‹ Paris qui souffreChapitre 12 sur 60 · L.V MliDECINE LÉGALE d'aUTREFOIS. — l'OLICE ET MÉDECINS · texte numérisé non relu

L.V MliDECINE LÉGALE d'aUTREFOIS. — l'OLICE ET MÉDECINS

— l'Église et l'anatomie. — les corps des suim'li-

CIÉS. — LES pénitents BLEUS. — LA PEAUHUMATNE. — LE PAUVRE A l'hÔPITAL. — LES SQUELETTES. — AUTOP- SIE OBLIGATOIRE. — LES ANATOMISTES d'aUTREFOIS.

— LA POLICE DES AMPllITÉATRES. — LES AUTOPSIES DU CnATELET. — PROCÈS AUX CADAVRES.

C'est la médecine légale que nous rencontrons sur le seuil même; depuis un temps fort reculé, les 1 médecins légistes avaient des attributions perma- I nentes et officielles.

Dès le XVIII* siècle, on trouve la trace de l'assis- I tance que la justice demandait déjà, nous ne dirons ipas à la science, mais à l'opinion, souvent bien .•aveugle, des « fisiciens, mièges, mires, serurgiens et [prcudes famés j> .

La médecine légale se développe peu à peu; on lia voit participer d'une façon de plus en plus intime tau fonctionnement, aux erreurs, aux abus, et aussi à H'incessant progrès de la procédure criminelle.

o6 PARIS QUI SOUFFRE

Il est déjà question des expertises médicales dans les très vieux établissements et coutumes de Normandie (1207 à 1214), dans les assises et bons usages du royaume de Jérusalem (12o0), dans les lettres patentes de Philippe le Hardi de mai 1278, par lesquelles le roi confirmait la justice du maire et des bourgeois de Rouen, hors les cas de mort et de méhaing (mutilation, blessure) constatée « per diclum cirurgicorum » et réservés à la Justice royale.

Nous voyons encore Philippe le Bel dans une ordonnance de 1311, Jean II en avril 1352 reconnaître l'existence de leurs bien-aimés maîtres chirurgiens jurés.

Aux termes de cette ordonnance, le prévôt de Paris fera crier solennellement que nul à Paris n'exerce l'art de chirurgien, à moins qu'il n'ait été examiné par les maîtres chirurgiens jurés de Paris convoqués : « per dilectum magistrum Joannem Pitardi chirurgicum nostrum juratum Gasteleti nostri >.

En outre, il est prescrit au prévôt de faire brûler les enseignes de tous ceux qui feront l'exercice de cet art sans avoir été examinés et de les faire conduire au Ghàtelet.

Dans son Histoire de la médecine légale, M. Desmaze donne des extraits des registres criminels du Châtelet au xiv« siècle, qui contiennent des avis de médecins; par exemple dans ces termes : « Sur quoi < oy maistre Jehan le Comte, chirurgien juré du roi, « qui dist que la playe faite au dit feu Criquetot, en

Page 1