‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 4)Chapitre 127 sur 161 · LES ESTRENNES · texte numérisé non relu

LES ESTRENNES

- Surtout vers la fin de Tannée, Et lors qu'une nouvelle est née, 11 n'est point d'endroits à Paris, Qui n'en soient doublement remplis.

Icy l'on y voit des oranges, Dont le marchand fait des louanges ; Là % toutes sortes d'almanachs

« On nommait ainsi un petit pain mollet doré avec du jaune d'œuf et sursemé de sucre et d'anis.

In

Enluminez de haut en bas, Sur tous les sujets héroïques, Et les actions magnifiques ue mon Roy, qu'il faut respecter, De nos jours a fait éclater ' :

En ce lieu, on voit des tablettes Toutes couvertes d'allumettes, De petits pains, de harans secs, Qu'on nomme des harans sorets.

De bouteilles, par cent rangées, Que l'on a farcy de dragées Pour estrenner petits et grands, Et surtout les petits enfans.

Là le marchand qui songe au lucre Vend des petits hommes de sucre, Des charettes et des chevaux Qui ne souffrent pas grands travaux, Et que, sans trouver trop estrange, Un enfant à déjeuner mange; Icy ce sont des Gauffriers Àvecque leurs petits foyers, Et là, le peuple sot admire Cent figures faites de cire, Dont les pieds et les mains par art Branlent sur un fil de richart 2 :

1 On publiait alors tous les ans plusieurs grands almanachs illustrés, en deux feuilles, qui représentaient les principaux faits historiques de l'année précédente, dessinés et gravés par les plus habUes artistes. M. Hennin, dans sa curieuse collection d'estampes relatives à l'histoire de France, a rassemblé plus de trois cents de ces almanachs, qui étaient absolument inconnus, avant qu'il les eût, pour ainsi dire, découverts.

3 Pour fil d'archai.

Enfin, ce ne sont que boutiques, Non de grandes pièces antiques, Mais de divers petits bijoux Que Ton a pour deux ou trois sous.

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