‹ Paris, promenades dans les vingt arrondissementsChapitre 26 sur 40 · POETE SAINT -MAETIN. — HOPITAL SAINT - LOUIS · texte numérisé non relu

POETE SAINT -MAETIN. — HOPITAL SAINT - LOUIS

DÉLIMITATION

Une ligne partant de l’extrémité dn boulevard de Magenta, suivant Taxe des boulevards de la Chapelle et de la Villette, l’axe de la rue du Faubourg-du-Temple, ceux de la place de la République, des boulevards Saint-Martin, Saint-Denis, Bonne- Nouvelle, celui de la rue du Faubourg-Poissonnière jusqu’au point de départ.

ITINÉRAIRE

TOUR LE Xe ARRONDISSEMENT.

Boulevard de Magenta, rue Ambroise-Paré, hôpital Lariboisière; rue Saint-Vincent-de-Paul, rue Fénelon, place Lafayette, maison Debain, église Saint-Vincent de Paul ; rue des Petits- Hôtels, École Bernard-Palissy, chapelle protestante; rue de Saint-Quentin, place de Roubaix, gare du Nord ; rue de Dunkerque, faubourg Saint-Denis, Maison municipale de santé ; rue de Strasbourg, gare de l’Est ; faubourg Saint-Martin, fontaines ; rue Louis-Blanc, École Colbert; rue de Château-Landon, rue Chaudron, faubourg Saint-Martin, rue Lafayette, chapelle Saint-Joseph ; rond-point de la Villette, quai de Jemmapes, canal Saint-Martin; avenue Richerand, hôpital Saint-Louis; rue Bichat, rue Alibert, rue Claude-Vellefaux, rue Saint-Maur, rue du Faubourg-du-Temple, quai de Valmy, rue de la Douane, hôtel delà douane, Tivoli-Vauxhall ; rue de l’Entrepôt, passage de l’Entrepôt, rue des Marais, église Saint-Martin; boulevard de Magenta, maison n° 11, Bourse centrale du travail; place de la République, statue de la République, marché aux fleurs, caserne du Prince-Eugène ; boulevard Saint-Martin, théâtre des Folies-Dramatiques, théâtres de l’Ambigu-Comique, de la Porte-Saint-Martin, de la Renaissance, porte Saint-Martin ; boulevard Saint-Denis, boulevard de Bonne-Nouvelle, théâtre du Gymnase dramatique; rue du Faubourg-Poissonnière, Théâtre Moderne; rue de Paradis, faïences, porcelaines, cristaux, maison n° 44 ; rue de la Fidélité, foire Saint-Laurent, église Saint- Laurent; boulevard de Magenta, prison de Saint-Lazare, marché Saint-Quentin, — mairie du dixième arrondissement, hôpital militaire Saint-Martin, caserne de la Nouvelle-France, cafés-concerts, brasseries, théâtre des Menus-Plaisirs.

DANS LE DIXIÈME ARRONDISSEMENT

Les quatre quartiers de cet arrondissement ont, comme à peu prèspartout, leur physionomie particulière; néanmoins, les différences sont peu sensibles entre le quartier de la Porte-Saint-Martin et celui de la Porte-Saint-Denis : même bordure de boulevards, même profusion de théâtres et de cafés-concerts, même animation commerçante.

Plus tranchés sont les contrastes entre les quartiers Saint- Vincent-de-Paul et de l’hôpital Saint-Louis; dans le premier s’agglomèrentles grands commissionnaires en marchandises et les maisons de banque; nécessairement aussi, leurs employés, leurs commis, gens de bonne éducation et d’excellente tenue; dans le second, le voisinage du canal Saint- Martin et des usines a réuni un grand nombre de travailleurs ; les lieux de plaisir proprement dits y sont àpeu près inconnus; les luxueux cafés, les brasseries aux vitraux teintés, les cafés-chantants sont remplacés par des liquoristes, des marchands de vin, des cabarets, des bals-musettes.

L’air circule dans cet arrondissement très populeux, mais placé dans d’excellentes conditions d’hygiène; il est presque entièrement entouré de larges boulevards et traversé en tous sens par des voies gaies et saines; ici ce sont les quais du canal; là, le boulevard de Magenta; plus loin, une grande partie de la rue Lafayette; ailleurs, enfin, le boulevard de Strasbourg. Deux de nos principaux chemins de fer ont leur tête de ligne dans cet arrondissement; le commerce y trouve la douane ; la souffrance y rencontre un des plus beaux hôpitaux de Paris ; l’église Saint-Vincent de Paul, qui termine si bien la perspective de la rue d’Hauteville, offre aux visiteurs un des plus intéressants monuments chrétiens de notre cité.

PROMENADES DANS PARIS

La promenade est longue, mais après l’avoir accomplie, on en conservera certainement un bon souvenir.

Nous partirons de l’angle formé par les boulevards de Magenta et de la Chapelle; nous ne parcourrons pas ce dernier ni le boulevard de la Villette qui le suit ; nous aurons l’occasion de les voir lorsque nous visiterons les dixhuitième et dix-neuvième arrondissements. Rentrant immédiatement dans l’ancien Paris, nous nous trouverons tout d’abord devant l’hôpital de Lariboisière, un des plus beaux de Paris, et certainement celui où les exigences hygiéniques sont le plus largement satisfaites.

Simple d’aspect, froid de lignes, mais égayé par le feuillage des arbres qui ornent ses cours et ses promenoirs gazonnés, assaini par l’air qui circule abondamment entre ses divers corps de logis, touchant à la vie sociale par ses galeries à ciel ouvert où les malades peuvent se promener en été, par ses chaufïoirs où les convalescents se réunissent en hiver, Lariboisière est l’hôpital dont, sans appréhension, le pauvre peut franchir le seuil pour reconquérir la santé compromise.

