‹ Paris protestant. Ses églises, ses pasteurs, ses corps constitués, ses lieux de culte, ses diaconats, ses écoles, ses institutions de charité, ses sociétés religieuses, ses journaux. Renseignements historiques et statistiques completsChapitre 29 sur 120 · ÉGLISE DE L'ÉTOILE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE L'ÉTOILE

'•NOTICE HÏSTOMÛtîE

Én 1866, M. le pastënr Bërsier fut appelé, ' Comme Ttin des pasteurs de l'Église évangéliquë de la rue de Provence, à tenir chaque dimanche soir, sous le patronage de cette Église, des réunions religieuses dans une salle d'école de la rue de l'Ouest, à Neuilly. Les auditeurs s'y portèrent aveô tant d'empressement qu'en 1868, ces réunions durent être tenues dans uti local plus vaste, situé avenue dê la Grandë- Armée, 4S, qui, après avoir été approprié à sa destination, devint la chapelle évangélique de l'Étoile. Le nouveau local, qui pouvait contenir de cinq à six Cônts personnes, filt bientôt insuffisant, et, dès 1870^ on pensait à construire une église lorsque la guerre survint. La chapelle de l'Étoile ftit trànsrorméè

en ambulance; sous la Commune, ses portes furent effondrées par les obus; dès que la paix fut rétablie, le culte y fut célébré de nouveau. En 1873, un Comité se forma spontanément au sein de la congrégation et proposa à M. le pasteur Bersier de l'aider à constituer cette Œuvre d'une manière indépendante et à construire en même temps un édifice plus vaste. C'est, en effet, ce qui eut lieu. L'Œuvre évangélique du quartier de l'Étoile se constitua sur ses propres bases, et ne conserva plus, à partir du mois de juillet 1873, de lien officiel avec l'Église de la rue de Provence.

Le Comité directeur de l'Œuvre de l'Étoile, après avoir déterminé sa base religieuse et sa situation ecclésiastique, s'occupa immédiatement de la construction d'une église. Un devis fut; demandé à M. Hansen, architecte, et adopté. Il fallait pourvoir à' la possession légale de l'immeuble. On constitua une Société anonyme de V Église protestante de l'Étoile, afin que la proT priété fût assurée.

L'église de l'Étoile, qui peut contenir 1,500 personnes, a coûté avec le terrain, l'orgue et l'ameublement intérieur, 320,000 fr. environ; 200,000 fr. ont été collectés directement à Paris par M. Bersier, de 1873 à 1874; une vente organisée par un Comité de dames de l'Église a produit environ 50,000 fr. ; le reste a été recueilli en Alsace, à Londres, à Baie, à Genève, et surtout dans les Pays-Bas. Il reste dû pour le terrain une vingtaine de mille francs.

L'inauguration de l'église de l'Étoile a eu lieu le dimanche 29 novembre 1874.

Dans une séance récente (janvier 1876), le Conseil de l'Œuvre a dû décider l'achat d'un terrain supplémentaire, afin d'être en mesure de pourvoir à l'agrandissement de l'église, et, tout d'abord, à l'érection de tribunes rendues nécessaires par l'affluence des auditeurs.

§ 1er. Caractère et bat de l'œuvre.

Cette Œuvre est, à proprement parler, une Œuvre de mission intérieure. Elle n'a jamais tendu à constituer une Église dissidente, séparée de l'Église réformée. Au contraire, elle s'est rattachée à l'Église synodale, par l'adoption de la déclaration de foi votée au Synode de 1872 ; elle ne recrute point des membres pour les former en une congrégation distincte ; elle a pour but unique la propagation de la foi évangélique par la prédication, la célébration du culte public, l'instruction de la jeunesse et des catéchumènes, etc. (Voir les statuts de l'Œuvre que nous citons plus loin), selon les croyances et les principes de l'Église réformée de France, mais en dehors des cadres officiels de cette Église.

§ 2. Statuts constitutifs de l'Œuvre évangélique du quartier de l'Étoile.

I. L'CEuvre évangélique qui a pour foyer l'église de l'Etoile a été fondée pour la propagation de la foi et le développement de la vie chrétienne, par la célébration

du culte puMic, là prédicatiôtt de rÉVàngiîè, Instruction de la jeunesse et des catéchumènes* l'administration des sacrements, selon les croyances et les principes de l'Église réformée de France.

