‹ Paris, promenades dans les vingt arrondissementsChapitre 25 sur 40 · XY · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION

l’Eglise, du Gazomètre, des Petits-Hôtels, des Jardins, des Magasins, du Nord, et la place du Delta. Les rues de Bossuet, de Fénelon et de Belzunce, créées à la même époque, sont restées sans dénomination jusqu’en 1844.

Tout un quartier salubre et gai remplaçait un désert, parfois en ce temps assez dangereux à traverser le soir.

De cette même époque, ou à peu près, datent, sur divers points de l’arrondissement, l’ouverture des rues de Chabrol, Claude-Vellefaux, du Canal-Saint-Martin, de Strasbourg, Corbeau, de Marseille, le prolongement de la rue d’Hauteville, depuis la rue des Messageries jusqu’à la place Lafayette, la construction du théâtre du Gymnase. Enfin, n’oublions pas de le mentionner, le 25 août 1824, on posait la première pierre de l’église Saint-Vincent de Paul, qui ne devait être livrée au culte que vingt ans plus tard.

Vingt ans plus tard, nous sommes sous le règne de Louis-Philippe. Les voies créées sont en petit nombre ; on ouvre la rue Mazagran en 1840, la place de Roubaix en 1845, les rues de Maubeuge et Ambroise-Paré en 1846 ; par contre, la Douane est édifiée à un bout de l’arrondissement, et le bel hôpital Lariboisière commencé à l’autre. Sur remplacement de la foire Saint-Laurent, M. Philippon, architecte, construit un marché que l’on inaugure le 9 août 1836 ; cette halle, qui disparut lors de la création du boulevard de Strasbourg, était surmontée de vastes ateliers où l’on peignait des décors de théâtre. Enfin, en 1846, non monumentale comme elle l’est aujourd’hui, on inaugurait la gare du

Nord; quant à celle de Strasbourg, elle était presque achevée lorsque la Révolution de 1848 éclata. Il était réservé à l’Empire de percer la longue voie dont elle termine si magistralement la perspective.

De cette époque datent aussi le percement du boulevard de Magenta, les premières modifications apportées à la forme de la place de la République, la construction de la caserne qui en occupe le fond, l’ouverture de la belle avenue Parmentier, et enfin la création de quelques voies publiques, telles que les rues de Metz, Guy-Patin, de Compiègne, Beaurepaire, Dieu, Cail, Perdonnet, d’Alsace, des Deux-Gares, de l’Aqueduc, etc. Nous avons parlé du marché Saint-Laurent et de sa disparition lors de l’ouverture du boulevard de Strasbourg ; faisons observer qu’ii fut immédiatement remplacé par le marché du Château-d’Eau qui, à l’angle de cette rue et de la rue Bouchardon, couvre une superficie de près de 2400 mètres.

La République a terminé la régularisation de l’ancienne place du Château-d’Eau ; elle l’a décorée d’une statue et ornée de parterres. A quelques pas de là, où fut jadis ce café du Globe qui s’intitulait fièrement le plus grand du monde , s’élève tout neuf, tout blanc encore, l’immeuble de la Bourse duTravail. Sur le boulevard, les abords de l’Ambigu ont été rectifiés et embellis. Le théâtre de la Porte-Saint-Marlin, incendié pendant la Commune, a été reconstruit, et la jolie salle de la Renaissance est devenue sa voisine. Nous ne parlons que pour mémoire des nombreux cafés-concerts que l’on rencontre dans l’arrondissement, soit dans le faubourg Saint-Denis, soit sur le boulevard de Stras-

INTRODUCTION

bourg; mais, accordons une mention à l’un d’eux, le concert des Bouffes-du-Nord, situé sur le boulevard de la Chapelle, à l’angle du faubourg Saint-Denis. Celui-ci s’est transformé en théâtre, et les représentations sont très suivies.

Enfin, au lieu et place de la mairie actuelle, à l’angle du faubourg Saint-Martin et de la rue du Châteaud’Eau, on a posé, le 10 janvier 1892, la première pierre d’un nouvel édifice municipal ; la direction des travaux est confiée à M. Rouyer, architecte ; c’est dire que le dixième arrondissement possédera enfin une mairie digne de lui.

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