‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 4)Chapitre 125 sur 161 · LES AVEUGLES · texte numérisé non relu

LES AVEUGLES

Item, ceux qui n'ont point de veiie, Qui campent au coin d'une rue, Ces aveugles qui d'un haut ton, Frappant leurs boètes du baston, Prosnent le Sainct à pleine teste, Dont ce jour là l'on fait la feste.

L'un dit : « Messieurs, n'oubliez pas Un pauvre homme qui ne voit pas ! »

Et l'autre, afin qu'on s'en souvienne, Dit l'oraison et dit l'antienne, On de la Saincte ou du Patron, Auquel on a dévotion.

Surtout, ce qui le monde trouble C'est le tac tac qu'il fait d'un double,

Depuis trois heures du matin,

Contre le eu de son bassin :

De mon temps, je sçay bien un homme

(Qu'il n'est pas besoin que je nomme),

Qui d'un lieu sortit avec soin,

Car sa maison faisoit le coin

D'une rue assez grande et belle,

Où deux Aveugles sur leur selle

Le rendoient si fort estourdy,

Du matin jusques à midy,

De leurs oraisons répétées,

Et de leurs aumosnes comptées,

Qu'il ne pouYoit ny sommeiller,

N'y dans l'estude travailler.

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