‹ Paris qui souffreChapitre 42 sur 60 · LA SCIENCE AU COMSEIL MUNICIPAL · texte numérisé non relu

LA SCIENCE AU COMSEIL MUNICIPAL

«I saal d'autoriser des expériences de crémation sur les « débris des cadavres provenant des hôpitaux, je serais < heureux que le département lui donnât l'exemple « en approuvant à la Morgue des installations né- « cessaires à' des expériences de médecine légale, t Les projets de reconstruction de la Morgue seraient depuis longtemps réalisés avec une somme vraiment insignifiante pour un grand budget comme celui de la Ville de Paris si on n'avait pas d'autres visées ; mais il y a dans le conseil municipal, à côté de savants fort distingués, une petite école de médecine nouvelle que les gloires de la vieille Faculté offusquent un peu, elle ne serait pas fâchée pour une foule de raisons, sur lesquelles il serait malséant d'insister, d'avoir ses cours, ses amphithéâtres, ses sujets à elle; d'être absolument maîtresse d'un établissement largement pourvu de cadavres, où elle pourrait à son aise faire de l'anatomie indépendante ; un député de l'extrême gauche écrivait dernièrement dans la République radicale qu'en votant la crémation la chambre avait fait du socialisme scientifique ; il paraît que la dissection entendue d'une certaine façon peut également contribuer à la propagation des idées socialistes ; certaines personnes ont pensé sans doute qu'une Morgue purement municipale conviendrait très bien à cet office; mais pour qu'elle ne soit pas par son aspect extérieur trop au-dessous des magnifiques installations de la Faculté, il faudrait beaucoup d'argent.

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On demande deux millions, quand avec un demimillion il serait si facile de construire une Morgue répondant à sa véritable destination, et digne de la ville de Paris.

Elle serait déjà édifiée sans les aspirations mal définies peut-être que je viens d'indiquer, et je crains qu'il ne se passe bien du temps encore, si on ne se décide à en faire un établissement d'Etat, avant que les intérêts de science, de justice et de haute moralité, qui y sont en perpétuelle souffrance, ne soient pleinement sauvegardés.

Les vœux du Conseil municipal en faveur de la crémation ont été un premier succès pour lui; si elle n'est pas encore imposée, ce qui viendra sans doute, elle est permise et bien vue; mais, quant à présent, les Parisiens peuvent seuls jouir de ce bienfait, le temps paraît assez éloigné où chaque commune aura organisé son petit bûcher.

On n'a pas trouvé de nom plus convenable que celui de four crématoire pour cet instrument de destruction de la dépouille humaine ; on a essayé de lui donner un faux aspect de mosquée, mais ses grandes cheminées lui restituent son véritable caractère d'usine de produits chimiques.

Il a été construit par M. Bartet, l'ingénieur qui a dans son service l'organisation des fêtes parisiennes ;

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