En 1846, lorsque les constructions furent commencées sous la direction de l’architecte Gauthier, la maison devait porter le nom du roi Louis-Philippe, la place où on l’édifiait était un terrain vague, accidenté, caillouteux et s’appelait le clos Saint-Lazare ; quelques vieux Parisiens se rappellent encore son aspect gai, le jour, grâce aux nuées d’enfants qui s’y donnaient rendez-vous pour jouer au cerf-volant, sinistre, le soir, dans sa solitude profonde, dont quelques coups de sifflet — inquiétants pour le passant attardé — troublaient seuls le silence.

Quand éclata la révolution de 1848, les bâtiments de l’hôpital sortaient à peine de terre; de nombreux chantiers formaient autour de l’édifice ébauché une sorte de fortification; la position fut jugée bonne par l’insurrection de juin et la bataille devint, sur ce point, formidable et meurtrière. Ce ne fut que le 25 juin, au soir, que le général Lebretonjj parvint à déloger les insurgés.

Ne nous appesantissons point sur ces tristes souvenirs; l’histoire nous a obligé à rappeler les horreurs de la guerre civile; par contre, et sans sortir de notre sujet, elle nous permet de nous incliner devant les grandeurs de la charité.

Mme la comtesse de Lariboisière, morte sans enfants en 1851, avait légué toute sa fortune aux pauvres de Paris ; la réalisation de ce don magnifique produisit environ 2 900 000 francs qui furent employés à l’achèvement des constructions commencées. Après s’être appelé hôpital de la République, hôpital du Nord, l’édifice achevé s’ouvrit enfin, en 1854, sous le nom qu’il porte. Un monument élevé à la mémoire de la donatrice décore la chapelle, il est du sculpteur Marochetti.

L’édification et l’aménagement primitifs ont coûté près de huit millions. Jamais argent ne fut mieux ni plus intelligemment dépensé.

En tournant le dos à fhôpital nous apercevons le chevet de l’église Saint-Vincent de Paul, nous longeons la rue Fénelon et nous arrivons au pied de l’édifice.

Devant l’église s’étend jusqu’au boulevard la percée de la rue d’Hauteville ; la place, circulaire, est entourée d’une suite de maisons dont la monotone architecture est heureusement rompue par l’élégante façade de la construction qui fait, à notre gauche, l’angle de la rue des Petits-Hôtels ; cette maison, fort ornée, couronnée d’un joli campanile, a été construite jadis par un de nos grands facteurs de pianos, M. Debain; les bureaux d’une banque l’ont occupée; aujourd’hui elle est devenue maison bourgeoise.

Désireux d’examiner la façade de Saint-Vincent de Paul, vous êtes certainement descendu sur la place; vous avez admiré la largeur, la belle disposition des escaliers conduisant à l’église, et aussi les gracieuses rampes à double révolution qui permettent aux voitures d’arriver jusqu’à son seuil.

| C’est dans une situation magnifique que se dressent son , beau portail ionique et ses deux tours carrées, dont les baies, g malheureusement aveuglées par des treillis, arrêtées par des 3l angles froids, déroutent un peu les amateurs d’architecture chrétienne.

PROMENADES DANS PARIS

Abstraction faite de cette légère critique, Saint-Vincent de Paul, riche en objets d’art, est une de nos basiliques qu’il est impossible de ne point visiter.

Le fronton du portique est décoré de figures en ronde bosse, exécutées dans le goût antique : saint Vincent de Paul , la Foi et la Charité . Simples et grandes d’attitude, fort belles d’expression, ces sculptures font le plus grand honneur à leur auteur, M. Nanteuil.

L’une des tours renferme les cloches ; l’autre, une horloge ; chacune d’elles est, à sa base, décorée d’un cadran; celui de la tour de gauche indique les mois et les jours, celui de ! la tour de droite marque les heures.

Entre les tours s’élèvent les statues de saint Pierre , de saint Paul et des quatre Évangélistes , dont les auteurs sont MM. Ramey fils, pour les premières ; Barre, Brion, Foyatier et Valois, pour les dernières.

Avant de pénétrer dans l’intérieur de l’église il est bon de remarquer le précieux travail de sa grande porte de bronze, les statuettes de saints dont ses compartiments sont décorés et la figure de Christ placée sur le cul-de-lampe de l’imposte, œuvres de Farochon, d’un fort beau caractère.

Dans la nef, séparée des bas côtés par des colonnes d’ordre ionique en pierre polie, soutenant des tribunes, nous remarquerons d’abord la magnifique décoration des frises, œuvre 1 deFlandrin, dont, aucune description ne pouvant donner une ■ idée exacte, nous indiquerons à grands traits les principaux I sujets : Au-dessus de l’orgue, saint Pierre et saint Paul prêÆ chant VÉvangïle ; les saints sont placés au pied d’un autel jl chrétien, entourés de personnages représentant les diverse! I nations appelées à entendre la parole nouvelle ; cette com- I position couvre une largeur de 11 mètres de muraille, elf I a 2m,70 de hauteur.

La frise de gauche, de même hauteur, s’étend sur 42 me J très,, elle est consacrée aux vierges, aux martyres, au I saintes femmes, aux saints ménages; vous n’y comptere I pas moins de quatre-vingt-neuf personnages, tous s’achemi I nant processionnellement vers le sanctuaire, revêtus d I

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