1727.

Rodier (impasse).

Voie privée, ouverte en 1820; s’est appelée impasse de l’Ecole jusqu’en 1877. Une école de dessin est encore au fond de cette impasse.

Rodier (rue).

Précédemment rue Neuve-Coquenard, et en 1790 impasse Brutus, entre les rues Choron et de La Tour-d’Auvergne ; etrue Rodier pour la partie suivante. Celle-ci ne fut ouverte qu’en 1833 sur des terrains appartenant à M. Rodier, sous-gouverneur de la Banque de France. Un arrêté du 1er février 1778 a réuni les deux voies sous une dénomination imique.

Rossini (rue).

Ouverte, en 1704, le long des murs de la Grange-Batelière, elle resta longtemps à l’état d'impasse et porta, plus tard, le nom de rue Pinon, le président Pinon y possédant un hôtel; elle fut prolongée jusqu’à la rue d’Artois (aujourd’hui rue Laffitte), en 1784. En 1850, elle a pris le nom de l’auteur de Guillaume Tell.

Gioacchino Rossini, né en 1792, mort en 1868.

Rougemont (cité).

Voie privée.

Rougemont (rue).

Ouverte et dénommée en 1844, elle est construite sur l’emplacement de l’hôtel de M. Rougemont de Lowenberg et lui doit son nom.

Saint-Georges (place).

Créée en 1824 sur les terrains appartenant à la Compagnie Dosne, Loignon, Censier et Constantin; l’autorisation d’ouverture obligeait la Société à faire édifier une fontaine au centre de la place.

Saint-Georges (rue).

Entre les rues de Provence et Saint-Lazare, elle était ouverte, en 1779, sous le nom de rue Saint- Georges, emprunté, suppose-t-on, à une enseigne ; l’autre partie n’a été créée qu’en 1824, en même temps que la place Saint-Georges,

sur des terrains appartenant à la Société Dosne, et porta d’abord le nom de rue Neuve-Saint-Georges.

Un arrêté préfectoral du 17 août 1846 a réuni les deux voies sous une dénomination unique.

Saint-Lazare (rue), entre les rues Fléchier et d’Amsterdam; l’autre partie appartient au huitième arrondissement.

Au commencement du dix-huitième siècle, on l’a nommée rue des Porcherons et rue d’Argenteuil ; elle prit son nom actuel en 1770, parce qu’elle conduisait à l’enclos Saint-Lazare.

Sainte-Cécile (rue).

Ouverte en 1853 sur les terrains de l’ancien garde-meuble, elle a reçu le nom de sainte Cécile, patronne des musiciens, à cause de son voisinage avecle Conservatoire.

Sandrié (impasse).

Voie privée; ouverte en 1775 par M. Sandrié des Fossés

Saulnier (passage).

Voie privée ; a été construit en 1787 par Rigoulot-Saulnier.

Say (rue).

Ouverte en 1858 ; porte le nom de l’économiste Jean-Baptiste Say, né en 1766, mort en 1832.

Scribe (rue).

Ouverte en 1862, dénommée en

Eugène Scribe, auteur dramatique, était né en 1791; il mourut en 1861, dans une maison de l’arrondissement, rue Pigalle, n° 12

Sèze (rue de), entre le boulevard des Capucines et la rue Vignon; l'autre partie appartient au huitième arrondissement.

Ouverte en 1824; ne fut complètement achevée que vingt ans plus tard.

Dès sa création et vu son voisi »

nage de la chapelle expiatoire, elle porta le nom du défenseur de Louis XVI, mort en 1828, à l’âge de quatre-vingts ans.

Taitbout (rue).

Ouverte en 1775 entre le boulevard et la rue de Provence, en 1781 entre celle-ci et la rue Saint-Lazare, en 1854 entre cette dernière et la rue d’Aumale. Sa première partie a toujours porté son nom actuel, qui est celui d’un greffier de la ville en fonctions lors de son ouverture ; la seconde s’appela primitivement rue du Houssay; la troisième, rue des Trois-Frères ; elles ont été réunies sous une dénomination unique par une décision ministérielle du 25 août 1853.

Tivoli (passage de).

Voie privée; créé vers 1826, il s’est d’abord appelé passage de Navarin, puis, après la faillite de ses constructeurs, passage Mandrin; il occupe, et de là le nom qu’il prit en 1828, une partie de l’emplacement du Jardin de Tivoli, que Ruggieri avait créé en 1796.

Tour-des-Dames (rue de la).

