‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 3)Chapitre 14 sur 120 · LK LOUVRE · texte numérisé non relu

LK LOUVRE

Vois, Mu^e, comme il nous découvre.

Pensant nous éblouir les yeux, Ce grand bastiment neuf et vieux,

* L'abbé de Jlurolles, dans sa Description de Paris en quatrains, n'a pas oublié le Louvre, et, par extraordinaire, il en a fait une peinture qui mérite d'être mise en présence de celle du l'arifi ridicule, ne serait-ce que comme contraste.

Le Louvre, dans Paris, est une ville entière: C'est un grand bastiment pour le logis du f!oy. Qui demeure imparfait, je ne sçay pas pourquov , Car le Roy peut tout faire en diverse manière.

Cet auguste Palais a son arcliitecture D'ordre corinlliien du basjus(jues en haut; U seroit mal aisé d'en dire aucun défaut. Sans syavoir le dessein d'une telle structure.

Par un long Promenoir, il joint les Tuileries, Autre palais pompeux qui n'est pas achevé. Sinon dans la façade où rc;;noit un pavé Devant ce grand thastean le long des écuries.

Aujouid'liuy tout est pris avec le grand espacé Qui fait avec le reste un jardin spacieux, Où l'on voit des jets d'eau qui sont prodigieux. Des parterres de Heurs contre mainte terrace.

l'ne autre Galerie égale à la première, D'une longueur extrême, enfermera partout Plusieurs cours et chasteaux, de l'un à l'autre bout. Sans le .lardin royal dans son idée cnliure.

ou PARIS RI Dl CUL K. 7

Qu'on appelle aujourd'huy le Louvre '?

Vois-en les murs si mal rangez.

Par Tantiquité tous rongez-?

(les chambres, cette Galerie ''?

C'est là que dame Volupté Fait une infâme fripperic Des jupjies de grand'qualité '».

Vois sur cette aisle-cy Tardoise ^

^ Lorsque Claude l.e Petit conipo*a son Paris ridicule, le Louvre présentait un pêle-mêle conlus de bâtiments de toutes les t'-poques ; on y voy;iit une grosse tour de Philippe-Auguste et plusieurs vieilles tours du manoir de Charles V, à côté du palais magnifique commencé, sous François 1" et Henri II, d'après les plans de Pierre l.escot; continué par Androuel Du Cerceau et par Dupérac, architectes de Charles IX et de Henri IV, et augmenté par Jacques Le Mercier pendant le règne de Louis Xlll. Mais aucun travail d'ensemble n'avait été fait encore, quoique projeté plusieurs fois, pour mettre d'accord entre elles toutes les parties du Louvre qui devaient être conservées. C'est dans les dessins d'Isi-ael Silvestre ((u'il faut voir l'aspect du Louvre en 1660. Mais nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer le lecteur au Catalogue raisonné de toutes les estampes qui forment l'œuvre d'Israël Silvestre, par M. L. E. Faucheux (Paris, 1857, in-8).

- On voit, en effet, dans les estampes gravées par Perelle d'après les dessins de Silvestre, d'anciennes murailles couvertes de moOsse et de lierre.

•"' Voij. l'estampe d'Israël Silvestre, intitulée : « Veue et perspective de la Galerie du Louvre, dans laquelle sont les Portraus (s'c) des Roys, des Reynes et des plus illustres du Royaume. » M. lauthcux dit, en décrivant celle pièce dans son Catalogue : « Cette vue a été prise avant que la Galerie fût biùlée, ce qui arriva en 1661; elle fut rebâtie depuis sous le nom de Galerie d'Apollon. »

* Les six strophes précédentes manquent dans la réimpression de 171Ô.

"' Dans la réimpression de l"lô, cette strophe e>l un pou diffé-

rente

Louvre, couvert moitié d'ardoise Et moitié couvert de vieux plomb.

D'où vient qu'on voit ce pavillon Plus court que l'Mulie d'une toise'

Et sur cette autre-là le plnml) • ;

FU'fiarde un peu ce pavillon

Plus court que Tautie dune toise -;

Admire ces compartimens,

(^es reliefs, ces soubassemens,

Cett»' façade et ces corniches :

Hien n'y manque, hormis d'y graver

Au-dessous de toutes les niches :

Maisons à loiior pour rhyver^.

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