‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 2)Chapitre 129 sur 159 · LA RIVIERE DES GOBELINS · texte numérisé non relu

LA RIVIERE DES GOBELINS

Item, ce canal de rivière,

Que tu vois passer par derrière,

jN''est qu'un ruisseau, mais fort malin,

Qui prend son nom de Gobelin '^ ;

Ses eaux sont de telle nature.

Qu'elles servent à la teinture.

Et tout le monde, en vérité,

En connoist assez la bonté.

Mais quand ce ruisseau se déborde,

Il n'a point de miséricorde.

Il bouleverse les maisons.

Il renverse murs et cloisons,

Innonde toute la campagne.

Mine rocher, cave, montagne;

Ensevelit, dedans son corps,

Des vivans, dont il fait des morts :

Ainsi qu'on a vu, ces années.

Des maisons toutes ruinées,

Et tant de gens qui sont péris

Qui furent veus de tout Paris 3.

' Voy. ci-dessus, dans Paris ridicule, les strophes cxvin et cxix avec les noies.

2 Farfadet, lutin malicieux, esprit follet. On peut supposer que les gaz lumineux qui s'exhalaient la nuit des marécages de la Hièvre avaient fait croire à la présence des gobelins dans cet endroit-là.

3 Voy., sur les désastres causes par les débordements de la Bièvre, le savant ouvrage de M. Maurice Champion : les Inondations en France depuis le sixième sicclv jusqu'à nos jours (1858, in-8). F. Colletet veut parler sans doute ici de la terrible inondation qui eut lieu en 1605.

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