VIII AVERTISSEMENT
dite brutale, il composa le sonnet dont j'ai parlé et que voici :
SONNET DE l'EXlT SLR LA MORT UK CHAUSSON.
Auiis, on a brûlé le malheureux Chausson, Ce coquin si fameux, à la tête frisée; Sa vertu par sa mort s'est immortalisée r Jamais on n'expira de plus noble façon.
il chanta d'un air gai la lugubre chan'îon, Et vêlit sans pâlir la chemise empesée, E-l du bûcher ardent de la paille embrasée, Il regarda la mort sans crainte et sans frisson.
En vain son confesseur lui prêchoit dans la flamme, Le crucifix en main, de songer à son âme : Couché sous le poteau, quand le feu l'eut vaincu.
L'infâme vers le ciel tourna sa eroupe immonde; Et, pour mourir enfin comme il avoit vécu. 11 montra, le vilain, son cul à tout le monde.
« Je viens présentement au dernier période de la vie du mallieureux Petit. Un mois ne se passa pas, depuis cet avis trop tardif qu'il m'étoit venu demander, qu'une biNOuilleric survenue entre le libraire avec qui il avoit traité el l'imprimeur qui devoit travailler à l'ouvrage, porta ce dernier à déceler tout le dessein de cette édition, alléguant en justice que cette pièce étoit pleine d'impiété. Aussitôt on se saisit de la personne du libraire, qui, interrogé touchant l'auleur, ne put se défendre de nommer Le Petit. Il est en môme temps mis en prison et tous ses papiers enlevés. On trouva là dedans des choses abominables, et il fut bientôt condamné au feu, dans lequel il périt, mais en affectant la prétendue constance qu'il avoit si mal à propos admirée dans le supplice de cet autre misérable qui l'avoit précédé. J'appris cela au bout de huit jours dans la province où j'étois allé faire voyage, comme j'ai dit, pour le mariage de ma sœur, et je ne pus m'empêcher de déplorer le sort de ce misérable. S'il eût été appuyé de la moindre recommandation.