II. Le comité directeur de ï'CÉûvrè accepte donc comme base et règle de son activité là déclaration de foi éditée par le dernier Synode de l'Église réiformée dô France et qui est conçue en ces termes :

« L'Église réformée de France déclare, par l'organe de ses représentants, qu'elle reste fidèle aux principes de foi et de liberté sur lesquels elle a été fondée.

« Avec ses pères et ses martyrs dans la Confession de la Rochelle, avec toutes lés Églises dé là Réfôrmàtion dans leurs divers symboles, elle proclame \ V autorité #bà* veraine des saintes Écritures m matière de foi, et le salut par la foi en Jésiis-Christ, Fils unique de Dieu, mort pour nos offenses et ressuscite pour notre justification,

a Elle confesse donc et elle maintient à la base dè son/ enseignement, de son culte et de sà discipline, les grands faits chrétiens représentés dans ses sacrements, célébrés ^dans ses solennités religieuses et exprimés dans ses liturgies, notamment dans la confession des péchés, dans le Symbole des apôtres et dans ïâ liturgie de la Samtetfèné. »

lit. Le comité directeur de TtEuvré së compose, pour les deux premièrés années, de :

M. le. pasteur Bersierj président, Mi le baron de Zuylen de Nievelt i , . . , . . M.ÈdouardBérard, . . ' \™»-pre*â*ntk,

M. G. Thurneyssen, trésorier, M. Jules Chatoney, M. le pasteur Durand-Dassier, • M. Kornemann, secrétaire, M. Charles May, M. William Schall, M. Eugène Schérer, Lesquels membres ont été agréés par le Conseil d'admimstratxoh de ta Société unoftyme dè V Église protestante de ÏÉtoilè, qui a mis à leur disposition l'église de l'Étoile, moyennant les conditions dont il sera parlé plus loin.

IV. ; De comité directeur se compose d'au moins six membres et d'au plus douze membres* Les 'pasteurs qui on t la direction spirituelle de l'Œuvre en font partie de droit. Les autres membres sont nommés co'mmé suit : chaque année, les pouvoirs de deux dés membres selon, l'ordre indiqué plus fcaut> et plus tard selon là daté dés adjonctions futures, expirent au 31 décembre. Ces membres sont rééligibles. Dans le mois de décembre, le comité directeur devra procéder à leur rèélèction, ou à l'élection de membres nouveaux. Le vote se Tait au scrutin secret et à la majorité absolue. Toutefois, une élection n'est valable qu'après avoir été agréée par le Conseil d'adminis- * tration de la Société anonyme de l'église protestante de l'Étoile, laquelle Société, étant propriétaire de cet édifice, s'est réservé le droit d'approuver le choix des membres du comité directeur de l'OEuvre, auxquels elle en confierait l'usage.

V. Le comité directeur se conformera donc, dans ses rapports avec ladite Société, aux statuts de cette Société* et notamment au titre VI, lequel est relatif aux prélèvements que le Conseil d'administration de Ladite Société a le droit de faire sur toutes les sommes recueillies dans l'immeuble.

VI. Le comité directeur a un président, deux vice-présidents, un secrétaire, un trésorier.

VII. Aucun pasteur ne peut être nommé par le comité directeur* soit à titre permanent, soit à titre temporaire) s'il ne déclare adhérer à la profession de foi contenue à l'article II.

Vil. La présence de quatre membres au moins est nécessaire pour qu'une séance du comité soit régulièrement constituée et pour que les décisions prises soient valables.

§ S. Liturgie de l'Église dé l'Étoile.

Cette liturgie, composée par M. le pasteur Bersier; et publiée en 1874 sous le titre de Liturgie à l'usage des Églises réformées, constitue le trait

particulier et nouveau du culte célébré dans l'église de l'Étoile. Elle diffère, non par le fond des doctrines qui y sont exprimées, mais par la forme, de toutes les liturgies qui ont été ou qui sont encore en usage dans l'Église réformée de France.

Voici, d'après M. le pasteur Bersier, les améliorations et les progrès qu'il s'est proposé de réaliser au moyen de cette nouvelle Liturgie :

1° Donner une place plus grande au culte lui-même, aux prières communes et à l'adoration. #

2° Affirmer, dans les prières et dans tous les actes du culte, la foi de l'Église elle-même; y rappeler constamment les grandes vérités et les grands faits chrétiens dans lesquels elle a toujours puisé sa vie et dont elle est ici-bas le témoin.

