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RECHERCHE DES MALFAITEURS

Gela vaut mieux que le sang-froid de ce greffier dont parle Sanderson ; un jour qu'il était occupé à l'accomplisseraent de ses devoirs professionnels, ce fut sa propre femme qu'on lui apporta au nombre de ses aùtres clients ; il n'en ouvrit pas moins le registre et d'une main ferme il écrivit : * Connu. »

Les indications, les adresses trouvées sur les cadavres sont vérifiées de suite et un inspecteur de la sûreté aide le greffier dans ses recherches.

Les hôtels garnis et la Morgue, dont on a dit justement qu'elle est un garni où on loge à la nuit éternelle, sont des endroits où l'œil de la police judiciaire a besoin de pénétrer à chaque instant.

On met autant de soin à découvrir l'identité d'un mort qu'à exécuter un mandat d'amener, et il est arrivé souvent qu'on a découvert à la Morgue des individus contre lesquels des ordres d'arrestation avaient été décernés; mais le nombre des morts qui ne sont pas reconnus et des coupables qui ne sont pas arrêtés serait moins considérable si la police judiciaire était organisée dans des conditions plus pratiques.

Ici, sur notre route, presque à son terme, nous rencontrons un chemin de traverse qui nous attire si naturellement que nous ne saurions nous défendre d'y faire au moins quelques pas.

Si nous considérons la Morgue au point de vue des services qu'elle peut rendre à la police judiciaire

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dans la recherche des criminels, ne devons-nous pas nous demander comment il se fait que tant de coupables parviennent à rester ignorés, ou s'ils sont connus, à déjouer toutes les recherches.

On trouve bien les victimes ou du moins quelquesuns de leurs morceaux, mais les tables de la Morgue, où sans cesse de nouveaux cadavres sont apportés, montrent qu'on a moins de peine à ramasser dans la rue un homme assassiné qu'à mettre la main sur celui qui a fait le coup.

Depuis un certain temps on a beaucoup discuté à ce sujet; les questions de personnes se sont mêlées aux questions de principes ; on a perdu de vue, peutêtre volontairement, les causes générales pour s'égarer dans toutes sortes de récriminations ; on a opposé les revers des uns au succès des autres, comme si tous n'étaient pas animés d'un zèle égal pour les intérêts publics; on a appris à la population parisienne, qui aurait préféré conserver de rassurantes illusions, que de nombreux malfaiteurs, les plus dangereux sans doute, jouissent et abusent d'une complète impunité, et qu'il n'est pas un seul chef de la sûreté qui n'ait à son passif un nombre plus ou moins considérable d'échecs.

Le public peut le trouver mauvais ; c'est son droit puisqu'il paie et on ne peut lui retirer cette consolation.

Les gens du métier, s'ils sont sincères, n'ont pas de ces étonnements ; ils ne croient pas plus à l'infailli-

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