‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 4)Chapitre 126 sur 161 · LES BABIOLES OU FOIRES D'EGLISES · texte numérisé non relu

LES BABIOLES OU FOIRES D'EGLISES

Mais commençons une autre histoire, Et passons, si tu m'en veux croire, Au quartier Sainct Barthélémy 2 , Pour ne rien tenter à demy?

C'est aujourd'huy qu'on solemnise Le grand Patron de cette Eglise 3 .

Nous n'avons plus > pour y passer, " Que cette rue à traverser.

1 II paraît, d'après ce passage, que la fête de chaque paroisse de Paris donnait lieu à une espèce de foire qui se tenait devant l'église et qui ressemblait à nos fêtes de village.

2 L'île de la Cité ne formait qu'un seul quartier; ce que Colletet appelle quartier Saint- Barthélémy doit s'entendre des alentours de cette église qui était située vis-à-vis des Galeries du Palais, à l'endroit môme ou se trouvait encore U y a vingt ans la salle de bal du Prado et où l'on a construit le Tribunal de commerce.

3 La fête du saint tombe le 24 août.

Vois-tu déjà des babioles,

Et mille sottises frivoles

Qu'on invente pour les enfans,

Agez de cinq, six ou sept ans,

Et des tableaux et des images,

Des chapelets pour les plus sages,

Des bouquets, du petit mestier,

Et pour Garguille, et pour Gautier,

Des Heures et des Exercices,

Du poivre blanc et des épices,

Du pain d'épice et pain mouton 1 ,

Qu'également je trouve bon,

Cent autres sortes de vétilles

Pour amuser garçons et filles,

Quand les mères sont en ce lieu,

Et les y mènent prier Dieu.

Ces boutiques, aux bonnes festës,

En tout temps sont toujours si prestes,

Qu'aux places et qu'aux carrefours

Le monde les y voit toujours.

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