‹ Paris qui souffreChapitre 5 sur 60 · LA MORT VIOLENTE · texte numérisé non relu

LA MORT VIOLENTE

pcctives, il vaut mieux se préoccuper des mesures à prendre pour que l'action de la justice et de la police puisse s'exercer sans porter une trop grave atteinte à la majesté de la mort.

Sans doute, peu importe au cadavre de reposer sur un lit funèbre ou sur le pavé de la Morgue ; l'outrage pas plus que le respect ne peuvent lui rendre la vie et retarder d'un instant l'œuvre fatale de sa décomposition.

Ce qu'il faut saluer en lui, c'est l'idée morale dont il éveille le souvenir; les affections, les douleurs qui l'enveloppent, comme dans un suaire sacré, auquel on ne doit toucher que d'une main respectueuse et réservée.

Dans le cours d'une carrière où il m'a été trop souvent imposé d'être témoin de scènes déchirantes, d'assister à des drames poignants, rien ne m'a laissé une plus profonde impression que la protestation instinctive, puis la sombre résignation des parents, au moment où on leur représente la nécessité de transporter dans un lieu de mauvaise renommée, et qui leur semble réservé aux réprouvés, le corps qu'ils entourent encore de leur vénération et de leur culte.

Ce sont les impressions qui ont inspiré ce livre; quelques-uns de ses lecteurs les comprendront en se souvenant de leur propre douleur.

Déjà, dans certaines affaires criminelles, un mouvement d'opinion s'est manifesté dans le sens d'une

meilleure organisation des dépôts mortuaires ; il faut qu'il se propage, il ne peut que hâter des réformes désirables, répondre aux vœux de tous les magistrats, favoriser les vues élevées des médecins légistes et leurs constants efforts pour donner satisfaction à tous les intérêts.

Ce n'est pas du sentiment que je viens faire mal à propos, mais un peu de pitié et de respect que je veux demander pour tous ces malheureux qu'une mort tragique a frappés; ils ont d'autant plus droit à notre compassion que leurs douleurs peuvent servir à éclairer la route que chacun de nous doit suivre et nous préserver de périr sur les mêmes écueils.

« L'iiomme est nn apprenli, la douleur est son maître. »

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