‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 2)Chapitre 127 sur 159 · LA GAZETTE DE LORET · texte numérisé non relu

LA GAZETTE DE LORET

Cet autre-là, la Lettre en vers, Non de Loret, fils du Parnasse, Mais de celuy qui tient sa place, Et qui fait si bien aujourd'liuy, Que Loret ressuscite en luy -.

Toutes ces choses innocentes Sont-elles pas divertissantes?

' On publiait en Hollande, à cette époque, un grand nombre de gazettes politiques, écrites en français, qui n'ont pas été conservées dans les bibliothèques et qui sont à peine citées dans l'hiitoirc des journaux. On doit s'étonner que ces feuilles périodiques, très-hostiles à la France en général, arrivassent alors à Paris et fussent données en lecture publiquement ; parmi elles, il faut citer les Mercures italiens de Vittorio Siri.

- La Gazette en vers de Loret eut divers continuateurs, celui dont François Collctet veut parler ici n'est autre que Charles Robinet sieur de Mayolas. « En mourant, dit M. le comte de La Borde dans les notes de son bel ouvrage, intitulé la Palais Mazarin, Loret prit soin de donner un tuteur à sa chère gazette ; il disposa de son sceptre littéraire comme d'un héritage, et il institua un successeur. Ch, Robinet, qui avait entrepris une continuation aux Lettres en vers, annonce la mort de Loret ea 1G65 et ses dernières dispositions :

D'ailleurs, avant son heure cxtrosine, Par un soin digne de luy-incsme, Voulant avoir un successeur Qui pût luy faire quclqu'honncur, \\ en Ut avec diligence Recevoir un en survivance, Qui sans doute a pareillement Pris ce soin moins diligcinuient. »

Et n'cs-tu pas bien satisfait Du clicmin que nous avons fait?

11 est vray que ta lassitude Te donne un peu d'inquiétude, Mais une nuit de bon repos Restablira tes petits os.

Enfilons la Porte Daupliine i :

L'heure presse pour la cuisine, Et je seray bientost bandé Pardevant l'Ilostel de Condé -.

Desjà nostre chemin s'avance, Pour le bonheur de nostre pance :

Voilà la Porte Sainct-Michel 3.

Jamais voyage ne fut tel.

Icy, c'est la Porte Sainct-Jacques ^ :

Je ne le sens que trop aux caques, Qui sont dans le nouveau Marché, Qu a bastir on fut empesclié ^.

' Cette même porte, que la plupart des historiens de Paris ont oubliée, était dans la rue Dauphine, à la hauteur de la rue Contrescarpe. La place qu'elle occupait est encore indiquée par une inscription qui rappelle sa démolition en 1673.

2 Le théâtre de l'Odéon a été hâti sur une partie de l'emplacement des jardins de l'hôtel de Condé. Les bâtiments de ce magnifique hôtel longeaient la rue des Fossés-Monsieur-lo Prince (A. B.)

^ Cette porte était située à l'extrémité de l'ancienne rue de la Harpe, à l'entrée de la place qui a conservé son nom jusqu'à la construction du boulevard Saint-.Michel. Elle fut abattue en 1684. Voyez les Ikcherclies sur les iiorles fortifiées, à la suite de la savante Dissert, archéolog. sur les anciennes enceintes de Paris, par M. A. Bonnardot (I8ri3, in-/«, fig.)

'^ Cette porte, située entre la rue do l'Estrapade et la rue Saint-Hyacinthe, a été démolie en 1684. Yoy. les recherches de M. A. Bonnardot sur les portes fortifiées de Paris.

•^ C'était le petit marché Saint-Étienne-des-Grès, au haut do la rue Saint-Jacques.

Page 1