Elle est tracée sur des plans remontant aux premières années du dix-huitième siècle, et doit son nom à un moulin appartenant aux Dames de Montmartre, qui s’élevait au coin de cette rue et de la rue de La Rochefoucauld.

Trévise (cité de).

Voie privée, ouverte en 1840.

Trévise (rue de).

Ouverte en 1836 entre la rue Richer et la rue Bleue, en 1844 entre les rues Bergère et Richer, prolongée en 1859 jusqu à la rue Lafayette.

L’hôtel du maréchal Mortier, duc de Trévise, frappé à mort lors de l’attentat de Fieschi (28 juillet 1835), s’élevait sur une partie de son emplacement. Le maréchal Mortier avait soixante-sept ans lorsqu’il mourut.

Trinité (rue de la).

Ouverte en 1860, dénommée en 1864. Elle est située au chevet de l’église de la Trinité, d’où son nom.

Trinité (square de la).

Gréé en 1860.

Tronchet (rue), côté pair, entre les rues Yignon et Auber;

l’autre partie appartient au huitième arrondissement.

Napoléon avait projeté le percement de cette voie en 1808, mais le décret qu’il rendit à cette occasion ne fut pas exécuté. C’est seulement en 1824 que la première partie de la rue fut ouverte, sous le nom qu’elle porte encore ; elle allait alors de la place de la Madeleine à la rue des Mathurins; la seconde partie a été créée en vertu d’un décret du 14 novembre 1858.

Tronchet, avocat, un des défenseurs de Louis XVI, un des rédacteurs du Gode civil, est mort en 1806, à l’âge de quatre-vingts ans.

Trudaine (avenue).

Créée en 1821, elle a reçu le nom de Charles Trudaine de Montigny, conseiller d’Etat, prévôt des marchands de 1716 à 1719, né en 1660, mort en 1721.

Turgot (rue).

Bien que décidé dès le 29 mai 1821, le percement de cette voie ne fut commencé qu’en 1833; quelques propriétés restant alors à acquérir, elle ne put être livrée à la circulation qu’en 1836.

Michel-Etienne Turgot, né en 1696, mort en 1751, fut prévôt des marchands du 14 juillet 1729 au 16 août 1740. La ville de Paris lui dut beaucoup comme embellissement et comme assainissement.

Verdeau (passage).

Voie privée; ouvert en 1846 par la société Jouffroy, il a pris le nom d’un de ses membres.

Victoire (rue de la).

C’était, en 1672, la ruellette aux Marais des Porcherons, au milieu du dix-huitième siècle la ruelle des Postes, plus tard la rue Chantereine. Bonaparte v logea à son retour d’Egypte, en 1799; elle reçut alors le nom de rue de la Victoire, qu’elle quitta au second retour de Louis XVIII pour reprendre son ancienne dénomination. En 1833, elle redevint rue delà Victoire; en 1847, elle fut prolongée depuis la rue de la Chaussée- d’Antin jusqu’à la rue Joubert.

Victor-Masse (rue).

Ouverte en 1777, sous le nom de rue Ferrand, elle prit, plus tard, le nom de rue de Laval, en souvenir d’une abbesse de Montmartre.

Un décret du 27 juillet 1887 lui donna le nom de Victor Massé, compositeur, auteur des Noces de Jeannette , né en 1322 et mort en 1884, dans une maison de l’avenue Frochot.

Vignon (rue), côté pair; le côté impair appartient au huitième arrondissement.

C’était précédemment la rue de la Ferme-des-Mathurins, dont la plus ancienne partie, ouverte en 1775, disparut lors de la création du boulevard Haussmann.

Le nom qu’elle a reçu, le 29 janvier 1881, est celui de Pierre - Alexandre Vignon, architecte de

la Madeleine, né en 1762, mort en

Vintimille (impasse de).

Voie privée.

Vintimille (place de).

Créée en 1844, elle doit son nom à Mme la comtesse de Ségur. née de Vintimille du Luc, propriétaire des terrains qu’elle occupe.

Vintimille (rue de).

Ouverte en 1844 sur les terrains de la comtesse de Ségur.

Viollet-le-Duc (rue).

Ouverte en 1879 ; dénommée par décret du 19 mars 1880.

Eugène- Emmanuel Viollet-le- Duc, architecte, archéologue, restaurateur de la cathédrale de Paris, inspecteur des travaux de restauration de la Sainte-Chapelle, né en 1814, est mort en 1879.

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