‹ Paris qui consommeChapitre 96 sur 114 · CIGARES ET CIGARETTES · texte numérisé non relu

CIGARES ET CIGARETTES

de ses cigares à prix doux, le parisien railleur leur donne des noms pseudo-havanais tels que soutados, crapulos, dix centimados, etc.

Les cigares de la Havane aux infinies variétés, et dont le premier nom désigne la marque de fabrique, le second l’espèce; Aguila-de-Oro , esceptionales ; — Villar y Villar , esceptionales Rothschild s; — Cabahas, non plus ultra ; — Cabahas, esquisitos ; — F/or de Cuba , bouquets ; — Comercial, comme il faut; — Corona, castelares; — Flor de Cuba , al f rectos; — Comercial, elegantes; — Intimidad, sin iguales; Partagas, regalia britannica chica ; — Upmann, para la nobleza, etc. La série des regalias de toutes marques, et les Esquisitos, Preciosos, Victorias , Trabucos, Principes de Galles, Cazadores chicos, Favorites, Aromaticos, Medianos.

Moins chers : les Londrecitos, Reinas, Anselmitos, Londrès, Caprichos, Princesas, Opéras, Coquetas.

En tout quarante variétés de cigarettes, et deux cents de cigares, qui se vendent dans le bureau installé par la Régie au Grand-Hôtel , sur le Boulevard (toujours le Boulevard!) ou encore à la Bourse près du restaurant Champeaux. (O Bourse privilégiée, rivale du Boulevard!)

Pour les pipes le tabac est généralement le tabac de caporal; mais c’est l’instrument qui varie de forme et de prix : pipes Kummer, Gambier, Chocquin, de Smyrne, de Marseille; pipes de bruyère, de faïence, de merisier, etc.

Parmi les modèles d’écussons pour pipes « d’écume »,

on voit encore aujourd’hui, à la devanture du Pacha, le modèle de l’écusson de France avec un aigle au milieu, après vingt-trois ans !

N’oublions pas, avec la pipe, dans les arrière-salles enfoncées, les interminables parties de billard et une consommation effrénée de carambolages.

Passons les tabacs à priser (on prise donc encore?), poudres supérieure et inférieure , et les tabacs à chiquer, que la Régie appelle avec pudibonderie des tabacs « à mâcher » : rôles menu- filés , râles ordinaires, carottes.

Ne nous arrêtons point aux rares fumeurs d’eucalyptus, ou de camphre, et à messieurs les potaches, qui pour des fumeries prématurées eurent jadis recours aux feuilles de peuplier ou de roses séchées.

La seconde frénésie de consommation se produit entre neuf heures et demie et onze heures, et surtout par les beaux soirs de canicule.

Alors c’est un besoin fou de respirer un air à peu près humable, de se laisser tomber sur une chaise et de se rafraîchir. C’est l’heure du bock, qui va retrouver un succès redoublé; c’est l’heure des glaces et des mixtures frappées. C’est l’heure où le garçon répond

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