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RENDEZ-VOUS D’AFFAIRES

nous chez X... à déjeuner. On est très tranquille, la chère y est excellente, et justement les huîtres et les perdreaux y sont particulièrement soignés ainsi que les vins blancs.

Rendez-vous est pris au café X...

Au jour dit, les deux boulevardiers et le précieux intermédiaire se trouvent réunis, dispos et pleins d’entrain, dans le restaurant célèbre par ses vins blancs.

Dans un cabinet, devant un bon feu qui flambe, ces trois seigneurs étudient gravement le menu.

Après maintes hésitations, ils se décident :

— Trois douzaines de marennes vertes, des œufs brouillés aux truffes, un beau chateaubriand aux pommes, des perdreaux et une salade russe.

Le sommelier entre :

— Naturellement du haut-sauterne, deux bouteilles; puis nous verrons ce bourgogne, vous savez!

— Oui, monsieur.

Les trois hommes attablés attaquent quelques horsd’œuvre, en disant :

— Quand il fait froid on a bon appétit.

Et ils mangent. Les heures passent; le sauterne dore les verres, la conversation s’anime; aux œufs brouillés, on parle des derniers « racontars » de Paris, on disserte sur les plus récents scandales; après le chateaubriand on cause femmes, opéra, Sarah Bernhardt, etc., etc. Quand

on sert le café les trois seigneurs parlent à la fois.

Ici, l’un d’eux s’esquive vers un buen retiro ; quand il est revenu un des deux autres s’excuse et sort vers cette même destination; le troisième en fait autant.

Les heures ont passé.

— Trois heures moins le quart! — s’écrie l’un d’eux avec un désespoir comique.

— Oh! — fait un autre, tirant une bouffée d’un cigare énorme, — et moi qui ai rendez-vous à la Bourse!

Alors, en une minute, on dit vaguement de quoi il est question, quelle est la merveilleuse affaire; et comme on ne se comprend plus en si peu de temps, on se donne rendez-vous dans le cabinet de travail de l’un des trois, vers neuf heures du matin.

Le déjeuner d’affaires en cabinet particulier semblerait être le dernier mot de l’illogisme. Cependant il y a plus illogique encore.

Il y a le dîner d’été au balcon du café-concert des Ambassadeurs, où l’on paie le prix de cabinet particulier, par la raison que l’on y amène des personnes du highgrue (tenons la raison pour bonne et ne disons rien), et sous le prétexte que vous êtes censé assister à un

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