‹ Paris, promenades dans les vingt arrondissementsChapitre 37 sur 40 · XL · texte numérisé non relu

XL

INTRODUCTION

fier et indigner le faubourg. Cette nouvelle est celle de la fusillade du boulevard des Capucines, déplorable malentendu, fait inexpliqué pour l’histoire, qui coûta à Louis Philippe sa couronne.

Le lendemain, accompagnant leur marche du Chant des girondins , les habitants du faubourg descendirent dans Paris et se mêlèrent aux combattants. Le soir, le Gouvernement provisoire s’installait à l’Hôtel de Ville et la République était proclamée.

Faut-il rappeler que, quatre mois après, lors des * journées de juin, la guerre civile ensanglantait le faubourg? Faut-il ressusciter pour un instant la vision sombre de ces gigantesques barricades si vaillamment attaquées par la mobile, si obstinément défendues par le peuple ? Faut-il raconter, une fois encore, la mort de Farchevêque de Paris ? Faut-il évoquer le sinistre aspect des rues dépavées, des boutiques closes, des maisons éventrées par la mitraille? Non, ces tableaux sont de ceux qu’on ne saurait oublier quand on les a vus, mais vers lesquels tout retour est pénible.

Survint le coup d’État de décembre 1851. Le faubourg ne s’opposa pas à l’élévation d’une dynastie nouvelle ; il lut indifféremment les affiches du président de la République et les protestations de l’Assemblée; il ne comprit que les premières, qui rétablissaient le suffrage universel mutilé par la loi du 31 mai.

Néanmoins, le faubourg fut un des foyers de la résistance au coup d’État; une barricade s’éleva à l’angle de la rue Sainte-Marguerite, et, debout sur la crête, le représentant Baudin fut tué le 3 décembre.

Sous l’Empire, le douzième arrondissement s’en-

INTRODUCTION

richit de quelques voies nouvelles : l’avenue Daumesnil, les rues Grozatier, Ruty, Dugommier, de Wattignies, etc. ; il vit s’élever la gare du chemin de fer de Yincennes, la mairie de la place Daumesnil; s’ouvrir la maison Eugène Napoléon, maintenant Orphelinat des Jeunes Ouvrières, et rebâtir le pont d’Austerlitz.

Lors de la guerre franco-allemande, le douzième arrondissement fit, comme tout Paris, héroïquement son devoir.

Depuis, le quartier s’est embelli ; l’Entrepôt des vins a été transformé et Bercy mis à l’abri des inondations ; de nombreuses rues ont été percées : rues de Dijon, Dorian, Gabriel-Lamé, Ebelmen, Goriolis, Sainte- Glaire-Deville, avenue Ledru-Rollin, etc. ; de belles écoles communales et industrielles se sont construites, des asiles ont été ouverts, une maison de retraite pour les Israélites a été créée.

Le passé de l’arrondissement nous est connu ; nous pouvons maintenant en entreprendre l’exploration.

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