CORIUH'TION DE LA JEUNESSE
je pourrais plaire que de ceux auxquels je pourrais déplaire; ma seule prétention c'est d'être un témoin impartial, un collecteur de faits comme le médecin qui, chaque jour au lit des malades, enregistre ses observations pour devenir plus habile à remplir son ministère; j'ai sondé Lien des plaies, j'ai vu de près les jeunes auteurs des grands crimes commis à Paris depuis quelques années, Abadie, Gilles, Knobloch, Foullois, Barré, Lebier, Gamahut, Bayon, Marchandon, Ducret, et bien d'autres encore; j'ai scruté leur conscience, leur vie et j'ai trouvé à côté de leur responsabilité celle de la société, multipliant sous leurs pas les occasions de chute sans leur donner le moyen de les éviter.
Faudrait-il s'étonner, par exemple, si, dansquelques années, on voyait s'asseoir sur les bancs de la cour d'assises un de ces huit cents enfants auxquels la municipalité de Saint-Ouen, très pénétrée de l'esprit laïque, distribuait en prix, pour les encourager à la pratique des vertus civiques, ces recueils dé poésie où on lit par exemple :
•■ Bref, tout ça prouve aux combaUants
« Qu' Marianne a la peau brune,
« Uu chien dans F ventre et qu'il est temps
« D' crier : Vive la commune !
<i Et ça prouve que tous les Judas
« Ou' si ça marche de la sorte
« Ils sentiront dans peu,
<i N... de D... !
« Qu' la commune n'est pas morte. »
2ÛC PARIS QUI souri' HK
Ou bien encore, ce qui rentre dans mon sujet
« Ceci, c'est la maison de filles.
•■ La morgue de l'amour malsain »,
et des ouvrages philosophiques avec des passages comme celui-ci :
1 L'union de l'homme et de la femme doit être uni- I quement basée sur l'amour et ne devrait jamais ï durer plus longtemps que ne dure l'amour réci- <t proque. Dès que l'amour cesse d'un côté, la sépaa ration est non seulement un droit, mais un devoir « social, et chacun des amants doit être libre de con- « tracter une nouvelle union. >
Je voudrais être l'avocat qui défendra ce malheureux enfant; je me contenterais de lire les manuels d'immoralité et de haine qu'il recevait en récompense ; quel que soit son crime, le jury, pris d'une juste pitié, se demanderait si de pauvres petits êtres, encouragés par de tels enseignements dans l'expansion de leurs instincts et dans la révolte de leur misère, pouvaient devenir un jour d'honnêtes gens.
Tout dernièrement encore, à la suite d'un assassinat commis sur une enfant par deux jeunes gens, dans des circonstances si odieuses que je suis obligé de les passer sous silence , le père de la victime ayant intenté à leurs parents un procès en dommagesintérêts, le tribunal d'Arras et ensuite la Cour de Douai rejetèrent sa demande en déclarant que les pa-