3° Faire participer directement les auditeurs au culte lui-même, par le moyen de réponses (réponses chantées).

4° Rendre à la lecture des saintes Écritures une place importante dans le culte public.

5° Exprimer dans les prières liturgiques ce qui doit toujours être demandé à Dieu dans le culte public, en sorte que les fidèles ne dépendent pas ici du prédicateur.

6° Introduire dans le culte public quelques-uns des éléments d'édification que nous a laissés l'antiquité chrétienne, afin d'affirmer la solidarité étroite qui unit FÉglise du présent à celle du passé.

7° Rendre à la sainte Gène, par une célébration plus fréquente, la place centrale qui doit lui êtrè faite dans le culte chrétien ; — considérer la Gène, non point simplement comme un symbole et un mémorial, mais comme une grâce spéciale, « une participation réelle au corps spirituel de Jésus-Christ, » un repas sacré où « le Sauveur est présent à la table sainte et s'y donne à ceux qui le reçoivent avec foi. »

§ 4. Services divers de l'Église de l'Étoile.

M. le pasteur Bersier prêche chaque dimanche à quatre heures et, en outre, le premier diman- ' che de chaque mois, à dix heures du matin, ainsi que les jours de fête.

Il fait en outre, le mercredi à quatre heures, des .. conférences sur les évangiles et les épîtres.

Le Comité directeur a nommé aux fonctions de pasteur suffragant M. le pasteur Edmond Stapfer, actuellement pasteur de l'Église réformée de Tours* M. Stapfer doit commencer ses nouvelles fonctions à Pâques 1876. A son arrivée, le service du dimanche matin sera célébré régulière-' ment chaque dimanche à dix heures, ainsi que les jours de fête,

M. Bersier fait, chaque mardi et chaque jeudi, des cours pour les catéchumènes, en vue de la préparation à la communion.

L'école du. dimanche est organisée en groupes de moniteurs qui se réunissent chaque samedi pour préparer la leçon du lendemain. L'instruction générale est donnée par M. Sabatier, anciennement professeur de théologie à la Facilité de Strasbourg. L'école compte environ cent cinquante enfants.

L'Œuvre compte, en outre, une Société de chant sacré, sous la présidence de M. Bersier. Elle se réunit chaque semaine sous la direction de M. Weber,

pour des exercices de musique religieuse. En juillet 1875, elle a donné, en favéur des inondés, une audition publique qui a produit une somme de 2,500 francs.

§ 5. Comité dame*.

Un Comité de dames est chargé de l'administration des fonds, des pauvres, collectés dans l'église. Outre l'exercice de la charité à domicile, il subvient à l'éducation des enfants orphelins adoptés par l'Œuvre. Le Comité est présidé par Madame Bersier.

$ 6. Société anonyme de l'Église de l'Étoile.

L'irqjnetfble de l'Église de l'Étoile est possédé par ta* Société anonyme de l'Église protestante de TÉtoile," dont le Conseil d'administration est . opjBpoaé dlea membres suivante :

M. le pasteur Bersier, président MM, Jules Chatoney. | MM, William Schall. Eesnajoid ^aiirl>uvaj* | Eugène Schérer.

g 7. Adresse* et keur et de réception de Ml|k le» payeurs,

M. le pasteur Bersjer* 216, boujevard Péreire; Il reçoit, à l'église de l'Étoile, le mercredi, de une à trois heures.

M; Ed. Stap^br, pasteur suffragant (ne sera installé qu'en avril im).

M; Sabawbr, directeur de FÉeole du dimanche, 66, rue NatBe-Dam,e^4eô-Ohw»p**

§ 8. Budget.

.Une somme d'environ 25,000 francs est nécessaire annuellement pour faire face aux dépenses de l'Œuvre.

Les collectes pour le culte et le produit des deux cents places réservées (12,0Q0 francs) ont permis, en 1875, de subvenir aux dépenses courantes, — de payer une partie de la dette restant sur l'immeuble et le loyer de l'ancienne chapelle de l'Étoile, dont le bail n'expire qu'en 1877.

Il a été en outre collecté dans l'église, en 1875, pour le Diaconat et pour plusieurs œuvres de bienfaisance, plus de 12,500 francs.

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