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LES ÉDICULES

soupe, à écraser presque contre un mur un codétenu, un carnaro soupçonné d’avoir mange' le moi'ceau, ce qui est une consommation très mal vue de ces messieurs. Mais la purée d’escarpe, la « presse », est devenue rare, étant donné les trop difficiles conditions dans lesquelles se trouvent ici les cuisiniers, fort activement surveillés.

La consommation la plus recherchée en ces lieux, c’est le tabac. Consommation interdite, ce qui n’empêche pas la plupart des prisonniers de se procurer la chique ou la cigarette avec une habileté qui déroute toutes les mesures. Mais souvent même cette douceur suprême leur est facilitée par la complicité officieuse de la justice, en échange d’aveux ou d’indications utiles. Cette complaisance et, affirme-t-on, d’autres bien plus singulières, ont ainsi remplacé la torture, et donnent les mêmes résultats.

Nota. — Quand la police offre la cigarette au détenu, ce n’est pas ce qu’on appelle le « passer à tabac ». Passer à tabac signifie, en consommation de réclusionniste : « coller un paing » .

Mettez deux sous.

Encombrer Paris d’édicules est actuellement le dernier mot de l’invention, du goût, et de la propreté chez nos « édiles ».

Glmlets dits de nécessité, vespasiennes monumentales, rambuteaux perfectionnés, multipliés de façon incalculable; car le génie impatient de notre race ne souffre, en certaine matière, aucun retard. Sans cela, gare aux murs, et nos compatriotes sans retenue expulseront le superflu de la consommation « partout », sans plus de formes de procès que les petits chiens des Plaideurs.

Des chevaliers français tel est le caractère.

Kiosques à journaux ou à marchandes de fleurs.

Baraques d’attente pour omnibus.

Auvents des magasins et marquises des théâtres : édicules surplombants.

Étalages sur la voie publique : édicules encombrants.

Boîtes de commissionnaires : édicules portatifs; et charrettes à bras poussées par les marchands des quatre saisons : édicules ambulants.

Colonnes Morris, portant les affiches des spectacles : édicules excitants, fort appréciés du Parisien, lequel, en dépit de tous les dires, est toujours fou du théâtre.

Édicules de consommation : bar au bord du trottoir (ci-devant Trink-hall ), et une vieille connaissance à nous, la fontaine Wallace.

Voici la série des « Mettez deux sous ».

Mettez deux sous et des bascules automatiques, en nombre insensé, s’offriront à vous dire votre poids.

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